Record en Europe pour la vente de «Big John»

Le squelette de "Big John" exposé à l'hôtel Drouot, à Paris. (Photo, AFP)
Le squelette de "Big John" exposé à l'hôtel Drouot, à Paris. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Vendredi 22 octobre 2021

Record en Europe pour la vente de «Big John»

  • Vieux de 66 millions d'années, le squelette du géant tricératops de huit mètres de long a été adjugé à Paris à 6,6 millions d'euros
  • C’est l'énième épisode d'une ferveur de riches particuliers autour de ce type de fossiles, au grand dam des chercheurs et des musées incapables de surenchérir
ryjuiryu
Voilà à quoi pourrait ressembler le tricératops de son vivant, c'est-à-dire il y a 66 millions d'années. (Photos, AFP)

 

PARIS : Le squelette de "Big John", géant tricératops de 8 mètres de long, a été adjugé jeudi à Paris à 6,6 millions d'euros (frais compris) à un particulier américain, un "record en Europe" pour la vente d'un fossile de dinosaure.

Vieux de 66 millions d'années, "Big John" était estimé entre 1,2 et 1,5 million d'euros.

Le fossile était proposé aux enchères lors d'une vente à l'hôtel Drouot (Paris) qui attire chaque année de riches collectionneurs passionnés par des spécimens naturels impressionnants.

to

 

Séduites par le bon état de conservation du squelette, complet à 60% (et dont le crâne est complet à 70%), les onze personnes inscrites ont fait grimper les mises jusqu'à 5,5 millions d'euros (sans frais), sous la supervision du commissaire-priseur, Me Alexandre Giquello.

"C'est un prix remarquable", a-t-il salué à l'issue de la vente.

"Je ne m'attendais pas à un tel résultat, c'est sûr", a confirmé son partenaire Iacopo Briano, l'expert en paléontologie et histoire naturelle qui chapeautait l'enchère.

r-iu

 

L'acquéreur, un particulier américain dont l'identité n'a pas été révélée, était "tombé sous le charme" du squelette et a envoyé sur place un émissaire pour le négocier, avec d'autres pièces. "Big John" repartira ensuite aux Etats-Unis, où il a été découvert en 2014 dans le Dakota du sud (nord des Etats-Unis) par un géologue professionnel, a affirmé le représentant du mystérieux acquéreur à l'AFP.

Il a également fait savoir que le squelette viendrait compléter la "collection personnelle" de son acheteur. Mais il est aussi possible qu'il soit ensuite prêté, donné ou exposé à un musée, ont rappelé l'expert et le commissaire-priseur.

_ol

 

Unique par sa taille, le squelette de "Big John" a été restauré pendant près d'un an par un laboratoire spécialisé à Trieste (Italie) dans "le respect des règles de paléontologie", a précisé à l'AFP le commissaire-priseur, Me Giquello.

"Big John" a vécu à l’époque du Crétacé supérieur, dernière période de l'ère des dinosaures. Il a évolué dans Laramidia, une île-continent disparue qui s’étendait de l’actuelle Alaska jusqu’au Mexique. Le tricératops est mort dans une plaine inondable, ce qui explique sa bonne conservation, le squelette ayant été enseveli dans la vase, un sédiment sans activité biologique.

rtjk

 

Des collaborations avec les universités italiennes de Bologne et Chieti ont été menées lors de la restauration pour permettre aux chercheurs de se pencher sur le fossile.

Leurs analyses ont notamment permis d'attester de la taille exceptionnelle du crâne de l'animal, 5 à 10% plus importante que celle des 40 crânes de tricératops déjà décrits par la communauté scientifique.

Les chercheurs ont également pu étudier une trace de lacération proche du crâne, qui témoigne probablement d'un coup de corne reçu par "Big John" lors d'un combat avec un congénère. Les tricératops possèdent deux longues cornes frontales, qui les rendent redoutables.

La vente de ce squelette représente l'énième épisode d'une ferveur autour de ce type de fossiles. Les squelettes de dinosaures mis en vente ces dernières années ont atteint des sommes record sous l'impulsion de riches particuliers, et ce au grand dam des centres de recherche et des musées publics, souvent incapables de surenchérir.

L'hôtel particulier Drouot a déjà été le théâtre de plusieurs de ces enchères: deux allosaures fossilisés, ancêtres du T-Rex, ont été vendus pour 1,4 et 3 millions d'euros entre 2018 et 2020.

