Evergrande: Pékin sort du silence et cherche à rassurer

Une vue générale montre le bâtiment Evergrande Center (à gauche) à Shanghai le 9 octobre 2021. (Hector Retamal/AFP)
Une vue générale montre le bâtiment Evergrande Center (à gauche) à Shanghai le 9 octobre 2021. (Hector Retamal/AFP)
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Publié le Vendredi 15 octobre 2021

Evergrande: Pékin sort du silence et cherche à rassurer

  • L'endettement abyssal du géant chinois de l'immobilier Evergrande ne devrait pas poser de risques au système financier du pays
  • Fondée en 2019, Evergrande Auto avait pour ambition de rivaliser avec l'américain Tesla, mais n'a toujours commercialisé aucun véhicule

PÉKIN, Chine : Une situation délicate mais "gérable": l'endettement abyssal du géant chinois de l'immobilier Evergrande ne devrait pas poser de risques au système financier du pays, a tenté de rassurer vendredi la banque centrale en sortant de son silence.

L'un des plus gros promoteurs de Chine traîne une ardoise estimée à près de 260 milliards d'euros, qui menace par effet de domino le reste de l'économie.

Malgré une tempête sur les marchés financiers en septembre, Pékin n'a toujours pas dit s'il se porterait ou non au secours de l'entreprise au bord de la faillite.

Evergrande, qui s'est lancé ces dernières années dans une diversification tout azimuts, se débat depuis plusieurs semaines pour honorer ses paiements d'intérêts et ses livraisons d'appartements.

"Dans l'ensemble, le risque de contagion au système financier est gérable", a estimé un haut responsable de la banque centrale, Zou Lan, cité par les médias locaux.

Les autorités "pressent Evergrande d'accroître ses efforts pour céder des actifs et accélérer la reprise des chantiers", a-t-il indiqué lors d'un point de presse.

Elles "mènent un travail d'assainissement et de résolution des risques conformément aux règles de droit et du marché", a ajouté M. Zou.

Récemment, plusieurs sous-traitants et fournisseurs s'étaient plaints de ne pas être payés. Certains ont porté leurs affaires en justice, tandis que des chantiers ont été mis à l'arrêt.

Evergrande "a été très mal géré", se diversifiant "aveuglément", ce qui a abouti à "une explosion des risques", a fustigé M. Zou.

Outre l'immobilier, la firme a investi dans le tourisme, le numérique, les assurances, la santé... mais aussi la voiture électrique.

Fondé en 2019, Evergrande Auto avait ainsi pour ambition de révolutionner le secteur et de rivaliser avec l'américain Tesla. Il n'a pour l'heure toujours commercialisé aucun véhicule.

Evergrande est aussi connu en Chine pour son club de football: le Guangzhou FC (ex-Guangzhou Evergrande), entraîné un temps par le champion du monde italien Fabio Cannavaro.

- "Lignes rouges" -

Le secteur immobilier a longtemps été l'une des locomotives de l'économie chinoise avec la construction de millions de logements.

Une frénésie stimulée notamment par le besoin de la plupart des Chinois d'accéder à la propriété, étape quasi obligée de la promotion sociale.

Mais face au gonflement de la dette dans l'immobilier, les régulateurs ont imposé au secteur "trois lignes rouges", des ratios prudentiels qui visent à réduire le recours à l'emprunt des promoteurs.

Les plus fragilisés peinent depuis à maintenir à flot leurs activités, alors que les ventes et prix dans l'immobilier ont fortement ralenti ces derniers mois.

Le mois dernier, Evergrande avait reconnu qu'il ne pourrait peut-être pas honorer tous ses engagements mais se défendait d'être au bord de la faillite.

Des dizaines de propriétaires spoliés et de fournisseurs non payés avaient manifesté le mois dernier devant le siège d'Evergrande à Shenzhen (sud de la Chine).

Fin septembre, le groupe a été dans l'incapacité d'honorer des remboursements d'emprunts, totalisant 131 millions de dollars (113 millions d'euros).

Et ce mois-ci, Evergrande n'a pu honorer un troisième prêt d'un montant de 148 millions de dollars (127 millions d'euros).

Le groupe dispose toutefois d'un délai de grâce de 30 jours pour chaque emprunt. La date butoir du premier paiement tombe le 23 octobre.

Mais il devra encore rembourser à ses créanciers quelque 28 millions d'euros supplémentaires avant fin octobre.


Le pétrole temporise faute de nouvelles avancées diplomatiques au Moyen-Orient

Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
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  • Les prix du pétrole évoluent prudemment, les marchés attendant un accord durable entre l'Iran et les États-Unis sur le détroit d'Ormuz
  • Un compromis Iran-Oman sur le transit a été annoncé, mais des désaccords avec Washington continuent de peser sur les flux énergétiques

LONDRES: Les cours du pétrole sont indécis jeudi, après une forte baisse en début de semaine, le marché attendant un arrangement entre Téhéran et Washington après que l'Iran a affirmé mercredi avoir conclu un accord avec Oman.

Vers 10H40 GMT (12H40 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en octobre prenait 0,97% à 80,22 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en septembre, gagnait 0,77% à 75,80 dollars.

L'Iran a indiqué mercredi s'être accordé avec le sultanat d'Oman sur un nouvel itinéraire de transit des navires dans le détroit d'Ormuz, dont ils sont tous deux riverains.

Mais toute réouverture de cette voie maritime, verrouillée par Téhéran, dépendra des actions de Washington qui a de son côté imposé un blocus des ports iraniens, ont affirmé des sources iraniennes auprès de médias locaux.

Le problème est que Téhéran envisage des frais de service pour le passage dans le détroit, qui sont rejetés par les Etats-Unis et qui vont à l'encontre du droit international.

"Tout accord pourrait donc se révéler aussi fragile que le protocole d'accord initial de juin", prévient Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.

En juin, Téhéran et Washington s'étaient accordés sur une trêve de 60 jours durant laquelle les deux pays devaient garantir le passage gratuit des navires via le détroit d'Ormuz.

Le flux maritime avait fortement rebondi à ce moment mais la reprise des hostilités en juillet l'a de nouveau plombé.

Les marchés des produits pétroliers dérivés (essence, carburant aérien, etc.) "sont particulièrement tendus" et le "le besoin de reconstituer les stocks de produits raffinés est plus important que celui de reconstituer les stocks de pétrole brut" affirme M. Rasmussen.

Pour permettre une nouvelle baisse des cours, et un retour à la normale des flux énergétiques dans cette région, "des progrès significatifs sont indispensables" entre les Etats-Unis et l'Iran, expliquent les analystes d'ING.


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
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  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

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Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.