Pluie d'hommages pour Angela Merkel lors d'un sommet européen aux allures d'adieu

La chancelière allemande Angela Merkel arrive le deuxième jour d'un sommet de l'Union européenne (UE) au Conseil européen à Bruxelles le 22 octobre 2021. (AFP)
La chancelière allemande Angela Merkel arrive le deuxième jour d'un sommet de l'Union européenne (UE) au Conseil européen à Bruxelles le 22 octobre 2021. (AFP)
Short Url
Publié le Vendredi 22 octobre 2021

Pluie d'hommages pour Angela Merkel lors d'un sommet européen aux allures d'adieu

  • Outre les louanges de ses pairs, Angela Merkel a eu droit à celles de l'ancien président américain, Barack Obama, qui l'a remerciée «au nom du peuple américain» pour son «amitié et leadership»
  • Le discours a été accueilli par une ovation debout des chefs d'Etat et de gouvernement réunis depuis jeudi

BRUXELLES: "Monument", "boussole pour le projet européen", "immense femme politique": les dirigeants des pays de l'UE ont rendu hommage vendredi à la chancelière allemande Angela Merkel, lors d'un sommet à Bruxelles qui devrait être son 107e et dernier après 16 ans au pouvoir.

Outre les louanges de ses pairs, Angela Merkel a eu droit à celles de l'ancien président américain, Barack Obama, qui l'a remerciée "au nom du peuple américain" pour son "amitié et leadership".

- "Dette de reconnaissance"-

"Votre peuple allemand bien-aimé et le monde entier ont une dette de reconnaissance pour votre hauteur de vue pendant tant d'années", a-t-il ajouté dans une vidéo. 

A Bruxelles, le président du Conseil européen Charles Michel a estimé que les sommets des Vingt-Sept "sans Angela c'est comme Rome sans le Vatican ou Paris sans la Tour Eiffel". "J'espère que vous ne serez pas fâchée par cette cérémonie pour votre dernier sommet", a-t-il dit.

"Vos adieux à la scène européenne nous touchent politiquement et nous remplissent d'émotion", a poursuivi l'ex-Premier ministre belge, saluant "la sagesse" de la chancelière qui manquera aux Européens "en particulier dans les périodes délicates". 

Le discours a été accueilli par une ovation debout des chefs d'Etat et de gouvernement réunis depuis jeudi. Un cadeau, une oeuvre en transparence du jeune designer franco-néerlandais Maxim Duterre, évoquant le bâtiment du Conseil qui accueille les sommets, lui a été remis, comme à son homologue suédois Stefan Löfven, lui aussi sur le départ.

Pour ce dernier sommet, où la Pologne était sur la sellette pour ses violations de l'Etat de droit, l'Allemande a été fidèle à sa ligne en plaidant pour le dialogue avec Varsovie.

Le départ d'Angela Merkel "laissera un grand vide", a déclaré le nouveau chancelier autrichien Alexander Schallenberg, soulignant sa "grande influence sur l'évolution de l'Union européenne".

"C'est quelqu'un qui pendant seize ans a vraiment marqué l'Europe, et nous a aidés à prendre les bonnes décisions avec beaucoup d'humanité à des moments qui étaient difficiles", a déclaré le Premier ministre belge Alexander de Croo.

- L'art du compromis -

"C'était une artisane de paix au sein de l'UE. Elle était indubitablement une grande Européenne", a-t-il insisté.

"C'était une telle machine à compromis, que quand les choses n'avançaient pas, on avait quand même Angela (...) Elle trouvait toujours quelque chose pour nous unir et nous permettre d'aller plus loin", a observé le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel, qui l'a côtoyée pendant huit années.

"Elle me manquera. Elle manquera à l'Europe", a-t-il dit.

La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, ancienne ministre de la Défense de la chancelière chrétienne-démocrate (CDU), avait récemment souligné à quel point l'esprit d'analyse de cette docteure en chimie avait été crucial pour débloquer les négociations européennes parfois interminables.

Ces derniers mois, les dirigeants de l'UE ont multiplié hommages et remerciements à celle qui a dirigé l'Allemagne depuis 2005, presque aussi longtemps que le chancelier de la Réunification, Helmut Kohl (1982-1998).

A la tête de la première puissance économique du continent, Angela Merkel avait été très critiquée pour l'attitude de Berlin durant la crise de la zone euro suite à l'effondrement financier mondial de 2008-2009, mais a été ensuite largement saluée pour sa réponse à la crise migratoire de 2015 et pour s'être ralliée in fine à un endettement commun des Vingt-Sept.

L'Allemagne devrait avoir un nouveau chancelier avant Noël. Sociaux-démocrates, écologistes et libéraux ont dévoilé jeudi le calendrier de leurs négociations visant à installer Olaf Scholz (SPD) aux commandes du pays début décembre.

