Shell veut transférer son siège à Londres, les Hollandais sont indignés

Le siège historique de la Royal Dutch Shell à La Haye. (Photo, AFP)
Le siège historique de la Royal Dutch Shell à La Haye. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 16 novembre 2021

Shell veut transférer son siège à Londres, les Hollandais sont indignés

  • Le président du conseil d'administration a notamment pointé «le maintien d'une taxe sur les dividendes» aux Pays-Bas
  • «Royal Dutch» serait aussi retiré du nom pour la première fois en 130 ans, pour ne garder que «Shell»

LONDRES : Le géant des hydrocarbures Royal Dutch Shell a fait l'effet d'une bombe lundi en annonçant qu'il voulait transférer son siège au Royaume-Uni, suscitant l'indignation aux Pays-Bas qui devraient ainsi perdre leur plus grosse entreprise.

Le groupe souhaite simplifier sa structure et "aligner sa résidence fiscale avec le pays dans lequel il est enregistré, le Royaume-Uni", où il relocaliserait aussi ses instances dirigeantes, d'après un communiqué.

Le président du conseil d'administration Andrew Mackenzie a notamment pointé lundi lors d'une conférence d'investisseurs "le maintien d'une taxe sur les dividendes" aux Pays-Bas, dont la suppression avait été envisagée, puis abandonnée par le Premier ministre Mark Rutte en 2018.

Il était "plus avantageux pour le plus grand nombre de nos actionnaires d'aller au Royaume-Uni" plutôt que d'enregistrer le groupe aux Pays-Bas, a ajouté M. Mackenzie.

Le groupe entend notamment "accélérer les distributions" aux actionnaires via son programme de rachat d'actions.

Le gouvernement néerlandais s'est dit lundi "désagréablement surpris" et "regrette profondément" cette décision, a déclaré le ministre des Affaires économiques Stef Blok sur Twitter.

"Nous sommes en discussions avec Shell au sujet des implications de ce transfert en matière d'emplois, d'investissements à caractère stratégique ou de durabilité", a-t-il ajouté.

Le déménagement priverait les Pays-Bas de sa plus grande entreprise et "Royal Dutch" serait aussi retiré du nom pour la première fois en 130 ans, pour ne garder que "Shell".

Cette décision faisait les gros titres des médias néerlandais lundi, qui déploraient la perte d'une autre entreprise après Unilever, autre groupe anglo-néerlandais dont les actionnaires aux Pays-Bas avaient voté fin 2020 en faveur d'une société mère unique basée à Londres, dans un contexte politique post-Brexit.

L'annonce de Shell "est une énorme saignée pour les Pays-Bas", a dénoncé l'organisation patronale VNO-NCW.

Selon la chaîne de télévision RTL, le gouvernement serait en train d'évaluer ses possibilités de proposer à nouveau la suppression de la taxe sur les dividendes pour persuader Shell de rester.

"Il y a peut-être un certain sentiment de perte" avec le changement de nom, mais le groupe compte conserver les quelque 8500 emplois aux Pays-Bas, a fait valoir le directeur général Ben van Beurden lors de la conférence d'investisseurs.

Le pays reste "stratégique pour la transition énergétique" du groupe et abrite le "cœur technique de l'entreprise", a-t-il ajouté. "Cet important héritage sera maintenu".

Côté britannique, le ministre des Entreprises et de l'Énergie Kwasi Kwarteng se félicitait au contraire d'"un vote de confiance clair dans l'économie" du Royaume-Uni.

Les actionnaires devront se prononcer le 10 décembre au cours d'une assemblée générale à Rotterdam, aux Pays-Bas, sur les modifications proposées, qui incluent aussi la création d'une série unique d'actions, alors que le groupe était coté jusqu'ici via deux types de titres, Class A et Class B.

L'entreprise a précisé que ses actions resteront cotées à Amsterdam, Londres et New York.

Les actions class B avaient progressé de 1,44% à 1.680,80 pence à Londres lundi à la clôture.

