Surpris par Shell, les Pays-Bas essuient un nouveau revers post-Brexit

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Publié le Mardi 16 novembre 2021

Surpris par Shell, les Pays-Bas essuient un nouveau revers post-Brexit

  • Après plus d'un siècle d’une présence emblématique, le déménagement sera particulièrement douloureux pour les Néerlandais
  • Le géant des hydrocarbures suit l’entreprise agroalimentaire Unilever, également fleuron national aux Pays-Bas et possédant un siège à Londres

LA HAYE : Royal Dutch Shell a eu pendant plus d'un siècle une présence emblématique aux Pays-Bas, rendant l'intention du géant des hydrocarbures de déménager son siège au Royaume-Uni particulièrement douloureuse pour les Néerlandais.

Il est d'autant plus exaspérant pour le pays que sa plus grande entreprise veut suivre le géant de l'agroalimentaire Unilever à Londres, et ce malgré le coup de pouce économique espéré du Brexit.

Voici quelques questions et réponses clés sur l'annonce de Shell lundi :

Quel âge à Shell ?

Koninklijke Nederlandsche Petroleum Maatschappij, ou la compagnie royale du pétrole néerlandais, a été créée en 1890 afin de chercher du pétrole dans les Indes néerlandaises de l'époque, l'Indonésie aujourd'hui.

Le 23 avril 1907, elle a fusionné avec la société britannique Shell Transport and Trading (transport et commerce, en français) afin d'affronter leur principal concurrent, l'Américain Standard Oil.

En partie en raison de sensibilités nationales, le groupe était une société à double cotation avec son siège à La Haye, à l'instar d'Unilever, formé par un accord similaire à travers la mer du Nord.

Depuis 2005, Shell est enregistré en Grande-Bretagne mais avec une résidence fiscale néerlandaise.

Quel impact pour l'économie néerlandaise ?

Shell est de loin la plus grosse entreprise néerlandaise, avec un chiffre d'affaires de 158 milliards d'euros en 2020.

Un transfert de résidence fiscale vers le Royaume-Uni pourrait coûter au trésor néerlandais des "milliards" d'euros chaque année, ont estimé les médias néerlandais, sans donner de chiffre précis.

Parmi les plus gros employeurs aux Pays-Bas, Shell compte plus de 8500 employés dans le pays. Shell assure que ces chiffres devraient rester inchangés.

Au-delà des chiffres, Shell représente pour les Néerlandais un symbole national, collant à leur image de nation tournée vers l'extérieur, de commerçants et d'explorateurs.

Quel est le problème avec les taxes ?

Les Néerlandais semblent avoir ces dernières années refroidi leurs multinationales, suscitant des inquiétudes sur des questions telles que l'évasion fiscale et l'environnement.

Malgré de nombreuses critiques, le Premier ministre Mark Rutte avait tenté de supprimer une taxe sur les dividendes pour les entreprises, avec en tête des multinationales comme Shell et Unilever.

Les multinationales jugeaient pour leur part les charges financières et réglementaires dues à leur bicéphalie de plus en plus lourdes.

Le Brexit ne devait-il pas stimuler les Pays-Bas ?

Le divorce entre la Grande-Bretagne et l'Union européenne était censé stimuler les Pays-Bas, mais si Amsterdam a gagné du centre financier de Londres, tout n'a pas tourné à la faveur les Néerlandais.

En 2018, le géant de l'agroalimentaire Unilever avait suite à une révolte des actionnaires abandonné le projet de déplacer le siège de l'entreprise de Londres vers les Pays-Bas. En 2020, Unilever devenait une entreprise uniquement britannique.

Affaibli politiquement après avoir échoué à garder Unilever, M. Rutte avait fini par abandonner sa mesure impopulaire d'allègement fiscal, ce qui avait mécontenté Shell.

Andrew Mackenzie, président du conseil d'administration, avait déclaré que le situation vis à vis de la taxe sur les dividendes signifiait que Shell était "amené à aller au Royaume-Uni".

Quel impact sur l'affaire climat ?

En avril, un tribunal néerlandais a condamné la société à réduire ses gaz à effet de serre, un nouveau revers aux Pays-Bas pour Shell.

Mais l'entreprise et les écologistes à l'origine de l'affaire judiciaire affirment que la décision sera maintenue même si Shell déménage.

"Cela n'aura aucun effet sur l'affaire contre Shell. Cette affaire restera sous le contrôle du tribunal néerlandais", a assuré Peer de Rijk des Amis de la Terre.

Les plans "n'auront aucun impact sur les procédures judiciaires liées au verdict climatique", a déclaré Shell.

