L'idée d'une «Grande Sécu» s'étoffe et fait débat

Le coût de ce transfert de financement est estimé à 22,4 milliards d'euros par an (hors dépassements d'honoraires et liberté tarifaire), selon le projet de rapport du HCAAM révélé par le quotidien Les Echos et consulté vendredi par l'AFP. (Photo, AFP)
Le coût de ce transfert de financement est estimé à 22,4 milliards d'euros par an (hors dépassements d'honoraires et liberté tarifaire), selon le projet de rapport du HCAAM révélé par le quotidien Les Echos et consulté vendredi par l'AFP. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 13 novembre 2021

L'idée d'une «Grande Sécu» s'étoffe et fait débat

  • Le Haut Conseil pour l'avenir de l'Assurance maladie (HCAAM) planche actuellement sur quatre pistes de transformation de l'articulation entre assurance maladie obligatoire et complémentaires santé
  • La «Grande Sécu »prévoit un remboursement à 100% par la Sécurité sociale, en partie grâce à une hausse des cotisations sociales patronales et de la CSG, avec un champ d'intervention des complémentaires fortement réduit

PARIS : L'idée d'une "Grande Sécu" prenant en charge l'intégralité des remboursements de santé se fait une place dans le débat, le ministre des Solidarités Olivier Véran ayant impulsé des "réflexions" sur ce sujet qui pourrait agiter la campagne présidentielle.


Le Haut Conseil pour l'avenir de l'Assurance maladie (HCAAM) planche actuellement sur quatre pistes de transformation de l'articulation entre assurance maladie obligatoire et complémentaires santé.


Même si, mardi encore, le ministre de la Santé martelait devant les députés qu'"il n'y a pas de projet, il n'y a qu'une réflexion", les travaux du HCAAM font déjà des vagues.


Notamment le scénario le plus radical, celui d'une "Grande Sécu" qui prévoit un remboursement à 100% par la Sécurité sociale, en partie grâce à une hausse des cotisations sociales patronales et de la CSG, avec un champ d'intervention des complémentaires fortement réduit.


Le coût de ce transfert de financement est estimé à 22,4 milliards d'euros par an (hors dépassements d'honoraires et liberté tarifaire), selon le projet de rapport du HCAAM révélé par le quotidien Les Echos et consulté vendredi par l'AFP.


"Il y a beaucoup de choses qu'on peut faire, j'ai semé des petits cailloux pendant la crise sanitaire (du Covid-19), tout a été pris en charge à 100% par l'Assurance maladie et je n'ai vu personne s'en plaindre", avait indiqué en octobre M. Véran.


"Le coût des complémentaires augmente chaque année, notamment du fait des frais de gestion qui sont importants. Cela pèse sur le budget des ménages et notamment des retraités", avait encore fait valoir mardi le ministre, qui avait déjà évoqué un coût de "6 à 7 milliards de plus que si c'était l'Assurance maladie qui se chargeait de ces soins".


Selon le projet de rapport du HCAAM, qui sera discuté les 18 et 25 novembre par ses membres, la prise en charge par la Sécurité sociale serait réduite à 21 milliards d'euros "en cas de maintien des franchises et participations forfaitaires en ville".


Du fait des "charges de gestion et autres charges évitées grâce à la réforme (5,4 milliards d'euros)", les salariés économiseraient 100 euros par an. Les indépendants 130, les inactifs 50 et les retraités 170. Un autre mode de répartition, plus avantageux pour les retraités et les inactifs, leur ferait respectivement économiser 260 et 100 euros, 30 euros aux salariés mais rien aux indépendants.

«Médecine à deux vitesses»
Mais la hausse du pouvoir d'achat pourrait ne pas être le seul effet de cette réforme. En octobre, le Centre technique des institutions de prévoyance (CTIP) avait exprimé sa "vive opposition aux scénarios proposés". "Quel que soit le scénario, la marge réduite laissée au dialogue social et à la négociation empêcherait les partenaires sociaux d'adapter aux réalités du terrain la protection sociale des acteurs économiques", estimait-il.


Jean-Paul Ortiz, président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), "très opposé à la +Grande Sécu+", y voit "une étatisation du système de santé, un système du type britannique".


Pas de complémentaires, c'est la fin du "remboursement des dépassements d'honoraires", donc la mise en place "d'une vraie médecine à deux vitesses", alerte-t-il.


Même son de cloche du côté de Xavier Bertrand, qui ambitionne de représenter la droite dans la course à l'Elysée. Pour l'ancien ministre de la Santé et ex-assureur, qui a consacré au sujet une tribune publiée par le Journal du dimanche, la "Grande Sécu" entraînerait "des déremboursements en rafale qui toucheraient comme d'habitude et en priorité les classes moyennes et les catégories populaires de notre pays".


