La Chine appelle les Etats-Unis à tenir ses promesses sur Taïwan

Le secrétaire d'État américain Antony Blinken (g) et le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, se rencontrent le 31 octobre 2021 en marge du sommet du G20 à Rome. (Photo, POOL/AFP via Getty Images)
Le secrétaire d'État américain Antony Blinken (g) et le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, se rencontrent le 31 octobre 2021 en marge du sommet du G20 à Rome. (Photo, POOL/AFP via Getty Images)
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Publié le Lundi 01 novembre 2021

La Chine appelle les Etats-Unis à tenir ses promesses sur Taïwan

  • La question de Taïwan est «la plus sensible» dans les relations américano-chinoises, et pourrait provoquer des «dégâts importants» si elle était «traitée de la mauvaise manière»
  • Les passes d'armes se sont multipliées ces dernières semaines entre la Chine et les Etats-Unis sur le sort du territoire, régi par un gouvernement démocratique mais considéré comme une province chinoise par Pékin

WASHINGTON : Le chef de la diplomatie chinoise Wang Yi a appelé dimanche les Etats-Unis à ne pas "trahir leurs promesses" concernant Taïwan après une rare rencontre avec son homologue américain Antony Blinken sur fonds de tensions autour de l'île.


"Nous demandons que les Etats-Unis poursuivent une vraie politique d'une seule Chine", a indiqué M. Wang lors d'une rare rencontre avec son homologue américain Antony Blinken en marge du G20 à Rome, selon un communiqué du ministère chinois des Affaires étrangères.


"Nous demandons aux Etats-Unis de remplir leurs engagements envers la Chine, plutôt que briser leurs promesses", a-t-il ajouté.


La question de Taïwan est "la plus sensible" dans les relations américano-chinoises, et pourrait provoquer des "dégâts importants" si elle était "traitée de la mauvaise manière", a souligné M. Wang.


Les passes d'armes se sont multipliées ces dernières semaines entre la Chine et les Etats-Unis sur le sort du territoire, régi par un gouvernement démocratique mais considéré comme une province chinoise par Pékin qui se dit déterminé à opérer une "réunification", par la force si nécessaire.


M. Blinken pour sa part a exprimé à son homologue son opposition à des activités chinoises "qui vont à l'encontre de nos valeurs et de nos intérêts (...) dont des mesures concernant les droits humains, le Xinjiang, le Tibet, Hong Kong, les mers de Chine orientale et du Sud, et Taïwan", a déclaré un porte-parole du département d'Etat, Ned Price, dans un communiqué.


Le président américain Joe Biden a récemment affirmé que les Etats-Unis avaient "un engagement" à défendre militairement Taïwan en cas d'attaque chinoise. 


Il semblait rompre avec "l'ambiguïté stratégique" - aider militairement Taïwan sans s'engager sur une intervention en cas d'invasion - jusque-là de mise sur le sujet, même si son équipe a ensuite nié tout changement de politique.


M. Blinken a répété dimanche sur CNN qu'il n'y avait "pas de changement" de politique américaine sur Taïwan, et que Washington restait "résolument engagé" à respecter la loi votée par le Congrès obligeant l'exécutif à fournir à Taipei des armes pour son autodéfense.

«Confiance»

Cette semaine, la présidente de Taïwan, Tsai Ing-wen, a confirmé la présence sur son territoire d'un petit nombre de soldats américains venus entraîner son armée et a dit faire "confiance" aux Etats-Unis pour qu'ils défendent son île face à la Chine.


Antony Blinken a aussi suscité l'ire de Pékin en plaidant mardi en faveur d'une "participation significative" de Taipei dans les instances onusiennes et sur la scène internationale.


Dans un communiqué séparé, le département d'Etat a annoncé l'envoi à Taïwan de 1,5 millions de doses du vaccin anti-Covid Moderna.


Les deux parties ont toutefois adopté dimanche un ton conciliant sur d'autres sujets.


M. Blinken a mentionné des sujets sur lesquels, selon lui, les deux pays pourraient travailler ensemble, car leurs intérêts se rencontrent, comme la Corée du Nord, la Birmanie, l'Iran, l'Afghanistan et la crise climatique, selon le département d'Etat.


"Le secrétaire Blinken a souligné l'importance de garder ouvertes des voies de communication pour gérer de manière responsable la compétition" entre les Etats-Unis et la Chine, ajoute le communiqué américain.


M. Wang s'est dit favorable à l'établissement de contacts réguliers avec son homologue pour résoudre les problèmes.


Cette rencontre n'est que la deuxième entre les deux hommes, dans un contexte de fortes tensions entre les deux superpuissances. La précédente avait eu lieu en mars en Alaska (Etats-Unis) et la délégation chinoise avait réprimandé la partie américaine devant les caméras de télévision.


