A Londres, nouvelle tentative des Etats-Unis pour extrader Julian Assange

Des responsables de la police montent la garde alors que des manifestants en faveur du fondateur de Wikileaks, Julian Assange, tiennent des pancartes devant la Cour royale de justice de Londres lors d'une audience d'appel du gouvernement américain contre le refus du Royaume-Uni de l'extrader, le 27 octobre 2021. (Photo, AFP)
Des responsables de la police montent la garde alors que des manifestants en faveur du fondateur de Wikileaks, Julian Assange, tiennent des pancartes devant la Cour royale de justice de Londres lors d'une audience d'appel du gouvernement américain contre le refus du Royaume-Uni de l'extrader, le 27 octobre 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 27 octobre 2021

A Londres, nouvelle tentative des Etats-Unis pour extrader Julian Assange

  • En janvier, la juge britannique Vanessa Baraitser avait rejeté la demande d'extradition en raison du risque de suicide de l'Australien de 50 ans, qui risque 175 ans de prison aux États-Unis
  • Mais Washington a obtenu de pouvoir faire appel de cette décision, remettant notamment en cause la fiabilité d'un expert qui avait témoigné en faveur de Julian Assange et de sa santé mentale fragile

LONDRES: C'est l'une des dernières cartes des Etats-Unis pour obtenir Julian Assange: la justice britannique examine à partir de mercredi l'appel américain contre son refus d'extrader le fondateur de WikiLeaks, poursuivi pour une fuite massive de documents.

En janvier, la juge britannique Vanessa Baraitser avait rejeté la demande d'extradition en raison du risque de suicide de l'Australien de 50 ans, qui risque 175 ans de prison aux États-Unis dans une affaire qualifiée par ses défenseurs de politique et d'attaque contre la liberté d'expression. 

Mais Washington a obtenu de pouvoir faire appel de cette décision, remettant notamment en cause la fiabilité d'un expert qui avait témoigné en faveur de Julian Assange et de sa santé mentale fragile.

Le psychiatre, Michael Kopelman, avait en effet reconnu avoir trompé la justice en "dissimulant" le fait que son client était devenu père alors qu'il était cloîtré à l'ambassade d'Equateur à Londres.  

Cet appel, qui doit se dérouler sur deux jours, constitue l'un des derniers recours pour Washington, qui, en cas de nouvelle défaite, n'aurait plus comme possibilité que de saisir la Cour suprême britannique, sans être assuré que cela lui soit accordé.

« Question de vie ou de mort »

Julian Assange a été arrêté par la police britannique en avril 2019 après avoir passé sept ans reclus à l'ambassade d'Equateur à Londres, où il s'était réfugié alors qu'il était en liberté sous caution. Il craignait une extradition vers les États-Unis ou la Suède, où il a fait l'objet de poursuites pour viol qui ont depuis été abandonnées.

L'Australien, soutenu par nombre d'organisations de défense de la liberté de la presse, est poursuivi pour avoir diffusé, à partir de 2010, plus de 700 000 documents classifiés sur les activités militaires et diplomatiques américaines, notamment en Irak et en Afghanistan.

Selon sa compagne Stella Moris, qui lui a rendu visite en prison samedi, Julian Assange est "très mal en point". "Julian ne survivrait pas à une extradition, c'est la conclusion de la juge", a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse.

L'expert en droit américain Carl Tobias voit cependant des chances de succès pour l'appel américain, rappelant que la justice britannique avait estimé en août que ses arguments étaient "au moins défendables". 

"Les États-Unis pourraient être en mesure de convaincre la Haute Cour que Mme Baraitser a accordé trop de poids au rapport (de l'expert Kopelman) pour prendre sa décision", a-t-il expliqué à l'AFP, estimant toutefois que cela "pourrait ne pas être suffisant pour justifier l'annulation de l'ensemble de sa décision".