Mais le record mondial reste la vente d'un T-Rex en 2020 à New York. Un collectionneur avait déboursé 31,8 millions de dollars pour acquérir le squelette.

En 2020 toutefois, plusieurs dinosaures proposés à Paris n'ont pas trouvé preneurs, les prix de réserve exigés par le vendeur n'ayant pas été atteints.


« Libye, patrimoine révélé » : l’IMA  célèbre 50 ans de coopération  archéologique  

Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. (AFP)
Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. (AFP)
Short Url
  • Depuis la fin des années 1960, la MAFL explore l’ensemble  du territoire libyen
  • Ses travaux ont profondément renouvelé les connaissances sur l’histoire du pays, révélant des occupations humaines continues, des échanges méditerranéens anciens et des paysages façonnés par les sociétés du passé

PARIS: Le musée de l’Institut du monde arabe présente  Libye, patrimoine révélé, une exposition consacrée au  travail scientifique mené depuis près de cinquante ans  par la Mission archéologique française en Libye (MAFL),  en étroite collaboration avec les autorités libyennes. 

À travers une sélection de photographies, films et documents  scientifiques, l’exposition donne à voir la richesse exceptionnelle  du patrimoine libyen, de la préhistoire à l’époque médiévale, tout  en mettant en lumière les enjeux contemporains de recherche, de  préservation et de restauration dans un contexte particulièrement  fragile. 

Un demi-siècle de recherches archéologiques en  Libye 

Depuis la fin des années 1960, la MAFL explore l’ensemble  du territoire libyen. Ses travaux ont profondément renouvelé les connaissances sur l’histoire du pays, révélant des occupations humaines continues, des échanges méditerranéens anciens et des paysages façonnés par les sociétés du passé. 

L’exposition documente ce travail scientifique de terrain et rend  visibles des missions souvent menées dans des contextes  géographiques et politiques complexes.
Du Sahara à la Méditerranée : des sites majeurs Le parcours présente plusieurs zones emblématiques étudiées par les équipes franco-libyennes : le Sahara du Măsak et  ses milliers de vestiges préhistoriques, les fortifications romaines  de Bu Njem, les grandes cités antiques comme Leptis Magna,  ou encore Apollonia, dont une partie est aujourd’hui engloutie. 

Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. 

Préserver un patrimoine menacé 

Depuis 2011, le patrimoine archéologique libyen fait face à une  intensification du pillage et du trafic illicite. L’exposition revient  sur les actions menées par la MAFL aux côtés des autorités et des  forces de l’ordre internationales pour identifier les œuvres dispersées,  documenter les sites menacés et favoriser leur restitution. 

Libye, patrimoine révélé met en lumière l’archéologie comme outil de  connaissance, de coopération internationale et de sauvegarde d’un  patrimoine universel encore largement méconnu.

 


Louvre: le nouveau président du musée confirme le projet de grands travaux

Des visiteurs font la queue pour entrer au musée du Musée du Louvre à Paris, le 9 août 2023. (AFP)
Des visiteurs font la queue pour entrer au musée du Musée du Louvre à Paris, le 9 août 2023. (AFP)
Short Url
  • Le nouveau président du Musée du Louvre, Christophe Leribault, confirme le vaste plan de rénovation « Louvre Nouvelle Renaissance », estimé à plus d’un milliard d’euros et jugé indispensable
  • Après le cambriolage d’octobre, le projet inclut un renforcement de la sécurité, la réorganisation des espaces et la création d’une nouvelle présentation pour la Joconde

PARIS: Le nouveau président du Louvre, Christophe Leribault, arrivé dans le sillage du spectaculaire vol survenu en octobre dans ce musée, a confirmé mardi le vaste plan de rénovation de l'établissement annoncé en 2025 par Emmanuel Macron, jugeant par ailleurs son coût "incompressible".

Evalué à plus d'un milliard d'euros, le plan "Louvre Nouvelle Renaissance", qui prévoit notamment la rénovation du bâtiment existant et l'aménagement d'un nouvel espace pour la Joconde, a été mis entre parenthèses depuis le cambriolage du 19 octobre.

"C'est un projet capital et nécessaire pour le Louvre. On ne peut pas continuer d'accueillir 9 millions de visiteurs par la Pyramide. Et il faut impérativement revoir les infrastructures, refaire les couvertures et les installations techniques dans le périmètre de la Cour carrée", a déclaré Christophe Leribault au journal Le Monde.