 

 

 


Suez remporte à Oman un des plus gros contrats de son histoire, dans la gestion de l'eau

Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman. (AFP)
Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman. (AFP)
  • Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman
  • Ce contrat, qui couvre la gestion et la maintenance des services d'eau potable et d'assainissement de la capitale Mascate et des gouvernorats de Sharqiyah Nord et Sharqiyah Sud, figure "dans le top 3 de l'histoire de Suez"

PARIS: Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman, un des plus importants de son histoire, a-t-il annoncé lundi.

Ce contrat, qui couvre la gestion et la maintenance des services d'eau potable et d'assainissement de la capitale Mascate et des gouvernorats de Sharqiyah Nord et Sharqiyah Sud, figure "dans le top 3 de l'histoire de Suez", a déclaré le directeur général du groupe, Xavier Girre, lors d'un entretien à l'AFP.

 

 


Air France reprend ses vols directs entre Riyad et Paris

 Air France a annoncé la reprise de ses vols directs entre Riyad et Paris, rétablissant une liaison stratégique entre le Royaume d'Arabie saoudite et la France après une suspension temporaire liée à la situation régionale. (AFP)
Air France a annoncé la reprise de ses vols directs entre Riyad et Paris, rétablissant une liaison stratégique entre le Royaume d'Arabie saoudite et la France après une suspension temporaire liée à la situation régionale. (AFP)
  • « L'Arabie saoudite est un marché d'une importance stratégique pour Air France, et nous sommes heureux de reprendre nos vols directs entre Riyad et Paris »
  • « Nous sommes de nouveau en mesure d'offrir à nos clients des solutions de voyage fluides, aussi bien pour les déplacements professionnels que pour les voyages de loisirs, tout en leur garantissant le niveau de service et l'hospitalité française »

RIYAD: Air France a annoncé la reprise de ses vols directs entre Riyad et Paris, rétablissant une liaison stratégique entre le Royaume d'Arabie saoudite et la France après une suspension temporaire liée à la situation régionale.

À compter de cette reprise, la compagnie française retrouvera son programme initial de trois vols hebdomadaires entre l'aéroport international King Khalid de Riyad et l'aéroport Paris-Charles de Gaulle, conformément à son programme de la saison estivale 2026.

Cette reprise intervient dans un contexte de renforcement des échanges économiques, touristiques et culturels entre les deux pays. Elle marque également la volonté d'Air France de consolider sa présence sur le marché saoudien, considéré comme l'un des plus stratégiques de la région.

« L'Arabie saoudite est un marché d'une importance stratégique pour Air France, et nous sommes heureux de reprendre nos vols directs entre Riyad et Paris », a déclaré Raza Syed, Country Manager Arabie saoudite et Égypte d'Air France-KLM.

Il a souligné que cette reprise reflète l'engagement à long terme du groupe envers le Royaume et permettra aux voyageurs de bénéficier à nouveau de l'ensemble du réseau international d'Air France-KLM grâce aux correspondances proposées depuis Paris. « Nous sommes de nouveau en mesure d'offrir à nos clients des solutions de voyage fluides, aussi bien pour les déplacements professionnels que pour les voyages de loisirs, tout en leur garantissant le niveau de service et l'hospitalité française qui font la réputation d'Air France », a-t-il ajouté.

Dans le cadre de cette reprise, Flying Blue, le programme de fidélité d'Air France et de KLM, lance une offre promotionnelle destinée aux voyageurs au départ du Royaume. Les passagers réservant leurs billets entre le 29 juin et le 13 juillet 2026 pourront cumuler trois fois plus de Miles, pour des voyages effectués jusqu'au 31 décembre 2026.

Horaires des vols

La liaison Riyad-Paris (AF685) sera assurée les mardis, jeudis et dimanches, avec un départ de Riyad à 8h45 et une arrivée à Paris à 14h25.

Le vol retour Paris-Riyad (AF684) opérera les lundis, mercredis et samedis, avec un départ de Paris à 23h20 et une arrivée à Riyad à 6h35 le lendemain.

Fondée en 1933, Air France emploie plus de 40 000 collaborateurs et, avec KLM et Transavia, fait partie du groupe Air France-KLM. Le groupe dessert plus de 300 destinations dans le monde grâce à une flotte de plus de 500 appareils et poursuit ses investissements dans la modernisation de sa flotte ainsi que dans la réduction de son empreinte environnementale.


