La critique qualifie la nouvelle série de Disney Just Beyond «d’idéale pour le public adolescent»

Just Beyond couvre beaucoup de sujets en huit épisodes. (Photo fournie)
Just Beyond couvre beaucoup de sujets en huit épisodes. (Photo fournie)
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Publié le Vendredi 22 octobre 2021

La critique qualifie la nouvelle série de Disney Just Beyond «d’idéale pour le public adolescent»

  • C'est dans les moments plus allégoriques que la série trouve vraiment ses marques
  • Les parents, certes, n’y trouveront peut-être pas leur compte, mais cette série n'est pas vraiment faite pour eux

LONDRES: L'horreur pour adolescents est un genre étonnamment difficile à maîtriser. Pousser loin «l’horreur» la rend inappropriée au public adolescent. Pousser trop loin le côté «adolescent» complique la distribution. Pour tenter d’atteindre cet objectif, Disney+ a choisi d'adapter les œuvres du prolifique auteur de romans gore pour adolescents, R. L. Stine, dans une nouvelle série en huit parties, avec des épisodes indépendants et un casting de jeunes acteurs.

Lorsqu'une jeune fille réalise que le monstre qui la traque (Mon monstre) est le fruit de son anxiété due au divorce de ses parents, elle découvre qu'il ne la poursuit que si elle continue à courir. (Photo fournie)
Lorsqu'une jeune fille réalise que le monstre qui la traque (Mon monstre) est le fruit de son anxiété due au divorce de ses parents, elle découvre qu'il ne la poursuit que si elle continue à courir. (Photo fournie)

Just Beyond couvre beaucoup de sujets dans ces huit épisodes – des extraterrestres et des monstres aux fantômes et aux univers alternatifs. Chaque épisode reste invariablement attaché aux bons côtés de la famille, avec juste une frayeur occasionnelle et une tendance à conclure chaque épisode avec un bel arc narratif au moment où le générique défile. Les fans des livres et romans graphiques de R. L. Stine se retrouveront dans Just Beyond.

Un fils en deuil tient sa mère veuve comme allant de soi (The Treehouse) jusqu'à ce qu'un voyage dans une autre dimension lui apprenne à comprendre que son père leur manque à tous les deux. (Photo fournie)
Un fils en deuil tient sa mère veuve comme allant de soi (The Treehouse) jusqu'à ce qu'un voyage dans une autre dimension lui apprenne à comprendre que son père leur manque à tous les deux. (Photo fournie)

C'est dans les moments plus allégoriques que la série trouve vraiment ses marques. Parmi les histoires de sorcières et de goules, on trouve des parallèles réconfortants (mais toujours adaptés aux adolescents). Lorsqu'une jeune fille réalise que le monstre qui la traque (Mon monstre) est le fruit de son anxiété due au divorce de ses parents, elle découvre qu'il ne la poursuit que si elle continue à courir. Une sorcière adolescente essaie de cacher ses dons à ses amis (Quelle sorcière) jusqu'à ce qu'elle se rende compte qu'ils l'aiment quoi qu'il arrive. Un fils en deuil tient sa mère veuve comme allant de soi (The Treehouse) jusqu'à ce qu'un voyage dans une autre dimension lui apprenne à comprendre que son père leur manque à tous les deux.

Certains messages sont un peu lourds et certaines performances un peu trop sérieuses. Mais bien que Just Beyond puisse être un peu cliché, c'est probablement sa vocation. Les parents, certes, n’y trouveront peut-être pas leur compte, mais cette série n'est pas vraiment faite pour eux, comme le titre du premier épisode de la série l'indique clairement. Son nom? Laissez les enfants tranquilles.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Succession du styliste Azzedine Alaïa: plainte pour «abus de faiblesse»

