Meurtre d'un député britannique: sa famille appelle à «mettre de côté la haine»

Policiers à l’œuvre sur les lieux de l’attaque au couteau dont a été victime le député britannique David Amess, à l'église méthodiste Belfairs à Leigh-on-Sea, le 17 octobre 2021. (Adrien Dennis/AFP)
Policiers à l’œuvre sur les lieux de l’attaque au couteau dont a été victime le député britannique David Amess, à l'église méthodiste Belfairs à Leigh-on-Sea, le 17 octobre 2021. (Adrien Dennis/AFP)
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Publié le Dimanche 17 octobre 2021

Meurtre d'un député britannique: sa famille appelle à «mettre de côté la haine»

  • L'enquête, confiée à la direction antiterroriste, révèle selon les premiers éléments «une motivation potentielle liée à l'extrémisme islamiste»
  • L'homme interpellé, d'origine somalienne, avait été orienté il y a plusieurs années vers programme destiné aux personnes présentant un risque de radicalisation et basé sur le volontariat

 LEIGH-ON-SEA, Royaume-Uni : "Personne ne devrait mourir de cette façon": la famille du député britannique David Amess, poignardé à mort dans un acte qualifié de terroriste par la police, s'est dit "anéantie" par le drame mais a appelé dimanche à "mettre de côté la haine".  

David Amess, député de 69 ans et père de cinq enfants, a été tué à coups de couteau vendredi lors d'une permanence parlementaire dans une église méthodiste à Leigh-on-Sea, à environ 60 km à l'est de Londres.

Un homme de 25 ans, un ressortissant britannique d'origine somalienne nommé Ali Harbi Ali selon la BBC, a été arrêté sur les lieux du drame.

Les enquêteurs ont jusqu'à vendredi pour l'interroger, après l'avoir placé en détention en vertu de la loi sur le terrorisme.

Les premiers éléments de l'enquête, confiée à la direction antiterroriste, révèlent "une motivation potentielle liée à l'extrémisme islamiste", selon la police.

"Nous essayons de comprendre pourquoi cette chose horrible s'est produite. Personne ne devrait mourir de cette façon. Personne", a déclaré la famille de la victime, dans un communiqué transmis par la police dimanche. 

Décrivant David Amess comme un "homme de paix", sa famille a demandé "aux gens de mettre de côté leurs différences et de faire preuve de gentillesse et d'amour envers tous. C'est la seule voie à suivre. Mettez de côté la haine et travaillez à l'unité".

Sur le volet de l'enquête, la police a annoncé effectuer des perquisitions à trois adresses à Londres.

Dans le quartier de Kentish Town, dans le nord de Londres, des policiers ont érigé une tente devant une maison en brique de deux étages dans laquelle ils faisaient des recherches. L'adresse est présentée par plusieurs médias comme étant le domicile d'Ali Harbi Ali. 

«Auto-radicalisé»

"La police est là depuis vendredi", a confié une voisine interrogée par l'AFP. "Nous connaissons la famille, ce sont des gens adorables", a-t-elle dit, précisant qu'"ils ont trois fils".

Benjamin, un habitant de 47 ans qui ne souhaite pas donner son nom de famille, s'est aussi dit "stupéfait" des investigations menées par la police dans sa rue, dans ce quartier "très bien, très calme". 

Le jeune homme arrêté vendredi avait été orienté il y a plusieurs années vers le programme Prevent, un dispositif destiné aux personnes présentant un risque de radicalisation et basé sur le volontariat, selon la BBC. Il n'y aurait pas été très assidu et n'a jamais été officiellement considéré comme un "sujet d'intérêt" pour l'agence de sécurité nationale, indique ce média. 

Les services de police et de sécurité pensent que l'assaillant a agi seul et qu'il était "auto-radicalisé", selon le Sunday Times. Il pourrait avoir été inspiré par Al-Shabab, les islamistes liés à Al-Qaïda en Somalie.

Le père d'Ali Harbi Ali, Harbi Ali Kullane, ancien conseiller du Premier ministre somalien, a confirmé au Sunday Times que son fils était en détention et s'est dit "traumatisé". 

John Lamb, un conseiller conservateur local, a raconté à des médias britanniques que le jeune homme avait attendu patiemment son tour avant de se jeter sur le député et de le poignarder à plusieurs reprises devant deux assistantes du parlementaire.