"Malgré l'augmentation régulière des dépenses de santé, grâce à l'intervention des mutuelles, le reste à charge des Français est le plus faible des pays de l'OCDE", plaide aussi Eric Chenut, président de la Mutualité française.


La Fédération française de l'assurance (FFA) avait publié un "livre blanc" présentant d'autres propositions pour réduire le coût des complémentaires santé, parmi lesquelles une réduction de la fiscalité des contrats santé pour les rendre plus accessibles.


"En France, les contrats santé sont taxés à hauteur de 15%: comment se fait-il que la santé, bien essentiel, soit trois fois plus taxée que le hamburger ?", s'interroge la Mutualité française.


Les Européens se préparent à riposter aux intimidations américaines, selon Paris

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  • "Quelle que soit la forme des intimidations et quelle que soit leur provenance, nous avons engagé un travail (...) au Quai d'Orsay, pour nous préparer à riposter, à répondre et à ne pas répondre seul" pour être "convaincant et percutant"
  • Selon lui, ce travail aboutira "dans les prochains jours" à un plan qui sera partagé avec les principaux partenaires de la France

PARIS: Les Européens se préparent à "riposter" à toutes formes d'intimidations des Etats-Unis, a déclaré mercredi le ministre français des Affaires étrangères, interrogé sur les intentions affichées de Donald Trump d'acquérir le Groenland.

"Quelle que soit la forme des intimidations et quelle que soit leur provenance, nous avons engagé un travail (...) au Quai d'Orsay, pour nous préparer à riposter, à répondre et à ne pas répondre seul" pour être "convaincant et percutant", a déclaré Jean-Noël Barrot sur la radio publique France Inter.

Selon lui, ce travail aboutira "dans les prochains jours" à un plan qui sera partagé avec les principaux partenaires de la France.

Le ministre a rappelé qu'au-delà du Groenland, Washington avait pris récemment des sanctions économiques contre des personnalités européennes, dont l'ancien commissaire Thierry Breton, engagés pour une stricte régulation de la tech.

"Face à ces marques d'intimidation, nous voulons agir, mais agir avec nos partenaires européens", a souligné le ministre, précisant que cela serait discuté lors d'une réunion avec ses homologues allemand et polonais ce mercredi.

"Nous formons ensemble un triptyque, un trio qui a une capacité d'entraînement sur l'Europe. Et c'est de cette question dont nous allons discuter en même temps", a-t-il ajouté.

Pour Jean-Noël Barrot, en dépit des déclarations de Donald Trump mardi sur les options pour acquérir le Groenland, les Etats-Unis "sont très attachés à l'alliance transatlantique, à l'OTAN".

M. Barrot a en outre fait part d'une conversation qu'il a eue avec le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio, qui lui aurait assuré que Washington écartait une option militaire.

"Il a écarté qu'on puisse imaginer que se produise au Groenland ce qui vient de se produire au Venezuela", a déclaré le ministre français, en référence à la capture par les Etats-Unis du président déchu Nicolas Maduro et aux affirmations du président américain selon lesquelles les Etats-Unis étaient "aux commandes" du pays.

Donald Trump étudie "plusieurs options" pour acquérir le Groenland, y compris "utiliser l'armée", avait déclaré mardi sa porte-parole.

Les Européens avaient affiché quelques heures plus tôt leur soutien à cette immense île arctique, territoire autonome danois.

"Il revient au Danemark et au Groenland, et à eux seuls, de décider des questions concernant le Danemark et le Groenland", avaient déclaré les dirigeants européens, soulignant que le royaume danois fait "partie" de l'Otan comme les Etats-Unis, eux-mêmes liés au Danemark par un accord de défense.

Le Groenland et le gouvernement danois ont, eux, appelé à des pourparlers rapides avec le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, espérant dissiper des "malentendus".


Brigitte Bardot est décédée des suites d'un cancer, d'après son mari

Brigitte Bardot, dont les obsèques sont célébrées mercredi à Saint-Tropez (Var), a été emportée par un cancer, selon les déclarations de son mari à Paris Match. (AFP)
Brigitte Bardot, dont les obsèques sont célébrées mercredi à Saint-Tropez (Var), a été emportée par un cancer, selon les déclarations de son mari à Paris Match. (AFP)
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  • "Elle voulait toujours absolument rentrer à la Madrague", sa célèbre villa de Saint-Tropez où elle est décédée, a ajouté son mari
  • "Et là, c’était plus compliqué, notamment à cause de douleurs dorsales qui ne passaient pas, la faisaient souffrir, l’épuisaient. C’était inconfortable, même lorsqu’elle était alitée"

PARIS: Brigitte Bardot, dont les obsèques sont célébrées mercredi à Saint-Tropez (Var), a été emportée par un cancer, selon les déclarations de son mari à Paris Match.