Des robes du créateur d'origine tunisienne Azzedine Alaia, de la collection «Exploring Volume 2017», en prévision d'une exposition du travail du créateur, intitulée «Azzedine Alaia: The Couturier» au London Design Museum à Londres le 9 mai 2018. (Tolga Akmen / AFP)
Des robes du créateur d'origine tunisienne Azzedine Alaia, de la collection «Exploring Volume 2017», en prévision d'une exposition du travail du créateur, intitulée «Azzedine Alaia: The Couturier» au London Design Museum à Londres le 9 mai 2018. (Tolga Akmen / AFP)
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  • L’ancien compagnon du couturier, Christoph von Weyhe, estime que sa santé dégradée a été utilisée contre lui pour qu'une gouvernance non conforme aux vœux du couturier soit placée à la tête de la Fondation Azzedine Alaïa
  • En 2007, Azzedine Alaïa avait décidé de mettre en place une association à son nom avec Christoph von Weyhe, son compagnon historique, et la galeriste italienne réputée Carla Sozzani

PARIS : Une plainte avec constitution de partie civile pour abus de faiblesse a été déposée le 14 avril à Paris par l'ancien compagnon d'Azzedine Alaïa, concernant la succession du couturier tunisien mort en 2017 qui fait déjà l'objet d'une enquête, a-t-on appris vendredi auprès des avocats du plaignant.

Le peintre allemand et ancien compagnon d'Azzedine Alaïa, «Christoph von Weyhe, accompagné de sa nièce Susanne von Weyhe, a saisi le doyen des juges d'instruction de Paris d'une plainte avec constitution de partie civile pour abus de faiblesse», ont indiqué leurs avocats, Me Caroline Toby et Me Jean-Philippe Ristori, confirmant une information de La Lettre A.

La plainte «est en cours d'examen par le doyen des juges d'instruction», a précisé une source judiciaire.

M. von Weyhe, âgé de 85 ans, estime que sa santé dégradée a été utilisée contre lui pour qu'une gouvernance non conforme aux vœux du couturier soit placée à la tête de la Fondation Azzedine Alaïa, dirigée par la célèbre galeriste italienne Carla Sozzani.

Le peintre et sa nièce, qui est aussi sa mandataire, avaient déposé une plainte simple contre X pour «abus de faiblesse» en août 2021.

Après analyse, le parquet de Paris avait ouvert une enquête le 1er septembre 2021 et confié les investigations à la Brigade de répression de la délinquance astucieuse (BRDA).

En déposant une plainte avec constitution de partie civile, les plaignants espèrent obtenir l'ouverture d'une information judiciaire et la désignation d'un juge d'instruction. 

Connu pour ses robes intemporelles sculptant le corps féminin, Azzedine Alaïa était une figure admirée du monde de la mode. Le couturier, discret et invariablement vêtu d'un costume chinois passe-partout, avait le luxe de se passer de publicité et présentait ses défilés selon son propre calendrier, à l'écart de la frénésie des Fashion weeks.

En 2007, Azzedine Alaïa avait décidé de mettre en place une association à son nom avec Christoph von Weyhe, son compagnon historique, et la galeriste italienne réputée Carla Sozzani, sa très proche amie, afin de préserver son travail et son patrimoine. 

Cette association, devenue la Fondation Azzedine Alaïa installée dans le quartier du Marais, à Paris, a été reconnue d'utilité publique fin février 2020.

Mme Sozzani la préside, tandis que Christoph von Weyhe, en est le vice-président, selon le site internet de la fondation.


Cannes: Diam's livre sa vérité dans un documentaire

La chanteuse française Diams se produit sur scène lors d'un concert caritatif organisé pour les victimes du tremblement de terre en Haïti le 24 janvier 2010 au Bataclan à Paris. (Miguel Medina / AFP)
La chanteuse française Diams se produit sur scène lors d'un concert caritatif organisé pour les victimes du tremblement de terre en Haïti le 24 janvier 2010 au Bataclan à Paris. (Miguel Medina / AFP)
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  • Le documentaire «Salam» («Paix» en arabe), hormis une incursion de Diam's aujourd'hui dans un Zenith de Paris vide, ne parle pas de musique
  • On y prend connaissance d'une première tentative de suicide à 14 ans, prolongement d'une peur irrationnelle de la mort de sa mère

CANNES : Scarifications, tentatives de suicide, internement, conversion à l'islam, fondation pour les orphelins: Diam's, ex-rappeuse star, sort de 12 ans de silence médiatique pour livrer sa vérité dans un documentaire présenté à Cannes, qu'elle a co-réalisé.