Depuis vendredi, de nombreuses personnes sont venues déposer des bouquets de fleurs et des hommages écrits à la victime, y compris le Premier ministre conservateur, Boris Johnson, et le chef du parti d'opposition travailliste, Keir Starmer, côte à côte samedi en signe d'unité.

Lundi après-midi, une minute de silence sera observée en mémoire de David Amess à la chambre des Communes, où il siégeait depuis 1983. Les députés pourront ensuite prendre la parole pour lui rendre hommage jusqu'en fin d'après-midi. 

Une fois les hommages terminés, une procession dirigée par le président de la chambre des Communes se dirigera vers l'église St Margaret, à côté de l'abbaye de Westminster, pour une messe du souvenir qui débutera à 17H00 GMT.

«Combler les lacunes»

Ce meurtre ravive le traumatisme encore récent de l'assassinat de la députée travailliste Jo Cox en juin 2016.

L'élue âgée de 41 ans avait été tuée, de plusieurs balles et coups de couteau, par un extrémiste de droite, Thomas Mair, 53 ans, une semaine avant le référendum britannique sur l'appartenance à l'Union européenne.

Ces deux drames interrogent sur les dispositifs de sécurité entourant les députés quand ils sont au contact du public.

"Nous devons combler les lacunes" en termes de sécurité, a déclaré la ministre de l'Intérieur Priti Patel sur SkyNews.

Priti Patel a aussi souligné que le programme Prevent fait actuellement l'objet d'un examen indépendant.   


L'Iran annonce avoir saisi deux navires dans le détroit d'Ormuz malgré la prolongation de la trêve

Cette photo fournie par la Marine américaine et publiée le 21 avril 2026 par le service des relations publiques du Commandement central américain montre des forces américaines en patrouille dans la mer d'Oman, près du Touska, un cargo battant pavillon iranien, le 20 avril 2026. (AFP)
Cette photo fournie par la Marine américaine et publiée le 21 avril 2026 par le service des relations publiques du Commandement central américain montre des forces américaines en patrouille dans la mer d'Oman, près du Touska, un cargo battant pavillon iranien, le 20 avril 2026. (AFP)
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  • Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran, ont annoncé avoir intercepté deux navires qui tentaient de franchir le stratégique détroit, soumis à un double blocus américain et iranien
  • "Les deux navires en infraction ont été saisis par les forces navales des Gardiens de la Révolution et dirigés vers la côte iranienne", ont-ils indiqué dans un communiqué

TEHERAN: L'Iran a annoncé mercredi avoir saisi deux navires dans le détroit d'Ormuz, au coeur du bras de fer avec Washington, quelques heures après la prolongation de la trêve décidée unilatéralement par Donald Trump.

Le pouvoir iranien ne s'est toujours pas exprimé sur cette prolongation. Mais Téhéran en "étudie différents aspects", selon la télévision d'Etat iranienne.

Côté américain, le président a jugé "possible" une reprise des discussions entre les belligérants dans les prochains jours. "C'est possible! Président DJT", a-t-il écrit en réponse à un texto d'une journaliste du New York Post, qui l'interrogeait sur la probabilité que des discussions se tiennent dans les prochaines "36 à 72 heures", soit d'ici vendredi.

En attendant, la tension reste forte dans le détroit d'Ormuz, passage crucial pour le transport mondial d'hydrocarbures et enjeu majeur du conflit déclenché le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran.

Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran, ont annoncé avoir intercepté deux navires qui tentaient de franchir le stratégique détroit, soumis à un double blocus américain et iranien.

"Les deux navires en infraction ont été saisis par les forces navales des Gardiens de la Révolution et dirigés vers la côte iranienne", ont-ils indiqué dans un communiqué.

Selon Téhéran, les navires doivent obtenir une autorisation pour quitter ou entrer dans le Golfe via le détroit d'Ormuz.

Un troisième bateau a essuyé des tirs alors qu'il se trouvait à 8 milles nautiques à l'ouest de l'Iran, selon l'agence de sécurité maritime britannique UKTMO, mais il a pu quitter le détroit en direction du port saoudien de Jeddah, selon le site Marinetraffic.

Ces incidents illustrent la précarité de la trêve entrée en vigueur le 8 avril, d'autant que les discussions entre Washington et Téhéran n'ont toujours pas repris.

