COP26: Les négociations sur le climat atteignent un point critique

Le président américain, Joe Biden, prononçant un discours lors de la cérémonie d’ouverture de la conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP26) à Glasgow, en Écosse, le 1er novembre 2021. (Photo, AFP)
Le président américain, Joe Biden, prononçant un discours lors de la cérémonie d’ouverture de la conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP26) à Glasgow, en Écosse, le 1er novembre 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 02 novembre 2021

COP26: Les négociations sur le climat atteignent un point critique

Le président américain, Joe Biden, prononçant un discours lors de la cérémonie d’ouverture de la conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP26) à Glasgow, en Écosse, le 1er novembre 2021. (Photo, AFP)
  • Le sommet du G20 de dimanche s’est terminé sur une note négative après que seuls 12 des 20 pays se sont engagés à être neutres en carbone d’ici 2050
  • Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a exhorté les dirigeants mondiaux à cesser de traiter la planète «comme des toilettes» dans son discours d’ouverture lors du sommet de la COP26

GLASGOW/RIYAD: Les dirigeants du monde sont arrivés à Glasgow pour le sommet des Nations unies sur le climat (COP26) dans un contexte de scepticisme accru quant à la possibilité de convenir des mesures nécessaires pour limiter le réchauffement dangereux de la planète. 

Le président américain, Joe Biden; le Premier ministre britannique, Boris Johnson; la chancelière allemande, Angela Merkel; le Premier ministre australien Scott Morrison; le Taoiseach irlandais, Micheal Martin; et le Premier ministre canadien, Justin Trudeau étaient parmi les premiers 120 dirigeants nationaux à arriver sur le site. 

Il s’avère également que le fondateur d’Amazon, Jeff Bezos, rejoindra le prince Charles, prochain héritier du trône britannique, à la COP26, lors d’un événement visant à promouvoir le «verdissement» de l’Afrique du Nord. 

Cette décision fait suite à une rencontre informelle entre le prince Charles, l’homme d’affaires milliardaire et sa compagne Lauren Sanchez, dimanche soir, après le sommet du G20 à Rome. 

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Le Premier ministre koweïtien, le Cheikh Sabah al-Khaled al-Sabah, assiste à la cérémonie d’ouverture de la conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP26) à Glasgow, en Écosse, le 1er novembre 2021. (Photo, AFP) 

Le sommet du G20 de dimanche s’est terminé sur une note négative après que seuls 12 des 20 pays se sont engagés à être neutres en carbone d’ici 2050. 

M. Biden est arrivé à Glasgow avec son programme climatique national qui doit encore être adopté par un Congrès contrôlé par son propre parti. 

Par ailleurs, les délégués et journalistes arrivant à la COP26 ont dû patienter dans de longues files d’attente pendant près de deux heures avant d’entrer sur le site ce matin. 

Il faut arrêter de traiter la planète comme des toilettes 

Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a exhorté les dirigeants mondiaux à cesser de traiter la planète «comme des toilettes» dans son discours d’ouverture lors du sommet de la COP26. 

Dans un avertissement percutant adressé aux chefs d’État réunis à Glasgow, M. Guterres a déclaré: «Notre addiction aux énergies fossiles pousse l’humanité au bord du gouffre. Nous sommes confrontés à un choix sans appel: soit nous mettons un terme à cette dépendance, soit elle nous mènera à notre fin. Il est temps de dire: c’est assez. Assez de brutaliser la biodiversité. Assez de nous tuer avec du carbone. Assez de traiter la nature comme des toilettes. Assez de brûler, de forer et d’extraire toujours plus. Nous creusons notre propre tombe.» 

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Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, prenant la parole lors de la cérémonie d’ouverture de la conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP26) à Glasgow, en Écosse, le 1er novembre 2021. (Photo, AFP) 

«Si les engagements ne sont pas respectés à la fin de cette COP, les pays devront revoir leurs plans et politiques climatiques nationaux pas tous les cinq ans, mais chaque année et à chaque instant», dit M. Guterres aux dirigeants lors de la cérémonie d’ouverture de la COP26. 