Cette rationalisation "rendra l'entreprise plus facile à manœuvrer, mais ne devrait pas avoir un impact énorme sur ses performances", a tempéré Laura Hoy, analyste de Hargreaves Lansdown.

L'entreprise pourrait cependant bénéficier d'une politique de taxation plus accommodante outre-Manche, ajoute l'analyste auprès de l'AFP, même si cet impact est "difficile à quantifier".

Mais Shell a précisé lundi ne pas attendre "d'impact significatif sur la charge fiscale totale du groupe", ajoutant que le groupe devrait même s’acquitter d'une "taxe de sortie" aux Pays-Bas qui pourrait atteindre 400 millions de dollars.

Par ailleurs, l'impôt sur les sociétés doit augmenter au Royaume-Uni dès 2023.

Fin octobre une société d'investissement "activiste", Third Point, avait demandé le démantèlement de Shell, faisant état d'une stratégie jugée contradictoire entre hydrocarbures et transition énergétique.

"Il semble peu probable" que les annonces de Shell répondent aux demandes de Third Point, selon Richard Hunter analyste de Interactive Investor, rappelant que le fonds demandait que soient scindées les activités historiques et les activités liées aux énergies à bas carbone.

Shell se fixe un objectif de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre de moitié d'ici 2030 comparé à ses niveaux de 2016, sur ses sites ainsi que pour l'énergie qu'il achète ailleurs, une décision prise notamment à la suite du jugement en mai d'un tribunal néerlandais lui intimant de diminuer ses émissions de 45% d'ici 2030.

Shell a fait appel, mais cette décision s'applique "peu importe notre lieu de résidence fiscale", a précisé le groupe lundi.


Aldi dément une «éventuelle vente» de ses magasins français

Le discounter allemand Aldi a démenti jeudi auprès de l'AFP les "spéculations" de la presse française au sujet d'"une éventuelle vente" de ses quelque 1.300 magasins en France, promettant un engagement "à long terme" sur ce marché où il est implanté depuis 1988. (AFP)
Le discounter allemand Aldi a démenti jeudi auprès de l'AFP les "spéculations" de la presse française au sujet d'"une éventuelle vente" de ses quelque 1.300 magasins en France, promettant un engagement "à long terme" sur ce marché où il est implanté depuis 1988. (AFP)
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  • Jeudi, le média spécialisé La Lettre a indiqué qu'Aldi "planchait" sur une "sortie" du pays, où il est le 8e distributeur alimentaire en parts de marché
  • D'après La Lettre, "le discounter allemand, qui enchaîne les pertes dans l'Hexagone depuis cinq ans

PARIS: Le discounter allemand Aldi a démenti jeudi auprès de l'AFP les "spéculations" de la presse française au sujet d'"une éventuelle vente" de ses quelque 1.300 magasins en France, promettant un engagement "à long terme" sur ce marché où il est implanté depuis 1988.

Jeudi, le média spécialisé La Lettre a indiqué qu'Aldi "planchait" sur une "sortie" du pays, où il est le 8e distributeur alimentaire en parts de marché (3% selon Kantar WorldPanel fin novembre), loin derrière son rival également allemand Lidl, 6e (8,1%).

D'après La Lettre, "le discounter allemand, qui enchaîne les pertes dans l'Hexagone depuis cinq ans, a demandé à la Deutsche Bank d'étudier un scénario de cession de sa filiale française", la maison mère "rechignant" à remettre au pot, après plus d'un milliard d'euros versés fin 2023.

"Les informations au sujet d'une éventuelle vente d'Aldi France sont fausses" a réagi Aldi Nord, sa maison mère, sollicitée par l'AFP.

"Aldi est et restera engagé à long terme sur le marché français", a assuré le groupe, pour qui les "spéculations" au "sujet d'un prétendu processus de vente" ou "retrait de France" sont "sans fondement".

"Depuis des années, nous investissons massivement dans notre assortiment ainsi que dans la modernisation de notre réseau de magasins et de logistique", a fait valoir le discounter, invoquant une stratégie "clairement axée sur l'optimisation et la croissance en France".

