La Nasa vise février pour Artémis 1, la première des missions de retour sur la Lune

Le véhicule de lancement (LVSA) pour la mission Artemis-1 est déchargé d'une barge à la base aérienne de Cape Canaveral en Floride avant le lever du soleil le 30 juillet 2020. (Gregg Newton/AFP)
Le véhicule de lancement (LVSA) pour la mission Artemis-1 est déchargé d'une barge à la base aérienne de Cape Canaveral en Floride avant le lever du soleil le 30 juillet 2020. (Gregg Newton/AFP)
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Publié le Samedi 23 octobre 2021

La Nasa vise février pour Artémis 1, la première des missions de retour sur la Lune

  • Cette mission, qui était initialement prévue avant la fin de l'année, signera le réel lancement du programme Artémis, qui doit permettre aux États-Unis de renvoyer des humains sur la Lune, dont la première femme
  • Artémis 1 a plusieurs objectifs: montrer la capacité d'Orion à revenir depuis la Lune, à opérer dans l'espace lointain où il fait « bien plus froid que dans l'orbite terrestre basse », ainsi que récupérer avec succès le vaisseau

WASHINGTON, États-Unis : Après des années d'attente, le calendrier se précise: la Nasa a annoncé vendredi viser février pour le décollage de sa mission Artémis 1, la première du programme américain de retour sur la Lune.

Cette mission, qui était initialement prévue avant la fin de l'année, signera le réel lancement du programme Artémis, qui doit permettre aux États-Unis de renvoyer des humains sur la Lune, dont la première femme.

Ce premier vol test se fera sans astronaute à bord: la nouvelle fusée géante de la Nasa, nommée SLS, devra propulser vers la Lune la capsule Orion, avant que celle-ci ne revienne sur Terre.

"La fenêtre de lancement en février s'ouvre le 12 et notre dernière opportunité en février est le 27", a déclaré lors d'une conférence de presse Mike Sarafin, chargé de la mission.

En cas de besoin, notamment si l'engin n'est pas prêt à temps, d'autres fenêtres de lancement sont prévues en mars (du 12 au 27) et en avril (du 8 au 23).

La fusée a été entièrement assemblée mercredi, avec Orion à son sommet, au Centre spatial Kennedy, à Cap Canaveral en Floride. Elle est haute de quasiment 100 mètres.

"C'est une étape très importante. Cela montre que nous sommes dans la dernière ligne droite de la mission", a commenté Mike Sarafin.

Début janvier, le lanceur sera amené sur le pas de tir pour une répétition générale. Les réservoirs du véhicule seront remplis de carburant, et un faux compte à rebours sera effectué.

Après ce test, la date exacte du décollage sera annoncée.

S'il a lieu durant la première moitié de la fenêtre de lancement en février, alors la mission durera environ six semaines. Mais si c'est la deuxième moitié, le vaisseau ne passera qu'environ quatre semaines dans l'espace, a précisé M. Sarafin.

- Selfies avec la Lune -

En mars, SLS avait effectué avec succès un test statique de ses moteurs (appelé "hot fire") dans le Mississippi, avant que l'engin ne soit transporté vers la Floride.

Orion a quant à elle déjà volé dans l'espace une première fois, en 2014, lancée à l'époque par une fusée Delta IV. Elle avait effectué deux tours de la Terre, notamment pour tester son bouclier thermique lors du retour dans l'atmosphère.

Mais cette fois, "quand nous reviendrons de la Lune, ce sera bien plus vite et la température sera bien plus élevée", a souligné Mike Sarafin.

Artémis 1 a plusieurs objectifs, a-t-il détaillé: montrer la capacité d'Orion à revenir depuis la Lune, à opérer dans l'espace lointain où il fait "bien plus froid que dans l'orbite terrestre basse", ainsi que récupérer avec succès le vaisseau.

Des objectifs "bonus" sont aussi prévus, comme étudier les radiations pour les prochains astronautes qui se rendront si loin, ou encore... prendre un selfie de la capsule avec la Lune en arrière-plan.

Les responsables de la Nasa n'ont pas voulu dire vendredi si le calendrier de la mission Artémis 2 serait revu.

Pour le moment, cette deuxième mission doit avoir lieu en 2023, et comportera cette fois des astronautes à bord. Mais ils n'aluniront pas.

Ce n'est que lors d'Artémis 3 que des astronautes mettront de nouveau le pied sur le sol lunaire. La date prévue était initialement 2024, une échéance qui semble désormais quasi impossible à tenir.