M. Guterres a signalé que les six années écoulées depuis l’Accord de Paris de 2015, dans le cadre duquel les gouvernements mondiaux ont accepté de limiter le réchauffement climatique à un niveau aussi proche que possible de 1,5 degré et inférieur à 2 degrés, sont les six années les plus chaudes jamais enregistrées. 

Discours inaugural de Boris Johnson 

Le Premier ministre britannique a déclaré que les dirigeants du monde se trouvaient «à peu près dans la même position» que James Bond, lors de la cérémonie d’ouverture de la COP26 des Nations unies à Glasgow.  

M. Johnson a affirmé que l’agent 007 «arrivait généralement au point culminant de ses films très lucratifs attaché à une machine destructrice, essayant désespérément de trouver quel câble coloré tirer pour l’éteindre, avec un compte à rebours affichant une détonation susceptible d’éradiquer l’humanité».  

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Le Premier ministre Boris Johnson prenant la parole lors de la cérémonie d’ouverture de la conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP26) à Glasgow, en Écosse, le 1er novembre 2021. (Photo, AFP) 

«Chers dirigeants du monde, nous sommes à peu près dans la même position que James Bond, mais ce n’est pas un film et la machine destructrice est réelle. L’horloge tourne au rythme furieux de centaines de milliards de pistons, de fours et de moteurs avec lesquels nous pompons le carbone dans l’air de plus en plus vite», a-t-il ajouté.  

M. Johnson a exhorté les dirigeants du monde à ne pas «mâcher leurs mots», prévenant que la prochaine génération «ne nous pardonnera pas». «Si nous échouons, elle ne nous pardonnera pas. Elle saura que Glasgow était le tournant historique où l’Histoire n’a pas réussi à faire marche arrière. Elle nous jugera à raison avec amertume et avec un ressentiment qui dépasse celui des activistes du climat d’aujourd’hui. La COP26 ne sera pas et ne peut pas être la fin de l’histoire du changement climatique», a-t-il conclu. 

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Le prince Charles prenant la parole lors de la cérémonie d’ouverture de la conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP26) à Glasgow, en Écosse, le 1er novembre 2021. (Photo, AFP) 

Le prince Charles 

Le prince Charles, héritier présomptif du trône britannique et membre de la famille royale le plus haut placé à la COP26, a déclaré aux dirigeants mondiaux que le changement climatique constituait une menace plus importante pour la planète que la pandémie de Covid-19. 

«Le temps est littéralement compté», a-t-il averti, appelant les entreprises mondiales à contribuer au financement de la transition des pays les plus pauvres vers le concept de «zéro émission nette». 

Le président Joe Biden 

Le président Joe Biden a affirmé lundi que les États-Unis seront en mesure de parvenir à zéro émission nette de carbone d’ici à 2030, et de réaliser un objectif ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 50 à 52 % d’ici à 2030 par rapport aux niveaux de 2005. 

Les émissions de gaz à effet de serre seront réduites de plus d’une gigatonne d’ici 2030, a précisé M. Biden lors de la conférence COP26 sur le climat à Glasgow, ajoutant que la lutte contre le changement climatique est un impératif moral et économique. 

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Le président américain, Joe Biden, prenant la parole lors de la cérémonie d’ouverture de la conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP26) à Glasgow, en Écosse, le 1er novembre 2021. (Photo, AFP) 

«Glasgow doit être le coup d’envoi d’une décennie d’ambition et d’innovation pour préserver notre avenir commun», a-t-il déclaré. 

M. Biden tente toujours de convaincre le Congrès américain d’adopter un projet de loi de 555 milliards de dollars pour promouvoir les énergies propres, le plus gros investissement de l’histoire des États-Unis dans la lutte contre le réchauffement climatique. 

Le projet de loi «Build Back Better» permettra de réaliser des investissements «historiques» dans les énergies propres. Selon M. Biden, il s’agit de «l’investissement le plus important jamais réalisé par une nation avancée pour lutter contre la crise climatique». 