"L'évolution positive est constante et conforme aux objectifs du groupe Aldi Nord", a-t-il assuré.

Il reste qu'Aldi, comme Lidl, n'a pas bénéficié en France de la période de forte inflation alimentaire, qui a à l'inverse profité au numéro un Leclerc.

En outre le groupe avait déboursé en 2020 plus de 700 millions d'euros pour racheter 547 Leader Price auprès du distributeur en difficulté Casino. Aldi pesait alors 2,4% du marché de la distribution alimentaire, et Leader Price 1,5%.

Selon ses comptes consolidés pour l'année 2022, dernier exercice publié, Aldi a réalisé 5 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel en France, en forte hausse de 17%. Mais en creusant sa perte nette, passée en un an de près de 291 millions d'euros à 397 millions.

En cas de vente, les acheteurs potentiels ne manqueraient pas, comme l'a souligné jeudi sur son site le spécialiste du secteur Olivier Dauvers, citant Lidl, Carrefour et  Action.


Dina Powell McCormick, née en Égypte, nommée présidente et vice-présidente de Meta

Meta a nommé Dina Powell McCormick, née en Égypte, au poste de présidente et de vice-présidente. (AP/File Photo)
Meta a nommé Dina Powell McCormick, née en Égypte, au poste de présidente et de vice-présidente. (AP/File Photo)
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  • L'ancienne associée de Goldman Sachs et fonctionnaire de la Maison Blanche a précédemment siégé au conseil d'administration de Meta
  • Dina Powell McCormick, qui est née au Caire et a déménagé aux États-Unis lorsqu'elle était enfant, rejoint l'équipe de direction et contribuera à orienter la stratégie globale et l'exécution

LONDRES: Meta a nommé Dina Powell McCormick, née en Égypte, au poste de présidente et de vice-présidente.

L'entreprise a déclaré lundi que l'ancienne associée de Goldman Sachs et fonctionnaire de la Maison Blanche, qui a déjà siégé au conseil d'administration de Meta, accède à un rôle de direction de haut niveau, alors que l'entreprise accélère sa progression dans les domaines de l'intelligence artificielle et de l'infrastructure mondiale.

Powell McCormick, qui est née au Caire et a déménagé aux États-Unis dans sa jeunesse, rejoindra l'équipe de direction et contribuera à orienter la stratégie globale et l'exécution de l'entreprise. Elle travaillera en étroite collaboration avec les équipes de Meta chargées de l'informatique et de l'infrastructure, a indiqué l'entreprise, et supervisera les investissements de plusieurs milliards de dollars dans les centres de données, les systèmes énergétiques et la connectivité mondiale, tout en établissant de nouveaux partenariats stratégiques en matière de capital.

"L'expérience de Dina aux plus hauts niveaux de la finance mondiale, combinée à ses relations profondes dans le monde entier, la rend particulièrement apte à aider Meta à gérer cette prochaine phase de croissance en tant que présidente et vice-présidente de l'entreprise", a déclaré Mark Zuckerberg, fondateur et PDG de Meta.

Mme Powell McCormick a plus de 25 ans d'expérience dans les domaines de la finance, de la sécurité nationale et du développement économique. Elle a passé 16 ans en tant qu'associée chez Goldman Sachs à des postes de direction, et a servi deux présidents américains, notamment en tant que conseillère adjointe à la sécurité nationale de Donald Trump, et en tant que haut fonctionnaire du département d'État sous George W. Bush.

Plus récemment, elle a été vice-présidente et présidente des services à la clientèle mondiale de la banque d'affaires BDT & MSD Partners.


