Les gouvernements mettent le gang du rançongiciel REvil hors ligne

Des responsables américains évoquent l'attaque du ransomware Colonial Pipeline lors d'une conférence de presse à Washington, D.C. le 7 juin 2021. (Reuters/Archive Photo)
Des responsables américains évoquent l'attaque du ransomware Colonial Pipeline lors d'une conférence de presse à Washington, D.C. le 7 juin 2021. (Reuters/Archive Photo)
Des responsables américains évoquent l'attaque du ransomware Colonial Pipeline lors d'une conférence de presse à Washington, D.C. le 7 juin 2021. (Reuters /Archive Photo)
Des responsables américains évoquent l'attaque du ransomware Colonial Pipeline lors d'une conférence de presse à Washington, D.C. le 7 juin 2021. (Reuters /Archive Photo)
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Publié le Vendredi 22 octobre 2021

Les gouvernements mettent le gang du rançongiciel REvil hors ligne

  • Les cyberspécialistes des forces de l'ordre et du renseignement ont pu pirater l'infrastructure du réseau informatique de REvil, obtenant ainsi le contrôle d’un certain nombre de leurs serveurs
  • Une personne proche du dossier déclare qu'un partenaire étranger du gouvernement américain a effectué l'opération de piratage de l'architecture informatique de REvil

Le groupe de ransomware REvil a lui-même été piraté et mis hors ligne cette semaine par une opération menée dans plusieurs pays, selon trois cyberexperts du secteur privé travaillant avec les États-Unis et un ancien responsable.

D'anciens partenaires et associés du gang criminel dirigé par la Russie étaient responsables d'une cyberattaque sur le pipeline Colonial en mai qui a entraîné une pénurie généralisée de gaz sur la côte est des États-Unis. Parmi les victimes directes de REvil, on compte le grand emballeur de viande JBS. Le site Web «Happy Blog» du groupe criminel, utilisé pour divulguer des données sur les victimes et extorquer des entreprises, n'est plus disponible.

Les responsables déclarent que l'attaque sur le pipeline Colonial utilisait un logiciel de cryptage appelé «DarkSide», développé par les associés de REvil.

Le responsable de la stratégie de cybersécurité de VMware, Tom Kellermann, indique que les forces de l'ordre et les services de renseignement ont empêché le groupe d’attaquer d'autres entreprises.

«Le FBI, en collaboration avec le Cyber Command, les services secrets et des pays partageant les mêmes idées, se sont véritablement engagés dans des actions perturbatrices importantes contre ces groupes», déclare Tom Kellermann, conseiller des services secrets américains sur les enquêtes sur la cybercriminalité. «REvil était en tête de liste.»

Une personnalité de la direction connue sous le nom de «0_neday», qui avait contribué à relancer les opérations du groupe après une précédente fermeture, précise que les serveurs de REvil ont été piratés par une partie non identifiée.

«Le serveur a été compromis et ils me cherchaient», a écrit 0_neday sur un forum sur la cybercriminalité le week-end dernier et repéré pour la première fois par la société de sécurité Recorded Future. «Bonne chance à tous; je pars.»

Les tentatives du gouvernement américain pour arrêter REvil, l'un des pires gangs de ransomware («rançongiciel») parmi les dizaines qui travaillent avec des pirates pour pénétrer et paralyser des entreprises du monde entier, se sont accélérées après que le groupe a compromis la société américaine de gestion de logiciels Kaseya en juillet.

Cette brèche a ouvert l'accès à des centaines de clients de Kaseya à la fois, ce qui a conduit à de nombreux appels d'urgence devant la multiplication des cyberincidents.

Clé de décryptage

À la suite de l'attaque de Kaseya, le FBI a obtenu une clé de décryptage universelle qui permettait aux personnes infectées via Kaseya de récupérer leurs fichiers sans payer de rançon.

Mais les responsables de l'application des lois ont d'abord conservé la clé pendant des semaines alors qu'ils poursuivaient discrètement les membres de REvil, a reconnu plus tard le FBI.

Selon trois personnes proches du dossier, des cyberspécialistes des forces de l'ordre et du renseignement ont réussi à pirater l'infrastructure du réseau informatique de REvil, obtenant ainsi le contrôle d’un certain nombre de leurs serveurs.

Après la mise hors ligne, en juillet, des sites Web que le groupe de pirates informatiques utilisait pour mener ses activités, le principal porte-parole du groupe, qui se fait appeler «Inconnu», a disparu d'Internet.