Celle qui fut une figure centrale du hip-hop en France dans les années 2000 n'est pas sur la Croisette.

«Quand vous verrez ce film et la vie que Mélanie (son vrai prénom) a décidé de mener, vous comprendrez qu'elle ne pouvait pas le conduire physiquement à Cannes, elle est cohérente», a dit Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes, en introduction de la projection jeudi soir.

Aujourd'hui âgée de 41 ans, Diam's a toutefois envoyé un petit message vidéo, projeté avant son film, certifiant que son absence «n'est pas du mépris ou du dédain», mais s'inscrit dans un souci de «préserver ce petit cocon de vie simple» qu'elle a aujourd'hui loin du show-biz.

«On t'aime !», ont lancé les jeunes spectateurs dans le public, pas ou à peine nés quand elle trustait les charts en France.

Le documentaire «Salam» («Paix» en arabe), hormis une incursion de Diam's aujourd'hui dans un Zenith de Paris vide, ne parle pas de musique. 

La quadragénaire se présente voilée et couverte des pieds à la tête, visage apparent. Le film est scindé en deux parties: le mal-être du temps du show-biz et l'après.

- Pleurs en coulisses -

Diam's et des proches racontent d'abord les souffrances. On prend connaissance d'une première tentative de suicide à 14 ans, prolongement d'une peur irrationnelle de la mort de sa mère, pourtant toujours bien portante et qui s'exprime dans le documentaire. 

Le rap et le succès n'arrangent rien. «A force de courir dans tous les sens, ma vie n'en avait plus aucun», assène-t-elle.

Vitaa, artiste qui fit ses premières parties, décrit les pleurs de Diam's en coulisses après des concerts triomphaux. Son ancienne manageuse relate les scarifications aux bras et visage.

Un internement psychiatrique s'impose. «Ils m'ont éteint avec les médicaments», assure Diam's. A sa sortie, on comprend qu'il y aura une autre tentative de mettre fin à ses jours.

Survient le tournant de la conversion à l'islam quand, lors d'une soirée entre filles, l'une des convives s'isole pour prier et que Diam's, qui a pourtant grandi dans le catholicisme,  la suive.

L'ex-rappeuse, mère de trois enfants, affirme s'être ensuite convertie seule à l'Île Maurice où elle était partie en virée avec Vitaa. Comme une réponse à ceux qui la disaient endoctrinée quand les photos d'elle, voilée, dans Paris Match, avaient créé l'émoi il y a une dizaine d'années.

- Parti pris -

Les partis pris de mise en scène sont assumés. On ne voit des proches qui témoignent dans la première partie, assez sombre, que les visages, comme si eux-mêmes étaient voilés.

«On voit la vérité des visages, on resserre sur les silences, les sourires, les larmes, ce qui est aussi peut-être un moyen de faire oublier son voile et le vêtement (long) qu'elle porte quand elle apparaît», estime auprès de l'AFP Anne Cissé, une des co-réalisatrices (avec Diam's et Houda Benyamina).

La deuxième partie du film correspond à la conversion de Diam's et à sa fondation dédiée à des orphelins au Mali (même si, comme elle le dit au Parisien de vendredi, elle vit aux Emirats arabes unis).

Diam's en profite pour déminer toute accusation de prosélytisme. L'ancienne chanteuse souligne que sa conversion a résonné avec un choix «de vie» plutôt que d'en finir, comme d'autres artistes au bout du rouleau, par arme à feu ou seringue.

«Généralement, les artistes ne sont plus là pour nous raconter pourquoi ils sont tombés dans les addictions, comme Amy Winehouse, pourquoi ils se sont tiré une balle dans la tête, comme Kurt Cobain», glisse-t-elle dans Le Parisien.


Dernière ligne droite à Cannes, où la compétition reste ouverte

Au terme de cette 75e édition, la course à la Palme pourra-t-elle être bouleversée en dernière minute ?  (Photo, AFP)
Au terme de cette 75e édition, la course à la Palme pourra-t-elle être bouleversée en dernière minute ?  (Photo, AFP)
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  • Vendredi, une figure du cinéma indépendant, l'Américaine Kelly Reichardt, doit présenter «Showing Up»
  • Son dernier film, «First Cow», avait été salué par la critique

CANNES: Dernière ligne droite au Festival de Cannes, où les films de deux dernières réalisatrices doivent être projetés avant que le jury, présidé par Vincent Lindon, ne se retire pour décerner, samedi soir, la prestigieuse Palme d'Or.

