Après la mort d'un député, l'examen de conscience de la classe politique britannique

Une photographie publiée par le Parlement britannique montre une Chambre des communes lors d’un hommage à David Amess, à Londres le 18 octobre 2021. Le député conservateur vétéran Amess, qui avait 69 ans, a été poignardé à mort dans une salle paroissiale le 15 octobre alors qu'il rencontrait des électeurs. (Jessica Taylor /AFP/ Parlement Royaume-Uni)
Une photographie publiée par le Parlement britannique montre une Chambre des communes lors d’un hommage à David Amess, à Londres le 18 octobre 2021. Le député conservateur vétéran Amess, qui avait 69 ans, a été poignardé à mort dans une salle paroissiale le 15 octobre alors qu'il rencontrait des électeurs. (Jessica Taylor /AFP/ Parlement Royaume-Uni)
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Publié le Vendredi 22 octobre 2021

Après la mort d'un député, l'examen de conscience de la classe politique britannique

  • La scène observée devant le palais de Wesminster mercredi, deux jours après les hommages du Parlement au député poignardé David Amess, donnait une idée du climat de ces dernières années
  • Depuis le référendum sur le Brexit en 2016, les esprits s'échauffent et les débats entre politiciens, mais aussi au sein du public, ont gagné en dureté

LONDRES : Après la mort d'un député poignardé à mort, la classe politique britannique endeuillée s'est montrée unanime pour appeler à l'apaisement dans le débat public, devenu pour beaucoup trop agressif. Il n'a pas fallu attendre longtemps pour mesurer l'ampleur de la tâche.

A peine deux jours après les hommages émus du Parlement à David Amess, élu conservateur poignardé en pleine permanence parlementaire dans ce que la police considère comme un acte terroriste, la scène observée devant le palais de Wesminster mercredi donnait une idée du climat de ces dernières années.

Une poignée de manifestants ont érigé une fausse potence pour protester contre la «trahison» des députés ayant imposé des confinements. La veille, des policiers avaient dû protéger Michael Gove, ministre du Logement pris à parti par des anti-vax.

Depuis le référendum sur le Brexit en 2016, les esprits s'échauffent et les débats entre politiciens, mais aussi au sein du public, ont gagné en dureté. Une atmosphère tendue encore renforcée par la pandémie, où chacun campe sur ses certitudes.

C'est donc un examen de conscience qui a suivi la mort de David Amess, pour laquelle un suspect de 25 ans a été arrêté, sans que ses motivations ne soient pour l'heure connues.

«C'est une leçon», a reconnu l'ancien leader du parti conservateur Iain Ducan Smith à la Chambre des communes. «Nous devons faire attention à ce que nous légitimons ici dans ce que nous disons de nos collègues. Ils ne sont pas des personnes maléfiques».

- Menaces -

La mort de David Amess constitue pour la société britannique le deuxième traumatisme en cinq ans, après l'assassinat de la députée travailliste Jo Cox en juin 2016 par un extrémiste de droite, juste avant le référendum du Brexit.

Ces derniers jours, les élus ont raconté avoir reçu des avertissements, parfois très graves. Quelqu'un a ainsi menacé de brûler la maison de la ministre du Commerce international Anne-Marie Trevelyan, avec ses enfants à l'intérieur.

Le renseignement intérieur estime à «substantiel» le niveau de menace visant les députés, a indiqué  la ministre de l'Intérieur Priti Patel mercredi soir, assurant que les forces de sécurité adapteraient leurs procédures en fonction.

Dans leurs hommages à David Amess, certains élus ont pointé du doigts les réseaux sociaux, qu'ils accusent d'agir comme catalyseur de haine, et exhorté le gouvernement à sévir davantage dans sa future législation sur les «délits en ligne».

Lors de son débat hebdomadaire au Parlement avec Boris Johnson mercredi, le leader de l'opposition travailliste Keir Starmer a promis de maintenir un «esprit collégial».

Mais lorsqu'il a insisté pour que la future loi prévoie des «sanctions pénales», le Premier ministre a répliqué dans un ton plus partisan. «Ce que nous espérons, c'est que, quelle que soit la dureté des propositions que nous faisons, l'opposition les soutiendra», s'est-il exclamé, provoquant des soupirs d'exaspération sur les bancs du Labour.