Le retrait d'Angela Merkel, 67 ans, suscite la peur du vide au sein de l'UE, confrontée à des chantiers décisifs pour sa survie: reconstruction économique post-Covid, changement climatique, ou encore affirmation de son rôle géopolitique face aux Etats-Unis et à la Chine.


Les Etats-Unis frappent l'Iran pour la troisième nuit de suite et vont rétablir le blocus des ports

Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
Short Url
  • Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna
  • Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom

TEHERAN: Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible".

Pendant une mission de cinq heures, "les forces américaines ont frappé des cibles militaires" dans plusieurs villes portuaires du sud de l'Iran, comme Bouchehr et Bandar Abbas, a détaillé le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dans la matinée.

Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna.

Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom.

"Nous allons les frapper fort ce soir, et nous allons les frapper fort demain", avait déclaré lundi Donald Trump dans une interview radio. Pour le président américain, les dirigeants iraniens "ne peuvent absolument rien faire contre" ces frappes.

Comme la veille, les Gardiens de la Révolution iraniens ont, eux, revendiqué une opération à Bahreïn - entre autres contre un bâtiment hébergeant les troupes américaines sur la base de Juffair.

L'armée idéologique iranienne a aussi annoncé avoir ciblé en Jordanie "des installations clé et les forces américaines sur une base aérienne jordanienne", dans un communiqué cité par l'agence Tasnim. L'armée jordanienne a annoncé pour sa part l'interception de quatre missiles iraniens.

Deux tankers attaqués 

Dans le détroit d'Ormuz, les Emirats arabes unis ont déploré des attaques de missiles iraniens contre deux de leurs tankers, tuant un membre d'équipage indien.

Malgré ces échanges de frappes, Donald Trump a tout de même estimé, devant la presse à la Maison Blanche, qu'un accord avec l'Iran était encore "possible".

Avant cela, il avait annoncé sur Truth Social que les Etats-Unis prendraient le contrôle du détroit d'Ormuz et que le blocus des ports iraniens serait rétabli.

Il entrera en vigueur mardi à 20H00 GMT, selon l'armée américaine.

Tout comme Téhéran souhaite instaurer un péage pour traverser Ormuz, le président américain a dit vouloir percevoir en échange de la protection du détroit "une rémunération correspondant à 20% de la valeur des cargaisons", contraire au droit international censé garantir la liberté de navigation.

Le pétrole remonte 

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, dont le pays a pris le contrôle du détroit au début de la guerre, a rétorqué sur X: "l'Iran a toujours été le gardien du détroit et le restera pour toujours".

Donald Trump "a tout à fait raison. Quiconque assure le passage sûr et sécurisé des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz devrait être rémunéré", a-t-il ironisé, ajoutant: "20%, c'est évidemment trop. Nous serons équitables".

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont accusé les Etats-Unis de mettre en péril l'approvisionnement mondial en pétrole.

Au lendemain d'une envolée spectaculaire de plus de 9%, les cours du pétrole continuaient leur ascension dans ce contexte. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, gagnait 1,19% à 84,29 dollars vers 02H00 GMT.

Après quasiment 40 jours de bombardements dans le conflit déclenché par des frappes israélo-américaines le 28 février, un cessez-le-feu était entré en vigueur début avril, avant d'être entériné le 17 juin par un protocole d'accord.

Mais depuis des attaques survenues mardi contre des navires tentant de franchir Ormuz, les affrontements ont repris avec une intensité inédite depuis des semaines, faisant dire à Donald Trump que le cessez-le-feu était "terminé".

La semaine dernière, le président américain a d'ailleurs envoyé une notice officielle au Congrès indiquant que le conflit avec l'Iran avait repris, a confirmé la Maison Blanche à l'AFP.

Et au total, 25 personnes ont été tuées depuis mercredi, selon un décompte de l'AFP à partir des médias iraniens et sources officielles.

 Protocole d'accord "en crise" 

Pour le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, "il ne fait aucun doute" que le protocole d'accord "est en crise".

"Mais l'Iran n'a jamais été le premier à violer ses engagements", a-t-il tancé lors d'une conférence de presse lundi à Téhéran à laquelle assistait l'AFP.

Les consultations avec les médiateurs que sont le Qatar, le Pakistan et Oman se poursuivent afin de "prévenir une escalade", a-t-il toutefois assuré.

Le protocole d'accord prévoyait la réouverture du détroit, Téhéran n'autorisant toutefois qu'un seul couloir de navigation, le long de ses côtes.

"Ce passage stratégique est plus important que des dizaines de bombes atomiques, et la République islamique d'Iran le protégera", avait averti dimanche le conseiller militaire du guide suprême, Mohsen Rezaï.


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.