Paris lance un satellite militaire dernière génération

Cette photo publiée par l'Agence spatiale européenne (ESA) montre le décollage du vol VA253 d'Ariane 5 depuis le port spatial européen à Kourou, en Guyane française, le 15 août 2020. (Photo, AFP)
Cette photo publiée par l'Agence spatiale européenne (ESA) montre le décollage du vol VA253 d'Ariane 5 depuis le port spatial européen à Kourou, en Guyane française, le 15 août 2020. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 24 octobre 2021

Paris lance un satellite militaire dernière génération

  • La fusée Ariane 5 a décollé de Kourou, en Guyane, en emportant le satellite 4A du programme Syracuse, qui permettra aux armées françaises déployées aux quatre coins du globe de communiquer à haut débit et en toute sécurité
  • Ultime performance, S4 est protégé contre les impulsions électro-magnétiques qui résulteraient d'une explosion nucléaire

KOUROU : La France a lancé samedi un satellite de communication militaire présenté comme un bijou de technologie et un pilier de sa souveraineté, témoin parmi d'autres que les tensions géopolitiques s'exportent désormais jusque dans l'espace.

La fusée Ariane 5 a décollé de Kourou, en Guyane, en emportant le satellite 4A du programme Syracuse, qui permettra aux armées françaises déployées aux quatre coins du globe de communiquer à haut débit et en toute sécurité depuis des relais au sol, aériens, marins et sous-marin. 

"Syracuse 4A est conçu pour résister aux agressions militaires depuis le sol et dans l'espace ainsi qu'au brouillage", a expliqué à l'AFP le colonel Stéphane Spet, porte-parole de l'armée de l'Air et de l'Espace. Il est équipé de moyens de surveillance de ses abords proches et d'une capacité de déplacement pour échapper à une agression.

Un risque réel: en juillet 2020, le commandement spatial américain avait accusé Moscou d'avoir "conduit un test non-destructeur d'une arme anti-satellite depuis l'espace". Et en 2017, le "satellite-espion" russe Louch-Olympe avait déjà tenté de s'approcher du satellite militaire franco-italien Athena-Fidus.

Ultime performance, S4 est protégé contre les impulsions électro-magnétiques qui résulteraient d'une explosion nucléaire, explique à l'AFP Marc Finaud, expert en prolifération des armes au Centre Politique de Sécurité de Genève (GCSP). "C'est le scénario de l'ultime avertissement, en cas d'échec de la dissuasion".

Le programme Syracuse représente un investissement total de quelque 4 milliards d'euros. La quatrième génération multipliera par trois le débit de communications de S3. La Direction générale de l'armement (DGA) s'est engagée avec Thalès à hauteur de 354 millions d’euros et avec Airbus pour 117 millions pour le seul Syracuse 4.

"Il y a une loi presque mathématique d'augmentation régulière des volumes de data", souligne le colonel Spet, citant les besoins générés par les systèmes de commandement, la représentation des situations tactiques du terrain, la vidéo (venant par exemple des drones Reaper déployés au Sahel).

Ou encore le traitement en temps réel de la data venue de plusieurs endroits de la planète. A terme, la France disposera de 400 stations capables de communiquer avec S4 depuis le sol, un aéronef, un navire ou un sous-marin, selon la DGA.   

Un outil de crédibilité

Or la dissuasion nucléaire française repose très largement sur ses sous-marins, rappelle Marc Finaud, expert en prolifération des armes au Centre de politique de Sécurité de Genève (GCSP). "Si un adversaire est capable de modifier, pirater, endommager les communications avec les sous-marins, c'est la fin de la dissuasion".

Le déploiement du satellite, prévu de longue date, tombe à point nommé alors que Paris pousse son projet de souveraineté européenne en matière de défense. La France, qui dispose d'espaces maritimes souverains sur toutes les mers du globe, ne peut se passer d'une assise technologique puissante. 

"Elle a besoin de ce segment là pour montrer qu'elle a les moyens de ses ambitions", estime Xavier Pasco, directeur de la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) et spécialiste des questions spatiales. "Cela crédibilise l'ensemble de son outil militaire, de même que sa capacité industrielle".

Quelques semaines après l'humiliation reçue par l'Australie, qui a renoncé à un immense contrat de sous-marins français au profit de submersibles américains, fragilisant d'autant la puissance française en Indopacifique, le satellite S4 redonne une fierté à la bête blessée.  

"Politiquement, c'est la mise en évidence que la France reste une puissance peut-être moyenne, mais dont l'étendue d'action reste internationale", insiste Xavier Pasco. 

Avec ses deux milliards d'euros d'investissements annuels dans le spatial militaire et civil, l'Hexagone reste loin du trio de tête: 50 milliards pour les Etats-Unis, 10 pour la Chine et 4 pour la Russie, selon des chiffres de 2020 du gouvernement français.

Mais S4 permet à la France de rester dans le peloton de tête et confirme que Paris participe bien à la course aux armements.  

Marc Finaud évoque au passage le risque potentiel venant de la "nébuleuse de hackers, pirates, acteurs criminels ou terroristes qui pourraient se lancer dans une sorte de guerre des étoiles plus artisanale". Quant à la géopolitique spatiale, elle se tend un peu plus chaque année. "On parle de guerre spatiale et ce risque là est admis par tout le monde".  


Macron affirme que «les Européens ne sont pas les prédateurs» du XXIe siècle en Afrique

Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
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  • Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle"
  • "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles

NAIROBI: Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report.