Des responsables de la police montent la garde alors que des manifestants en faveur du fondateur de Wikileaks, Julian Assange, tiennent des pancartes devant la Cour royale de justice de Londres lors d'une audience d'appel du gouvernement américain contre le refus du Royaume-Uni de l'extrader, le 27 octobre 2021. (Photo, AFP)
Des responsables de la police montent la garde alors que des manifestants en faveur du fondateur de Wikileaks, Julian Assange, tiennent des pancartes devant la Cour royale de justice de Londres lors d'une audience d'appel du gouvernement américain contre le refus du Royaume-Uni de l'extrader, le 27 octobre 2021. (Photo, AFP)

 

Cinq choses à savoir sur Julian Assange et WikiLeaks

LONDRES : De la diffusion de centaines de milliers de câbles diplomatiques, son principal fait d'armes, à la longue procédure d'extradition de Julian Assange vers les Etats-unis, voici cinq choses à savoir sur WikiLeaks et son fondateur.

Dix millions de documents

WikiLeaks se fait connaître du grand public en 2009 avec la publication de centaines de milliers de messages de bipeurs envoyés aux Etats-Unis le 11 septembre 2001.

L'ONG, fondée en 2006 par Julian Assange, sur une technologie de cryptage, permet de mettre en ligne des documents compromettants sans être identifié. 

Elle est ensuite allée crescendo dans ses révélations, publiant la vidéo d'une bavure de l'armée américaine en Irak, puis des milliers de documents militaires sur l'Afghanistan.

Le 28 novembre 2010, WikiLeaks publie, avec l'aide de cinq grands médias internationaux (The New York Times, The Guardian, Der Spiegel, Le Monde, El Pais), plus de 250.000 documents secrets révélant les dessous de la diplomatie américaine. Après ce "cablegate", Julian Assange devient l'ennemi public numéro un aux Etats-Unis. 

Au total, le site revendique avoir publié "plus de 10 millions de documents" concernant la finance, le divertissement ou la politique.

Controversé

A ses débuts, WikiLeaks, fruit d'une collaboration internationale entre mathématiciens, notamment des dissidents chinois, visait les régimes répressifs en Asie, dans l'ex-bloc soviétique, en Afrique sub-saharienne et au Proche-Orient. Mais la plupart des révélations ont été faites au détriment des Etats-Unis et souvent au bénéfice de la Russie.

Celle-ci est notamment soupçonnée d'être à l'origine de la fuite d'emails internes au parti démocrate aux Etats-Unis, publiés par WikiLeaks à l'été 2016. Le site a également révélé des affaires d'espionnage d'alliés par les Etats-Unis (présidents français, chancelière allemande...).

WikiLeaks est également accusé de mettre en danger des personnes dont il révèle l'identité, au nom de la transparence.

Au fil des ans, plusieurs médias et personnalités ont ainsi pris leurs distances, même si Assange assure travailler avec "plus de 110 organisations de médias" dans le monde.

Longue procédure d'extradition

Difficile de dissocier WikiLeaks de son fondateur australien, génie persécuté pour les uns, manipulateur paranoïaque pour les autres.

Sous le coup depuis 2010 d'un mandat d'arrêt émis par la Suède dans le cadre d'une enquête pour viol - dans laquelle les poursuites ont depuis été abandonnées - Assange se réfugie en 2012 dans l'ambassade d'Equateur à Londres. 

Reclus dans la chancellerie pendant près de sept ans et naturalisé équatorien, il en est finalement extrait par la police britannique à l'occasion d'un changement de pouvoir à Quito.

En janvier, la justice britannique a rejeté la demande d'extradition vers les Etats-Unis, en raison d'un risque de suicide posé par ses conditions de détention. L'appel interjeté par les Etats-Unis est examiné à partir de mercredi.

Manning et Snowden

Le "Cablegate" n'aurait pas été possible sans la militaire américaine transgenre Chelsea Manning, qui a transmis à WikiLeaks plus de 700.000 documents confidentiels. En août 2013, elle a été condamnée à 35 ans de prison par une cour martiale. 

Elle a été libérée après sept ans à la faveur d'une peine commuée par Barack Obama. 