Eric Trump affirme que les réformes boursières de l'Arabie saoudite attireront des milliards de dollars

 Eric Trump a salué la décision de l'Arabie saoudite d'ouvrir son marché boursier aux investisseurs étrangers, affirmant que des milliards de dollars supplémentaires allaient affluer dans le Royaume. (AN)
Eric Trump a salué la décision de l'Arabie saoudite d'ouvrir son marché boursier aux investisseurs étrangers, affirmant que des milliards de dollars supplémentaires allaient affluer dans le Royaume. (AN)
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  • Dans le cadre du programme de diversification économique Vision 2030, l'Arabie saoudite vise à attirer 100 milliards de dollars d'investissements directs étrangers par an
  • "Chaque jour, l'environnement d'investissement s'améliore. Les plus grandes marques du monde viennent s'y installer. Toutes ces marques font énormément de bruit", a ajouté M. Trump

RIYAD: Eric Trump a salué la décision de l'Arabie saoudite d'ouvrir son marché boursier aux investisseurs étrangers, affirmant que des milliards de dollars supplémentaires allaient affluer dans le Royaume.

S'adressant à Asharq Al-Awsat, l'homme d'affaires, qui est le vice-président exécutif de la Trump Organization, a également fait l'éloge des récents projets de développement qui prennent forme à Riyad, en particulier à Diriyah.

Le Royaume a annoncé que ses marchés financiers seraient ouverts à tous les investisseurs étrangers à partir du 1er février, avec la suppression de restrictions telles que le cadre de l'investisseur étranger qualifié, qui exigeait un minimum de 500 millions de dollars d'actifs sous gestion, et l'abolition des accords de swap.

À propos de cette décision, M. Trump a déclaré : "Je pense que la nouvelle législation autorisant les investissements étrangers en Arabie saoudite va permettre à des milliards de dollars d'affluer sur le marché.

"Il est évident que l'ouverture des marchés boursiers eux-mêmes à de nouveaux investissements étrangers va entraîner l'arrivée de milliards de dollars supplémentaires sur le marché. Je pense que cela va aider le commerce, le tourisme et bien d'autres choses encore".

Selon M. Trump, l'environnement d'investissement en Arabie saoudite s'améliore au fil du temps, et de grandes marques du monde entier entrent sur le marché du Royaume pour en exploiter le potentiel.

Dans le cadre du programme de diversification économique Vision 2030, l'Arabie saoudite vise à attirer 100 milliards de dollars d'investissements directs étrangers par an.

"Chaque jour, l'environnement d'investissement s'améliore. Les plus grandes marques du monde viennent s'y installer. Toutes ces marques font énormément de bruit", a ajouté M. Trump.

Un rapport publié par l'Autorité générale des statistiques d'Arabie saoudite en décembre a révélé que les entrées nettes d'investissements directs étrangers ont atteint 24,9 milliards de SR (6,64 milliards de dollars) au troisième trimestre 2025, ce qui représente une augmentation de 34,5 % par rapport à la même période de l'année précédente.

M. Trump a fait ces commentaires alors que le promoteur immobilier saoudien Dar Global a annoncé qu'il lancerait deux projets de luxe portant la marque Trump à Riyad et à Djeddah, d'une valeur totale de 10 milliards de dollars.

Ces projets comprennent le Trump National Golf Course et le Trump International Hotel dans le quartier de Diriyah à Riyad.

Commentant l'attrait de l'Arabie saoudite, M. Trump a déclaré : "La vision de la ville, la vision de ce qui se passe à Riyad, en particulier à Diriyah, est incroyable. Je n'ai jamais rien vu de tel dans ma vie".

Il a ensuite ajouté : "La vision de ce que sera le nouveau Riyad, et la vision de l'ensemble de l'Arabie saoudite qui continue à s'ouvrir - vous voyez toutes ces grandes réformes financières, qui devraient rendre inévitable l'augmentation des investissements en Arabie saoudite. C'est incroyablement excitant.

M. Trump a poursuivi en déclarant que "les meilleurs jours pour l'Arabie saoudite sont à venir", ajoutant : "Même depuis six ou sept ans que je viens dans le pays, ce qui a été construit, ce qui a été fait, est incroyable. Et je pense que le pays devrait être incroyablement fier de lui-même".