M. Biden a indiqué à la COP26 que le changement climatique «ravage le monde» et que «l’œil de l’Histoire» observe les délibérations des dirigeants mondiaux réunis à Glasgow. 

Le président Emmanuel Macron 

Le président français Emmanuel Macron a souligné l’importance pour les nations européennes de passer des promesses aux actes, en demandant à chaque pays présent à la COP26 d’honorer les engagements financiers de 2015 pris à Paris. 

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Le président français, Emmanuel Macron, prenant la parole lors de la cérémonie d’ouverture de la conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP26) à Glasgow, en Écosse, le 1er novembre 2021. (Photo, AFP) 

Dans son allocution, il a appelé les principaux responsables du changement climatique dans le monde à redoubler d’efforts pour réduire leurs émissions. 

«La clé pour les quinze prochains jours, ici dans notre COP, est que les plus gros émetteurs dont les stratégies nationales ne sont pas conformes à notre objectif de 1,5 degré rehaussent leurs ambitions», a-t-il lancé. 

Le Premier ministre Narendra Modi

L'Inde s'est fixé comme objectif d'atteindre la neutralité carbone en 2070, a annoncé lundi à Glasgow le Premier ministre indien, Narendra Modi. 

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Le Premier ministre indien, Narendra Modi, prenant la parole lors de la cérémonie d’ouverture de la conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP26) à Glasgow, en Écosse, le 1er novembre 2021. (Photo, AFP) 

«D'ici 2070, l'Inde atteindra l'objectif de zéro émissions nettes» de carbone, a-t-il dit dans un discours prononcé au lendemain de l'ouverture de la conférence mondiale sur le climat COP26 organisée au Royaume-Uni. 

L'Inde accroîtra ainsi d'ici 2030 «ses capacités énergétiques non fossiles» de 50 GigaWatts à 500 GW et elle assurera d'ici la même année 50% de ses besoins en énergie par des sources renouvelables. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


À Djeddah, L’Oréal inaugure une nouvelle phase stratégique en Arabie saoudite

L’Oréal a inauguré son nouveau bureau à Djeddah en amont de la deuxième édition du L’Oréal For The Future Summit, marquant une nouvelle étape dans l’engagement de long terme du groupe en Arabie saoudite. (Photo fournie)
L’Oréal a inauguré son nouveau bureau à Djeddah en amont de la deuxième édition du L’Oréal For The Future Summit, marquant une nouvelle étape dans l’engagement de long terme du groupe en Arabie saoudite. (Photo fournie)
Le L’Oréal For The Future Summit a mis en avant les initiatives du groupe en Arabie saoudite autour des produits rechargeables, de la formation professionnelle et de l’autonomisation des femmes. (Photo fournie)
Le L’Oréal For The Future Summit a mis en avant les initiatives du groupe en Arabie saoudite autour des produits rechargeables, de la formation professionnelle et de l’autonomisation des femmes. (Photo fournie)
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  • L’Oréal inaugure son nouveau siège à Djeddah et confirme l’Arabie saoudite comme un moteur stratégique de croissance et d’impact
  • Le groupe allie performance économique, autonomisation des femmes et stratégie durable afin de croître plus vite que le marché

DUBAÏ: À l’occasion de la deuxième édition du L’Oréal For The Future Summit en Arabie saoudite, à Djeddah, L’Oréal Middle East confirme ses ambitions de long terme dans le Royaume. Entre l’inauguration d’un nouveau bureau, le développement de programmes de formation pour les femmes saoudiennes et l’accélération des produits rechargeables, le groupe renforce sa présence sur l’un de ses marchés les plus stratégiques au Moyen-Orient.

« L’organisation du Summit à Djeddah démontre notre engagement envers le Royaume », explique Laurent Duffier, directeur général de L’Oréal Moyen-Orient et Arabie saoudite, en entretien accordé à Arab News en français.

