Procès 13-Novembre: «l'effet Tchernobyl» des attentats sur les proches

"Depuis le 13-Novembre, je suis seulement en survie", dit d'une voix éteinte Nelly, la mère de Gilles, un jeune fleuriste de 32 ans, assassiné dans la salle de concerts de l'est parisien, le Bataclan. (Photo, AP)
"Depuis le 13-Novembre, je suis seulement en survie", dit d'une voix éteinte Nelly, la mère de Gilles, un jeune fleuriste de 32 ans, assassiné dans la salle de concerts de l'est parisien, le Bataclan. (Photo, AP)
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Publié le Samedi 23 octobre 2021

Procès 13-Novembre: «l'effet Tchernobyl» des attentats sur les proches

  • Certains proches de victimes sont morts de chagrin ou ont développé des cancers
  • «Quand on perd un parent, on devient orphelin. Quand on perd un enfant, j'ai cherché, ça n'existe pas dans la langue française»

PARIS : Il y a les morts, les blessés, les rescapés aux vies fracassées et le cortège des victimes de "l'effet Tchernobyl" des attentats du 13 novembre 2015 survenus à Paris, ces familles anéanties qui ont développé maladies et mal de vivre après la mort brutale de leurs proches.


"Depuis le 13-Novembre, je suis seulement en survie", dit d'une voix éteinte Nelly, la mère de Gilles, un jeune fleuriste de 32 ans, assassiné dans la salle de concerts de l'est parisien, le Bataclan. "Je ne suis plus dans ce monde", ajoute la femme aux cheveux blancs venue témoigner vendredi à la barre de la cour d'assises spéciale de Paris.


"Je n'y arrive pas, je n'y arrive plus", dit-elle, accablée. 


Nelly est venue avec sa fille Alexandra mais sans son mari. Après la mort de Gilles, il a développé un cancer.


La cour a résonné vendredi d'histoires similaires.


Un autre père de victime, Alfio, qui devait témoigner ce vendredi a renoncé. "Mon père a été gagné par la tristesse", explique Charles, son fils et frère de Pierre, tué au Bataclan.


Mayeul était juriste et a été tué lui aussi dans la salle de spectacles. Il venait de fêter ses 30 ans. Anaïs sa sœur, Noémie sa belle-sœur, Vianney son frère, Chloé sa compagne ont rappelé à la barre quelle "belle personne" Mayeul était mais, au-delà de ces souvenirs poignants, ils ont évoqué les ravages causés par les attentats dans les familles endeuillées.


"Il y a eu un effet Tchernobyl des attentats", avance l'avocat Jean Reinhart venu soutenir la famille de Mayeul à la barre. Certains proches de victimes sont morts de chagrin ou ont développé des cancers.


Quand il a fallu annoncer la mort de Mayeul à leur mère, Odile, "elle s'est littéralement effondrée", raconte Anaïs le souffle court.


"Maman était forte et digne. Mais quelque chose s'était brisée en elle. Elle a été rattrapée par un cancer. Elle s'est éteinte en 2018, elle souffrait trop", poursuit Anaïs.


"Pour les médecins c'était clair que son cancer était lié à la mort de Mayeul", dit-elle.


Vianney, petit dernier de la fratrie, souligne que "l'absence de Mayeul a brisé des vies, des couples, des amitiés".


Odile "a développé un cancer de l'endomètre, qui est une partie de l'utérus, donc lié à la maternité", précise Vianney.


Le benjamin de la famille éclate en sanglots quand il se souvient des derniers mots de sa mère: "Excuse-moi, mais je n'en peux plus de vivre, je dois retrouver Mayeul et papa", mort avant les attentats.

«Douleur à perpétuité»

Il y a aussi les conséquences physiologiques. Chloé raconte à la barre qu'après la mort de son compagnon, elle n'a "plus eu ses règles pendant 24 mois du fait du choc". Au début, elle pense être enceinte. Elle raconte, voix brisée, avoir fait "plusieurs tests de grossesse". Un espoir vain.


Avocate, Chloé est incapable de poursuivre son métier. Elle raconte sa "descente aux enfers", "son état de désespoir". Après avoir été "hôtesse d'accueil", elle se décide "pour ne pas rester chez elle toute la journée en pyjama" à intégrer l'Ecole nationale de la magistrature (ENM).


Devenue magistrate, elle raconte se sentir "souvent en décalage". "Quand j'imagine Mayeul tout seul qui se vide de son sang, j'ai envie de mourir à mon tour", dit-elle d'une voix à peine audible.