"Le coût est incompressible", a ajouté celui qui a succédé le 25 février à Laurence Des Cars, mise en difficulté par une série de rapports ayant pointé l'obsolescence des dispositifs de sûreté dans le plus grand musée du monde.

Il a toutefois concédé "envisager de réduire certains aménagements (...), mais cela restera marginal en matière d'économie".

Il a aussi indiqué chercher "330 millions d'euros" supplémentaires auprès des mécènes pour financer les travaux de rénovation.

Alors que le cambriolage a mis au jour des failles au sein de la sûreté du bâtiment, M. Leribault a souligné que "les grilles d'accès au domaine ont été restaurées" et qu'"un poste mobile de police est désormais actif près de la Pyramide".

Il a par ailleurs annoncé que la galerie Apollon, où s'est déroulé le vol des joyaux de la couronne de France, "rouvrira dans le courant du mois de juillet, sans vitrine au centre, telle qu'elle avait été conçue au XVIIe siècle, c'est-à-dire comme une galerie d'apparat".

"Les objets précieux qui s'y trouvaient seront exposés dans l'aile Richelieu" et les joyaux non dérobés, dont la couronne de l'impératrice Eugénie, retrouvée endommagée, "vont rester en lieu sûr, en attendant de disposer d'un espace sécurisé ailleurs dans le musée", a-t-il poursuivi.

La part des recettes de billetterie affectée à la politique d'acquisition d'oeuvres doit pour sa part passer de 20% à 12%, a-t-il indiqué, suivant une préconisation de la Cour des comptes.


Art Jameel présente une double exposition aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite

“Study of History III” (2017) de Subas Tamang (avec l'autorisation de l’artiste)
“Study of History III” (2017) de Subas Tamang (avec l'autorisation de l’artiste)
Short Url
  • Une exposition majeure reliant Djeddah et Dubaï, explorant l’impact des systèmes de navigation sur la vie contemporaine
  • Plus de 40 artistes internationaux interrogent cartographie, mobilité et infrastructures à travers des œuvres variées

DUBAÏ : Art Jameel s’apprête à présenter une exposition transrégionale s’étendant sur l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Intitulée « Global Positioning System », cette exposition collective en deux volets ouvrira en mai à Hayy Jameel à Djeddah, parallèlement à une présentation au Jameel Arts Centre à Dubaï.

L’exposition, qui se tiendra à Djeddah du 20 mai au 17 octobre et à Dubaï du 9 mai au 4 octobre, réunit plus de 40 artistes issus de plus de 20 pays, explorant la manière dont les systèmes de navigation façonnent la vie contemporaine.

À travers une large diversité d’œuvres, l’exposition examine la cartographie, la mobilité et les infrastructures qui régissent les déplacements, tout en questionnant leurs limites et leurs défaillances.

Commissariée par Indranjan Banerjee et Lucas Morin, « Global Positioning System » rassemble des installations de grande envergure, des œuvres conceptuelles et des projets axés sur la recherche.

Nora Razian, directrice adjointe d’Art Jameel et responsable des expositions et des programmes, a déclaré :
« Pour la première fois, nous présentons une exposition qui se déploie sur nos deux sites à Dubaï et Djeddah.

« “Global Positioning System” interroge les outils et les systèmes que nous utilisons pour nous orienter, mettant en lumière les tensions entre représentation cartographique et réalités vécues.

« Cette exposition s’inscrit dans l’engagement d’Art Jameel à favoriser un dialogue transrégional, où mobilité et échanges sont essentiels pour soutenir l’interconnexion dans notre monde partagé. »

Le volet de Djeddah réunit une sélection variée d’artistes internationaux et régionaux, dont Bani Abidi, Mahmoud Alhaj, Mona Hatoum et Nalini Malani. Abidi, Ana Amorim et Cinthia Marcelle présenteront des œuvres dans les deux éditions, à Dubaï et à Djeddah.

À Dubaï, la présentation au Jameel Arts Centre comprend de nouvelles commandes d’artistes tels que Vishwa Shroff, Seher Naveed et Fatma Al-Ali, ainsi que des prêts internationaux, dont l’installation vidéo monumentale « Parallel I-IV (2012-2014) » du cinéaste Harun Farocki. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com