L'EI revendique l’attaque suicide contre l'hôpital militaire de Kaboul

Deux explosions suivies de tirs ont été entendues mardi à proximité de l'hôpital militaire Sardar Mohammad Dawood Khan dans le centre de Kaboul. (AFP).
Deux explosions suivies de tirs ont été entendues mardi à proximité de l'hôpital militaire Sardar Mohammad Dawood Khan dans le centre de Kaboul. (AFP).
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Publié le Mercredi 03 novembre 2021

L'EI revendique l’attaque suicide contre l'hôpital militaire de Kaboul

  • Les talibans sont toujours confrontés à une vague d'attentats sanglants commis par l'EI-K, une autre organisation islamiste encore plus radicale
  • L'hôpital Sardar Mohammad Dawood Khan, le plus grand hôpital militaire du pays, avait déjà été attaqué en mars 2017 par des assaillants habillés en personnel médical

KABOUL: Au moins 19 personnes ont été tuées et 50 blessées mardi dans une attaque contre l'hôpital militaire national de Kaboul, nouvel épisode sanglant qui confirme la persistance des violences en Afghanistan malgré le changement de régime et le retour au pouvoir des talibans en août. 

L'assaut n'avait pas été revendiqué mardi en fin d'après-midi, mais le porte-parole des talibans, Zabiullah Mujahid, a accusé la branche afghane du groupe Etat islamique (EI-K), leurs ennemis radicaux qui multiplient les actions violentes contre le pouvoir mais aussi parfois les civils. 

« Les assaillants de l'EI voulaient viser des civils, des médecins et des patients » de l'hôpital Sardar Mohammad Dawood Khan, le plus grand hôpital militaire du pays, a-t-il ajouté, en assurant que les talibans avaient mis fin à l'attaque en 15 minutes après avoir notamment héliporté des « forces spéciales » sur le toit du bâtiment. 

C'est dans cet établissement que mercredi dernier le ministre taliban de la Défense Mohammed Yaqoub, fils du fondateur des talibans, le mollah Omar, avait fait sa première apparition publique, pour demander notamment aux hommes d'affaires afghans d'investir dans les hôpitaux. 

L'attaque a été lancée avec « un kamikaze à moto qui s'est fait exploser à l'entrée de l'hôpital », a précisé un responsable au sein du gouvernement taliban, qui a également évoqué une seconde explosion. 

Plusieurs autres assaillants ont ensuite réussi à entrer dans l'hôpital, où ils ont fini par être abattus par les talibans dépêchés sur place, a-t-il précisé peu avant 16H30 locales (12H GMT), trois heures et demi après l'explosion du kamikaze, entendue dans plusieurs quartiers. 

« Dix-neuf corps et environ 50 blessés ont été emmenés dans les hôpitaux » de la capitale afghane, a déclaré sous couvert d'anonymat un responsable au ministère de la Santé. 

« L'EI est là ! » 

Zabiullah Mujahid n'a de son côté fait état que de quelques victimes, indiquant que deux combattants talibans, deux femmes et un enfant avaient été tués aux abords de l'hôpital. 

Lorsque l'attaque a commencé dans cet hôpital qui peut accueillir jusqu'à 400 patients, « on pensait qu'on allait mourir », a déclaré Rowana Dawari, une femme qui se trouvaient à l'intérieur. 

Elle a d'abord entendu « une explosion à la porte » puis les assaillants arriver et ouvrir le feu, des vitres se briser. Elle s'est aussitôt, avec d'autres, « caché dans des toilettes ». 

Après la déflagration, « des gens ont crié ‘L'EI est là’ » et »on a entendu beaucoup de coups de feu », a raconté Amanudhin, 28 ans, agent d'entretien à l'hôpital. 

Il a indiqué avoir fui l'arrivée des assaillants en poussant une patiente âgée et fragile dans son fauteuil roulant. « On était au 7e étage et on s'est enfermé dans une pièce. Ils y avait des blessé partout ».  

Médecins, employés et patients « se sont cachés » jusqu'à l'arrivée des talibans, « qui ont cassé la porte pour entrer », a précisé Amanudhin. 

Déjà attaqué 

Un médecin présent sur place a indiqué avoir craint que les assaillants n'aillent « de chambre en chambre » pour tuer plus de gens, « comme ce fut le cas la première fois où l'hôpital a été attaqué ». 

L'hôpital militaire avait déjà été visé en mars 2017 par des assaillants habillés en personnel médical, une attaque revendiquée par l'EI et démentie par les talibans, à l'époque en rébellion contre le gouvernement. 

Cette fusillade de six heures à l'intérieur du bâtiment avait fait 50 morts selon le bilan officiel, plus du double selon des sources sécuritaires. 