"Le malheur s'est introduit par effraction dans mon existence", raconte sobrement Jean-Pierre, père de Stéphane, autre victime du Bataclan.


A la mort de son fils, "notre famille a sombré dans un cauchemar éveillé", dit-il en éclatant brièvement en sanglots. Il parle de "survivre" plutôt que "vivre".


Les témoignages se succèdent et toujours cette douleur inextinguible.


Catherine, la femme de Christopher, autre victime du Bataclan, évoque la souffrance de sa belle-mère qui n'a pas eu la force de venir au procès. "Quand on perd un parent, on devient orphelin. Quand on perd un enfant, j'ai cherché, ça n'existe pas dans la langue française."


Erdogan met en garde contre toute menace visant Chypre-Nord après un accord entre la France et Chypre

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN) après la signature lundi d'un accord entre la France et Chypre encadrant la présence de troupes françaises sur le territoire chypriote. (AFP)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN) après la signature lundi d'un accord entre la France et Chypre encadrant la présence de troupes françaises sur le territoire chypriote. (AFP)
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  • "Je veux qu'il soit bien clair que notre réponse sera très nette, et très ferme si l'on porte atteinte aux droits (...) de la Turquie et des Chypriotes turcs en Méditerranée orientale"
  • Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN)

ISTANBUL: Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN) après la signature lundi d'un accord entre la France et Chypre encadrant la présence de troupes françaises sur le territoire chypriote.

"Je veux qu'il soit bien clair que notre réponse sera très nette, et très ferme si l'on porte atteinte aux droits (...) de la Turquie et des Chypriotes turcs en Méditerranée orientale", a déclaré le chef de l'Etat turc devant les député de son parti au parlement turc.

 

 


Avant le G7, Macron organise une visioconférence jeudi incluant la Chine sur la "coopération" économique

Un passant marche devant un bâtiment dont les fenêtres ont été recouvertes de panneaux en bois installés pour protéger la façade avant les manifestations contre le sommet du G7 d’Évian, à Genève, le 4 juin 2026. (AFP)
Un passant marche devant un bâtiment dont les fenêtres ont été recouvertes de panneaux en bois installés pour protéger la façade avant les manifestations contre le sommet du G7 d’Évian, à Genève, le 4 juin 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron organise une visioconférence réunissant le G7, la Chine et plusieurs pays émergents pour promouvoir une coopération économique mondiale et réduire les déséquilibres commerciaux
  • Cette initiative vise à préparer le sommet du G7 à Évian et à apaiser les tensions économiques entre l’Europe, la Chine et les États-Unis

PARIS: Emmanuel Macron va organiser jeudi, quatre jours avant le sommet du G7, une visioconférence entre les membres de ce forum de puissances industrialisées, la Chine et plusieurs autres pays émergents, afin de renforcer la "coopération" entre les grandes économies mondiales, a annoncé mardi l'Elysée.

Cette conférence, baptisée "sommet de convergence mondiale pour la croissance", "signale une disponibilité nouvelle de la Chine, des Etats-Unis et de l'Europe de s'engager dans une démarche économique coordonnée", a déclaré la présidence française dans un communiqué.

Elle réunira des représentants du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) mais aussi de la Chine et du Fonds monétaire international (FMI). Les pays déjà invités au sommet du G7, programmé du 15 au 17 juin à Evian, dans le centre-est de la France, participeront également à la visioconférence de jeudi (Brésil, Corée du Sud, Inde, Kenya et Egypte).

"Ce sommet vise à initier une coopération entre les économies systémiques et émergentes pour apaiser les tensions et créer les conditions d’une croissance équilibrée, durable et partagée", a expliqué l'Elysée, rappelant que "la résorption des déséquilibres macroéconomiques mondiaux est une priorité" du président français, Emmanuel Macron, pour le G7.

La France veut notamment "restaurer une industrie forte en Europe" et "équilibrer le commerce avec la Chine ainsi que les Etats-Unis".

- "Double problème" -

La lutte contre les déséquilibres est "dans l'intérêt aussi des pays les plus fragiles", estime la présidence française, qui voit dans ce rendez-vous "une contribution au G20" prévu en décembre aux Etats-Unis.

La Chine est membre du G20 mais pas du G7, à l'inverse des Etats-Unis et des plus grandes économies européennes qui appartiennent aux deux clubs.

Le chef de l'Etat français a proposé dès décembre une approche "coopérative" pour ce chantier, tout en laissant planer la menace de "droits de douane" européens "sur les produits chinois" si Pékin ne joue pas le jeu.

En janvier, il avait estimé que l'Europe avait, sur le commerce, "un double problème, l'agressivité chinoise et les tarifs américains", et "c'est un gros problème d'avoir les deux en même temps".