Présent sur le marché saoudien depuis les années 1960 et implanté localement via une filiale depuis 2012, L’Oréal vient d’inaugurer ses nouveaux bureaux à Djeddah. « Nous allons bientôt accueillir deux fois plus d’employés qu’il y a un an. Nous allons doubler nos effectifs en Arabie saoudite d’ici fin 2026 », précise-t-il.

Pour le groupe, l’Arabie saoudite représente aujourd’hui le premier marché de la beauté du Golfe et un moteur de croissance régionale. « La région du Moyen-Orient était le cinquième contributeur à la croissance mondiale de L’Oréal, portée en grande partie par l’Arabie saoudite », souligne Laurent Duffier.

Le dirigeant met en avant plusieurs facteurs structurels : la croissance économique, l’essor de la classe moyenne, la progression de l’emploi féminin et une forte consommation de produits de beauté. « L’Arabie saoudite est un pays de rêve pour l’industrie de la beauté », affirme-t-il. Selon les études internes du groupe, les consommatrices saoudiennes possèdent en moyenne 23 produits de maquillage.

Le Summit est également l’occasion pour L’Oréal de présenter une étude réalisée avec ASTERÈS afin de mesurer son impact dans le Royaume. Selon cette étude, la chaîne de valeur du groupe génère 3,2 milliards de riyals saoudiens pour l’économie locale et soutient près de 8 765 emplois. Les initiatives sociales et éducatives du groupe auraient par ailleurs bénéficié à plus de 35 000 personnes.

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Laurent Duffier, directeur général de L’Oréal Moyen-Orient et Arabie saoudite. (Photo fournie)

« Nous voulions mettre des chiffres précis derrière notre impact économique et sociétal », explique Laurent Duffier.

L’un des axes majeurs de la stratégie ESG de L’Oréal dans le Royaume reste l’autonomisation économique des femmes. Le groupe annonce l’ouverture de sa cinquième académie de coiffure professionnelle, installée au sein de ses nouveaux bureaux de Djeddah. 

Développé avec Princess Nourah bint Abdulrahman University, Imam Abdulrahman Bin Faisal University et Effat University, le programme vise à répondre au besoin de main-d’œuvre qualifiée dans les salons saoudiens.

« Nous avons déjà certifié 150 femmes en deux ans et 70 % d’entre elles ont trouvé un emploi immédiatement », indique Laurent Duffier. « Certaines ont ouvert leur propre salon et recrutent à leur tour. »

Accrédité par la Technical and Vocational Training Corporation (TVTC) et subventionné par le Human Resources Development Fund (HADAF), le programme ambitionne désormais de certifier plus de 1 000 femmes d’ici 2029.

En parallèle, L’Oréal développe son initiative « Beauty for a Better Life », menée avec l’ONG Education for Employment. Ce programme, principalement digital, vise à former des femmes aux métiers de conseillères beauté.

La Fondation L’Oréal a consacré plus de SAR 600 000 au développement du programme en Arabie saoudite, avec une centaine de diplômées attendues en 2026.

Le groupe poursuit également ses investissements dans la formation des professionnels déjà présents sur le marché. En 2025, plus de 800 coiffeurs et coiffeuses issus des salons partenaires de L’Oréal en Arabie saoudite ont bénéficié de plus de 10 000 heures de formation dispensées par les instituts L’Oréal Professionnel.

Sur le volet environnemental, L’Oréal mise fortement sur le développement des produits rechargeables. « Les refills sont ‘good for the wallet and good for the planet’ (bons pour le portefeuille et pour la planète) », résume Laurent Duffier.

Le groupe déploie des campagnes multi-marques autour de son initiative « Join the Refill Movement » afin d’accélérer l’adoption de ces nouveaux usages dans le Royaume.

Le dirigeant reconnaît néanmoins que le principal défi reste comportemental. « Les consommateurs veulent adopter des comportements plus durables, mais il faut transformer cette intention en action », estime-t-il.