Lorsqu’un membre du gang 0_neday et d'autres ont restauré ces sites Web à partir d'une sauvegarde le mois dernier, ils ont redémarré sans le savoir certains systèmes internes qui étaient déjà contrôlés par les forces de l'ordre.

«Le gang de ransomware REvil a restauré l'infrastructure à partir des sauvegardes en supposant qu'elles n'avaient pas été compromises», déclare Oleg Skulkin, directeur adjoint de l'équipe chargée de la criminalistique numérique et de la réponse aux incidents chez Group-IB, dirigé par la Russie. «Paradoxalement, la tactique préférée du gang consistant à compromettre les sauvegardes s'est retournée contre eux.»

Des sauvegardes fiables constituent l'une des défenses les plus importantes contre les attaques de ransomware, mais elles doivent rester déconnectées des réseaux principaux faute de quoi elles peuvent également être cryptées par des extorqueurs tels que REvil.

Un porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison-Blanche a refusé de commenter spécifiquement l'opération.

«D'une manière générale, nous menons un effort gouvernemental global sur les ransomwares, notamment en perturbant l'infrastructure et les acteurs de ces derniers, en collaborant avec le secteur privé pour moderniser nos défenses et en créant une coalition internationale pour tenir les pays qui hébergent les acteurs des rançons responsables», déclare le porte-parole.

Le FBI a refusé de commenter.

Une personne proche du dossier déclare qu'un partenaire étranger du gouvernement américain a mené l'opération de piratage de l'architecture informatique de REvil. Un ancien responsable américain, qui a requis l'anonymat, déclare que l'opération est toujours en cours.

Ce succès s'explique par la détermination du sous-procureur général américain, Lisa Monaco, qui a estimé que les attaques de ransomware contre les infrastructures sensibles doivent être traitées comme un problème de sécurité nationale au même titre que le terrorisme, déclare M. Kellermann.

En juin, le sous-procureur général adjoint principal, John Carlin, a déclaré à Reuters que le ministère de la Justice donnait aux enquêtes sur les attaques de ransomware une priorité similaire.

Ces actions ont donné au ministère de la Justice et à d'autres agences une base légale pour obtenir l'aide des agences de renseignement américaines et du ministère de la Défense, souligne Tom Kellermann.

«Avant, vous ne pouviez pas pirater ces forums, et l'armée ne voulait pas s’en mêler. Depuis, les choses ont changé.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Iran: l'armée israélienne dit avoir éliminé le général commandant la milice Bassidj

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  • "Le Premier ministre Benjamin Netanyahu ordonne l'élimination de hauts responsables du régime iranien", a annoncé par ailleurs le bureau du Premier ministre israélien, publiant une photo légendée de M. Netanyahu au téléphone
  • "Hier (lundi), l'armée de l'Air israélienne, sur la base de renseignements (militaires), a visé et éliminé Gholamréza Soleimani", indique un communiqué militaire israélien, ajoutant que ce général de brigade du corps des Gardiens de la Révolution

JERUSALEM: L'armée israélienne a déclaré mardi matin avoir éliminé dans une frappe à Téhéran le général Gholamréza Soleimani, commandant du Bassidj, milice de volontaires islamistes chargés notamment du maintien de l'ordre en Iran.

Les médias israéliens affirment également qu'Ali Larijani, l'un des plus hauts dirigeants iraniens, a été la cible d'une tentative d'élimination dans une autre frappe au cours de la nuit.

"Le Premier ministre Benjamin Netanyahu ordonne l'élimination de hauts responsables du régime iranien", a annoncé par ailleurs le bureau du Premier ministre israélien, publiant une photo légendée de M. Netanyahu au téléphone.

"Hier (lundi), l'armée de l'Air israélienne, sur la base de renseignements (militaires), a visé et éliminé Gholamréza Soleimani", indique un communiqué militaire israélien, ajoutant que ce général de brigade du corps des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, avait été tué dans "une frappe ciblée à Téhéran".

Selon Kan, la radio TV publique israélienne, Ali Larijani, chef du Conseil suprême de la sécurité nationale, "a été la cible d'une tentative d'élimination". "Les résultats de la frappe sont encore en cours d'examen", a annoncé pour sa part la chaîne N12.

"Nous ciblons des éléments des Gardiens de la Révolution et de l'appareil répressif du régime", a déclaré l'armée, citant dans un communiqué son chef d'état-major.

"Des résultats préventifs significatifs ont été enregistrés cette nuit, susceptibles d'influencer l'issue des opérations et les objectifs de l'armée israélienne", a indiqué le lieutenant-général Eyal Zamir.

