Le périple de Lucy, première mission de la Nasa vers les astéroïdes troyens, a commencé

Cette photo publiée par la NASA montre une fusée United Launch Alliance Atlas V avec le vaisseau spatial Lucy à bord au Space Launch Complex 41, le 14 octobre 2021, à la station spatiale de Cap Canaveral en Floride. (Bill Ingalls/NASA/AFP)
Cette photo publiée par la NASA montre une fusée United Launch Alliance Atlas V avec le vaisseau spatial Lucy à bord au Space Launch Complex 41, le 14 octobre 2021, à la station spatiale de Cap Canaveral en Floride. (Bill Ingalls/NASA/AFP)
Short Url
Publié le Samedi 16 octobre 2021

Le périple de Lucy, première mission de la Nasa vers les astéroïdes troyens, a commencé

  • La fusée Atlas V chargée de propulser le vaisseau a décollé samedi à 05H34 heure locale (09H34 GMT) depuis Cap Canaveral en Floride
  • L'engin sera le premier à énergie solaire à s'aventurer aussi loin du Soleil, et observera davantage d'astéroïdes que n'importe quel autre avant lui

WASHINGTON: La première sonde de la Nasa envoyée vers les lointains astéroïdes troyens, situés sur l'orbite de Jupiter, a entamé samedi matin un périple de 12 ans, une mission nommée Lucy qui doit permettre de mieux comprendre la formation de notre système solaire. 

La fusée Atlas V chargée de propulser le vaisseau a décollé samedi à 05H34 heure locale (09H34 GMT) depuis Cap Canaveral en Floride. 

L'engin sera le premier à énergie solaire à s'aventurer aussi loin du Soleil, et observera davantage d'astéroïdes que n'importe quel autre avant lui: huit en tout.

Chacun de ces astéroïdes doit "livrer une partie de l'histoire de notre système solaire, de notre histoire", a déclaré durant une conférence de presse avant le lancement Thomas Zurbuchen, directeur de la division science de l'agence spatiale américaine.

Le vaisseau survolera d'abord vers 2025 un astéroïde de la ceinture principale d'astéroïdes, située entre Mars et Jupiter. Puis, entre 2027 et 2033, il rendra visite à sept astéroïdes troyens. 

Le plus large d'entre eux mesure environ 95 km de diamètre. 

Lucy approchera les objets sélectionnés à une distance comprise entre seulement 400 et 950 kilomètres, selon leur taille, et à une vitesse d'environ 24 000 km/h. 

Grâce à trois instruments scientifiques à bord ainsi qu'une grande antenne, les chercheurs veulent étudier leur géologie, leur composition ainsi que leur densité, leur masse et leur volume précis. Des mesures impossibles à faire avec les télescopes depuis la Terre.

"Lucy incarne la quête permanente de la Nasa pour s'aventurer plus loin dans le cosmos, au nom de l'exploration et de la science, afin de mieux comprendre l'univers et notre place en son sein", a déclaré peu après le décollage Bill Nelson, le patron de l'agence spatiale américaine, dans un communiqué. 

Les astéroïdes troyens, dont environ 7 000 sont connus, évoluent autour du Soleil en deux groupes, l'un précédant Jupiter, l'autre la suivant.

"L'une des choses surprenantes à propos des astéroïdes troyens, c'est qu'ils sont très différents les uns des autres, en particulier leur couleur: certains sont gris, d'autres rouges", a expliqué Hal Levison, chercheur principal pour cette mission.

"Nous pensons que leur couleur indique d'où ils viennent." 

Diamant dans le ciel

Lucy procédera, durant son périple de plus de 6 milliards de kilomètres, à trois survols de la Terre pour profiter de son assistance gravitationnelle afin de se propulser. Le vaisseau sera ainsi le premier engin spatial à revenir dans le voisinage de la planète bleue depuis les confins du système solaire. 

Ses deux panneaux solaires sont immenses, mesurant chacun plus de sept mètres de diamètre. 

La mission a été nommée Lucy en référence au fossile d'australopithèque découvert en Ethiopie en 1974, ayant permis d'éclairer l'évolution de l'humanité -- la Nasa souhaitant ici éclairer l'évolution du système solaire.