Mercredi, en autre préambule au sommet d'Evian, Emmanuel Macron va recevoir à l'Elysée "des représentants de la société civile, des partenaires sociaux, du monde économique, des fondations, des think tanks et de la jeunesse".

Leurs échanges "porteront sur les enjeux de développement et de partenariats internationaux, la sécurisation des chaînes de valeur pour les approvisionnements critiques, le numérique et l'intelligence artificielle, ainsi que sur la protection de l'État de droit, des libertés fondamentales, de l'espace civique et la place de la jeunesse dans nos démocraties", selon un autre communiqué.

Emmanuel Macron doit ensuite rencontrer le Premier ministre canadien, Mark Carney, vendredi soir à Paris, puis le chef du gouvernement indien, Narendra Modi, dimanche à Nice pour un événement autour de la tech.

Il accueillera ses homologues du G7 lundi soir à Evian, ville thermale des Alpes françaises sur les rives du lac Léman, pour un sommet de trois jours.


France: un défilé du 14-Juillet "massif", l'Ukraine à l'honneur

Des membres du 35e Régiment d’Infanterie (35e RI) "l’As de Trèfle" (à gauche) et du 1er Régiment de Tirailleurs (1er RTir) défilent lors du traditionnel défilé militaire de la Fête nationale du 14 Juillet sur l’avenue des Champs-Élysées, avec l’Arc de Triomphe en arrière-plan, à Paris, le 14 juillet 2025. (AFP)
Des membres du 35e Régiment d’Infanterie (35e RI) "l’As de Trèfle" (à gauche) et du 1er Régiment de Tirailleurs (1er RTir) défilent lors du traditionnel défilé militaire de la Fête nationale du 14 Juillet sur l’avenue des Champs-Élysées, avec l’Arc de Triomphe en arrière-plan, à Paris, le 14 juillet 2025. (AFP)
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  • Le défilé du 14 Juillet mettra en avant le renforcement de la défense française et européenne, avec un format plus important et moderne
  • L’Ukraine sera à l’honneur, tandis que les alliés européens et de l’OTAN afficheront leur soutien et leur unité

PARIS: Des pilotes ukrainiens et français, un défilé "plus massif": la parade militaire du 14 Juillet sur les Champs Elysées aura cette année pour thème "le réveil stratégique de l'Europe" et s'attachera à montrer que la France est "déterminée" et "n'est pas seule", a annoncé lundi le gouverneur militaire de Paris.

"Nous allons avoir un défilé plus massif, plus puissant, plus moderne", a déclaré le général Loïc Mizon lors d'une conférence de presse.

La parade mobilisera près de 8.500 participants, dont 6.500 défileront à pied. Près de 300 véhicules, dont une centaine de motos, 95 avions, 35 hélicoptères, ainsi que 193 chevaux de la Garde Républicaine participeront également.

L'Ukraine, entrée dans sa cinquième année de guerre déclenchée par la Russie en 2022, sera mise à l'honneur. La Patrouille de France ouvrira le défilé aérien, accompagnée de deux Mirage 2000 pilotés par des équipages franco-ukrainiens.

Les 35 pays de la Coalition des volontaires, prêts à fournir des garanties de sécurité à l'Ukraine une fois conclu un cessez-le-feu, ont été invités à participer par le président Emmanuel Macron, qui assistera à son 10e et dernier défilé en tant que chef d'Etat.

La présidente de la Commission européenne Ursula Von Der Leyen et le général Grynkewich, commandant suprême de l'OTAN, ont aussi été conviés.

Les soldats français des bataillons multinationaux de l'Otan déployés sur le flanc Est de l'Europe (Roumanie, Estonie) descendront la célèbre avenue parisienne.

La présence des alliés et des partenaires doit ainsi témoigner que "l'Europe n'est pas seule", a dit le général Mizon.

Le but de ce défilé est aussi de concrétiser aux yeux des Français les "efforts budgétaires consacrés depuis 10 ans aux forces armées", a fait-t-il valoir.

Le commissariat numérique de Défense défilera pour la première fois, pour "souligner la transformation numérique du ministère des Armées".

Deux blocs de réservistes défileront également: l'un composé de réservistes de la SNCF et un un autre de réservistes d'Airbus France.

La Marine nationale, qui fête cette année ses 400 ans d'existence clôturera le défilé au son du bagad de Lann-Bihoué, basé près de Lorient (Morbihan).

La parade militaire durera 2 heures et se terminera par l'hymne européen, "l'Ode à la joie".