Ethiopie: neuf groupes rebelles annoncent une alliance contre le gouvernement

Un soldat en plein entraînement sur la base de Dabat à 70 kilomètres de Godar dans le nord-est du pays. (AFP).
Un soldat en plein entraînement sur la base de Dabat à 70 kilomètres de Godar dans le nord-est du pays. (AFP).
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Publié le Vendredi 05 novembre 2021

Ethiopie: neuf groupes rebelles annoncent une alliance contre le gouvernement

  • Le gouvernement fédéral est en guerre depuis un an dans le nord du pays contre les rebelles du TPLF, qui ont progressé ces derniers mois au-delà de leur région
  • Ces derniers ont affirmé mercredi avoir atteint la localité de Kemissie, dans la région voisine de l'Amhara et à 325 kilomètres au nord de la capitale. Ils y ont rejoint des combattants de l'OLA

ADDIS ABEBA: Neuf groupes rebelles éthiopiens, dont ceux de la région du Tigré qui menacent de marcher sur la capitale Addis Abeba, ont annoncé vendredi la création d'une alliance contre le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed, au moment où la guerre connaît une nouvelle escalade.


Ce "Front uni des forces fédéralistes et confédéralistes éthiopiennes" réunit le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), en première ligne depuis un an de conflit, l'Armée de libération oromo (OLA), groupe armé de l’ethnie oromo qui avait déjà fait alliance avec le TPLF, et sept mouvements moins connus et à l'envergure incertaine.


Il s'agit d'organisations issues des diverses régions (Gambella, Afar, Somali et Benishangul) ou ethnies (Agew, Qemant, Sidama) qui constituent l'Ethiopie.


"Ce front uni est formé en réponse aux nombreuses crises auxquelles fait face le pays" et "pour annuler les effets néfastes du pouvoir d'Abiy Ahmed sur les populations d'Ethiopie et d'ailleurs", affirment ces organisations dans un communiqué.


Elles estiment aussi "nécessaire" de "travailler ensemble et joindre leur forces vers une transition" en Ethiopie, dans une menace à peine voilée contre Abiy Ahmed.


Le gouvernement fédéral est en guerre depuis un an dans le nord du pays contre les rebelles du TPLF, qui ont progressé ces derniers mois au-delà de leur région.


Ces derniers ont affirmé mercredi avoir atteint la localité de Kemissie, dans la région voisine de l'Amhara et à 325 kilomètres au nord de la capitale. Ils y ont rejoint des combattants de l'OLA.


Le gouvernement éthiopien dément toute avancée rebelle et a affirmé jeudi qu'il ne reculerait pas dans cette "guerre existentielle".

Le gouvernement appelle les soldats retraités à rejoindre l'armée

Le gouvernement éthiopien a appelé vendredi les retraités de l'armée à rejoindre les rangs de la troupe afin de lutter contre les tigréens et protéger la capitale Addis Abeba.

Ce développement intervient alors que les responsables au pouvoir ont affirmé jeudi qu'ils ne reculeront pas dans la "guerre existentielle" face aux rebelles tigréens, qui ont affirmé ces derniers jours s'être emparés de plusieurs villes stratégiques et menacé de marcher sur la capitale Addis Abeba.


Ce week-end, ils ont revendiqué la prise de deux villes stratégiques dans la région de l'Amhara, où ils ont avancé après avoir repris l'essentiel du Tigré en juin.


Mercredi, ils ont annoncé être entrés dans Kemissie, à 325 kilomètres au nord de la capitale, où ils ont rejoint des combattants de l'Armée de libération oromo (OLA), groupe armé de l'ethnie oromo avec lequel ils ont fait alliance. 


"Le TPLF et ses marionnettes sont en train d'être encerclés" par les forces gouvernementales, a démenti le gouvernement dans un communiqué au ton belliqueux, dénonçant une "propagande étrangère" favorable aux rebelles. 


"Nous menons une guerre existentielle !", a-t-il lancé, en écho aux déclarations du Premier ministre Abiy Ahmed accusant ces derniers jours les "terroristes" de vouloir "détruire" le pays. 


"Nous devons tous nous unir (...) pour faire taire nos ennemis ivres de victoires temporaires", poursuit le texte.


Jeudi, le Parlement a approuvé l'état d'urgence décrété deux jours plus tôt par le gouvernement sur l'ensemble du territoire, tandis que les autorités de la capitale demandaient aux habitants de s'organiser pour défendre la ville.