Des missiles Patriot redéployés en Crète face aux menaces iraniennes

Une policière grecque monte la garde devant un lance-missiles Patriot déployé près du site olympique de slalom en canoë-kayak, lors d'une opération baptisée « Clean up-Locked down » à Athènes, le 29 juillet 2004. Cette opération se poursuivra sur l'ensemble des sites olympiques à seulement 15 jours du début des Jeux olympiques d'été d'Athènes. PHOTO AFP / FAYEZ NURELDINE (Photo de Fayez Nureldine / AFP)
Une policière grecque monte la garde devant un lance-missiles Patriot déployé près du site olympique de slalom en canoë-kayak, lors d'une opération baptisée « Clean up-Locked down » à Athènes, le 29 juillet 2004. Cette opération se poursuivra sur l'ensemble des sites olympiques à seulement 15 jours du début des Jeux olympiques d'été d'Athènes. PHOTO AFP / FAYEZ NURELDINE (Photo de Fayez Nureldine / AFP)
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  • Ce redéploiement a débuté dimanche matin avec le départ du groupe du port de Karpathos par barge, ont annoncé plusieurs médias grecs, images à l'appui, montrant les batteries de missiles, montés sur camion, sur le port et attendant d'embarquer
  • Ces batteries de Patriot seront transportées vers la Crète, sur le site militaire de Souda qui abrite la plus grande base militaire américaine et de l'Otan en Méditerranée orientale

ATHENES: Une batterie de missiles Patriot était en cours de transfert lundi de l'île de Karpathos, à l'extrême est de la Grèce, jusqu'en Crète, en raison de menaces iraniennes visant des bases américaines en Europe, a rapporté la presse grecque.

Ce redéploiement a débuté dimanche matin avec le départ du groupe du port de Karpathos par barge, ont annoncé plusieurs médias grecs, images à l'appui, montrant les batteries de missiles, montés sur camion, sur le port et attendant d'embarquer.

Ces batteries de Patriot seront transportées vers la Crète, sur le site militaire de Souda qui abrite la plus grande base militaire américaine et de l'Otan en Méditerranée orientale.

Toujours selon la presse, ce redéploiement fait suite à des informations selon lesquelles l'Iran envisagerait des attaques contre des cibles militaires américaines en Europe si le président Donald Trump intensifiait le conflit dans le détroit d'Ormuz.

Le ministère de la Défense grec n'a pas communiqué sur le sujet.

Selon un article du Financial Times (FT) publié la semaine dernière, citant des sources au sein du régime iranien, l'Iran ne se contentera plus de limiter sa riposte au Moyen-Orient et envisage de frapper des cibles américaines en Europe en cas de nouvelle escalade militaire américaine.

Selon ces deux sources, les forces iraniennes ont évalué la possibilité de frapper des installations américaines dans les Balkans et autour de la Méditerranée. Sont notamment évoquées la Bulgarie, où la base aérienne de Bezmer a autorisé son usage pour le ravitaillement d'appareils américains, entre juillet et octobre 2026, et Chypre, où une base britannique avait déjà été visée par un drone en mars.

La Grèce compte de plusieurs bases américaines, à Alexandroupoli – dans le nord du pays – et en Crète, à Souda.

Depuis la publication du FT, le ministère de la Défense nationale et l'état-major "étaient en état d'alerte", selon le quotidien de référence I Kathimerini.

Ce journal explique que la décision de déployer une batterie de Patriot en Crète a été fortement influencée par l'évaluation des capacités de l'arsenal iranien qui, selon les informations transmises à Athènes par les alliés, dispose encore d'un nombre suffisant de missiles balistiques d'une portée supérieure à 2 000 kilomètres, susceptibles de cibler des bases et des infrastructures en Europe du Sud-Est.

Les missiles Patriot avaient été transférés sur l'île de Karpathos,  au voisinage de la Turquie, en mars.

En mars dernier, après une attaque de drones menée par le Hezbollah libanais contre la base anglaise d'Akrotiri à Chypre, la Grèce avait envoyé des F-16 et une frégate équipée d'un système de neutralisation de drones dans l'île.

Une autre batterie de Patriot grecque est par ailleurs déployée en Arabie Saoudite depuis septembre 2021, qui est déjà entrée en action à plusieurs reprises contre des missiles et drones iraniens visant le royaume.