- «Dynamique de polarisation» -

Boris Johnson n'est pas le dernier à électriser les débats avec des propos polémiques. Début octobre encore, lors de la conférence annuelle des conservateurs, il a renouvelé ses offensives à l'encontre du Labour sur le thème des «guerres culturelles» autour de sujets comme le genre et l'histoire.

Remi Adekoya, maître de conférences en politique à l'Université de York, estime que l'apaisement doit venir du sommet de l'Etat. Mais Boris Johnson «jauge ce qui va lui profiter politiquement et lui (permettre de) rester chef dominant de sa tribu, et cela signifie utiliser un langage provocateur», souligne le chercheur interrogé par l'AFP.

Il a pourtant, selon lui, «l'énorme responsabilité d'être aussi civilisé et apaisé que possible».

Certains députés, comme la travailliste Rupa Huq, espèrent que les événements de la semaine dernière feront émerger un nouvel état d'esprit, exhortant ses collègues à suivre l'exemple de David Amess, Brexiter dans l'âme dont la gentillesse dépassait les clivages partisans.

Mais Remi Adekoya est sceptique: «Je ne doute pas des bonnes intentions, mais la dynamique est tellement biaisée en faveur de la polarisation que ce genre de trêve ne durera pas».


Le pétrole monte fasse à l'impasse diplomatique entre Washington et Téhéran

"Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous", a déclaré Donald Trump dans un entretien diffusé jeudi par la chaîne Fox News. (Reuters)
"Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous", a déclaré Donald Trump dans un entretien diffusé jeudi par la chaîne Fox News. (Reuters)
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  • "Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous"
  • "L'impasse diplomatique entre les États-Unis et l'Iran maintient au premier plan les inquiétudes concernant l'offre" de pétrole, affirme Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown

LONDRES: Les cours du pétrole grimpent vendredi à l'approche d'un nouveau week-end sans perspective de retour à la normale des flux pétroliers transitant via le détroit d'Ormuz, deux mois et demi après le début de la guerre au Moyen-Orient.

Vers 09H10 GMT (11H10 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juillet, gagnait 2,96% à 108,85 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en juin, montait de 3,44% à 104,65 dollars.

"Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous", a déclaré Donald Trump dans un entretien diffusé jeudi par la chaîne Fox News.

"L'impasse diplomatique entre les États-Unis et l'Iran maintient au premier plan les inquiétudes concernant l'offre" de pétrole, affirme Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown.

Si l'Iran a annoncé que ses forces navales avaient autorisé depuis mercredi le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, "pour l'instant, les flux de pétrole passant par le détroit restent limités et les stocks de pétrole continuent de diminuer", explique à l'AFP Giovanni Staunovo, analyste chez UBS.

"Il est raisonnable de supposer qu'entre 10 à 13 millions de barils d'or noir par jour sont bloqués dans le Golfe", rappelle Tamas Varga, analyste chez PVM. En cumulé depuis le début de la guerre "ce chiffre s'approche du milliard de barils" perdus pour le marché.

Cette semaine, l'Agence internationale de l'énergie a averti que le monde puise dans ses réserves de pétrole à une vitesse record.

"On ne peut que conclure (...) que les prix du pétrole devraient être nettement plus élevés", juge M. Varga.

Et si les négociations entre les Etats-Unis et l'Iran n'avancent pas, "nous devrons peut‑être commencer à nous inquiéter d'une ré‑escalade, ce qui signifie un risque de dommages supplémentaires aux infrastructures énergétiques de la région", a souligné Warren Patterson, analyste chez ING dans une visioconférence dédiée aux conséquences de la guerre au Moyen-Orient sur le pétrole.

Selon lui, le marché du gaz, dont les prix ont un peu moins flambé que ceux du pétrole depuis le début du conflit, est particulièrement exposé car ce dernier "n'a pas vraiment le luxe de réserves stratégiques dans lesquelles on pourrait puiser", a précisé M. Patterson.

Le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, prenait 3,03%, à 49,10 euros le mégawattheure.


