Ministre américain à Taïwan: la Chine réplique avec des exercices militaires

Rencontre entre le sous-secrétaire d’État américain à la Croissance économique, à l’Énergie et l’Environnement Keith Krach (g) et le Premier ministre taïwanais Su Tseng-chang (d) à l’Executive Yuan de Taipei. (Taiwan Executive Yuan/AFP)
Rencontre entre le sous-secrétaire d’État américain à la Croissance économique, à l’Énergie et l’Environnement Keith Krach (g) et le Premier ministre taïwanais Su Tseng-chang (d) à l’Executive Yuan de Taipei. (Taiwan Executive Yuan/AFP)
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Publié le Vendredi 18 septembre 2020

Ministre américain à Taïwan: la Chine réplique avec des exercices militaires

  • Pékin considère toujours Taïwan comme faisant partie de la Chine et s'oppose à toute venue à Taipei de dirigeants étrangers, ces visites étant de nature à donner une légitimité aux autorités taïwanaises
  • Le sous-secrétaire d'État américain Keith Krach est arrivé jeudi à Taïwan au motif de participer samedi à un hommage au défunt président taïwanais Lee Teng-hui, ce à quoi la Chine a répliqué en lançant des exercices militaires

PÉKIN : La Chine a annoncé vendredi avoir lancé des exercices militaires à proximité de Taïwan, en réponse à l'arrivée la veille d'un ministre américain sur l'île, considérée par Pékin comme territoire chinois.

Les tensions sino-américaines sont au plus haut ces derniers mois sur un grand nombre de sujets, de Hong Kong au commerce, en passant par le Covid-19, les Ouïghours ou l'application de vidéos TikTok.

La Chine continentale (dirigée par le Parti communiste) et l'île de Taïwan (refuge de l'armée nationaliste chinoise à l'issue de la guerre civile en 1949) sont administrées par deux régimes différents depuis plus de 70 ans.

Mais Pékin considère toujours le territoire insulaire comme faisant partie de la Chine. Il s'oppose ainsi à toute venue à Taipei de dirigeants étrangers, ces visites étant de nature à donner une légitimité aux autorités taïwanaises.

Le sous-secrétaire d'État américain pour la croissance économique, l'énergie et l'environnement Keith Krach est arrivé jeudi à Taïwan. Il devrait participer samedi à un hommage au défunt président taïwanais Lee Teng-hui.

"L'armée a entamé aujourd'hui des exercices militaires de combat à proximité du détroit de Taïwan", qui sépare l'île du continent, a indiqué lors d'une conférence de presse Ren Guoqiang, un porte-parole du ministère chinois de la Défense.

"Il s'agit d'une opération légitime et nécessaire afin de garantir la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Chine, et prise en réponse à l'actuelle situation dans le détroit de Taïwan", a-t-il indiqué.

Depuis le Guyana, petit pays d'Amérique du Sud où il était en déplacement, le secrétaire d'État américain Mike Pompeo a vertement réagi, s'en prenant aux "fanfaronnades militaires" de la Chine, lors d'une conférence de presse.

Dîner avec la présidente

L'armée chinoise réalise souvent des manœuvres militaires. Mais elle souligne en général qu'elles ne visent aucun pays ou territoire. La désignation cette fois-ci d'une cible constitue un message de fermeté.

"Ceux qui jouent avec le feu ne feront que se brûler eux-mêmes", a averti Ren Guoqiang, dénonçant la volonté américaine de "jouer la carte de Taïwan pour contenir la Chine" et celle des autorités taïwanaises de "compter sur l'aide des étrangers".

"Nous ne tolérerons aucune ingérence étrangère", a-t-il martelé.

De son côté, le ministère taïwanais de la Défense a déclaré vendredi que 18 avions chinois, dont des bombardiers et des chasseurs, ont franchi la ligne médiane qui divise théoriquement le détroit de Taïwan.

En réaction, l'armée de l'île a "fait décoller d'urgence des avions de chasse et déployé son système de missiles pour la défense aérienne", a-t-il souligné dans un communiqué.

"Nous espérons que l'autre partie pourra faire preuve de retenue et (...) n'aggravera pas les différends entre les deux parties. Ces intimidations d'ordre militaire ont provoqué du ressentiment parmi la population taïwanaise."

Les États-Unis avaient déjà envoyé à Taïwan en août leur secrétaire à la Santé, Alex Azar. Il était à la tête de la délégation la plus éminente depuis 1979, date à laquelle Washington avait coupé ses relations diplomatiques avec l'île afin de reconnaître la République populaire de Chine, basée à Pékin.

Keith Krach devrait dîner vendredi soir avec la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen, bête noire de Pékin car elle appartient à parti politique qui milite traditionnellement pour l'indépendance.


Malgré les menaces de Téhéran, les discussions continuent "à un rythme rapide" selon Trump

Des personnes scandent lors d’un rassemblement à Téhéran lundi soir, alors que les progrès vers un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran s’essoufflaient. (West Asia News Agency via Reuters)
Des personnes scandent lors d’un rassemblement à Téhéran lundi soir, alors que les progrès vers un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran s’essoufflaient. (West Asia News Agency via Reuters)
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  • Les pourparlers États-Unis–Iran sont fragiles, entre annonces d’accords et suspension du dialogue.
  • Malgré les discussions, les frappes et menaces d’escalade régionale se poursuivent, alimentant l’instabilité

TEHERAN: Donald Trump a assuré lundi que les négociations avec Téhéran pour mettre un terme à la guerre au Moyen-Orient se poursuivaient "à un rythme rapide" et qu'une détente se profilait au Liban, comme exigé par la partie iranienne.