Trump publie une carte du détroit d'Ormuz en "territoire américain"

Le président américain Donald Trump a déclaré mardi qu’aucune négociation entre les États-Unis et l’Iran n’était en cours ni prévue, mais que le détroit d’Ormuz était ouvert. (Archives/Reuters)
Le président américain Donald Trump a déclaré mardi qu’aucune négociation entre les États-Unis et l’Iran n’était en cours ni prévue, mais que le détroit d’Ormuz était ouvert. (Archives/Reuters)
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  • Donald Trump a relancé l’idée controversée de faire du détroit d’Ormuz un « territoire américain », en publiant une carte sur Truth Social
  • Cette déclaration intervient alors que les négociations entre Washington et Téhéran sont dans l’impasse et que la réouverture de ce passage stratégique reste conditionnée à des exigences jugées incompatibles

WASHINGTON: Donald Trump a publié mardi sur son réseau Truth Social une carte montrant le détroit d'Ormuz et le décrivant comme un "nouveau territoire américain", reprenant ainsi une idée déjà exprimée ces derniers jours.

Le président avait pour la première fois parlé de "territoire américain" à propos de cette artère commerciale stratégique la semaine dernière, pendant un meeting et sur un ton qui laissait penser à une plaisanterie.

Le républicain est revenu à la charge lundi pendant un échange avec des journalistes dans le Bureau Ovale, en estimant que ce serait une "très bonne idée".

Ce n'est pas la première fois que Donald Trump, confronté à un obstacle de politique étrangère, lance ainsi une suggestion surprenante ou menaçante d'annexion d'un territoire étranger.

Depuis son retour au pouvoir, il a menacé de faire du Canada le "51e" Etat américain, de s'emparer du Groenland et même évoqué une prise de contrôle de la bande de Gaza, sans passer à l'acte.

Sa suggestion concernant Ormuz intervient alors qu'une issue pacifique au conflit entre l'Iran et les Etats-Unis semble plus lointaine que jamais.

Il y a soixante jours, les deux belligérants avaient signé à grand bruit un protocole d'accord censé déboucher sur un règlement durable, mais qui n'a rien donné.

Washington et Téhéran posent des conditions a priori irréconciliables à la réouverture du détroit, passage névralgique pour le commerce mondial de pétrole.


Iran: le détroit d'Ormuz restera fermé tant que Washington n'aura pas satisfait les exigences de Téhéran

Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a déclaré mardi que le stratégique détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les États-Unis n’auront pas répondu aux exigences de Téhéran. (AFP)
Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a déclaré mardi que le stratégique détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les États-Unis n’auront pas répondu aux exigences de Téhéran. (AFP)
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  • Téhéran maintient la fermeture du détroit jusqu’au respect des engagements américains
  • Les négociations avancent, mais la méfiance et les tensions restent fortes

TEHERAN: Le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique au coeur du conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, restera fermé tant que Washington n'aura pas rempli ses engagements prévus par le protocole d'accord de juin, a annoncé mardi le négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf.

Le détroit d'Ormuz "ne sera pas ouvert tant que les engagements américains stipulés dans le protocole d'accord (...) ne seront pas mis en oeuvre", a déclaré M. Ghalibaf, également chef du Parlement, dans un discours diffusé à la télévision d'Etat.

Il a cité parmi ces conditions "la levée du blocus naval (américain), le déblocage des avoirs (iraniens) gelés, la levée de l'embargo pétrolier" contre Téhéran, ainsi que "la fin des opérations militaires sur tous les fronts".

Après l'attaque américano-israélienne contre l'Iran le 28 février, Téhéran a riposté par des frappes sur les pays voisins alliés de Washington et verrouillé le détroit, voie de transit majeur des hydrocarbures, faisant s'envoler les cours du pétrole.

Les Etats-Unis ont imposé de leur côté un blocus aux ports iraniens.

Un cessez-le-feu a été conclu en avril suivi d'un protocole d'accord en juin en vue de négociations de paix, qui a ensuite volé en éclats après avoir brièvement permis une réouverture du détroit.

Si les hostilités ont récemment baissé en intensité, les efforts diplomatiques menés par les médiateurs marquent le pas.

L'émissaire américain et gendre de Donald Trump, Jared Kushner, a toutefois qualifié lundi de "très positives et animées" les tractations dans le but de conclure un accord entre l'Iran et les Etats-Unis.

S'il a admis sur Fox News qu'il n'y avait pas "beaucoup de confiance" entre les deux parties, il a précisé qu'elles "s'impliquaient très sérieusement".

"Le président Trump va se montrer très patient, il n'aime pas se précipiter pour conclure un accord. Il conclura le bon accord quand celui-ci sera prêt", a-t-il ajouté.

Dans le même temps, l'Iran et Oman mènent depuis plusieurs semaines des discussions pour trouver un accord sur le passage des navires dans le détroit d'Ormuz, situé entre leurs côtes, dont Téhéran revendique le contrôle.

"Si Oman se met en travers de notre chemin, on va leur bombarder la gueule", a déclaré lundi l'imprévisible  président américain, interrogé sur ces discussions par le journaliste de Fox News Trey Yingst.