Un condamné à mort épargné in extremis aux Etats-Unis après une forte mobilisation

Des partisans de Julius Jones montrent leur soutien lors d'une veillée avant que le gouverneur de l'Oklahoma, Kevin Stitt, n'accorde la clémence à Jones. (Photo, Reuters)
Des partisans de Julius Jones montrent leur soutien lors d'une veillée avant que le gouverneur de l'Oklahoma, Kevin Stitt, n'accorde la clémence à Jones. (Photo, Reuters)
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Publié le Vendredi 19 novembre 2021

Un condamné à mort épargné in extremis aux Etats-Unis après une forte mobilisation

  • Le gouverneur républicain Kevin Stitt, soumis à une intense pression, a commué sa peine en détention à perpétuité
  • Julius Jones, un Afro-Américain de 41 ans a été condamné à la peine capitale pour un meurtre dont il s'est toujours dit innocent

WASHINGTON : La mobilisation de millions de personnes a payé: les autorités de l'Etat américain d'Oklahoma ont renoncé jeudi à exécuter Julius Jones, un Afro-Américain de 41 ans condamné à la peine capitale pour un meurtre dont il s'est toujours dit innocent.

À moins de quatre heures de l'injection d'un cocktail létal controversé, le gouverneur républicain Kevin Stitt, soumis à une intense pression, a commué sa peine en détention à perpétuité.

"Julius Jones ne pourra pas demander de nouvelles commutations, de grâce ou de remise en liberté conditionnelle jusqu'à la fin de sa vie", a-t-il toutefois précisé dans un décret mis en ligne sur le site internet de cet Etat conservateur et rural du sud des Etats-Unis.

"Nous remercions le gouverneur d'avoir empêché une erreur irréparable", a commenté l'avocate du condamné Amanda Bass dans un communiqué, tout en notant avoir "espéré" qu'il suive "entièrement les recommandations du bureau des grâces".

Ce bureau, soulignant les doutes sur la culpabilité de Julius Jones, avait recommandé à deux reprises de commuer sa peine en prison à vie et de l'autoriser à déposer une demande de remise en liberté anticipée.

"Je suis tellement reconnaissante à tous ceux qui se sont exprimés et ont aidé à sauver Julius. Merci au bureau des grâces et au gouverneur Stitt", a tweeté la star de télé-réalité Kim Kardashian, l'une des figures de la mobilisation en faveur du condamné.

«Machine froide»

Julius Jones a été condamné en 2002 à la peine capitale pour le meurtre d'un homme d'affaires blanc, Paul Howell, qu'il a toujours nié. Il assure avoir été piégé par l'auteur du crime, avoir été mal défendu par ses premiers avocats, et avoir fait l'objet de discrimination lors du procès.

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Julius Jones. (Photo, AFP / Service correctionnel de l'Oklahoma)

Ses recours en justice ont tous été rejetés et la famille de M. Howell, notamment sa fille, reste convaincue de sa culpabilité. 

Les failles dans le dossier ont fait l'objet d'une série documentaire et d'un podcast, et fait basculer en sa faveur une partie de l'opinion. 

À l'approche de la date fixée pour son exécution, des stars, des champions de sport et l'ambassadeur de l'Union européenne (UE) aux Etats-Unis, mais aussi six millions et demi de signataires d'une pétition sur internet, avaient demandé au gouverneur Stitt d'intervenir.

Mercredi, des centaines de lycéens étaient sortis de leur établissement en Oklahoma pour protester et tenter de faire plier le gouverneur. Des manifestants avaient également campé près de sa résidence ces dernières nuits, selon la chaîne locale Koco.

Le gouverneur a finalement annoncé sa décision in extremis "après avoir prié et examiné les documents présentés par toutes les parties", selon un communiqué de presse.

Vomissements

Au-delà des doutes sur sa culpabilité, l'exécution suscitait des interrogations, car Julius Jones devait recevoir un cocktail létal de trois substances soupçonnées de causer d'atroces souffrances.

L'Oklahoma a renoué le 28 octobre avec les exécutions, après six ans de pause, en faisant usage de ce protocole controversé. John Grant, un Afro-Américain de 60 ans, a été secoué par des vomissements et des convulsions après la première injection, ont rapporté les journalistes témoins de la scène.

Les services pénitentiaires ont assuré qu'il n'y avait "pas eu de complication", mais plusieurs voix ont dénoncé une violation de la Constitution américaine, qui interdit les "peines cruelles".

Le protocole contesté combine un sédatif, le midazolam, et un anesthésiant, censés empêcher la douleur avant l'injection de chlorure de potassium à dose létale. Il avait été utilisé en 2014 pour exécuter Clayton Lockett, mais le condamné avait agonisé pendant 43 minutes dans d'apparentes souffrances.

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Des partisans de Julius Jones récitent une prière quelques instants avant que le gouverneur de l'Oklahoma, Kevin Stitt, n'accorde la clémence à Jones. (Photo, Reuters)

En 2015, un autre condamné, Charles Warner, s'était plaint que son "corps brûlait" avant de s'éteindre, les bourreaux ayant utilisé un produit non-conforme. La même erreur avait failli être reproduite en septembre 2015 et une exécution avait été reportée in extremis.