Depuis l'élimination du guide suprême de la Révolution islamique, Ali Khamenei, au premier jour des frappes israélo-américaines en Iran le 28 février, M. Larijani est l'un des principaux visages du pouvoir iranien.

Avec les Gardiens de la Révolution, le Bassidj est depuis plusieurs jours la cible des frappes aériennes d'Israël. Cette milice recrute essentiellement dans la jeunesse, et agit comme une organisation idéologique insérée dans toutes les institutions et strates de la société.

Elle "fait partie de l'appareil armé du régime terroriste iranien" et a "mené les principales opérations de répression, recourant à une violence extrême, à des arrestations massives et à l'usage de la force contre des manifestants civils", a commenté l'armée israélienne.

"L'élimination de Soleimani s'ajoute à celle de dizaines de hauts commandants des forces armées du régime iranien qui ont été éliminés au cours de l'opération, et constitue un nouveau coup dur porté aux structures de commandement et de contrôle du régime en matière de sécurité", affirme l'armée.


Trump loin de susciter «l'enthousiasme» avec sa demande d'aide sur le détroit d'Ormuz

Loin de "l'enthousiasme" qu'il espérait susciter avec sa demande d'aide pour le détroit d'Ormuz, Donald Trump fait face à la froideur des alliés des Etats-Unis, échaudés par des mois d'attaques commerciales et d'humiliations diplomatiques, contraints aussi dans leurs capacités militaires. (AFP)
Loin de "l'enthousiasme" qu'il espérait susciter avec sa demande d'aide pour le détroit d'Ormuz, Donald Trump fait face à la froideur des alliés des Etats-Unis, échaudés par des mois d'attaques commerciales et d'humiliations diplomatiques, contraints aussi dans leurs capacités militaires. (AFP)
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  • "Nous encourageons vivement les autres pays à s'impliquer avec nous, et à s'impliquer vite et avec beaucoup d'enthousiasme", a dit lundi le président américain
  • Le dirigeant républicain, qui a déclenché l'offensive israélo-américaine contre l'Iran sans guère se soucier des alliés des Etats-Unis, a présenté sa demande d'aide comme une sorte de test de loyauté

WASHINGTON: Loin de "l'enthousiasme" qu'il espérait susciter avec sa demande d'aide pour le détroit d'Ormuz, Donald Trump fait face à la froideur des alliés des Etats-Unis, échaudés par des mois d'attaques commerciales et d'humiliations diplomatiques, contraints aussi dans leurs capacités militaires.

"Nous encourageons vivement les autres pays à s'impliquer avec nous, et à s'impliquer vite et avec beaucoup d'enthousiasme", a dit lundi le président américain, qui veut rétablir la circulation dans cette artère vitale pour le commerce de pétrole, désertée depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

Le dirigeant républicain, qui a déclenché l'offensive israélo-américaine contre l'Iran sans guère se soucier des alliés des Etats-Unis, a présenté sa demande d'aide comme une sorte de test de loyauté.

"Le degré d'enthousiasme est important pour moi", a-t-il dit.

"Nous n'avons besoin de personne", a assuré Donald Trump, avant d'ajouter, à propos des pays de l'Otan en particulier: "Ils devraient bondir pour nous aider, parce que nous les aidons depuis des années."

Il a même jugé que la plus grande rivale des Etats-Unis, la Chine, "devrait (le) remercier" d'avoir engagé ce conflit.

"Incroyable"

Mais personne ou presque ne "bondit", à l'exception de certains mystérieux pays dont Donald Trump assure qu'ils vont soutenir les Etats-Unis, mais en se refusant à les nommer.

Interrogé lundi sur un appel passé avec le président français Emmanuel Macron, le républicain a déclaré: "Sur une échelle de zéro à dix, je dirais qu'il mérite un huit". Avant d'ajouter: "Pas parfait, mais c'est la France."

Le Royaume-Uni et l'Allemagne ont écarté lundi toute mission de l'Otan pour rétablir la circulation maritime. le Japon et l'Australie, alliés historiques des Etats-Unis dans la région Asie-Pacifique, ont exclu tout envoi de moyens dans le détroit.

"C'est vraiment une demande incroyable", commente pour l'AFP Philip Gordon, ancien conseiller pour la sécurité nationale de la vice-présidente démocrate Kamala Harris, désormais expert pour la Brookings Institution.

Il juge que Donald Trump récolte en quelque sorte ce qu'il a semé, à force d'imposer des droits de douane, de critiquer l'Otan, de convoiter le Groenland ou de minimiser voire franchement nier les pertes subies par les alliés des Etats-Unis en Afghanistan par exemple.