Dans cette interview, M. Macron rappelle avoir "condamné avec force la colonisation" dès 2017, année de son arrivée au pouvoir.

"Mais je ne lui imputerai pas tout" (à la colonisation), car "on ne doit pas non plus exonérer de toute responsabilité les sept décennies qui ont suivi les indépendances" de la plupart des anciennes colonies européennes en Afrique, ajoute-t-il, appelant les dirigeants africains à "améliorer la gouvernance".

Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle". "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles, dit-il.

Sur les minerais critiques et les terres rares, "la Chine, pour la citer, est dans une logique prédatrice: elle transforme chez elle" et crée "des dépendances avec le reste du monde", estime-t-il. "Ce n’est pas ce que nous proposons", insiste le président français, défendant une "stratégie d'autonomie pour l'Europe comme pour l'Afrique" pour ne "pas dépendre d’un nouvel empire, quel qu'il soit".

Il prône une fois de plus une transformation de "l’architecture financière internationale", notamment afin de "mettre en place un système de garanties financières pour faire venir les investisseurs privés" en Afrique - son cheval de bataille avec le président kényan William Ruto, qui sera mardi au menu du second jour du sommet Africa Forward à Nairobi.

Interrogé sur les militaires qui ont pris le pouvoir dans trois pays sahéliens (Mali, Burkina Faso et Niger) entre 2020 et 2023, précipitant le divorce avec la France et le départ de l'armée française, Emmanuel Macron répond: "J'ai la conviction qu’il faut laisser ces États et leurs dirigeants, même putschistes, tracer leur propre chemin".

Il réitère que la France était présente militairement au Sahel à la demande de ces pays pour combattre la menace jihadiste. "Quand notre présence n’a plus été souhaitée, après les coups d’État, nous sommes partis. Cela n'a pas été une humiliation, mais une réponse logique à une situation donnée", assure-t-il.

"Une ère nouvelle va s’ouvrir. Le Sahel retrouvera un jour une gouvernance normale" avec des dirigeants "démocratiquement élus, qui se soucient véritablement de leur peuple", selon le chef de l’État français.


Départ de Vallaud: Faure appelle le PS à «avancer d'un même pas», «le congrès permanent ce n'est pas possible»

Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
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  • Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas"
  • "Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun"

PARIS: Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas", jugeant que "le congrès permanent, ce n'est pas possible" après le départ fracassant de Boris Vallaud de la direction du PS sur fond d'opposition à une primaire pour désigner le candidat de la gauche hors LFI à la présidentielle.

"Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun", a réagi M. Faure, partisan de la primaire, sur franceinfo.

 

 

 


Une Française rapatriée du MV Hondius positive à l'hantavirus, 22 cas contacts en France

Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter. (AFP)
Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter. (AFP)
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  • "Nous demandons" à ces 14 passagers "qu'ils nous contactent parce qu'il faut qu'on puisse renforcer l'isolement", a dit Stéphanie Rist
  • Une croisiériste néerlandaise infectée par le virus et depuis décédée avait voyagé à bord du vol Sainte-Hélène-Johannesbourg

PARIS: Une passagère française, rapatriée du bateau de croisière MV Hondius, a été testée positive à l'hantavirus, a annoncé lundi la ministre de la Santé Stéphanie Rist, faisant également état de 22 cas contacts identifiés en France.

Parmi les croisiéristes déjà évacués, un Américain et cette Française ont été testés positifs à l'hantavirus, contre lequel n'existe aucun vaccin ni traitement et qui peut provoquer un syndrome respiratoire aigu.

La crise à bord du MV Hondius, qui doit repartir pour les Pays-Bas lundi, a suscité l'inquiétude, ravivant les souvenirs de la pandémie de Covid, même si à ce stade l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) ne recense que six cas confirmés d'hantavirus parmi huit cas suspects, comprenant trois personnes décédées de ce virus connu mais rare.

Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter.

Les cinq passagers "sont hospitalisés dans des chambres avec des flux d'air qui permettent d'éviter la contamination", "ils sont évidemment isolés dans cet hôpital et y resteront jusqu'à nouvel ordre", au minimum 15 jours, a-t-elle ajouté.

Concernant les cas contacts, elle a confirmé qu'une vingtaine de Français avaient été identifiés : huit parmi les passagers du vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesbourg, qui "ont été mis à l'isolement rapidement", et 14 à bord du vol Johannesbourg-Amsterdam.

"Nous demandons" à ces 14 passagers "qu'ils nous contactent parce qu'il faut qu'on puisse renforcer l'isolement", a dit Stéphanie Rist.

Une croisiériste néerlandaise infectée par le virus et depuis décédée avait voyagé à bord du vol Sainte-Hélène-Johannesbourg. Elle était aussi brièvement montée à bord de l'avion pour Amsterdam, mais n'avait finalement pas voyagé à son bord.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu "tiendra une nouvelle réunion" lundi après-midi "pour suivre au plus près l'évolution de la situation" sur le virus hantavirus, a annoncé la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

"Nous suivons la situation avec la plus grande vigilance, sur la base d'un virus que l'on connaît, d'où les 42 jours d'isolement qui ont été décidés et un objectif qui reste le même, protéger les Françaises et les Français", a-t-elle ajouté sur BFMTV.

Elle a appelé à "ne pas créer de panique", "nous n'en sommes absolument pas à avoir ces discussions-là" comme lors de l'épidémie de Covid-19.

La variante du virus détectée à bord du navire MV Hondius, l'hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d'homme à homme avec un délai d'incubation pouvant aller jusqu'à six semaines.