Depuis leur arrivée au pouvoir le 15 août, les talibans, qui font du retour de la sécurité dans le pays leur priorité après 20 ans de guerre, sont confrontés à une vague d'attentats sanglants menés par l'EI-K, une autre organisation islamiste d'origine sunnite plus radicale qu'eux. 

Rival et principal adversaire des islamistes au pouvoir, l'EI-K a ciblé ces dernières semaines aussi bien les talibans que la minorité chiite afghane. 

Ces derniers jours, une série de meurtres, présentés par la presse locale comme des représailles entre combattants talibans et de l'EI-K, ont été observés, en particulier dans la province de Nangarhar (est), connue pour être le principal fief de l'EI-K. 

La dernière attaque contre des civils dans la capitale afghane remonte au 3 octobre. Au moins cinq personnes avaient été tuées dans une explosion survenue près de la mosquée Id Gah à Kaboul, dans une attaque revendiquée par l'EI. D'autres ont eu lieu depuis, visant notamment la police talibane. 


Les tensions au Moyen-Orient occupent le devant de la scène à Davos

Des dirigeants du monde entier, des PDG, des innovateurs technologiques et des responsables d'organisations humanitaires se rendent dans la station alpine de Davos chaque année au mois de janvier. (AFP/File Photo)
Des dirigeants du monde entier, des PDG, des innovateurs technologiques et des responsables d'organisations humanitaires se rendent dans la station alpine de Davos chaque année au mois de janvier. (AFP/File Photo)
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  • Pour sa 56e édition, la réunion annuelle du WEF devrait attirer environ 3 000 participants de plus de 130 pays
  • La délégation saoudienne, dirigée par le ministre des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, partagera les expériences réussies du Royaume dans le cadre de Vision 2030

DAVOS : Des dirigeants mondiaux, des PDG, des innovateurs technologiques et des responsables d'organisations humanitaires arrivent dans la ville suisse de Davos, recouverte de neige, pour le Forum économique mondial 2026, que les organisateurs ont qualifié de "l'un des rassemblements de plus haut niveau de l'histoire de l'événement".

La réunion de cette année, qui se tiendra du 19 au 23 janvier, abordera une série de défis géopolitiques urgents, de la guerre en Ukraine aux tensions croissantes au Moyen-Orient, où de nombreux points chauds à Gaza, au Liban et sur la mer Rouge ont ravivé les craintes d'une escalade régionale plus large.

Placé sous le thème "Un esprit de dialogue", le forum se tient à un moment de fragmentation mondiale sans précédent, d'inégalités économiques croissantes et de changements technologiques perturbateurs, offrant une plateforme pour favoriser la coopération mondiale afin de faire face aux grandes incertitudes.

Le forum de cette année devrait attirer un nombre record de participants gouvernementaux : 400 dirigeants politiques de premier plan, six dirigeants du G7, près de 850 PDG et présidents de conseils d'administration parmi les plus importants au monde, et près de 100 licornes et pionniers de la technologie de premier plan sont attendus.

Le président américain Donald Trump, le président français Emmanuel Macron, le président ukrainien Volodymyr Zelensky, le président égyptien Abdel Fattah El-Sisi, le président syrien Ahmad Al-Sharaa et Aziz Akhannouch, le chef du gouvernement marocain, figurent parmi les 65 chefs d'État qui participeront à cet événement de premier plan.

La délégation saoudienne, dirigée par le ministre des affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, comprendra la princesse Reema Bandar Al-Saud, ambassadrice d'Arabie saoudite aux États-Unis, Khalid Al-Falih, ministre de l'investissement, Bandar Alkhorayef, ministre de l'industrie et des ressources minérales, Ahmed Al-Khateeb, ministre du tourisme, Faisal Alibrahim, ministre de l'économie et de la planification, Abdullah Al-Swaha, ministre des communications et des technologies de l'information, et Mohammed Al-Jadaan, ministre des finances.

Les ministres engageront un dialogue avec des leaders mondiaux, tout en partageant les expériences réussies du Royaume dans le cadre de la Vision saoudienne 2030, selon un communiqué du ministère de l'économie et de la planification.

En marge du WEF, le ministère accueillera pour la deuxième année consécutive le pavillon de la Maison saoudienne, qui réunira des leaders d'opinion internationaux pour plus de 20 sessions axées sur les principales tendances et les défis qui façonnent l'économie mondiale.

Borge Brende, président-directeur général du FEM, a déclaré que la réunion de cette année serait "l'une des plus importantes", soulignant que "le dialogue n'est pas un luxe en période d'incertitude ; c'est une nécessité urgente".

