Cisjordanie: Israël approuve plus de 3000 nouveaux logements pour des colons

Une photo prise le 27 juin 2017 montre la colonie juive de Halamish, à l'ouest de Ramallah, en Cisjordanie occupée par Israël. (Photo, AFP)
Une photo prise le 27 juin 2017 montre la colonie juive de Halamish, à l'ouest de Ramallah, en Cisjordanie occupée par Israël. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 28 octobre 2021

Cisjordanie: Israël approuve plus de 3000 nouveaux logements pour des colons

  • Le comité de planification de l'Administration civile a donné son feu vert définitif à 1 800 logements et approuvé encore 1 344 autres constructionsl
  • Ces autorisations concernent des colonies juives du nord au sud de la Cisjordanie

JERUSALEM : Israël a approuvé mercredi la construction de plus de 3 000 logements pour des colons en Cisjordanie occupée, a annoncé l'armée israélienne, après que l'administration américaine a dénoncé cette politique.

Le comité de planification de l'Administration civile a donné son feu vert définitif à 1 800 logements et approuvé encore 1 344 autres constructions, a indiqué un porte-parole de cet organisme militaire chargé des affaires civiles dans les territoires palestiniens occupés.

Ces autorisations concernent des colonies juives du nord au sud de la Cisjordanie.

Elles surviennent au lendemain d'une déclaration critique de la diplomatie américaine envers la politique israélienne de construction dans les colonies: "Nous sommes profondément préoccupés par le projet du gouvernement israélien", a déclaré le porte-parole de la diplomatie américaine Ned Price devant la presse.

"Nous nous opposons fermement à l'extension des colonies, qui est totalement contraire aux efforts pour diminuer les tensions et garantir le calme, et qui nuit aux perspectives de solution à deux Etats" israélien et palestinien, a-t-il ajouté.

Il s'agit d'une des positions les plus fermes prises par les Etats-Unis à l'égard de la colonisation israélienne dans les territoires palestiniens depuis l'arrivée du président Joe Biden à la Maison Blanche en début d'année.

Dans un communiqué, la présidence palestinienne a elle condamné l'approbation par Israël de ces nouvelles unités de logement dans les colonies, qui menacent "encore davantage" la solution à deux Etats et appelé les Etats-Unis à s'opposer à ces mesures "unilatérales".

Le ministère israélien de la Construction avait par ailleurs annoncé lundi des appels d'offre pour 1 355 autres logements pour des colons en Cisjordanie. Et le comité de planification de l'administration civile doit se réunir dimanche pour approuver la construction de 1 301 logements dans la zone C en Cisjordanie, sous le contrôle total d'Israël. 

Ce projet est une "tentative de légitimer la colonisation" israélienne et trahit un "désir de divertir la communauté internationale et l'opinion publique mondiale", avait estimé le ministère palestinien des Affaires étrangères en août dans un communiqué.

Projets destructeurs

L'ONG israélienne anticolonisation "La paix maintenant" a aussi dénoncé mercredi ces projets dans les colonies.

"Le gouvernement (israélien) a trahi ses engagements de statu-quo en faisant avancer des projets destructeurs en développant la colonisation", a affirmé l'ONG dans un communiqué.

Environ 475 000 colons israéliens résident en Cisjordanie, territoire occupé où vivent 2,8 millions de Palestiniens.

La colonisation israélienne, illégale au regard du droit international, s'est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens depuis 1967.

Elle s'est accélérée ces dernières années sous l'impulsion de l'ancien Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Son successeur Naftali Bennett est depuis mi-juin à la tête d'une coalition hétéroclite allant de la droite radicale à des partis de gauche et soutenant le gel de la colonisation.

Ces annonces de développement des colonies en Cisjordanie interviennent alors que le gouvernement a pris parallèlement des mesures pour améliorer le quotidien des Palestiniens, sans toutefois aborder la question délicate de la relance du processus de paix.

La coalition de M. Bennett doit faire adopter d'ici la mi-novembre un budget d'Etat par les parlementaires, sans quoi de nouvelles élections seront déclenchées.

Or, selon les derniers sondages, de nouvelles élections pourraient notamment mener à une réduction du nombre de sièges pour les partis de droite membres de cette coalition hétéroclite, notamment celui du Premier ministre, ancien héraut des colons. 