Islamabad en attente 

Les pourparlers, qui étaient censés se tenir en début de semaine après une première session le 11 avril, visent à trouver une fin durable à une guerre régionale qui a fait des milliers de morts -essentiellement en Iran et au Liban- et ébranlé l'économie mondiale.

Donald Trump a prolongé sine die le cessez-le-feu avec l'Iran mardi soir, à quelques heures de l'expiration annoncée, afin, a-t-il dit, de laisser davantage de temps aux Iraniens pour joindre les négociations de paix sous l'égide des médiateurs pakistanais.

Il a parlé d'une extension jusqu'à ce que "l'Iran présente une proposition et que les discussions soient conclues, d'une manière ou d'une autre".

En attendant, aucune délégation ne s'est encore envolée pour Islamabad, bouclée et sous haute surveillance depuis le début de la semaine, provoquant la lassitude d'habitants privés d'écoles et limités dans leur déplacements.

Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a dit espérer que les deux parties parviendraient "à conclure un +accord de paix+ lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad". Il a reçu mercredi matin l'ambassadeur iranien à Islamabad.

Trois morts au Liban 

Sur l'autre front principal de la guerre, trois personnes ont été tuées mercredi dans des frappes israéliennes au Liban malgré la trêve, qui expire dimanche, et dont Beyrouth va demander l'extension lors de pourparlers prévus jeudi entre les deux pays à Washington.

"Le Liban demandera l'extension pour un mois de la trêve, le strict respect du cessez-le-feu et l'arrêt par Israël des opérations de dynamitage et de destruction dans les zones où il est présent", a indiqué une source libanaise officielle à l'AFP.

Israël a affirmé avant ces discussions ne pas avoir de "désaccords sérieux" avec le Liban, l'appelant à "travailler ensemble" contre le Hezbollah pro-iranien.

Selon le dernier bilan officiel, au moins 2.454 personnes ont été tuées au Liban en six semaines de guerre.

Par ailleurs, le président français Emmanuel Macron a annoncé mercredi la mort d'un 2e militaire français de la force de paix de l'ONU au Liban, Finul, blessé dans une embuscade samedi au cours de laquelle un premier Casque Bleu français avait été tué. Paris a attribué l'attaque au Hezbollah, ce que le groupe islamiste chiite a nié.


Londres accueille des discussion sur la mission à Ormuz

Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière
  • "L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable"

LONDRES: Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière, a précisé le ministère britannique de la Défense.

"L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable", a déclaré le ministre britannique de la Défense John Healey, cité dans un communiqué.

Il s'est dit confiant que "des progrès concrets puissent être accomplis".

Ces discussions intervient dans la foulée de pourparlers sur ce détroit stratégique, ayant réuni vendredi à Paris plus de 40 pays sous la houlette du Premier ministre britannique Keir Starmer et du président français Emmanuel Macron.

M. Starmer a indiqué que la France et le Royaume-Uni dirigeraient une mission multinationale pour assurer la liberté de navigation dans le détroit "dès que les conditions le permettront".

La Grande-Bretagne et la France ont insisté sur le fait que cette force serait exclusivement défensive et ne serait déployée qu'une fois la paix durable dans la région instaurée.

Les Etats-Unis et l'Iran, parties belligérantes, n'ont pas participé aux pourparlers.

Avant la réunion de Paris, Downing Street avait annoncé la tenue d'un sommet de planification militaire cette semaine, sans donner plus de précisions.

 


Iran: le médiateur pakistanais salue la prolongation du cessez-le-feu annoncée par Trump

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
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  • "Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre"
  • Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die

ISLAMABAD: Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump.

"Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre", a indiqué sur X M. Sharif, précisant s'exprimer également au nom du chef d'état-major, le maréchal Asim Munir.

"Fort de la confiance qui lui est accordée, le Pakistan poursuivra ses efforts en vue d'un règlement négocié du conflit", a ajouté le dirigeant.

Donald Trump a annoncé mardi une extension sine die du cessez-le-feu dont il avait précédemment fixé l'expiration à mercredi soir, disant vouloir donner davantage de temps à la diplomatie.

Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die.

"J'espère sincèrement que les deux parties continueront à respecter le cessez-le-feu et parviendront à conclure un +accord de paix+ global lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad, afin de mettre définitivement fin au conflit", a souligné M. Sharif mercredi.