Les deux camps restent sourds aux appels des Etats-Unis et de la communauté internationale en faveur d'un cessez-le-feu et de négociations.


L'impact sur le conflit de cette alliance rebelle reste incertain. 


"S'ils sont vraiment sérieux dans leur détermination à prendre les armes contre le gouvernement, c'est potentiellement un vrai problème" pour Abiy Ahmed, a déclaré à l'AFP un diplomate au fait des questions de sécurité.


Mais, "je ne connais pas la majorité (des groupes), je ne sais pas combien de personnes ils comptent, de quelles ressources ils disposent", a-t-il concédé.


Déclenché en novembre 2020, le conflit au Tigré connaît un spectaculaire revirement ces derniers mois.


Abiy Ahmed, prix Nobel de la paix 2019, avait proclamé la victoire le 28 novembre après avoir envoyé l'armée dans la région pour destituer les autorités dissidentes issues du TPLF, qu'il accusait d'avoir attaqué des bases militaires fédérales.


Mais en juin, les combattants partisans du TPLF ont repris l'essentiel de la région. Le gouvernement a alors retiré ses troupes et déclaré un cessez-le-feu unilatéral le 28 juin, mais les rebelles ont poursuivi leur offensive dans les régions de l'Afar et de l'Amhara.


Ukraine: le directeur général de la centrale de Zaporijjia libéré

La centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia, le 11 septembre 2022. (Photo, AFP)
La centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia, le 11 septembre 2022. (Photo, AFP)
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  • «Je salue la libération d'Igor Mourachov», a tweeté le chef de l'instance onusienne, Rafael Grossi. «J'ai reçu la confirmation qu'il est rentré chez lui sain et sauf»
  • Il avait été interpellé par une «patrouille russe» alors qu'il se rendait depuis la centrale vers la ville d'Ernogodar, contrôlée par les Russes, selon l'opérateur ukrainien Energoadom

VIENNE: Le directeur général de la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia, arrêté vendredi par la Russie qui contrôle le site, a été libéré, a annoncé lundi l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), qui dispose d'experts sur place. 

"Je salue la libération d'Igor Mourachov", a tweeté le chef de l'instance onusienne, Rafael Grossi. "J'ai reçu la confirmation qu'il est rentré chez lui sain et sauf". 

Il avait été interpellé par une "patrouille russe" alors qu'il se rendait depuis la centrale vers la ville d'Ernogodar, contrôlée par les Russes, selon l'opérateur ukrainien Energoadom. 

Le véhicule transportant le directeur de la centrale avait été stoppé et ce dernier extrait de la voiture puis "conduit, les yeux bandés, vers une destination inconnue", d'après la même source. 

Le ministre des Affaires étrangères ukrainien Dmytro Kouleba avait condamné samedi cette "détention illégale" au motif inconnu. 

"Ce crime est un nouvel acte de terrorisme d'État de la part de la Russie et représente une grave violation du droit international", avait-il fustigé. 

La centrale nucléaire de Zaporijjia, la plus grande d'Europe, est occupée depuis début mars par les troupes russes, mais se trouve non loin de la ligne de démarcation entre les territoires contrôlés par Kiev et ceux occupés par Moscou. 

Elle est située dans la région de Zaporijjia, l'un des territoires ukrainiens officiellement annexés vendredi par la Russie. 

Une délégation de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) s'est rendue début septembre sur place. Deux de ses inspecteurs y sont toujours. 

Face aux bombardements réguliers faisant craindre un accident nucléaire majeur, l'agence onusienne prône la mise en place d'une zone de sécurité autour du site. 

Dans cette optique, M. Grossi a entamé des consultations avec Kiev et Moscou, où "il devrait se rendre" cette semaine, avait indiqué l'AIEA ce week-end. 