L’Arabie saoudite accueille une réunion d’urgence de ministres arabes et islamiques sur la sécurité régionale

(Getty Images)
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  • L’Arabie saoudite réunit en urgence à Riyad des ministres arabes et islamiques pour renforcer la coordination en faveur de la sécurité et de la stabilité régionales
  • Cette initiative intervient sur fond d’escalade majeure au Moyen-Orient après des frappes contre l’Iran et des attaques de représailles perturbant la région

RIYAD : L’Arabie saoudite accueille mercredi à Riyad une réunion d’urgence des ministres arabes et islamiques des Affaires étrangères afin d’examiner les moyens de renforcer la sécurité et la stabilité régionales, a annoncé le ministère saoudien des Affaires étrangères.

Le ministère a indiqué que cette rencontre vise à approfondir la concertation et la coordination entre les États membres pour soutenir au mieux la paix et la stabilité dans la région.

Ces discussions interviennent dans un contexte de fortes tensions au Moyen-Orient. À la suite d’une frappe conjointe américano-israélienne contre l’Iran le 28 février, Téhéran a lancé des vagues successives d’attaques de missiles et de drones visant les États du Golfe, Israël et des intérêts américains dans la région, plongeant le Moyen-Orient dans l’une de ses plus graves crises sécuritaires depuis des années. Des aéroports du Golfe, dont d’importants hubs à Dubaï et Doha, ont été contraints de fermer à plusieurs reprises en raison de ces attaques, perturbant le commerce, les voyages et l’acheminement de fournitures médicales essentielles.

L’annonce fait suite à une série d’appels diplomatiques mardi, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, ayant contacté ses homologues en Syrie, en Algérie, en Irak, en Bosnie-Herzégovine, en Égypte et aux Émirats arabes unis.

La réunion de mercredi constitue un effort collectif arabe et islamique pour contenir les répercussions de la crise et tracer une voie vers une désescalade avant qu’elle ne s’aggrave davantage. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Au moins six tués dans des frappes israéliennes au centre de Beyrouth

Des pompiers sur le site d’une frappe aérienne israélienne dans le quartier de Bachoura, au centre de Beyrouth, le 18 mars 2026. Le Liban affirme qu’Israël a frappé sans avertissement, faisant au moins six morts, tandis que l’armée israélienne annonce viser également le sud du pays, après un ordre d’évacuation. (AFP)
Des pompiers sur le site d’une frappe aérienne israélienne dans le quartier de Bachoura, au centre de Beyrouth, le 18 mars 2026. Le Liban affirme qu’Israël a frappé sans avertissement, faisant au moins six morts, tandis que l’armée israélienne annonce viser également le sud du pays, après un ordre d’évacuation. (AFP)
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  • Au moins six tués et 24 blessés dans des frappes israéliennes à Beyrouth, qui ont visé des quartiers centraux densément peuplés, tandis que d’autres bombardements ont touché Tyr après des ordres d’évacuation
  • Les attaques ont provoqué panique et déplacements massifs sur fond d’escalade militaire au Liban

BEYROUTH: Des frappes israéliennes dans le centre de Beyrouth ont fait au moins six morts et 24 blessés mercredi, selon un bilan provisoire des autorités, et Israël a aussi commencé à bombarder la région de Tyr, dans le sud du Liban, après avoir lancé un ordre d'évacuation qui a semé la panique.

Selon des médias libanais, une frappe a visé sans avertissement un appartement situé dans le quartier central de Zoukak el-Blat à Beyrouth, où l'armée israélienne avait déjà attaqué la semaine dernière une succursale de la société financière Al-Qard Al-Hassan, liée au groupe chiite pro-iranien Hezbollah.

Toujours selon des médias locaux, une autre frappe a touché le quartier central de Basta, autre zone densément peuplée qu'Israël avait déjà bombardée lors de la guerre qui l'avait opposé au Hezbollah en 2024.

Un correspondant de l'AFP a entendu le bruit de plusieurs explosions dans la nuit. Le ministère libanais de la Santé a fait état d'au moins six morts et 24 blessés. "Des restes humains ont aussi été retrouvés sur les lieux et leur identité sera déterminée après des tests ADN", a-t-il écrit dans un communiqué.