Cinq Italiens décédés dans un accident de plongée aux Maldives

Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs. (AFP)
Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs. (AFP)
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  • Les cinq Italiens ne sont pas revenus d'une plongée en grotte profonde sur l'atoll de Vaavu, situé au sud de la capitale, Malé
  • Des avions et des vedettes rapides ont été déployés pour une vaste opération de recherche jeudi après-midi, a précisé la Force de défense nationale des Maldives (MNDF) dans un communiqué

MALE: Cinq Italiens sont décédés dans un accident de plongée aux Maldives, sans que les circonstances précises soient connues, a annoncé jeudi le ministère italien des Affaires étrangères, les forces de sécurité sur place ayant retrouvé un corps.

L'archipel est une destination de vacances de luxe, avec ses plages de sable blanc et ses complexes hôteliers isolés, prisée des plongeurs.

Des responsables locaux ont déclaré qu'il s'agissait du plus grave accident de plongée survenu dans ce pays composé de 1.192 minuscules îles coralliennes dispersées sur quelque 800 kilomètres le long de l'équateur, dans l'océan Indien.

"A la suite d'un accident survenu lors d'une sortie de plongée sous-marine, cinq ressortissants italiens ont trouvé la mort (...) aux Maldives. Les plongeurs auraient perdu la vie alors qu'ils tentaient d'explorer des grottes situées à 50 mètres de profondeur", précise le ministère, en soulignant que les autorités locales menaient une enquête.

Les cinq Italiens ne sont pas revenus d'une plongée en grotte profonde sur l'atoll de Vaavu, situé au sud de la capitale, Malé.

Des avions et des vedettes rapides ont été déployés pour une vaste opération de recherche jeudi après-midi, a précisé la Force de défense nationale des Maldives (MNDF) dans un communiqué.

"Un corps a été retrouvé", annonce le communiqué. Il a "été découvert à l'intérieur d'une grotte en profondeur (...) On pense que les quatre autres plongeurs se trouvent également dans cette même grotte, qui descend jusqu'à environ 60 mètres", précise-t-il.

Les MNDF ont aussi précisé qu'un navire des garde-côtes se trouvait dans la zone pour coordonner les opérations de recherche tout au long de la nuit. D'autres plongeurs des garde-côtes ont été envoyés en renfort pour participer aux recherches.

Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs.

Une touriste britannique est décédée en décembre lors d'une plongée, et son mari, bouleversé, est mort quelques jours plus tard après être tombé malade.

En juin, un touriste japonais de 26 ans a disparu après une expédition de plongée près de la capitale.

Selon les médias locaux, au moins 112 touristes sont morts dans des incidents liés à la mer dans l'archipel au cours des six dernières années, dont 42 victimes d'accidents de plongée ou de plongée avec tuba.

 


Détroit d'Ormuz: Téhéran annonce laisser passer des navires chinois depuis mercredi

L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Le passage d'un certain nombre de navires chinois dans le détroit d'Ormuz a été rendu possible conformément aux protocoles de gestion du détroit mis en place par l'Iran"
  • Ce passage, qui a débuté "la nuit dernière", a été rendu possible grâce aux "relations étroites entre les deux pays et leur partenariat stratégique"

TEHERAN: L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

"Le passage d'un certain nombre de navires chinois dans le détroit d'Ormuz a été rendu possible conformément aux protocoles de gestion du détroit mis en place par l'Iran", ont indiqué jeudi dans un communiqué les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran.

Ce passage, qui a débuté "la nuit dernière", a été rendu possible grâce aux "relations étroites entre les deux pays et leur partenariat stratégique", ont-ils spécifié.

Cette autorisation donnée à plusieurs navires chinois a également été annoncée par des médias officiels iraniens.

La télévision d’État iranienne a notamment précisé que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à franchir le détroit d'Ormuz, sans indiquer s'il s'agissait exclusivement de navires chinois.

Le blocage iranien de cette voie maritime par laquelle transite habituellement un cinquième de la production mondiale de pétrole perturbe les marchés mondiaux et confère à Téhéran un levier stratégique.

Les Etats-Unis ont quant à eux imposé leur propre blocus des ports iraniens malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump, en visite jeudi en Chine, a discuté du détroit d'Ormuz avec son homologue Xi Jinping.

Selon un extrait d'une interview à la chaîne Fox News, Donald Trump a déclaré que M. Xi lui avait assuré que Pékin n'enverrait pas d'équipement militaire à l'Iran et était prêt à aider à la réouverture du détroit d'Ormuz.

La Chine est le principal pays importateur du pétrole iranien.