Ethiopie: combats entre armée et rebelles tigréens dans le nord, Abiy promet la victoire

Les combats font rage dans ce carrefour stratégique du nord de l'Ethiopie (Photo, AFP).
Les combats font rage dans ce carrefour stratégique du nord de l'Ethiopie (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 02 novembre 2021

Ethiopie: combats entre armée et rebelles tigréens dans le nord, Abiy promet la victoire

  • «Nous les repousserons avec toute notre force», a promis Abiy Ahmed dans une déclaration télévisée lundi soir devant les responsables du gouvernement
  • Les communications sont coupées dans une grande partie du nord de l'Ethiopie et l'accès des journalistes est restreint, rendant difficile toute vérification indépendante des informations données par les deux parties

NAIROBI: Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a promis lundi de se battre jusqu'à la victoire dans la guerre qui fait rage depuis un an dans le nord du pays, après que les rebelles tigréens ont affirmé avoir pris une autre ville clef.

Les combats se sont poursuivis entre forces éthiopiennes et rebelles tigréens autour de Kombolcha, selon des habitants, au lendemain de l'annonce par les rebelles de la prise de cette ville stratégique.

Les combattants du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) ont affirmé dimanche s'être emparés de Kombolcha, après avoir revendiqué la veille la prise de la ville voisine de Dessie, deux affirmations démenties par le gouvernement.

Ces villes de la région de l'Amhara, au sud du Tigré, sont situées à un carrefour routier stratégique à environ 400 kilomètres au nord de la capitale éthiopienne Addis Abeba. Si leur prise se confirmait, elle marquerait une nouvelle étape majeure dans le conflit.

"Nous les repousserons avec toute notre force", a promis Abiy Ahmed dans une déclaration télévisée lundi soir devant les responsables du gouvernement.

"Les défis sont nombreux (...) mais je peux vous dire avec certitude (...) que nous remporterons une victoire totale", a-t-il ajouté.

Auparavant, le Premier ministre, prix Nobel de la paix en 2019, avait déclaré que "mourir pour l'Éthiopie est un devoir (pour) chacun d'entre nous" et avait exhorté les citoyens à prendre les armes contre le TPLF.

Les communications sont coupées dans une grande partie du nord de l'Ethiopie et l'accès des journalistes est restreint, rendant difficile toute vérification indépendante des informations données par les deux parties. 

Appels à un cessez-le-feu 

Lundi, des habitants de Kombolcha joints par l'AFP ont raconté avoir entendu des coups de feu sans interruption jusqu'au petit matin, certains évoquant également une frappe aérienne.

"La nuit a été marquée par de nombreux coups de feu", a déclaré l'un d'eux, Mohammed. "J'ai entendu une frappe aérienne après minuit à l'extérieur de Kombolcha".

Une porte-parole du gouvernement a démenti, assurant à l'AFP qu'"il n'y a pas eu de frappe aérienne sur Kombolcha durant la nuit".

Les autorités éthiopiennes ont accusé le TPLF d'avoir "exécuté sommairement plus de cent jeunes habitants de Kombolcha", sans fournir de détail.

Getachew Reda, porte-parole du TPLF, a affirmé que ces allégations étaient "totalement fausses", ajoutant qu'il n'y avait pas de combats en cours à Dessie et à Kombolcha.

"Ses forces (du Premier ministre) ne sont pas près d'arriver et ses généraux se précipitent pour rejoindre Addis", a-t-il asséné sur Twitter.

L'AFP n'a pu joindre des habitants de Dessie, où des combats ont été rapportés dimanche.

Le secrétaire d'Etat américain Anthony Blinken s'est dit "alarmé" par la situation, appelant sur Twitter à un arrêt des combats et à "des négociations de cessez-le-feu sans conditions préalables".

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a également exhorté les belligérants à cesser les combats, "à lever le blocus de l'aide humanitaire et s'abstenir de tout discours de haine".

"Toutes les parties doivent entamer des négociations de cessez-le-feu sans conditions préalables", a également affirmé Linda Thomas-Greenfield, ambassadrice des États-Unis auprès des Nations unies, sur Twitter lundi soir.

« Campagne de survie »

Débuté en novembre 2020, le conflit au Tigré connaît un spectaculaire revirement de situation ces derniers mois.

Abiy Ahmed avait proclamé la victoire le 28 novembre, après avoir envoyé l'armée au Tigré pour destituer les autorités régionales dissidentes, issues du TPLF.

Mais les rebelles ont repris l'essentiel de la région en juin, forçant les troupes gouvernementales à se retirer largement. Ils ont poursuivi leur offensive dans les régions voisines de l'Amhara et de l'Afar.

Getachew Reda - qui a menacé en juillet de "marcher sur Addis Abeba (...) pour défendre le Tigré" - a déclaré récemment que le TPLF n'avait "d'autre motivation que de briser le siège meurtrier" sur la région, en proie à une grave crise humanitaire.

Le conflit a poussé 400 000 personnes au bord de la famine au Tigré, selon l'ONU. 

La propagation des combats en Afar et Amhara a également déplacé des centaines de milliers de personnes. En septembre, les autorités amhara estimaient qu'au moins 233 000 civils avaient trouvé refuge à Dessie et Kombolcha.

L'administration amhara a, elle, publié un décret ordonnant à toutes les institutions de suspendre leurs services réguliers et de consacrer leurs budgets et leur énergie à "la campagne de survie".

L'Armée de libération oromo (OLA), groupe rebelle de l'ethnie oromo avec qui le TPLF a fait alliance en août, a par ailleurs annoncé que ses combattants avaient pris la ville de Kemissie, au sud de Kombolcha, sur l'autoroute A2 menant à Addis Abeba.

Lundi soir, des habitants ont déclaré à l'AFP que Kemissie semblait être sous le contrôle du gouvernement, mais ont fait état de tirs sporadiques. 

"Il y a un état d'urgence et personne n'est autorisé à sortir après 19 heures, mais les gens fuient vers le sud" tandis que d'autres arrivent des régions touchées par le conflit plus au nord, a déclaré Hassan, un enseignant de Kemissie.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.