Les deux plus grandes économies du monde s'opposent sur plusieurs fronts, notamment le commerce, les droits humains et la pandémie de Covid-19.


Les Etats-Unis frappent l'Iran pour la troisième nuit de suite et vont rétablir le blocus des ports

Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
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  • Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna
  • Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom

TEHERAN: Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible".

Pendant une mission de cinq heures, "les forces américaines ont frappé des cibles militaires" dans plusieurs villes portuaires du sud de l'Iran, comme Bouchehr et Bandar Abbas, a détaillé le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dans la matinée.

Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna.

Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom.

"Nous allons les frapper fort ce soir, et nous allons les frapper fort demain", avait déclaré lundi Donald Trump dans une interview radio. Pour le président américain, les dirigeants iraniens "ne peuvent absolument rien faire contre" ces frappes.

Comme la veille, les Gardiens de la Révolution iraniens ont, eux, revendiqué une opération à Bahreïn - entre autres contre un bâtiment hébergeant les troupes américaines sur la base de Juffair.

L'armée idéologique iranienne a aussi annoncé avoir ciblé en Jordanie "des installations clé et les forces américaines sur une base aérienne jordanienne", dans un communiqué cité par l'agence Tasnim. L'armée jordanienne a annoncé pour sa part l'interception de quatre missiles iraniens.

Deux tankers attaqués 

Dans le détroit d'Ormuz, les Emirats arabes unis ont déploré des attaques de missiles iraniens contre deux de leurs tankers, tuant un membre d'équipage indien.

Malgré ces échanges de frappes, Donald Trump a tout de même estimé, devant la presse à la Maison Blanche, qu'un accord avec l'Iran était encore "possible".

Avant cela, il avait annoncé sur Truth Social que les Etats-Unis prendraient le contrôle du détroit d'Ormuz et que le blocus des ports iraniens serait rétabli.

Il entrera en vigueur mardi à 20H00 GMT, selon l'armée américaine.

Tout comme Téhéran souhaite instaurer un péage pour traverser Ormuz, le président américain a dit vouloir percevoir en échange de la protection du détroit "une rémunération correspondant à 20% de la valeur des cargaisons", contraire au droit international censé garantir la liberté de navigation.

Le pétrole remonte 

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, dont le pays a pris le contrôle du détroit au début de la guerre, a rétorqué sur X: "l'Iran a toujours été le gardien du détroit et le restera pour toujours".

Donald Trump "a tout à fait raison. Quiconque assure le passage sûr et sécurisé des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz devrait être rémunéré", a-t-il ironisé, ajoutant: "20%, c'est évidemment trop. Nous serons équitables".

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont accusé les Etats-Unis de mettre en péril l'approvisionnement mondial en pétrole.

Au lendemain d'une envolée spectaculaire de plus de 9%, les cours du pétrole continuaient leur ascension dans ce contexte. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, gagnait 1,19% à 84,29 dollars vers 02H00 GMT.

Après quasiment 40 jours de bombardements dans le conflit déclenché par des frappes israélo-américaines le 28 février, un cessez-le-feu était entré en vigueur début avril, avant d'être entériné le 17 juin par un protocole d'accord.

Mais depuis des attaques survenues mardi contre des navires tentant de franchir Ormuz, les affrontements ont repris avec une intensité inédite depuis des semaines, faisant dire à Donald Trump que le cessez-le-feu était "terminé".

La semaine dernière, le président américain a d'ailleurs envoyé une notice officielle au Congrès indiquant que le conflit avec l'Iran avait repris, a confirmé la Maison Blanche à l'AFP.

Et au total, 25 personnes ont été tuées depuis mercredi, selon un décompte de l'AFP à partir des médias iraniens et sources officielles.

 Protocole d'accord "en crise" 

Pour le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, "il ne fait aucun doute" que le protocole d'accord "est en crise".

"Mais l'Iran n'a jamais été le premier à violer ses engagements", a-t-il tancé lors d'une conférence de presse lundi à Téhéran à laquelle assistait l'AFP.

Les consultations avec les médiateurs que sont le Qatar, le Pakistan et Oman se poursuivent afin de "prévenir une escalade", a-t-il toutefois assuré.

Le protocole d'accord prévoyait la réouverture du détroit, Téhéran n'autorisant toutefois qu'un seul couloir de navigation, le long de ses côtes.

"Ce passage stratégique est plus important que des dizaines de bombes atomiques, et la République islamique d'Iran le protégera", avait averti dimanche le conseiller militaire du guide suprême, Mohsen Rezaï.


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.