Les membres de l’OPEP+ écartent la possibilité d’augmenter la production

Le ministre saoudien de l’Énergie, le prince Abdulaziz ben Salmane, s’entretient avec des journalistes lors de l’exposition et la conférence internationales sur le pétrole d'Abu Dhabi – lundi, à Abu Dhabi. (Photo, APDUBAÏ)
Le ministre saoudien de l’Énergie, le prince Abdulaziz ben Salmane, s’entretient avec des journalistes lors de l’exposition et la conférence internationales sur le pétrole d'Abu Dhabi – lundi, à Abu Dhabi. (Photo, APDUBAÏ)
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Publié le Mardi 16 novembre 2021

Les membres de l’OPEP+ écartent la possibilité d’augmenter la production

  • Les ministres de l’Énergie insistent sur la nécessité de continuer à investir dans la production de combustibles fossiles
  • On s’attend à ce que le marché pétrolier passe d’un déficit d’approvisionnement à un surplus d’ici le début de l’année prochaine

DUBAÏ : Refusant de se plier aux pressions que les États-Unis exercent sur les pays membres de l’OPEP+ pour qu’ils pompent du pétrole plus vite, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et la Russie ont déclaré lundi que les producteurs de pétrole continueraient à suivre le même quota de production, comme il avait déjà été convenu.

Le ministre de l’Énergie des EAU, Suhail Al-Mazrouei, a dit que l’OPEP+ élevait déjà l’approvisionnement quotidien de 400 000 barils par jours et que cela était suffisant.

Lors de l’exposition et la conférence internationales sur le pétrole d'Abu Dhabi, Mazrouei a ajouté que le marché pétrolier allait passer d’un déficit à un surplus d’ici le début de l’année prochaine. C’est l’une des raisons principales pour lesquelles l’OPEP+ ne peut se permettre d’être plus agressive.

Des ministres de l’Énergie venus de pays en voie de développement se sont rassemblés à Abu Dhabi pour participer à l’événement et ont insisté sur la nécessité d’investir davantage dans la production de combustibles fossiles.

 «Après environ une décennie de sous-investissement dans notre industrie, le monde a connu une pénurie d’approvisionnement. Il est temps de prendre les choses en main,» a dit Sultan Al-Jaber, directeur général et PDG de la compagnie pétrolière nationale d’Abu Dhabi.

D’après Al-Jaber, il faudra investir plus de 600 milliards de dollars par an dans l'industrie de pétrole et de gaz jusqu'en 2030, pour répondre à la demande mondiale prévue. Également président de Masdar, société des énergies renouvelables à Abu Dhabi, Al-Jaber a déclaré qu’il était vrai que l'avenir reposait sur les énergies renouvelables, mais que cet avenir «n'était pas encore là» et que le monde dépendait toujours en grande partie du pétrole et du gaz.

L'administration du président Joe Biden a incité les nations à renoncer aux combustibles fossiles et a appelé l’OPEP à augmenter sa production, étant donné que les prix à la pompe grimpent pour les consommateurs. Elle a plus précisément pointé du doigt l'Arabie saoudite.

Les principaux producteurs de pétrole du groupe OPEP+ ont jusqu'à présent refusé de changer leur démarche progressive visant à rétablir les niveaux de production qui ont été gravement réduits lors de la pandémie en 2020.

Le ministre saoudien de l'Énergie, le prince Abdulaziz ben Salmane, a dit qu'il ne s’inquiéterait pas si les États-Unis venaient à vendre du brut provenant de leur réserve stratégique de pétrole pour faire baisser les prix.

«Tout le monde anticipe un surplus d'approvisionnement à partir du premier ou du deuxième trimestre [de l’année prochaine]», a déclaré le vice-ministre russe de l'énergie, Pavel Sorokin, à la télévision Bloomberg lors de la même conférence, en faisant allusion à des rapports précis, comme celui de l'Agence internationale de l'énergie.»

«Les inventaires ne sont plus dressés, ce qui montre qu'il n'y a pas de déficit pour le moment.»

Le ministre saoudien a affirmé que les marchés pétroliers étaient stables par rapport à ceux du charbon et du gaz naturel, dont les prix ont atteint un niveau record le mois dernier.

«Le marché pétrolier n'est pas à l’origine des pénuries d'énergie», a-t-il affirmé. «Comparez-nous à toutes les autres sources d'énergie. La volatilité vient des autres sources d'énergie.»

Le ministre de l'Énergie d'Oman a, lui aussi, évoqué qu'il n'était pas nécessaire que l'OPEP+ accélère ses augmentations de production. Le groupe décidera probablement, lors de sa réunion en décembre, de se limiter à des augmentations mensuelles de 400 000 barils.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les Emirats annoncent leur retrait de l'Opep à partir de mai 

Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie. (AP)
Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie. (AP)
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  • Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep)
  • "Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale"

DUBAI: Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie.

"Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale", explique l'agence Wam.

 

 

 

 


Veolia et Amazon accélèrent la transformation hydrique des data centers

Un avion survole une unité mobile de traitement de la pollution aux PFAS dans l’eau, fournie par Veolia, alors qu’il atterrit à l’EuroAirport de Bartenheim, dans l’est de la France, le 4 septembre 2025. (AFP)
Un avion survole une unité mobile de traitement de la pollution aux PFAS dans l’eau, fournie par Veolia, alors qu’il atterrit à l’EuroAirport de Bartenheim, dans l’est de la France, le 4 septembre 2025. (AFP)
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  • Un partenariat Veolia-Amazon pour déployer des solutions de réutilisation des eaux usées dans les data centers, avec un premier site opérationnel en 2027
  • Une économie annuelle estimée à 314 millions de litres d’eau potable, au service d’une stratégie globale de durabilité et de résilience hydrique

DUBAI: Dans un contexte de croissance exponentielle des besoins en infrastructures numériques et de pression accrue sur les ressources naturelles, Veolia et Amazon annoncent un partenariat structurant visant à transformer la gestion de l’eau dans les data centers. L’ambition : substituer l’eau potable par des eaux usées traitées pour les besoins de refroidissement, un poste particulièrement consommateur dans ces installations critiques.

Cette collaboration associe l’expertise de Veolia, leader mondial des technologies de l’eau et des services à l’environnement, aux capacités d’Amazon en matière de cloud et d’intelligence artificielle. Ensemble, les deux groupes entendent concevoir et déployer des stratégies de gestion de l’eau plus durables, adaptées aux data centers de nouvelle génération.

Le projet pilote sera lancé dans le Mississippi, où Veolia accompagnera les opérations d’Amazon afin de réduire significativement leur consommation d’eau potable. À l'horizon 2027, une première installation devrait entrer en service, marquant une étape importante : il s’agira du premier data center d’Amazon dans cet État à recourir à de l’eau recyclée pour ses systèmes de refroidissement.

Une innovation industrielle au service de la sobriété hydrique

Au cœur du dispositif, des systèmes de traitement de l’eau développés par Veolia, à la fois autonomes, modulaires et conteneurisés. Ces unités seront capables de capter des effluents issus de stations d’épuration locales ainsi que d’autres sources disponibles, puis de les transformer en une ressource conforme aux exigences de qualité des procédés industriels de refroidissement.

Cette approche permet de convertir un déchet en ressource stratégique, tout en limitant le recours aux nappes phréatiques et aux réseaux d’eau potable, particulièrement sollicités dans certaines régions. Une fois pleinement opérationnel, le projet devrait permettre de réutiliser plus de 314 millions de litres d’eau potable par an. Ce volume correspond à la consommation annuelle d’environ 760 foyers américains — une économie significative à l’échelle locale.

Au-delà de la performance environnementale, cette solution répond également à des enjeux de continuité opérationnelle. En sécurisant l’approvisionnement en eau via des sources alternatives, elle renforce la résilience des data centers face aux risques de stress hydrique ou de restrictions d’usage.

Un modèle réplicable à l’échelle mondiale

L’un des atouts majeurs du dispositif réside dans sa conception modulaire. Les systèmes conteneurisés de Veolia peuvent être déployés rapidement et adaptés aux spécificités locales, ce qui ouvre la voie à une duplication de la solution sur d’autres sites d’Amazon dans le monde.

Cette logique d’industrialisation s’inscrit dans la nouvelle offre « Data Center Resource 360 » développée par Veolia. Celle-ci vise à optimiser l’ensemble des flux de ressources — eau, énergie, déchets — au sein des data centers, en s’appuyant sur des technologies avancées et des outils de pilotage numérique.

Pour Amazon, cette initiative constitue un levier concret pour atteindre son objectif d’empreinte eau positive dans l’ensemble de ses opérations directes de data centers d’ici 2030. Cela implique non seulement de réduire ses prélèvements, mais aussi de contribuer activement à la restauration des ressources en eau dans les territoires où l’entreprise est implantée. 


« Marché stratégique » : PepsiCo souligne le rôle de l’Arabie saoudite dans sa croissance mondiale

Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
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  • PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché stratégique majeur, avec des investissements continus et un fort alignement sur la Vision 2030
  • L’entreprise accélère l’innovation (IA, R&D, produits sans sucre) pour répondre à l’évolution des consommateurs et renforcer sa croissance régionale

RIYAD : PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché « stratégique » offrant des opportunités croissantes d’investissement et d’innovation, alors que le Royaume demeure une cible clé pour l’entreprise.