Les chercheurs ayant retrouvé ce squelette écoutaient à l'époque la chanson des Beatles "Lucy in the sky with diamonds". En clin d'oeil, le logo officiel de la mission de la Nasa a été dessiné en forme de diamant.

"Nous embarquons bien un diamant à bord", a souri lors de la conférence de presse avant le lancement Phil Christensen, responsable de l'instrument scientifique nommé L'TES, qui contient la pierre précieuse.

Cet instrument mesurera la lumière infrarouge, ce qui permettra de déterminer la température à la surface des astéroïdes.

"En comparant ces mesures de nuit et de jour, nous pouvons déterminer si la surface est faite de blocs de roche ou de poussière fine et de sable", a-t-il expliqué. En effet, la roche refroidit moins vite que le sable la nuit.

Le coût total de la mission, dont ses 12 années d'opérations, est de 981 millions de dollars.


Iran : l'UE désigne les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste

Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
Short Url
  • Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE ont classé les Gardiens de la Révolution iraniens comme organisation terroriste suite à la répression sanglante des manifestations en Iran
  • L’UE a également sanctionné 21 responsables iraniens, avec interdiction d’entrée sur le territoire et gel de leurs avoirs

BRUXELLES: Les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l'Union européenne sont tombés d'accord jeudi pour désigner les Gardiens de la révolution comme une "organisation terroriste", après la répression sanglante des manifestations en Iran, a annoncé la cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas.

"+Terroriste+, c'est bien ainsi que l'on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang", a aussitôt réagi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

"Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens travaille à sa propre perte", a assuré de son côté Mme Kallas, en marge d'une réunion ministérielle à Bruxelles.

Ces derniers ont donné leur feu vert à l'inscription des Gardiens iraniens dans la liste de l'UE recensant les organisations terroristes. Les Européens rejoignent ainsi d'autres pays comme les Etats-Unis, le Canada ou l'Australie.

La France avait annoncé dès mercredi être prête à soutenir cette décision, en réponse à la répression "la plus violente" de l'histoire récente iranienne.

Les Européens ont aussi décidé jeudi de sanctionner plusieurs responsables iraniens, dont le ministre de l'Intérieur, le chef de la police et plusieurs dirigeants des Gardiens de la révolution. La liste de ces responsables iraniens a été publiée jeudi au Journal officiel de l'UE.

Au total, quelque 21 entités et individus sont ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d'entrer dans l'UE et le gel de leurs avoirs sur le territoire des Vingt-Sept.


Trump dit qu'il "semble" que le Hamas va se désarmer

Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
Short Url
  • Donald Trump affirme que le Hamas « semble » prêt à se désarmer, une étape clé de son plan pour mettre fin à la guerre à Gaza
  • La deuxième phase de la trêve prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif israélien et le déploiement d’une force internationale

WASHINGTON : Donald Trump a dit jeudi qu'il "semblait" que le mouvement palestinien Hamas allait "se désarmer", ce qui est l'une des étapes cruciales prévues dans son plan de règlement du conflit à Gaza.

"Beaucoup de gens disent qu'ils ne se désarmeront jamais. Il semble qu'ils vont se désarmer", a déclaré le président américain pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Il a également relevé que le Hamas "nous a aidé avec les corps, leur rapatriement et sa famille est très reconnaissante", faisant référence au rapatriement des restes du dernier otage israélien du 7-Octobre, Ran Gvili, à qui Israël a rendu hommage mercredi lors de funérailles nationales.

Pour sa part, l'émissaire spécial Steve Witkoff s'est félicité que "nous ayons chassé les terroristes de là-bas et ils vont se démilitariser".

"Ils le feront parce qu'ils n'ont pas le choix. Ils vont abandonner. Ils vont abandonner les AK-47", a-t-il ajouté.

La veille, le Hamas s'était dit prêt à un "transfert complet de la gouvernance" de la bande de Gaza aussi vite que possible.

Aux termes du plan du président américain pour mettre fin à la guerre de Gaza, un Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) doit administrer provisoirement le territoire palestinien sous la houlette du "Conseil de paix" présidé par M. Trump lui-même.