Plus tard, des journalistes de l'AFP ont entendu une explosion et des images de l'AFPTV ont montré de la fumée provenant d'un autre quartier du centre de Beyrouth, Bachoura, visé par un ordre d'évacuation de l'armée israélienne.

L'armée israélienne a également annoncé mercredi avoir "commencé à frapper des cibles terroristes du Hezbollah" dans la région de Tyr, "en riposte à des tirs de roquettes vers l'Etat d'Israël".

Les médias officiels libanais ont rapporté des bombardements contre une maison et un complexe résidentiel vide de la ville.

- Panique à Tyr -

La veille au soir, l'armée d'Israël avait semé la panique dans ce port du sud du Liban inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco, en annonçant qu'elle allait "agir avec force" et en ordonnant à la quasi-totalité de la population de la ville d'évacuer.

Des habitants ont alors commencé à fuir précipitamment, au milieu d'embouteillages monstres, a affirmé à l'AFP Bilal Kashmar, coordinateur médias de l'unité de gestion des catastrophes du district de Tyr.

Mercredi, Israël a lancé un avertissement similaire aux habitants de plusieurs villages des environs de Tyr, en prévision d'actions militaires imminentes.

"Pour votre sécurité, vous devez évacuer vos habitations immédiatement et vous rendre au nord de la rivière Zahrani", a écrit sur Telegram le porte-parole de l'armée israélienne pour le public de langue arabe, Avichay Adraee, en désignant quatre villages près de la ville de Tyr.

De nombreuses familles sont restées dans la région, y compris dans plusieurs camps de réfugiés palestiniens, malgré les précédentes consignes israéliennes d'évacuation de vastes portions de territoires du sud du Liban, a affirmé M. Kashmar.

Environ 11.000 personnes déplacées d'autres parties du sud du pays se sont aussi réfugiées à Tyr et dans les zones alentour menacées, a-t-il ajouté, depuis le début le 2 mars de la guerre entre Israël et le Hezbollah, déclenchée par des tirs du mouvement chiite sur le sol israélien.

Trois soldats de l'armée libanaise, restée à l'écart de la guerre, ont été tués mardi par des frappes israéliennes et quatre autres ont été blessés dans le sud du pays, selon une source militaire.

Condamnant ces attaques, le président libanais, Joseph Aoun, a estimé qu'elles allaient à l'encontre des efforts du pays pour que l'armée, chargée par les autorités de désarmer le Hezbollah, "étende l'autorité de l'Etat sur l'ensemble du territoire".


La Turquie met en garde contre «une crise migratoire durable» au Moyen-Orient

La guerre au Moyen-Orient fait courir le risque d'"une crise migratoire durable", a prévenu mardi le chef de la diplomatie turque, en insistant sur la situation au Liban où plus d'un million de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit. (AFP)
La guerre au Moyen-Orient fait courir le risque d'"une crise migratoire durable", a prévenu mardi le chef de la diplomatie turque, en insistant sur la situation au Liban où plus d'un million de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit. (AFP)
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  • "Si la guerre et l'occupation s'étendent, il est possible que cela se transforme en une crise migratoire durable, avec des réfugiés cherchant refuge hors des frontières de leur pays", a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan
  • M. Fidan, qui juge "impératif de mettre un terme au plus vite" aux violences, a précisé qu'il se rendrait en visite à compter de mercredi dans plusieurs pays de la région afin de discuter des "mesures à prendre"

ISTANBUL: La guerre au Moyen-Orient fait courir le risque d'"une crise migratoire durable", a prévenu mardi le chef de la diplomatie turque, en insistant sur la situation au Liban où plus d'un million de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit.

"Si la guerre et l'occupation s'étendent, il est possible que cela se transforme en une crise migratoire durable, avec des réfugiés cherchant refuge hors des frontières de leur pays", a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, lors d'une conférence de presse à Ankara avec son homologue canadienne Anita Anand.

M. Fidan, qui juge "impératif de mettre un terme au plus vite" aux violences, a précisé qu'il se rendrait en visite à compter de mercredi dans plusieurs pays de la région afin de discuter des "mesures à prendre".

"La situation humanitaire au Liban est extrêmement préoccupante et risque de s'aggraver en cas d'offensive terrestre (israélienne)", a abondé à ses côtés la cheffe de la diplomatie canadienne, Anita Anand.