Les objectifs environnementaux sont désormais intégrés à la gouvernance du groupe et aux indicateurs clés de performance des managers, notamment à travers les performances liées au programme « L’Oréal For the Future ».

« L’Oréal est reconnu depuis des années AAA par le CDP (Carbon Disclosure Project). Nous sommes l’une des seules entreprises, si ce n’est la seule, à avoir obtenu cette notation pendant dix années consécutives », rappelle Laurent Duffier. « Cela prouve le sérieux de nos engagements, avec des objectifs fondés sur la science, mesurés très précisément sur les scopes 1, 2 et 3. »

Malgré un contexte régional marqué par certaines tensions économiques et logistiques, le groupe se dit confiant dans ses perspectives.

« Notre modèle nous aide à amortir les chocs », explique Laurent Duffier. « Nous sommes présents dans plusieurs pays, sur toutes les catégories de beauté et sur tous les canaux de distribution. »

Le groupe mise notamment sur la diversification de ses activités et sur la croissance du e-commerce pour absorber les cycles économiques. « On optimise tout ce qu’on peut faire en Arabie saoudite pour profiter au maximum de la croissance du marché et, en parallèle, nous continuons à investir aux Émirats arabes unis », ajoute-t-il.

Le dirigeant évoque également le « lipstick effect », souvent observé dans les périodes d’incertitude économique. « Dans les moments difficiles, les consommateurs continuent à se faire plaisir avec un parfum ou un rouge à lèvres », explique-t-il.

L’Oréal insiste enfin sur l’alignement de ses investissements avec les objectifs de Vision 2030, notamment en matière d’emploi des femmes, de diversification économique et de développement technologique.

« Le nouveau bureau de Djeddah marque le début d’une nouvelle ère pour L’Oréal en Arabie saoudite », conclut Laurent Duffier. 
 


Carburant: le gouvernement ne doit pas céder au «chantage» de TotalEnergies, dit Olivier Faure

TotalEnergies "profite de la crise" et "le gouvernement ne doit pas céder au chantage" du géant pétrolier, a déclaré mercredi le patron du Parti socialiste Olivier Faure sur BFMTV.
TotalEnergies "profite de la crise" et "le gouvernement ne doit pas céder au chantage" du géant pétrolier, a déclaré mercredi le patron du Parti socialiste Olivier Faure sur BFMTV.
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  • "Je ne dis pas que Total ne paie pas d'impôts, je ne dis pas que Total est un groupe qui mérite d'être mis d'être mis au ban de la société française", a-t-il poursuivi
  • "Ce que je dis simplement au gouvernement, c'est qu'il ne peut pas céder au chantage. On ne peut pas avoir un chef d'entreprise qui dit au gouvernement ce qu'il doit faire et ce qu'il ne peut pas faire, ce n'est pas admissible"

PARIS: TotalEnergies "profite de la crise" et "le gouvernement ne doit pas céder au chantage" du géant pétrolier, a déclaré mercredi le patron du Parti socialiste Olivier Faure sur BFMTV.

Alors que le PDG du groupe TotalEnergies Patrick Pouyanné a menacé mardi d'arrêter son plafonnement du prix des carburants dans ses stations-service françaises en cas de taxe sur les "superprofits", le patron du PS Olivier Faure a jugé que TotalEnergies était "un profiteur de crise comme d'autres".

Un profiteur de guerre? "Bien sûr", mais "à l'insu de son plein gré. Je ne dis pas que c'est lui qui est à l'origine de cette guerre illégale", a poursuivi le patron du PS, qui a déposé la semaine dernière une proposition de loi pour taxer ce type de superprofits, visant les entreprises réalisant plus de 750 millions (d'euros) de chiffre d'affaires.

"Je ne dis pas que Total ne paie pas d'impôts, je ne dis pas que Total est un groupe qui mérite d'être mis d'être mis au ban de la société française", a-t-il poursuivi.