Un autre lanceur d'alerte, Edward Snowden, ex-employé de la NSA à l'origine de révélations sur des programmes de surveillance de masse, a bénéficié du soutien actif de WikiLeaks bien qu'il n'ait pas choisi le site pour se confier. Julian Assange lui a recommandé de s'exiler à Moscou pour échapper à la justice américaine.

Hollywood

Hollywood s'est emparé du phénomène WikiLeaks avec le film de Bill Condon "Le cinquième pouvoir" (2013). Un documentaire présenté à Cannes en 2016, "Risk" de Laura Poitras, revient aussi sur l'histoire du site. 

Julian Assange a par ailleurs joué son propre rôle dans un épisode des Simpsons et inspiré un personnage du 36e album d'Astérix, "Le Papyrus de César", Doublepolemix.

 

« Menace permanente »

Samedi, des centaines de manifestants - munis de pancartes "N'extradez pas Assange", "Le journalisme n'est pas un crime" ou encore "10 ans, ca suffit, libérez Assange maintenant !" - se sont réunis devant la Haute cour de Londres, aux côtés de sa compagne Stella Moris, pour réclamer sa libération. 

"Julian Assange ne devrait pas être en prison pour avoir obtenu des informations de lanceurs d'alerte, montrer au monde ce qui se passe réellement ou exposer nos politiciens corrompus", a affirmé l'une des manifestantes, Boo Oldfield. 

Plusieurs organisations de défense des droits humains et de la liberté de la presse - dont Amnesty International, Human Rights Watch et Reporters sans frontières -, "profondément inquiètes", ont demandé mi-octobre dans une lettre ouverte au procureur général américain d'abandonner ses poursuites. 

Julian Assange fait l'objet d'une procédure lancée pendant la présidence de Donald Trump. Maintenant que le démocrate Joe Biden lui a succédé, "son ministère de la Justice pourrait décider d'annuler la décision d'inculper Assange et de demander son extradition", a expliqué M. Tobias. Mais ce n'est pas le cas, ce qui montre selon l'expert qu'ils "le considèrent peut-être comme une menace permanente pour la sécurité des États-Unis".  

La directrice des campagnes internationales de Reporters sans frontières, Rebecca Vincent, a estimé que Joe Biden avait manqué l'occasion de se "distancer de ses prédécesseurs", appelant comme tous les soutiens du fondateur de WikiLeaks à l'abandon des poursuites contre Julian Assange.


Avec l'ouverture de consulats, France et Canada marquent leur soutien au Groenland

Des passagers se préparent à embarquer à bord d’un avion d’Air Inuit alors qu’ils voyagent de Montréal à Nuuk, au Groenland, le 5 février 2026. (Christinne Muschi / The Canadian Press via AP)
Des passagers se préparent à embarquer à bord d’un avion d’Air Inuit alors qu’ils voyagent de Montréal à Nuuk, au Groenland, le 5 février 2026. (Christinne Muschi / The Canadian Press via AP)
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  • La France et le Canada ouvrent des consulats généraux à Nuuk, marquant leur soutien au Groenland face aux velléités américaines et renforçant la reconnaissance internationale de l’autonomie groenlandaise
  • Cette démarche s’inscrit dans une stratégie européenne et alliée visant à internationaliser la question du Groenland, tout en accompagnant le territoire dans sa montée en puissance diplomatique et politique

COPENHAGUE: La France et le Canada, qui s'opposent au projet de l'administration américaine de prendre le contrôle du Groenland, ouvrent chacun vendredi un consulat général à Nuuk, la capitale de ce territoire autonome danois, une reconnaissance pour le gouvernement local.

"C'est une victoire pour les Groenlandais de voir deux pays alliés ouvrir des représentations diplomatiques à Nuuk", estime Jeppe Strandsbjerg, politologue rattaché à l'Université du Groenland. "Les Groenlandais apprécient énormément le soutien face aux remarques de Trump".

La récente crise a débouché sur la conclusion entre le président américain et le secrétaire général de l'Otan d'un "cadre" en vue d'un accord sur l'avenir de l'île arctique, aux contours encore flous tandis qu'Américains, Groenlandais et Danois se retrouvent au sein d'un groupe de travail.