Le forum mondial "offrira un espace à un mélange inégalé de dirigeants et d'innovateurs mondiaux pour dépasser les divisions, se faire une idée d'un paysage mondial en évolution rapide et proposer des solutions aux défis les plus importants et les plus pressants d'aujourd'hui et de demain", a ajouté M. Brende.


Malgré les frappes russes et le froid, Kiev danse le ska

Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses. (AFP)
Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses. (AFP)
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  • Chaque hiver depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, Moscou pilonne les infrastructures énergétiques de son voisin
  • Début janvier, des bombardements massifs ont plongé Kiev dans le noir et privé la moitié de ses habitants de chauffage

KIEV: Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses.

C'est une "flashmob", explique-t-elle, une fête improvisée entre les habitants des immeubles environnants pour "ne pas penser aux problèmes", alors que le quartier est quotidiennement privé d'électricité pendant "17 ou 18 heures".

Chaque hiver depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, Moscou pilonne les infrastructures énergétiques de son voisin.

Début janvier, des bombardements massifs ont plongé Kiev dans le noir et privé la moitié de ses habitants de chauffage.

Le réseau a été rétabli depuis, mais reste extrêmement fragile et les coupures de courant font partie du quotidien des habitants de la capitale.

Ces derniers jours, le mercure flirte avec les -20 degrés, faisant chuter la température des logements, avec parfois 10 petits degrés dans les pièces.

"Les gens en ont assez de rester sans courant, de se sentir tristes", résume Olena Chvydka. "C’est une charge psychologique pour chacun".

Pour résister, Olena a organisé une fête en plein air. Platines et baffles ont été installées à 13H, quand il faisait encore -10 °C. "Maintenant, il doit faire -15 ou moins", sourit-elle.

"Invincibles" 

House, rap, ska... les styles s'enchaînent sous les doigts gelés du DJ, dont le visage dépasse à peine d'une doudoune épaisse et d'un gros bonnet.

Pieds dans la neige glacée, une femme se déhanche, auréolée de fourrure synthétique, engoncée dans une combinaison en satin bleu.

Des verres de vin chaud, des pas de danse maladroits sur la glace, des sourires sur les visages: "Les gens sont détendus ici. C’est vraiment cool", dit à l'AFP Olga Pankratova, résidente et ancienne officier des forces armées.

"Beaucoup de résidences font cela maintenant. Je suppose que c’est une question d’unité", glisse-t-elle.

"Ce genre de rassemblements apporte une forme de résistance civilisée à la force qui nous est imposée: missiles, explosions, flammes... Ça nous unit".

Un effet de mode s'est emparé de la capitale et les vidéos de soirées de ce genre fleurissent sur les réseaux sociaux.

L'ambiance tranche avec l'atmosphère de la capitale. Depuis janvier, le ronron des générateurs est devenu la bande originale des rues de Kiev, moins peuplées qu'à l'accoutumée à cause de la glace qui recouvre ses pavés.

L'Ukraine craint aussi une reprise des frappes russes sur ses infrastructures, alors que des drones de reconnaissance russes survolent Kiev en journée, alimentant les rumeurs de possibles attaques massives sur la ville.

"Peu importe à quel point on se force à faire bonne figure, cela affecte beaucoup notre état émotionnel sur le moment", confie Olga en évoquant les coupures de courant et accusant la Russie de "vouloir instiller la peur et la haine" dans la société ukrainienne.

"Les gens sont invincibles", lance pour sa part Ievgueniï, officier militaire à la retraite, qui a participé à l'organisation de la fête.

"Malgré la situation très compliquée, ils veulent tenir bon et célébrer. Et ils attendent la victoire quoi qu’il arrive", conclut-il.


Les candidats à un siège permanent au «Conseil de paix» de Trump doivent verser un milliard de dollars 

"Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits", peut-on lire dans le préambule de cette charte envoyée aux pays invités à y siéger. (AFP)
"Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits", peut-on lire dans le préambule de cette charte envoyée aux pays invités à y siéger. (AFP)
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  • Les Etats candidats à un siège permanent au "Conseil de paix" proposé par Donald Trump, qui s'octroie la mission de "promouvoir la stabilité" dans le monde, devront s'acquitter de "plus d'un milliard de dollars en espèces"
  • "Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits"

BRUXELLES: Les Etats candidats à un siège permanent au "Conseil de paix" proposé par Donald Trump, qui s'octroie la mission de "promouvoir la stabilité" dans le monde, devront s'acquitter de "plus d'un milliard de dollars en espèces", selon la "charte" obtenue lundi par l'AFP.

"Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits", peut-on lire dans le préambule de cette charte envoyée aux pays invités à y siéger.