Les négociations sur le nucléaire iranien reprendront le 29 novembre à Vienne

Depuis l'avènement du président ultraconservateur Ebrahim Raïssi, l'Iran n'a cessé de développer à un rythme effréné son programme militaire nucléaire, semant les doutes quant à ses réelles intentions dans la poursuite des négociations à Vienne. (Photo, AFP)
Depuis l'avènement du président ultraconservateur Ebrahim Raïssi, l'Iran n'a cessé de développer à un rythme effréné son programme militaire nucléaire, semant les doutes quant à ses réelles intentions dans la poursuite des négociations à Vienne. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 04 novembre 2021

Les négociations sur le nucléaire iranien reprendront le 29 novembre à Vienne

  • Les pourparlers sont à l’arrêt depuis l’élection du président Raïssi dont les intentions réelles sont de plus en plus mises en doute par les Occidentaux
  • Biden exige «que les Iraniens soient sérieux» et prévient qu'il travaille à «d’autres options», incluant le recours à la force, en cas d'échec de la diplomatie

WASHINGTON : Les négociations pour sauver l'accord sur le programme nucléaire iranien, à l'arrêt depuis juin, reprendront le 29 novembre à Vienne dans un contexte de tensions accrues entre les Etats-Unis et l'Iran.

Le gouvernement iranien et l'Union européenne, principale médiatrice dans ces pourparlers indirects entre Washington et Téhéran, ont annoncé mercredi de manière simultanée cette date tant attendue.

Concrètement, les pays encore membres de l'accord conclu en 2015 (Iran, Allemagne, Chine, France, Royaume-Uni, Russie) se réuniront dans la capitale autrichienne le 29 novembre sous la présidence du négociateur européen Enrique Mora, a déclaré le chef de la diplomatie de l'UE Josep Borrell dans un communiqué.

Il a expliqué que les discussions porteraient "sur la perspective d'un éventuel retour des Etats-Unis" dans ce texte qu'ils ont abandonné unilatéralement en 2018 sous la présidence de Donald Trump, et "sur la manière d'assurer la mise en œuvre complète et effective de l'accord par toutes les parties".

Le vice-ministre iranien chargé du nucléaire, Ali Baghéri, a confirmé sur Twitter avoir donné son feu vert à la reprise des négociations à cette date.

L'Iran s'était dit prêt à reprendre les négociations à Vienne en novembre à l'issue d'intenses tractations avec les diplomates européens, mais n'avait pas encore fixé de date précise, réclamée avec de plus en plus d'insistance par les grandes puissances.

A la Maison Blanche depuis janvier, l'actuel président des Etats-Unis, Joe Biden, s'est dit prêt à revenir dans l'accord, aussi connu sous son acronyme anglais JCPOA, à condition que la République islamique renoue parallèlement avec ses engagements.

Des discussions indirectes entre les deux pays ennemis, qui n'ont pas de relations diplomatiques, se sont ouvertes en avril à Vienne, pour définir quelles sanctions Washington doit lever et un calendrier pour le retour de Téhéran dans les clous de l'accord. Mais elles sont à l'arrêt depuis l'élection, en juin, du nouveau président iranien ultraconservateur dont les intentions réelles sont des plus en plus mises en doute par les Américains et les Européens.

"Nous pensons qu'il est possible de parvenir rapidement à une entente, et de la mettre en oeuvre aussi rapidement", a dit mercredi le porte-parole de la diplomatie américaine Ned Price.

Il a assuré que seul "un nombre relativement limité de questions" étaient encore "en suspens" lors de la suspension des pourparlers en juin.

"Nous pensons que si les Iraniens sont sérieux, nous pouvons faire cela assez vite", a-t-il ajouté, tout en prévenant que la "fenêtre de tir" n'allait pas "rester ouverte indéfiniment".

Les Occidentaux, mais aussi la Russie, réclament que les Iraniens reviennent à la table des négociations sur la base du résultat obtenu lors des six premières sessions, et n'exigent pas de repartir de zéro. A Washington, on soupçonne surtout de plus en plus l'Iran, qui a multiplié les avancées nucléaires ces derniers mois, de vouloir gagner du temps sans vraiment avoir l'intention d'aboutir.

Le gouvernement Biden prévient désormais qu'il travaille à d'"autres options", incluant le recours à la force, en cas d'échec de la diplomatie.


La guerre au Moyen-Orient déclarée «crise humanitaire majeure» par l'agence de l'ONU pour les réfugiés

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  • "Des efforts sont actuellement en cours pour fournir une assistance humanitaire vitale aux pays touchés dans toute la région", a affirmé Ayaki Ito
  • Il a également relevé qu'"il est impératif que tous les civils contraints de franchir les frontières pour trouver refuge puissent le faire en toute sécurité"

GENEVE: L'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a annoncé vendredi que la guerre au Moyen-Orient constituait une "crise humanitaire majeure" nécessitant une réponse immédiate de tous les acteurs "dans toute la région".