"Ce que je dis simplement au gouvernement, c'est qu'il ne peut pas céder au chantage. On ne peut pas avoir un chef d'entreprise qui dit au gouvernement ce qu'il doit faire et ce qu'il ne peut pas faire, ce n'est pas admissible", a martelé le chef des socialistes.

"Total dit qu'il plafonne les prix, ce qui est vrai", a reconnu M. Faure, mais le groupe "vient de faire 6 milliards de dollars de bénéfices supplémentaires" et "a augmenté son profit de 51%". "Ce n'est pas normal", a-t-il insisté.

Quand Total et d'autres font des superprofits, "ils ne font pas des profits parce qu'ils ont un génie particulier", a-t-il ajouté, jugeant "normal que celles et ceux qui font des profits qui sont des profits indus soient amenés aussi à contribuer".

Olivier Faure a dit maintenir sa proposition de loi. "Le patriotisme, c'est ça".

Pour sa part, David Lisnard, candidat libéral à la présidentielle, a jugé sur FranceInfo que les marges de Total semblaient être "tout à fait dans la norme", c'est-à-dire "celle du marché".

Le président de l’Association des maires de France (AMF) a réitéré sa proposition de "suspension provisoire des certificats d'économie d'énergie" qui à ses yeux constitue "la seule mesure générale qui est possible sans dégrader les comptes publics".


Le fonds de garantie des dépôts français quasi stable, à 7,7 milliards d'euros

Le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) disposait fin 2025 de 7,745 milliards d'euros en réserve en cas de défaillance d'un établissement bancaire, selon un communiqué publié mardi en marge de la publication de son rapport annuel. (AFP)
Le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) disposait fin 2025 de 7,745 milliards d'euros en réserve en cas de défaillance d'un établissement bancaire, selon un communiqué publié mardi en marge de la publication de son rapport annuel. (AFP)
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  • Cette couverture est largement théorique puisque le FGDR n'a en banque que 0,5% du montant couvert, estimé à près de 1.500 milliards d'euros
  • Les ressources du FGDR "sont proportionnées au risque réel d’intervention", rappelle-t-il sur son site internet

PARIS: Le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) disposait fin 2025 de 7,745 milliards d'euros en réserve en cas de défaillance d'un établissement bancaire, selon un communiqué publié mardi en marge de la publication de son rapport annuel.

"Nous consolidons ces réserves financières", s'est félicité le président du directoire du FGDR Anthony Requin lors d'un entretien avec l'AFP.

Le FGDR est chargé d'intervenir en cas de défaillance d'un établissement financier: chaque Français est couvert à hauteur de 100.000 euros par ce fonds.

Sont éligibles les comptes courants, comptes à terme, livrets jeunes, comptes épargne logement, plan d'épargne logement ou encore les comptes espèces attachés à un compte titres ou à un plan épargne en actions (PEA).

Cette couverture est largement théorique puisque le FGDR n'a en banque que 0,5% du montant couvert, estimé à près de 1.500 milliards d'euros.

Les ressources du FGDR "sont proportionnées au risque réel d’intervention", rappelle-t-il sur son site internet.

La concentration du système bancaire, autour de six grands établissements (BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale, BPCE, Crédit Mutuel et la Banque postale) confère à la France ce ratio si faible.

D'autres digues, positionnées en amont, sont là pour éviter les faillites bancaires: un contrôle régulier et poussé par le superviseur, des exigences réglementaires fortes en matière de fonds propres notamment, un mécanisme de résolution et un fonds européen de près de 80 milliards d'euros.

Au sein de chaque banque existent "des réserves qui sont là pour absorber des chocs", souligne M. Requin.

Le FGDR, créé en 1999, disposait fin 2024 d'un montant à peine plus faible, de 7,732 milliards d'euros.

La différence s'explique notamment par de nouvelles contributions au titre de la garantie des services de gestion ainsi que le produit d'amendes prononcées par l'Autorité des marchés financiers (AMF).

Le FGDR compte 1.134 établissements adhérents, au titre de sa garantie des dépôts, mais aussi des titres ou des cautions.