La société affirme s’être étroitement alignée sur les objectifs à long terme du Royaume, en s’appuyant sur une présence qui s’étend sur près de sept décennies.

« Nous opérons dans le Royaume depuis presque 70 ans », a déclaré Eugene Willemsen, PDG des boissons internationales chez PepsiCo, à Arab News. « Nous avons immédiatement adopté la Vision 2030 dès son lancement et avons clairement indiqué que nous voulions en faire partie, mais aussi y contribuer activement. »

Il a souligné plusieurs domaines dans lesquels PepsiCo a élargi son rôle, notamment en renforçant l’intégration des talents saoudiens et féminins, en faisant évoluer son portefeuille de produits et en soutenant des initiatives favorisant des modes de vie plus actifs.

« Nous nous voyons comme un contributeur à la Vision 2030… et nous nous réjouissons de continuer à le faire avec l’ensemble de nos activités en Arabie saoudite », a-t-il ajouté. 

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Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Riyad. (Fourni)

L’Arabie saoudite est l’un des marchés les plus importants de PepsiCo à l’échelle mondiale, soutenu par de solides capacités locales et des partenariats de longue date.

« C’est un marché très important pour PepsiCo. C’est un marché stratégique pour nous », a déclaré Willemsen. « Nous disposons de capacités très solides et avancées en marketing, dans les domaines commerciaux et dans la chaîne d’approvisionnement, que nous pouvons exploiter à l’échelle de notre réseau international. »

Il a également mis en avant le rôle des partenaires d’embouteillage locaux, évoquant des relations « qui remontent à plusieurs décennies » et offrant des « capacités exceptionnelles » au bénéfice de l’ensemble du système PepsiCo.

L’entreprise emploie environ 9 000 personnes dans ses opérations en Arabie saoudite et a continué d’étendre sa présence locale. Parmi les investissements récents figure un nouveau centre de recherche et développement dans le quartier financier King Abdullah à Riyad, développé en collaboration avec son activité snacks.

« Il s’agit d’un investissement d’environ 30 millions de riyals saoudiens (8 millions de dollars) », a précisé Willemsen, ajoutant que ce centre vise à développer des produits adaptés aux besoins locaux et potentiellement intégrant des cultures locales, avec des applications pouvant s’étendre à l’ensemble du Moyen-Orient.

L’évolution des préférences des consommateurs influence également la stratégie de PepsiCo dans le Royaume, notamment avec une demande croissante pour des options plus saines.

« Nous avons fortement mis l’accent sur les offres sans sucre ici en Arabie saoudite, et nous avons observé un changement significatif vers le zéro sucre », a-t-il expliqué. « Les consommateurs, tous âges et profils confondus, recherchent des options permettant de réduire leur consommation de sucre. »

Parallèlement, l’hydratation est une priorité majeure, notamment en raison du climat du Royaume. Willemsen a évoqué des opportunités d’élargir les produits contenant des électrolytes, destinés aussi bien aux consommateurs actifs qu’à un usage quotidien.

PepsiCo intensifie également l’utilisation de l’intelligence artificielle dans ses opérations, de l’agriculture au développement de produits.

« Nous voulons être parmi les leaders dans l’adoption de l’IA dans le secteur des biens de consommation », a déclaré Willemsen. « L’IA permet de tester et valider des concepts beaucoup plus rapidement, de développer des produits plus vite et de les lancer plus rapidement sur le marché. »

Il a précisé que l’IA est utilisée dans les opérations agricoles mondiales de l’entreprise pour aider les agriculteurs à optimiser l’utilisation de l’eau, l’application d’engrais et les rendements.

Concernant les chaînes d’approvisionnement, Willemsen a indiqué que l’entreprise se concentre sur le renforcement de la résilience locale face à la volatilité mondiale.

« Notre objectif à travers le monde est de créer des chaînes d’approvisionnement aussi locales que possible », a-t-il déclaré. « Nous avons développé une grande résilience et agilité pour faire face à différents scénarios. »

Malgré l’incertitude mondiale, il s’est dit confiant quant aux perspectives à long terme du marché saoudien.

« Le marché saoudien est en lui-même très résilient », a-t-il affirmé. « Parce qu’il évolue rapidement, il continue d’offrir des opportunités d’innovation et de réponse aux besoins changeants des consommateurs. »

Il a ajouté : « Il existe une forte résilience intrinsèque en Arabie saoudite, ce qui nous donne confiance dans le fait que ce pays continuera à croître et à prospérer. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com