Un peu plus tôt, l'agence de presse iranienne Tasnim avait affirmé que les négociateurs du pays avaient "suspendu" le dialogue indirect avec Washington à cause des "crimes" qu'Israël "continue à commettre", sans que cette information ne soit confirmée de source officielle iranienne.

"Les Etats-Unis sont directement responsables d'une violation du cessez-le-feu contre l'Iran, et d'une violation du cessez-le-feu par le régime israélien contre le Liban", a estimé le ministère iranien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont estimé que "les lignes rouges franchies" à Gaza et au Liban équivalaient "à une guerre directe", en référence aux frappes quasi quotidiennes d'Israël dans le territoire palestinien et à son offensive dans le pays voisin.

"En réponse", l'Iran "est déterminé à mener des opérations défensives" et à "ouvrir de nouveaux fronts", ont averti les Gardiens.

Mais Donald Trump a annoncé avoir obtenu auprès du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, l'engagement de ne pas envoyer de troupes à Beyrouth, et auprès du Hezbollah pro-iranien celui de "cesser totalement le feu".

"Israël ne les attaquera pas et ils n'attaqueront pas Israël", a-t-il écrit.

Peu après, l'ambassade du Liban aux Etats-Unis a confirmé que le Hezbollah avait accepté une proposition américaine de "cessation mutuelle des attaques" avec Israël.

- Le pétrole fébrile -

Les négociations indirectes entre les Etats-Unis et l'Iran, pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par une attaque conjointe israélo-américaine, patinent depuis des semaines.

D'autant que Téhéran a redit lundi que le nucléaire iranien ne faisait pas partie "à ce stade" des discussions, contrairement aux attentes de Donald Trump, qui a affirmé dimanche soir qu'un protocole d'accord devrait stipuler "très clairement que l'Iran n'aura(it) pas d'arme nucléaire".

Autre dossier clé des discussions, la navigation maritime. Selon Tasnim, l'Iran compte continuer à verrouiller le détroit d'Ormuz, et envisage de perturber le trafic dans celui de Bab el-Mandeb, de l'autre côté de la péninsule arabique - ce qui bloquerait l'accès au canal de Suez via la mer Rouge et contraindrait les navires à d'énormes détours.

Un navire a été touché par un projectile dans le Golfe qui a déclenché une forte explosion, a indiqué sans plus de détails l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

Dans ce contexte, le cours du Brent de la mer du Nord, référence mondiale du pétrole brut, est brutalement reparti à la hausse (jusqu'à environ +7%) avant de ralentir quelque peu et de terminer la séance en hausse de 4,24% à 94,98 dollars.

- Washington défend des frappes "défensives" -

L'Iran avait plus tôt dans la journée accusé les Etats-Unis de violer à nouveau le fragile cessez-le-feu conclu le 8 avril, après des frappes américaines ce week-end suivies de représailles militaires iraniennes.

L'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine.

Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l'île de Qeshm dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

Les Gardiens iraniens avaient dit avoir riposté en attaquant une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire, sans nommer le pays visé - mais le Koweït a intercepté des missiles et drones "hostiles" et les a attribués à l'Iran.

La guerre a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et ébranle l'économie mondiale.


L'UE appelle Israël à cesser son « escalade militaire» au Liban

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  • Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays
  • "Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne"

BRUXELLES: Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays, où les autorités israéliennes envisagent d'établir dans le sud une zone sous contrôle militaire, a affirmé lundi un porte-parole de l'Union européenne.

"Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne", a affirmé ce porte-parole, Anouar El Anouni.

 

 


Trump a renvoyé une proposition d'accord plus stricte à l'Iran 

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  • D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran
  • Selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens

WASHINGTON: Donald Trump a renvoyé une nouvelle proposition d'accord plus stricte à l'Iran pour mettre fin à la guerre, alors qu'une entente semblait se rapprocher ces derniers jours, affirment samedi des médias américain.

D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran.

Le média américain n'est pas en mesure de préciser les changements apportés par le républicain. Mais selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens.

M. Trump a maintes fois répété qu'il était exclu que Téhéran se dote de l'arme atomique, et exige que son stock d'uranium hautement enrichi soit détruit.

La question du nucléaire est l'un des principaux points de friction dans les négociations pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre la République islamique.

Parmi les autres priorités du président figurent la réouverture et le déminage du détroit d'Ormuz par l'Iran, qui en bloquant cette voie d'eau perturbe gravement les approvisionnements en carburant et l'économie mondiale en général.

Les modifications apportées par Donald Trump pourraient encore prolonger les négociations. Des sources américaines ont indiqué à l'AFP que le président n'avait pas décidé de signer la proposition sur son bureau vendredi, après une réunion de crise à la Maison Blanche.

Dans la soirée, un responsable de la présidence avait affirmé que Donald Trump ne signerait un accord "que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites".