L'industrie européenne chauffée à blanc par la hausse des prix du gaz et de l'électricité

De la multinationale à l'entreprise familiale, les industries européennes consommatrices d'énergie sont chauffées à blanc par l'envolée des prix du gaz et de l'électricité. Fred TANNEAU / AFP
De la multinationale à l'entreprise familiale, les industries européennes consommatrices d'énergie sont chauffées à blanc par l'envolée des prix du gaz et de l'électricité. Fred TANNEAU / AFP
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Publié le Vendredi 22 octobre 2021

L'industrie européenne chauffée à blanc par la hausse des prix du gaz et de l'électricité

  • «Les prix explosent en dehors du rationnel»
  • de la multinationale à l'entreprise familiale, les industries européennes consommatrices d'énergie sont chauffées à blanc par l'envolée des prix du gaz et de l'électricité

PARIS : "Les prix explosent en dehors du rationnel": de la multinationale à l'entreprise familiale, les industries européennes consommatrices d'énergie sont chauffées à blanc par l'envolée des prix du gaz et de l'électricité, et demandent des mesures d'accompagnement aux chefs de gouvernement européens réunis vendredi à Bruxelles.

Leader mondial du raffinage du zinc, Nyrstar, basé aux Pays-Bas, a averti la semaine dernière qu'il allait réduire sa production "jusqu'à 50%" dans trois usines européennes, aux Pays-Bas, en Belgique, et en France, à Auby, en raison des prix élevés de l'énergie et du carbone en Europe.

"Les hausses significatives du coût de l'électricité ces dernières semaines", et le prix élevé du carbone sur le marché européen "font qu'il n'est plus rentable économiquement d'exploiter les usines à pleine capacité", a indiqué Nyrstar dans un communiqué.

A 30 kilomètres de Vannes (France), Jacques Pidoux, patron de BCF Sciences Life, une PME de 200 salariés qui produit des acides aminés à partir de plumes de volaille, se dit face à une crise "inédite".

Le prix auquel il paie le gaz utilisé pour produire de la chaleur qui permet l'hydrolyse de la kératine des plumes, a été "multiplié par 4,5 depuis janvier 2020" et celui de l'électricité "par 2,5". 

Les yeux rivés chaque jour sur l'indice Peg Nord 2022, qui montre le pic subi par les prix de gros du gaz, M. Pidoux insiste pourtant: "Nous ne sommes pas en difficulté". 

Sa société, seule en Europe sur son secteur, peut en effet se permettre de transférer à ses clients la hausse de 20% en six mois de ses coûts de revient.

Le géant du gaz industriel Air Liquide qui a publié son chiffre d'affaires du 3e trimestre vendredi matin n'a pas non plus été affecté, bénéficiant de contrats "pass through" lui permettant de répercuter les hausses de l'énergie à ses clients de la grande industrie.

"Répercuter la hausse des coûts aux clients, ce n'est possible que si vous êtes leader d'un marché, un faiseur de prix", avertit Nicolas de Warren, président de l'Union des industries utilisatrices d'énergie (Uniden) en France. 

«Pris en sandwich»

Pour ceux qui ne peuvent pas, "il peut y avoir des dégâts", dit-il. "Soit vous vendez à perte, soit vous risquez de perdre des parts de marché" face à des produits importés d'Amérique ou d'Asie.

Un effet de "ciseaux" dangereux, subi par exemple par Aluminium Dunkerque, l'un des plus gros producteurs d'aluminium en Europe.

"L'aluminium a beaucoup monté sur le marché du LME à Londres, mais beaucoup moins que le prix de l'électricité" explique à l'AFP Guillaume de Goÿs, patron de l'usine. "Nous sommes pris en sandwich".

"La part de l'électricité dans nos coûts de revient, qui était de 25% en moyenne ces dernières années, est passée à 40%, c'est un quasi-doublement" ajoute-t-il.

Il craint d'être obligé d'annoncer des réductions de capacité début 2022 "si rien de concret n'est fait côté énergie" pour aider les industriels européens.

En Russie, les industriels bénéficient d'un prix du gaz administré, "aux alentours de 5 euros du megawatt-heure (MWh)"  selon M. de Warren. En Chine, il est aussi contrôlé par l'Etat, "et même dans un certain nombre d'Etats américains" dit-il. "Alors que nous l'achetons plus de 100 euros le MWh".

Les associations représentant les industries de base en Europe ont lancé un cri d'alarme jeudi, en estimant que la reprise post-pandémie de l'industrie européenne était "en danger", tout comme sa capacité "à réaliser ses objectifs climatiques". 

A quelques semaines de la COP26 à Glasgow en Ecosse, le cri d'alarme résonnera d'autant que les industries lourdes -sidérurgie, chimie notamment- fortement émettrices de gaz à effet de serre, ont fini par engager de lourds investissements pour décarboner leur production, tout en se plaignant du renchérissement de leurs coûts qui affectent leur compétitivité internationale. 

Alors que les chefs d'Etat des 27 sont réunis à Bruxelles vendredi, les industriels européens de la chimie, du papier, céramique, aluminium, argile expansée, verre, métallurgie, sidérurgie, ont ainsi demandé à l'UE la mise en place de "règles ad-hoc en matière d'aides d'Etat pour permettre aux Etats membres de réagir plus clairement que ce qui est actuellement autorisé pendant les périodes de tension sur le marché de l'Energie".

Ils ont aussi appelé l'Europe à "utiliser pleinement sa pression commerciale et diplomatique sur les principaux fournisseurs de gaz".


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

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Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
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  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.


Saint-Gobain: bénéfice et ventes en recul au premier semestre mais des signes de croissance retrouvés

Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
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  • Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français
  • En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique

PARIS: Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance.

Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français.

"Après un premier trimestre marqué par l'impact de conditions climatiques défavorables dans l'hémisphère nord, le chiffre d'affaires à données comparables renoue avec la croissance au deuxième trimestre dans toutes les régions, y compris en volumes: en Europe grâce au marché de la construction neuve, en Amérique avec une normalisation des conditions climatiques en Amérique du Nord, et en Asie-Pacifique qui poursuit sa forte croissance", décrypte Saint-Gobain, qui emploie plus de 162.000 personnes dans 81 pays.

En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique.

C'est la zone Amériques qui tire le chiffre d'affaires vers le bas avec -7,2% sur le semestre. En ne prenant en compte que le deuxième trimestre, les ventes sont restées stables (+0,4%).

En 2025, la zone représentait plus du quart du chiffre d'affaires global de Saint-Gobain.

L'Ebitda (excédent brut d'exploitation), un indicateur de rentabilité, atteint 3,6 milliards d'euros "affecté par l'effet de change", mais "bénéficiant du retour à la croissance au deuxième trimestre", explique Saint-Gobain.

L'entreprise a confirmé ses perspectives de croissance, malgré "un environnement macroéconomique contrasté et géopolitiquement incertain", selon Benoît Bazin, PDG du groupe, lors d'un point presse.

Saint-Gobain anticipe une croissance de ses ventes au deuxième semestre 2026 dans toutes les zones, "contrastées par pays" en Europe, "dans un contexte incertain" dans les Amériques et "tirée par l'Inde et l'Asie du sud-est" pour la zone Asie-Pacifique.