Covid-19: Kiev recommande le retour du port du masque

L'Organisation mondiale de la santé avait relevé en août qu'avec l'approche de l'hiver, le système de santé ukrainien sera confronté à des défis sans précédent. (Photo, AFP)
L'Organisation mondiale de la santé avait relevé en août qu'avec l'approche de l'hiver, le système de santé ukrainien sera confronté à des défis sans précédent. (Photo, AFP)
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  • «Les autorités de la ville appellent les résidents de Kiev à porter de nouveau les masques» en raison de l'essor des cas de coronavirus, a indiqué la mairie sur la messagerie Telegram.
  • Entre le 19 et le 25 septembre, 44 137 nouveaux cas de coronavirus ont été enregistrés en Ukraine et 161 personnes sont décédées, selon le ministère de la Santé

KIEV: La capitale ukrainienne Kiev a recommandé lundi le retour au port du masque dans les lieux publics face à une nouvelle vague de Covid-19, alors que le système de santé est sous pression du fait de l'invasion russe. 

"Les autorités de la ville appellent les résidents de Kiev à porter de nouveau les masques" en raison de l'essor des cas de coronavirus, a indiqué la mairie sur la messagerie Telegram. 

Au cours de la semaine écoulée, 2 515 cas, 242 hospitalisations et 22 décès ont été recensés dans la capitale ukrainienne, selon un décompte officiel. 

Les autorités municipales recommandent le port du masque "dans les transports publics, les endroits accueillant de la clientèle et dans les lieux d'enseignement", selon le communiqué. 

Entre le 19 et le 25 septembre, 44 137 nouveaux cas de coronavirus ont été enregistrés en Ukraine et 161 personnes sont décédées, selon le ministère de la Santé. 

La semaine dernière, le vice-ministre de la Santé Igor Kouzine s'était inquiété de la hausse des cas de Covid auprès du média allemand Deutsche Welle, relevant en outre que le système de santé "enregistrait des pertes tous les jours" à cause de la guerre. 

Depuis le début de l'invasion en février, "18 établissements accueillant des patients du Covid ont été détruits, 15 autres partiellement détruits et plus de 100 sont sous occupation", avait-il ajouté. 

M. Kouzine avait aussi appelé les Ukrainiens à se faire vacciner, tout en estimant que les restrictions pour ralentir la progression du Covid seraient difficiles à mettre en œuvre, la population étant "concentrée sur une autre ennemi". 

Les restrictions anti-Covid ont été suspendues en Ukraine lorsque la loi martiale a été instaurée en Ukraine le 24 février, le jour où la Russie a envahi le pays. 

Le pic des nouveau cas est attendu entre fin septembre et début octobre, selon M. Kouzine. 

L'Organisation mondiale de la santé avait relevé en août qu'avec l'approche de l'hiver, le système de santé ukrainien sera confronté à des défis sans précédent.


Le Parlement russe ratifie la loi sur l'annexion de quatre régions ukrainiennes

Carte localisant la ville de Lyman dans le nord-est de l'Ukraine et les positions des forces russes et ukrainiennes. (Graphique, AFP)
Carte localisant la ville de Lyman dans le nord-est de l'Ukraine et les positions des forces russes et ukrainiennes. (Graphique, AFP)
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  • Les députés de la Douma, chambre basse du Parlement, ont tous voté en faveur de l'annexion des régions de Donetsk et de Lougansk (est de l'Ukraine), ainsi que de celles de Kherson et de Zaporijjia (sud)
  • L'UE a convoqué lundi le plus haut diplomate russe en poste à Bruxelles dans le cadre d'une action coordonnée avec les États membres pour condamner et rejeter «l'annexion illégale» d'une partie du territoire ukrainien

MOSCOU/ BRUXELLES: Les députés russes ont approuvé lundi à l'unanimité la loi sur l'annexion de quatre régions ukrainiennes, une décision qui avait déjà été approuvée par le président Vladimir Poutine et suscité une pluie de condamnations internationales. 

Les députés de la Douma, chambre basse du Parlement, ont tous voté en faveur de l'annexion des régions de Donetsk et de Lougansk (est de l'Ukraine), ainsi que de celles de Kherson et de Zaporijjia (sud), selon la retransmission en direct de la cérémonie du vote à la télévision russe. 

Ni abstention ni vote contre n'ont été enregistrés. 

Le président Vladimir Poutine a signé vendredi dernier l'annexion de quatre territoires ukrainiens lors d'une cérémonie au Kremlin, aux côtés des dirigeants prorusses de ces quatre régions, occupées en partie ou en quasi totalité par Moscou. 

L'Ukraine a répliqué en demandant une "adhésion accélérée" à l'Otan et en déclarant qu'elle ne négocierait pas avec Moscou tant que Vladimir Poutine est président.