La deuxième phase de la trêve entrée en vigueur le 10 octobre dernier prévoit entre autres le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.


Ethiopie: combats entre armée fédérale et forces tigréennes, vols supendus vers le Tigré

Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
Short Url
  • De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar
  • Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés

ADDIS ABEBA: Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie.

De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar. Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés.

Ces tensions font planer le risque d'une reprise d'un conflit après la sanglante guerre qui a opposé entre novembre 2020 et novembre 2022 l'armée éthiopienne aux forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Au moins 600.000 personnes étaient mortes, selon l'Union africaine, des estimations que plusieurs experts pensent sous-estimées.

Ces derniers jours, des combats se sont tenus à Tsemlet (ouest du Tigré), une zone revendiquée par des forces de la région voisine de l'Amhara, ont déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, des sources diplomatique et sécuritaire en poste en Ethiopie.

"Raisons opérationnelles" 

A Tsemlet, face aux forces tigréennes, "ce sont les ENDF (armée éthiopienne, NDLR) avec des milices amharas", a déclaré la source diplomatique, sous couvert d'anonymat. Des affrontements se sont tenus "ces derniers jours", mais "aujourd'hui on ne sait pas encore" s'il se poursuivent, a-t-elle ajouté, sans plus de détails.

Les combats ont été confirmés par une source locale au Tigré, qui a également requis l'anonymat.

"La situation semble dégénérer", a corroboré la source sécuritaire, se montrant "dubitative sur la capacité des TDF (l'armée tigréenne, NDLR), à récupérer par la force Tselemt".

Le porte-parole de l'armée fédérale et des membres du TPLF n'ont pour l'heure pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.

Les liaisons aériennes vers le Tigré d'Ethiopian Airlines, compagnie publique et seule à desservir cette région, ont été suspendues, ont également affirmé les sources diplomatique et sécuritaire.

Les vols, tout comme les services de télécommunications et bancaires, avaient été complètement suspendus durant la guerre, avant de reprendre à la suite de l'accord de paix conclu à Pretoria fin 2022. Leur suspension est une première depuis l'accord de paix.

Selon deux responsables d'Ethiopian Airlines, qui ont requis l'anonymat, les vols ont été interrompus pour "raisons opérationnelles", sans donner plus de détails.

L'un d'eux a toutefois déclaré "suspecter" que l'arrêt pour l'instant temporaire du trafic soit lié "aux tensions politiques" entre les autorités fédérales et l'administration au Tigré.

"Escalade militaire" 

Selon un journaliste à Mekele, joint au téléphone par l'AFP et qui a lui aussi requis l'anonymat, une "anxiété croissante" se ressent dans cette ville, capitale du Tigré.

Depuis plusieurs mois, la situation est tendue dans le nord de l'Ethiopie. Des forces amhara et érythréennes sont toujours présentes dans la région, en violation de l'accord de paix de Pretoria - auquel elles n'ont pas participé - qui prévoyait leur retrait.

Début 2025, le chef de l'administration intérimaire au Tigré, institution mise en place par Addis Abeba, avait été contraint de fuir Mekele, la capitale régionale, en raison de divisions croissantes au sein du TPLF.

Ce parti qui a dominé l'Ethiopie pendant presque trois décennies avant de se retrouver marginalisé après l'arrivée au pouvoir en 2018 du Premier ministre Abiy Ahmed et d'être aujourd'hui radié, est accusé par les autorités fédérales de s'être rapproché de l'Erythrée voisine.

Les relations entre les deux voisins de la Corne de l'Afrique, qui s'étaient réchauffées durant la guerre du Tigré, lorsque les troupes érythréennes avaient appuyé les forces fédérales éthiopiennes, sont de nouveau acrimonieuses, nourries de discours belliqueux, faisant planer le risque d'un nouveau conflit.

Pour Kjetil Tronvoll, professeur à Oslo New University College et spécialiste de la zone, cette confrontation entre forces fédérales et tigréennes "n'est pas surprenante". "Le risque d'une escalade militaire est grave, et il est possible que des forces non éthiopiennes viennent appuyer les forces tigréennes", a-t-il confié à l'AFP.