Le contenu de l'accord et la teneur des discussions n'ont pas été rendus publics.

Danemark et Groenland, qui partagent les préoccupations de Donald Trump sur la sécurité arctique, refusent tout transfert de souveraineté.

La décision française d'ouvrir un consulat est antérieure aux récentes tensions. Elle avait été annoncée en juin lors d'une visite du président Emmanuel Macron à Nuuk où il était venu exprimer la "solidarité européenne" pour l'île, critiquant déjà les velléités de Donald Trump de l'annexer.

Jean-Noël Poirier, ancien ambassadeur de France au Vietnam, a été nommé consul général.

Le Canada avait lui indiqué fin 2024 qu'il allait ouvrir un consulat général sur l'immense territoire arctique pour affermir la coopération avec les Groenlandais.

L'ouverture de ces représentations diplomatiques permet de dire "à Donald Trump que son agressivité envers le Groenland et le Danemark n'est pas seulement une question pour le Groenland et le Danemark, c'est aussi une affaire pour les alliés européens, mais également pour le Canada", souligne à l'AFP Ulrik Pram Gad, spécialiste de l'Arctique à l'Institut danois des études internationales.

"C'est un petit pas, cela fait partie de la stratégie de rendre le problème européen", insiste Christine Nissen, analyste du think-tank Europa, experte en questions de sécurité et de défense. "Ses conséquences ne sont évidemment pas seulement danoises, c'est un problème européen et global".

- Reconnaissance -

Pour la diplomatie groenlandaise, l'ouverture de consulats - qui dépendent formellement des ambassades de France et du Canada à Copenhague - c'est aussi "l'occasion de s'entraîner à l'indépendance en ayant des relations directes", note M. Strandsbjerg.

C'est une forme de reconnaissance pour leur autonomie grandissante, définie dans la loi-cadre de 2009.

"Les Groenlandais penseront, dans le cadre de leur propre quête de souveraineté, à avoir des contacts plus directs avec d'autres pays européens", dit Mme Nissen.

Cela permet de "réduire l'importance du rôle du Danemark en diversifiant la dépendance du Groenland vis-à-vis du monde extérieur, pour que tout ne vienne plus uniquement du Danemark, mais qu'il y ait davantage de relations sur les plans économique, commercial, des investissements, politique, etc.", abonde M. Pram Gad.

Le Groenland a des représentations diplomatiques auprès de l'Union européenne depuis 1992, à Washington depuis 2014 et à Reykjavik depuis 2017.

A Nuuk, l'Islande a ouvert son consulat général en 2013 et les Etats-Unis en 2020. Entre 1940 et 1953, les Américains avaient eu un premier consulat dans la paisible capitale groenlandaise.

La Commission européenne a elle ouvert un bureau en 2024.


Le président Trump déclare qu'il «travaille dur pour mettre fin» à la guerre au Soudan

Le président américain Donald Trump s'exprime lors du National Prayer Breakfast à Washington DC, jeudi. (Capture d'écran)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors du National Prayer Breakfast à Washington DC, jeudi. (Capture d'écran)
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  • M. Trump a déclaré pour la première fois qu'il commencerait à "travailler" sur la guerre au Soudan en novembre dernier, après que le prince héritier saoudien lui a demandé d'aider à mettre fin au conflit lors d'une visite aux États-Unis
  • "Sa majesté aimerait que je fasse quelque chose de très puissant en rapport avec le Soudan", a déclaré M. Trump lors du Forum d'investissement américano-saoudien

LONDRES : Le président américain Donald Trump a déclaré jeudi qu'il "travaillait dur" pour mettre fin à la guerre au Soudan.

"Je travaille dur pour mettre fin à cette guerre. Nous sommes très proches d'y parvenir. Ce sera le neuvième, si nous ne réglons pas d'abord la question de la Russie et de l'Ukraine. Mais nous travaillons dur pour mettre fin à toute cette guerre. Nous sommes très près d'y parvenir. Nous l'avons presque fait", a déclaré le président lors du National Prayer Breakfast à Washington DC.