Icône du cinéma devenue passionaria de la cause animale, B.B. "avait très bien résisté aux deux opérations subies pour soigner le cancer qui l’a emportée", a relaté son mari, Bernard d'Ormale, dans un entretien paru mardi soir sur le site de Paris Match.

Bernard d'Ormale n'a pas précisé de quel type de cancer était atteinte Brigitte Bardot, décédée le 28 décembre à 91 ans.

L'ancienne actrice et chanteuse avait été hospitalisée à deux reprises à l'automne sans que les raisons de sa prise en charge ne soient alors détaillées. Elle avait souffert d'un cancer du sein dans les années 1980.

"Elle voulait toujours absolument rentrer à la Madrague", sa célèbre villa de Saint-Tropez où elle est décédée, a ajouté son mari. "Et là, c’était plus compliqué, notamment à cause de douleurs dorsales qui ne passaient pas, la faisaient souffrir, l’épuisaient. C’était inconfortable, même lorsqu’elle était alitée".

"Cependant, elle a été consciente et soucieuse du sort des animaux jusqu’au bout", a ajouté son mari.

Dans cet entretien à Paris Match, Bernard d'Ormale a aussi précisé les raisons de l'inhumation de Bardot au cimetière marin de Saint-Tropez, alors qu'elle avait souvent exprimé son souhait d'être enterrée à La Madrague.

"Il y a quelques années, elle s’est rendu compte que ce ne serait pas gérable pour la mairie... Imaginez les processions de touristes s’agglutinant le long de l'étroit sentier littoral. (...) Brigitte s’était donc résignée à renoncer aux démarches, acceptant l’idée de rejoindre le caveau où se trouvent ses parents, qu’elle adorait, au cimetière marin", a détaillé M. d'Ormale.

Les obsèques, organisées mercredi à Saint-Tropez, se feront "dans la simplicité", avait détaillé à l'AFP Bruno Jacquelin, directeur des relations publiques de sa Fondation dédiée à la protection des animaux, le combat de sa vie.

La cérémonie religieuse, sur invitation, doit débuter à 11H00 à Notre-Dame de l'Assomption, petite église du XVIe siècle.

La célébration sera retransmise devant la mairie pour les riverains, ainsi que sur le port et la place des Lices, dans le centre du village.


Neige: interruption de service de tous les bus à Paris et en Ile-de-France

Tous les bus parisiens et franciliens ont progressivement cessé leur service mercredi matin vers 07H00, en raison de la reprise des chutes de neige sur la région, et retournent dans leurs dépôts, ont annoncé Ile-de-France Mobilités (IDFM) et la RATP. (AFP)
Tous les bus parisiens et franciliens ont progressivement cessé leur service mercredi matin vers 07H00, en raison de la reprise des chutes de neige sur la région, et retournent dans leurs dépôts, ont annoncé Ile-de-France Mobilités (IDFM) et la RATP. (AFP)
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  • Dans un communiqué envoyé en début de matinée, la RATP indique avoir décidé, "pour des raisons de sécurité", la suspension progressive de l'exploitation de l'ensemble des lignes de bus
  • Pour le moment, les lignes de tramway ainsi que les RER A et B fonctionnent normalement

PARIS: Tous les bus parisiens et franciliens ont progressivement cessé leur service mercredi matin vers 07H00, en raison de la reprise des chutes de neige sur la région, et retournent dans leurs dépôts, ont annoncé Ile-de-France Mobilités (IDFM) et la RATP.

Dans un communiqué envoyé en début de matinée, la RATP indique avoir décidé, "pour des raisons de sécurité", la suspension progressive de l'exploitation de l'ensemble des lignes de bus, "et ce jusqu'à ce que les conditions de sécurité soient à nouveau réunies".

Pour le moment, les lignes de tramway ainsi que les RER A et B fonctionnent normalement.

Les bus "sont progressivement rappelés au dépôt pour des raisons de sécurité. A trois centimètres de neige, ils peuvent circuler, mais avec plus de trois centimètres, ça commence à être compliqué", a déclaré le ministre des Transports Philippe Tabarot sur CNews mercredi matin.

IDFM invite de son côté "tous les voyageurs à vérifier le fonctionnement de leurs lignes de transport avant de quitter leur domicile. Toutes les informations sont mises à jour en temps réel sur les applications de mobilités et les comptes X des lignes".

Neige et verglas touchent mercredi matin le nord et l'ouest de la France, un phénomène d'une "ampleur rare dans le climat actuel" selon Météo-France, qui doit entraîner d'importantes restrictions sur les routes et dans le transport aérien.