Réchauffement climatique: double peine pour le Moyen-Orient

Vue aérienne depuis la Jordanie de la mer Morte, où le niveau des eaux baisse fortement en raison de la sécheresse, le 20 avril 2021. (AFP)
Vue aérienne depuis la Jordanie de la mer Morte, où le niveau des eaux baisse fortement en raison de la sécheresse, le 20 avril 2021. (AFP)
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Publié le Mardi 19 octobre 2021

Réchauffement climatique: double peine pour le Moyen-Orient

  • «Ces évènements tragiques ne sont pas tirés d'un film catastrophe, il s'agit de la réalité et du présent», a rappelé le président de la COP21
  • D'ici la fin du siècle, si rien n'était fait pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, les températures pourraient augmenter jusqu'à six degrés Celsius

PAPHOS: Le Moyen-Orient sera particulièrement affecté par le réchauffement climatique dans un futur proche, avec des températures extrêmes et le déclin d'une économie fondée sur le pétrole à l'heure où le monde s'intéresse aux énergies renouvelables, estiment des experts.


"Notre région est classée comme zone à risque du changement climatique" par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) et l'Organisation météorologique mondiale, agence des Nations unies, a rappelé mi-octobre le président chypriote Nicos Anastasiades lors de la Conférence internationale sur le changement climatique en Méditerranée orientale et au Moyen-Orient.


Déficitaires en eau, la région, où vivent plus de 500 millions d'habitants, voit leurs températures augmenter deux fois plus vite que la moyenne mondiale, soit 0,45 degrés Celsius par décennie depuis les années 1980, selon les scientifiques.


Les terres se désertifient et les tempêtes de sable s'intensifient, tandis que la neige présente dans les montagnes se raréfie et avec elle l'eau des réseaux fluviaux dont dépendent des millions de personnes.


Et les émissions à effets de serre de la région sont désormais supérieures à celles de l'Union européenne, selon des conclusions présentées à la conférence.


Cet été, d'immenses incendies ont dévasté Chypre, la Grèce, Israël, le Liban ou encore la Turquie et les températures ont dépassé les 50 degrés Celsius au Koweït, à Oman, aux Emirats arabes unis, en Arabie saoudite, en Irak et en Iran.

Pétrole «anachronique»
"Ces évènements tragiques ne sont pas tirés d'un film catastrophe, il s'agit de la réalité et du présent", a rappelé lors de la conférence Laurent Fabius, président de la COP21, sommet de l'ONU sur le climat ayant abouti à la signature de l'accord de Paris en 2015.


Ce pacte climatique historique avait vu la quasi-totalité de la planète s'engager à contenir le réchauffement "nettement" au-dessous de +2°C et si possible +1,5°C.


Mais à l'approche du début de la COP26, qui se déroulera à Glasgow (Ecosse) à partir du 31 octobre, de nombreux pays du Moyen-Orient n'ont toujours pas ratifié l'accord de Paris: l'Iran, l'Irak, la Libye et le Yémen.


Le Moyen-Orient présente de "graves problèmes" concernant le réchauffement climatique, résume Jeffrey Sachs, à la tête du Réseau des solutions pour un développement durable (UNSDSN) des Nations unies.


"Premièrement, il s'agit du centre mondial des hydrocarbures, dont dépendent de nombreuses économies de la région, des énergies devenues anachroniques et que nous devons cesser d'utiliser", explique M. Sachs, professeur à l'Université Columbia de New York.


"Deuxièmement, c'est une région déjà sèche qui va s'assécher, donc il y aura de l'insécurité liée à l'eau et le déplacement de populations", prévient-il, appelant à "un changement massif dans la région", malgré les divisions.


"Il faut juste qu'ils regardent le ciel. Les rayons du soleil nous donnent les bases pour une nouvelle économie verte", assure-t-il, évoquant l'énergie solaire.

60 degrés 
D'ici la fin du siècle, si rien n'était fait pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, les températures pourraient augmenter jusqu'à six degrés Celsius et plus encore lors des vagues de chaleur extrême, avertit le chercheur néerlandais en chimie atmosphérique Jos Lelieveld.


D'après lui, les températures pourraient dépasser les 60 degrés Celsius dans les villes, transformées en îlots de chaleur en raison de leur densité, de l'asphalte et de la moindre végétation.


"Lors des vagues de chaleur, des gens meurent d'insolation ou d'arrêts cardiaques. Les personnes vulnérables vont souffrir", explique à l'AFP M. Lelieveld.


Cette hausse des températures pourrait devenir "les racines de conflits futurs", s'est inquiété M. Fabius, prédisant une hausse des tensions en raison de la raréfaction de l'eau.