M. Trump a déclaré pour la première fois qu'il commencerait à "travailler" sur la guerre au Soudan en novembre dernier, après que le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed bin Salman lui a demandé d'aider à mettre fin au conflit lors d'une visite aux États-Unis.

"Sa majesté aimerait que je fasse quelque chose de très puissant en rapport avec le Soudan", a déclaré M. Trump lors du Forum d'investissement américano-saoudien.

"Ce n'était pas dans mon programme, je pensais que c'était quelque chose de fou et d'incontrôlable", a-t-il ajouté.

"Mais je vois à quel point c'est important pour vous, et pour beaucoup de vos amis dans cette salle, le Soudan. Et nous allons commencer à travailler sur le Soudan".

Depuis son déclenchement en avril 2023, la guerre entre l'armée soudanaise et les forces paramilitaires de soutien rapide a tué des dizaines de milliers de personnes et en a déplacé près de 12 millions.


Pologne: l'ambassadeur américain rompt avec le président du Parlement à cause d'«insultes» envers Trump

Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix. (AFP)
Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix. (AFP)
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  • Le Premier ministre, Donald Tusk, a réagi aussitôt aux déclarations de l'ambassadeur, insistant sur le fait que "les alliés devraient se respecter et non pas se faire la morale"
  • Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix

VARSOVIE: L'ambassadeur des Etats-Unis à Varsovie a annoncé jeudi la rupture de "tout échange" avec le président de la chambre basse du Parlement polonais, qualifiant d'"insultes" ses propos sur son refus de soutenir Donald Trump pour le Prix Nobel de la Paix.

"Nous ne permettrons à personne de nuire aux relations américano-polonaises ni de manquer de respect à (Donald Trump) qui a tant fait pour la Pologne et le peuple polonais", a écrit l'ambassadeur Tom Rose sur X.

Le Premier ministre, Donald Tusk, a réagi aussitôt aux déclarations de l'ambassadeur, insistant sur le fait que "les alliés devraient se respecter et non pas se faire la morale".

Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix.

"Je ne soutiendrai pas la motion en faveur d'un prix Nobel de la paix pour le président Trump, parce qu'il ne le mérite pas", a alors déclaré M. Czarzasty.

Il a estimé que plutôt que se rapprocher davantage de la Maison-Blanche, la Pologne devrait "renforcer les alliances existantes" telles que l'OTAN, l'ONU et l'OMS.

Il a critiqué M. Trump, notamment pour l'imposition de tarifs douaniers aux pays européens, ses menaces d'annexer le Groenland ou ses affirmations selon lesquelles les alliés des Etats-Unis au sein de l'OTAN, dont la Pologne, seraient "restés un peu loin des lignes de front" pendant la guerre en Afghanistan.

"C'est une violation de la politique des principes et des valeurs, souvent une violation du droit international", a déclaré M. Czarzasty.

Fin janvier, avec plusieurs autres hauts responsables polonais, M. Czarzasty a dénoncé des propos du président Trump selon lesquels les États-Unis "n’avaient jamais besoin" des alliés de l'OTAN.

Il a qualifié ces affirmations de "scandaleuses".

Quarante-trois soldats polonais sont morts au sein de la coalition de l’OTAN dirigée par les Etats-Unis en Afghanistan.

Jeudi, le président de la Diète a soutenu ses propos.

"Conformément à mes valeurs, j'ai défendu les soldats polonais engagés dans des missions et je n'ai pas soutenu la candidature du président @realDonaldTrump au prix Nobel de la paix", a-t-il déclaré sur X, accueillant "avec regret" la déclaration de l'ambassadeur.

M. Czarzasty dirige le parti La Nouvelle Gauche, membre de la coalition gouvernementale pro-européenne du Premier ministre Donald Tusk, avec laquelle M. Rose a déclaré entretenir "d'excellentes relations".

Cette coalition est confrontée à une cohabitation difficile avec le président conservateur-nationaliste Karol Nawrocki, fervent soutien de M. Trump.