"La crise croissante au Moyen-Orient constitue une urgence humanitaire majeure nécessitant une réponse immédiate dans toute la région et en Asie du Sud-Est", a annoncé devant la presse à Genève Ayaki Ito, directeur de la division des urgences et du soutien aux programmes du HCR.

"La récente escalade des hostilités et des attaques au Moyen-Orient a provoqué d'importants mouvements de population, tandis que les affrontements le long de la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan ont également contraint plusieurs milliers de familles à fuir", a-t-il ajouté.

L'ensemble des régions touchées accueillent déjà près de 25 millions de personnes, qu'il s'agisse de réfugiés, de personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays ou de réfugiés récemment rentrés chez eux, selon le HCR.

"Des efforts sont actuellement en cours pour fournir une assistance humanitaire vitale aux pays touchés dans toute la région", a affirmé Ayaki Ito.

Il a également relevé qu'"il est impératif que tous les civils contraints de franchir les frontières pour trouver refuge puissent le faire en toute sécurité".

Le HCR suit de près l'évolution de la situation en Iran, pays où il est présent depuis 1984 et où il affirme être la plus grande agence des Nations unies, avec des bureaux à Téhéran et cinq antennes régionales.

Le HCR dispose en Iran d'environ 110 employés et "nous continuer à fonctionner avec des capacités réduites", a indiqué Ayaki Ito.

"Notre personnel est en danger" et "les réfugiés continuent à se rendre dans nos centres d'accueil", a-t-il affirmé.

L'Iran accueillait avant la guerre au Moyen-Orient 1,65 million de réfugiés et d'autres personnes ayant besoin d'une protection internationale, selon le HCR, qui continue de leur venir en aide et de les soutenir, malgré les défis logistiques.

Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) des Nations unies, quelque 50.000 Syriens ont notamment fui du Liban vers leurs pays au cours de la semaine dernière.


Israël affirme avoir frappé le «bunker» du guide suprême

L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran. (AFP)
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  • Ali Khamenei a été tué "avant de pouvoir utiliser le bunker" durant les frappes, "mais le complexe a continué à être utilisé par de hauts responsables du régime iranien", a ajouté l'armée
  • L'armée a précisé qu'environ 50 avions de combat avaient participé aux frappes contre le réseau souterrain qui s'étendait, selon elle, sur "de nombreuses rues au coeur de Téhéran"

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran.

"Le bunker militaire souterrain, situé sous le complexe abritant la direction du régime au centre de Téhéran, était destiné à être utilisé par le guide suprême comme centre de commandement d'urgence sécurisé", a déclaré l'armée dans un communiqué.

Ali Khamenei a été tué "avant de pouvoir utiliser le bunker" durant les frappes, "mais le complexe a continué à être utilisé par de hauts responsables du régime iranien", a ajouté l'armée.

L'armée a précisé qu'environ 50 avions de combat avaient participé aux frappes contre le réseau souterrain qui s'étendait, selon elle, sur "de nombreuses rues au coeur de Téhéran, comprenait de nombreuses entrées et salles de réunion pour de hauts responsables du régime terroriste iranien".

Le guide suprême a été tué dans son complexe par une frappe attribuée par le Pentagone à l'aviation israélienne. Le président américain Donald Trump a souligné que l'opération avait été menée en partie sur la base d'informations fournies par les services de renseignement américains.

Jeudi, le chef d'état-major de l'armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, a déclaré qu'en "40 secondes, environ 40 hauts responsables du régime de terreur iranien ont été éliminés" y compris le guide suprême, lors de cette frappe.


Violentes frappes israéliennes sur le sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah

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  • D'après l'Agence nationale d'information, ces frappes, conduites par des avions de guerre israéliens, ont visé les localités de Srifa, Aita Alshaab, Touline, Alsawana, et Majdal Selm
  • Une autre frappe a ciblé tôt vendredi le village de Dours, en périphérie de Baalbek (est), selon la même source

BEYROUTH: De violentes frappes ont visé jeudi soir la banlieue sud de Beyrouth, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), plusieurs heures après un appel inédit d'Israël à évacuer ce bastion du Hezbollah pro-iranien.

Presque simultanément, l'armée israélienne a annoncé vers 20h55 GMT avoir commencé à frapper "des infrastructures du Hezbollah dans le secteur de la banlieue [sud] de Beyrouth".

Des images de l'AFPTV ont montré plusieurs panaches de fumée se dégager de ce secteur et former un brouillard au-dessus de la banlieue.