Les relations sont déjà tendues dans plusieurs pays de la région, autour notamment de la gestion des ressources hydriques des fleuves du Nil, du Jourdain, de l'Euphrate ou encore du Tigre.


M. Sachs a affirmé pour sa part que "les bouleversements dus aux importantes sécheresses ont partiellement déclenché et exacerbé la violence de masse" observée lors du conflit syrien.


Selon une théorie controversée, l'arrivée de millions de paysans dans les villes syriennes en raison de sécheresses record entre 2006 et 2009 a aggravé les tensions sociales et créé un terreau fertile pour les manifestations antirégime en 2011, réprimés dans le sang par Damas.


Liban: le bilan de la guerre s'élève à 570 morts depuis début mars 

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  • 84 personnes ont été tuées au cours de la seule journée de mardi
  • A l'aube, une frappe a touché un immeuble du quartier de Aïcha Bakkar à Beyrouth, selon l'agence de presse officielle Ani

BEYROUTH: Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 570 personnes, dont 86 enfants et 45 femmes, depuis que le pays a été entraîné dans la guerre régionale le 2 mars, a annoncé mercredi le ministère de la Santé.

Selon la même source, 84 personnes ont été tuées au cours de la seule journée de mardi.

 

 


L'armée iranienne dit vouloir désormais frapper des cibles économiques dans la région

L'armée iranienne a dit mercredi vouloir désormais frapper "les centres économiques et les banques" dans le Golfe, après une attaque israélo-américaine sur un établissement bancaire de Téhéran. (AFP)
L'armée iranienne a dit mercredi vouloir désormais frapper "les centres économiques et les banques" dans le Golfe, après une attaque israélo-américaine sur un établissement bancaire de Téhéran. (AFP)
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  • "L'ennemi nous a donné carte blanche pour cibler les centres économiques et banques" appartenant aux Etats-Unis et à Israël dans la région, a déclaré le quartier général central de Khatam al-Anbiya
  • Selon les médias locaux, la frappe israélo-américaine de la nuit a "tué des employés" d'une banque de la capitale qui travaillaient "exceptionnellement" pour préparer le paiement des salaires du mois

TEHERAN: L'armée iranienne a dit mercredi vouloir désormais frapper "les centres économiques et les banques" dans le Golfe, après une attaque israélo-américaine sur un établissement bancaire de Téhéran.

"L'ennemi nous a donné carte blanche pour cibler les centres économiques et banques" appartenant aux Etats-Unis et à Israël dans la région, a déclaré le quartier général central de Khatam al-Anbiya, affilié aux Gardiens de la Révolution, selon un communiqué diffusé par la télévision d'Etat.

Selon les médias locaux, la frappe israélo-américaine de la nuit a "tué des employés" d'une banque de la capitale qui travaillaient "exceptionnellement" pour préparer le paiement des salaires du mois.

 

 


Erdogan: "Il faut mettre fin à cette guerre avant qu'elle n'embrase complètement la région"

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’exprime après une réunion du cabinet à Ankara, en Turquie, le 9 mars 2026. (Reuters)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’exprime après une réunion du cabinet à Ankara, en Turquie, le 9 mars 2026. (Reuters)
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  • Le président Recep Tayyip Erdogan appelle à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient avant qu’elle n’embrase toute la région et affirme que la diplomatie peut encore ramener les parties à la table des négociations
  • Le président turc met aussi en garde Iran contre des actions « provocatrices », après l’interception d’un second missile tiré depuis son territoire et entré dans l’espace aérien turc

ANKARA: Le président turc Recep Tayyip Erdogan a appelé mercredi à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient "avant qu'elle n'embrase complètement la région", lors d'un discours devant son groupe parlementaire.

"Il faut mettre fin à cette guerre avant qu'elle ne s'aggrave et n'embrase complètement la région. Si la diplomatie a une chance, c'est tout à fait possible. Nous poursuivons patiemment nos efforts pour ramener les parties à la table des négociations", a affirmé le chef de l'Etat turc.

"Nous sommes tous conscients que si cette guerre insensée, anarchique et illégale se poursuit, les pertes humaines et matérielles s'aggraveront, et le coût pour l'économie mondiale ne fera que croître", a-t-il ajouté.

"En tant que peuples de la région, nous ne devons pas laisser un conflit dont nous sommes déjà victimes nous infliger de nouvelles souffrances", a-t-il souligné.

En revanche, lundi, le président turc avait mis en garde l'Iran contre toute "action provocatrice" après l'interception d'un second missile tiré depuis l'Iran dans l'espace aérien turc.

"Malgré nos avertissements clairs, des actions extrêmement inappropriées et provocatrices continuent d'être entreprises, mettant en péril l'amitié de la Turquie" envers l'Iran, avait-il  affirmé.