Au terme de cette 75e édition, la course à la Palme pourra-t-elle être bouleversée en dernière minute ? 

Vendredi, une figure du cinéma indépendant, l'Américaine Kelly Reichardt, doit présenter "Showing Up". Son dernier film, "First Cow", avait été salué par la critique.

A Cannes, elle racontera le quotidien d'une artiste et la manière dont elle puise dans sa vie. Avec au casting, l'une de ses actrices fétiches, Michelle Williams.

L'Américaine partagera les marches avec une nouvelle venue dans la compétition, la Française Léonor Séraille, qui tente sa chance en racontant dans "Un petit frère" l'histoire d'une famille issue de l'immigration, de la fin des années 1980 à nos jours en banlieue parisienne.

La réalisatrice avait charmé le Festival en 2017 avec son premier film "Jeune Fille", qui avait récolté la Caméra d'or.

L'un de ces films succèdera-t-il à "Titane" de Julia Ducournau, Palme d'Or gore à l'énergie punk de l'an dernier ? Les jeux sont pour l'instant assez ouverts, aucun film en compétition n'ayant fait l'unanimité du côté des festivaliers.

Du côté de la presse internationale, dont les critiques sont compilées par le magazine professionnel Screen, c'est le cinéaste sud-coréen Park Chan-wook, 58 ans, ("Mademoiselle", "Old Boy") qui fait figure de favori.

Son thriller "Decision To Leave" est une leçon de cinéma, à la réalisation virtuose, que certains aiment à comparer à "Basic Instinct", le sexe en moins.

Cette enquête menée par un inspecteur de police, qui tombe amoureux de la principale suspecte d'un crime, est toutefois desservie par une intrigue très complexe.

Le film est porté par l'interprétation de ses deux personnages principaux, deux nouveaux venus dans le cinéma de Park Chan-wook: dans le rôle de l'inspecteur, l'acteur Park Hae-il, qui avait travaillé avec Bong Joon-ho ("Memories of a Murder", "The Host"), dans celui de la veuve, l'actrice chinoise Tang Wei, révélée par Ang Lee ("Lust, caution").

Délibérations

Si un film aussi attendu que celui de David Cronenberg, "Crimes of the Future", a fait pschitt, un autre grand nom, James Gray, a plutôt charmé la critique avec "Armageddon Time".

Pour sa 5e fois en compétition, l'auteur d'"Ad Astra" et "La nuit nous appartient" livre une chronique touchante et largement autobiographique de l'enfance d'un garçon dans le New York des années 1980, et la découverte de sa vocation artistique.

L'ovni "EO", un film sur un âne, du doyen de la compétition, Jerzy Skolimowski, 84 ans, ainsi que le dernier film empreint de réalisme social des frères Dardenne, "Tori et Lokita", font aussi figure de candidats sérieux à la Palme, selon les avis recensés par Screen.

Un nouveau trophée à ces derniers serait un évènement, puisqu'ils seraient les premiers cinéastes à avoir trois Palmes d'Or, après "Rosetta" (1999) et "L'enfant" (2005).

Au total, 21 films sont en lice pour succéder à "Titane", dont la réalisatrice Julia Ducournau était seulement la deuxième femme couronnée dans l'histoire de Cannes. Cinq réalisatrices sont cette année en lice.

Après avoir visionné les derniers films, le jury se retirera dans une villa pour délibérer samedi, et annoncer le palmarès en début de soirée.

Aux côtés de Vincent Lindon, l'actrice et réalisatrice anglo-américaine Rebecca Hall ("Vicky Cristina Barcelona"), la Suédoise Noomi Rapace, ("Millenium") ou encore les réalisateurs Asghar Farhadi (Grand prix en 2021 avec "Un héros"), Ladj Ly ("Les misérables", prix du jury 2019) et Joachim Trier ("Julie en 12 chapitres").