La dette française dépasse les 3.500 milliards d'euros, en pleine préparation du budget 2027

La dette colossale de la France a dépassé la barre des 3.500 milliards d'euros au premier trimestre, en plein débat sur le budget 2027 et la maîtrise des finances publiques. (AFP)
La dette colossale de la France a dépassé la barre des 3.500 milliards d'euros au premier trimestre, en plein débat sur le budget 2027 et la maîtrise des finances publiques. (AFP)
  • La situation de la dette française est "assez délicate", estime Mathieu Plane, économiste de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), "parce qu'on n'est pas du tout dans une zone de stabilité ou de décrue"
  • "Depuis 2007, en points de PIB, la dette a quasiment doublé", car elle ne pesait alors que 65,5% du PIB

PARIS: La dette colossale de la France a dépassé la barre des 3.500 milliards d'euros au premier trimestre, en plein débat sur le budget 2027 et la maîtrise des finances publiques.

La dette publique a augmenté à 3.536,1 milliards d'euros, pour s'établir à 117,5% du produit intérieur brut (PIB), a annoncé jeudi l'Institut national de la statistique (Insee).

Cela représente une augmentation de 75,6 milliards d'euros par rapport à fin 2025, où elle était de 3.460,5 milliards d'euros, soit 115,7% du PIB. Elle avait alors baissé sur un trimestre mais continué à grimper par rapport à fin 2024, où elle était de 3.306,1 milliards et pesait 112,6% du PIB.

La situation de la dette française est "assez délicate", estime Mathieu Plane, économiste de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), "parce qu'on n'est pas du tout dans une zone de stabilité ou de décrue".

"Depuis 2007, en points de PIB, la dette a quasiment doublé", car elle ne pesait alors que 65,5% du PIB, ajoute-t-il. "On a depuis 20 ans des chocs macroéconomiques qui font que les dettes publiques ont beaucoup augmenté", mais "depuis quelques années la France décroche de la moyenne européenne".

Entre 2019 et 2025, la France a connu "la plus forte progression, après celle de la Finlande," de sa dette en points de PIB, relève le spécialiste des finances publiques François Ecalle.

"Ce qui l'explique, c'est le niveau du déficit", et "la plupart des gouvernements en sont responsables depuis 50 ans", estime-t-il.

Premier poste de l'Etat 

Deuxième économie de la zone euro derrière l'Allemagne, la France en est l'un des cancres budgétaires. Elle affiche le deuxième déficit le plus élevé, à 5,1% du PIB en 2025, derrière la Belgique (5,2%). Un niveau trop important pour lui permettre de stabiliser sa dette, la troisième plus élevée (par rapport au PIB) après celles de la Grèce et de l'Italie.

"Notre position relative, par rapport aux autres pays, s'est nettement dégradée", renchérit Bruno Cavalier, économiste chez Oddo BHF.

Dans le budget, le poste consacré au remboursement de la dette est devenu le premier de l'Etat, devant celui de l'Education (hors pensions), rappelait récemment le ministre français de l'Economie Roland Lescure lors d'un colloque à la Cour des comptes, évoquant un "coût de la dette record".

Le service de la dette de l'Etat devrait ainsi atteindre 64 milliards d'euros en 2026, et "pourrait augmenter jusqu'à 100 milliards dans les années qui viennent", avait-il ajouté.

"Notre charge d'intérêts de la dette va mécaniquement augmenter" car "le renouvellement de la dette va nous coûter plus cher qu'avant", souligne Mathieu Plane. "C'est très important d'être crédibles pour garantir un financement bon marché" des investisseurs.

Le gouvernement français veut afficher une trajectoire vertueuse: il s'est fixé comme objectif un déficit à 5% en 2026, avec une dette à 118,4% du PIB, avant de ramener son déficit sous 3% en 2029, avec une dette stabilisée à 118% du PIB.

Comité d'alerte 

Mais la tâche s'annonce ardue. Selon une étude réalisée par quatre économistes de l'Institut des politiques macroéconomiques et internationales (i-MIP), il existerait un peu plus d'une chance sur deux (55%) de rater la cible des 118% du PIB en 2029.

Le redressement des finances publiques est d'autant plus complexe que le gouvernement, en quête d'un budget pour 2027 - dont il doit présenter les grandes lignes mi-juillet -, a promis d'éviter les hausses d'impôts.

Pour faire le point sur la situation, il réunira prochainement un Comité d'alerte des finances publiques. Ce Comité devrait être l'occasion d'annoncer de nouvelles coupes budgétaires pour compenser le coût de la guerre au Moyen-Orient, après déjà 6 milliards d'euros d'économies présentées en avril.

Dans un contexte économique difficile, le gouvernement devrait aussi abaisser ses prévisions de croissance pour 2026, actuellement de 0,9%. La Banque de France a revu à la baisse les siennes à 0,5% du PIB (contre 0,9% avant). L'Insee, elle, table sur 0,7%.

Face à une équation budgétaire complexe, le ministre des Comptes publiques David Amiel a aussi missionné quatre économistes pour réfléchir à des scénarios de redressement des finances publiques dès 2027. Ils devraient rendre leurs conclusions début juillet.