À la suite de ces ratés, un grand jury avait ouvert une enquête et les autorités avaient accepté de suspendre l'application de la peine capitale. En 2020, elles ont finalisé un nouveau protocole et ont fixé en 2021 plusieurs dates d'exécution.

Cinq exécutions restent prévues en Oklahoma d'ici mars.


L'armée américaine dit avoir avoir tiré sur un navire qui violait son blocus des ports iraniens

L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
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  • Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains
  • C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington.

Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains, précise le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, dans un communiqué publié sur X.

C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet. Depuis, les forces américaines affirment avoir redirigé 55 navires qui tentaient de passer.

Lors de la première mise en place du blocus, entre mi-avril et mi-juin, l'armée américaine avait tiré sur neuf navires et redirigé plus de 140 autres.


Trump assure que sa relation avec Netanyahu est "très bonne" en dépit des désaccords sur Gaza

Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que sa relation avec Benjamin Netanyahu reste « très bonne », malgré les désaccords sur la feuille de route américaine pour Gaza
  • Netanyahu refuse tout retrait israélien tant que le Hamas ne sera pas désarmé, tout en affirmant qu’Israël continuera à défendre ses propres positions face à Washington

WASHINGTON: Donald Trump a assuré lundi que sa relation avec Benjamin Netanyahu restait "très bonne", après que ce dernier a rejeté la dernière feuille de route américaine pour Gaza.

Le Premier ministre israélien avait déjà exprimé des réticences sur ce texte censé lancer la deuxième étape du plan de paix.

L'armée israélienne "n'effectuera aucun retrait tant que le Hamas ne sera pas véritablement désarmé", a déclaré Benjamin Netanyahu, qui tente de donner des gages à ses alliés d'extrême droite avant de délicates élections législatives en septembre.

Il a qualifié le président américain de "plus grand ami (d'Israël) à la Maison Blanche", tout en faisant comprendre qu'il était prêt à lui tenir tête: "Ils ont des idées, certaines nous conviennent et d'autres non, et nous savons défendre nos positions sur ces questions."

Les relations entre les deux dirigeants ont connu des difficultés au printemps.

Donald Trump, en des termes très virulents, a reproché en avril à Benjamin Netanyahu de saper des négociations en vue d'un cessez-le-feu avec l'Iran.


Trump va réclamer lui aussi des "compensations" à l'Iran

Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que Washington réclamera à l’Iran des compensations pour les victimes et dégâts liés à ses attaques et conflits passés
  • Ces nouvelles exigences pourraient compliquer davantage les négociations sur le détroit d’Ormuz, alors que Téhéran réclame lui aussi des réparations et la levée des sanctions américaines

WASHINGTON: Donald Trump a déclaré lundi sur son réseau Truth Social que les Etats-Unis allaient réclamer des "compensations" pour des attaques menées par l'Iran depuis des décennies contre des adversaires à l'étranger ou contre des manifestants sur son sol.

Le président américain a assuré que cette demande serait faite "fermement" dans toute négociation, en réponse à une exigence de longue date des autorités iraniennes, qui conditionnent tout accord sur le détroit d'Ormuz au versement de réparations américaines.

L'Iran "demande des compensations pour les dommages qu'ils ont subis pendant les cinq mois de conflit militaire", a écrit Donald Trump, "bien que cela n'ait jamais été évoqué dans aucune de nos négociations ou réunions."

"Mais c'est une idée intéressante parce que, de la même manière, je demande moi aussi des compensations à l'Iran, pour tous les gens qu'ils ont tués et blessés" dans des attaques et "conflits", dont "les familles de ceux tués sur l'USS Cole", un navire de guerre américain frappé par un attentat meurtrier en 2000 au Yémen, a ajouté le milliardaire républicain.

Donald Trump a ajouté que "des compensations devraient être versées pour les familles des centaines de milliers de manifestants innocents que l'Iran a tués ces dernières cinquante années, sans même parler des 52.000 tués ces cinq derniers mois".

Un peu plus tard, dans une autre publication, le président octogénaire a jugé que l'Iran devait être tenu "responsable des dégâts et morts causés au Liban, en Syrie, au Yémen et à Gaza".

Ces nouvelles exigences de l'imprévisible dirigeant américain risquent de mettre hors de portée un accord rapide sur le détroit d'Ormuz, qui paraissait déjà bien improbable alors que l'Iran exige de son côté l'acceptation par Washington de "toutes" ses conditions.

Téhéran juge que les Etats-Unis doivent "mettre fin définitivement à la guerre et à l'agression" contre l'Iran et ses alliés, y compris au Yémen et en Irak, lever leur blocus des ports iraniens, "indemniser intégralement l'Iran pour les dommages causés" par les hostilités, lever les sanctions contre l'économie et débloquer "sans condition" les avoirs iraniens gelés.

Dimanche, Donald Trump a laissé entendre qu'il n'avait besoin d'engager ni une offensive militaire majeure ni un effort diplomatique particulier, en assurant qu'il lui suffisait d'"observer" les difficultés économiques de l'Iran.