"Imaginez que vous êtes un dirigeant européen qui doit justifier de risquer des vies humaines non seulement pour cette opération, mais pour un président qui n'a eu de cesse de vous insulter et de vous rabaisser depuis quinze mois. Cela va trop loin", juge-t-il.

"Les Etats-Unis lancent une guerre sans consulter leurs alliés et espèrent maintenant qu'ils viennent réparer les dégâts, cela ne va pas être bien reçu", abonde Erwan Lagadec, professeur à la George Washington University.

Au-delà de la dimension politique, il souligne que la demande d'aide de l'hôte de la Maison Blanche se heurte aussi à des limites pratiques.

Manque de capacités 

L'Otan "n'a pas tant de capacités navales que cela", explique ce spécialiste en relations internationales, pour qui la situation n'est pas "sans ironie", car les capacités en question "étaient jusqu'ici destinées à être déployées dans une volonté d'apaisement face à Trump au Groenland".

L'ancien ambassadeur de France aux Etats-Unis Gérard Araud, commentateur prolifique des affaires internationales sur X, a réagi vivement aux demandes de la Maison Blanche.

"A ce niveau, le mot +culot+ est bien trop faible... Impudence, toupet, effronterie, outrecuidance. Ou alors les "Tontons flingueurs": les c... osent tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît...", a-t-il écrit en référence à la célébrissime réplique inventée par Michel Audiard pour le film de Georges Lautner.

Certains pays alliés des Etats-Unis "pourraient changer de ton ou proposer quelque chose de mineur, par exemple plus de soutien logistique", mais sans modifier fondamentalement leur position, prévoit pour l'AFP Liana Fix, chercheuse au Council on Foreign Relations.

Donald Trump a fait lourdement pression sur les pays de l'Otan pour qu'ils augmentent leurs dépenses militaires.

Mais "de nombreux équipements militaires et missiles que (les Européens) avaient commandés auprès des Etats-Unis pour leur propre défense et celle de l'Ukraine sont maintenant utilisés en Iran", explique-t-elle.

La réserve européenne face aux demandes du président américain concernant le détroit d'Ormuz "n'est pas un retour de bâton" pour les attaques passées, elle repose "sur des contraintes et arbitrages très concrets", souligne-t-elle.

 

 


Washington offre une récompense de 10 millions de dollars pour des informations sur les dirigeants iraniens

Le programme « Rewards for Justice » du département d’État américain offre 10 millions de dollars pour toute information concernant des dirigeants iraniens clés. (Rewards for Justice)
Le programme « Rewards for Justice » du département d’État américain offre 10 millions de dollars pour toute information concernant des dirigeants iraniens clés. (Rewards for Justice)
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  • Les États-Unis offrent une récompense de 10 millions de dollars pour toute information sur plusieurs dirigeants iraniens, dont Mojtaba Khamenei et Ali Larijani
  • Washington affirme que ces responsables dirigent des éléments du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, accusé de planifier et de mener des actes terroristes à travers le monde

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont annoncé vendredi offrir une récompense de 10 millions de dollars en vue d'informations sur le sort des dirigeants iraniens, y compris le nouveau guide suprême, mais visant en particulier les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique d'Iran.

L'appel vise aussi bien Mojtaba Khamenei, le nouveau guide suprême, que le chef de la sécurité Ali Larijani, selon un avis diffusé par le département d'Etat américain.

Le ministre iranien de l'Intérieur, Eskandar Momeni, et le ministre du Renseignement et de la Sécurité, Esmaïl Khatib, figurent également parmi les dix personnes inscrites sur la liste du département d'Etat.

"Ces personnes commandent et dirigent divers éléments du Corps des gardiens de la révolution islamique iranien, qui planifie, organise et mène des actes terroristes à travers le monde", a déclaré le département d'Etat.

Il exhorte les informateurs éventuels à envoyer des informations via Signal notamment: "Vos informations pourraient vous permettre de bénéficier d'une réinstallation et d'une récompense".

Le dirigeant iranien Ali Khamenei, qui dirigeait l'Iran depuis 1989, a été tué dans une frappe le 28 février au début de la guerre.

Il a été remplacé par son fils Mojtaba mais les spéculations sur son état de santé perdurent, après les annonces par la télévision d'Etat et certains responsables qu'il avait été blessé dans les frappes.

Il a fait diffuser un message jeudi sans contenu vidéo ni audio.

Les Etats-Unis et Israël ont indiqué avoir tué nombre de responsables des Gardiens de la Révolution depuis le début des opérations militaires le 28 février.