Violences en Guadeloupe: appel au calme de Macron, Castex annonce une «instance de dialogue»

La Guadeloupe est secouée depuis une semaine par un mouvement, qui a dégénéré en crise sociale émaillée de nombreuses violences dans la nuit de jeudi à vendredi, quand ont débuté des violences et des pillages. (AFP)
La Guadeloupe est secouée depuis une semaine par un mouvement, qui a dégénéré en crise sociale émaillée de nombreuses violences dans la nuit de jeudi à vendredi, quand ont débuté des violences et des pillages. (AFP)
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Publié le Mardi 23 novembre 2021

Violences en Guadeloupe: appel au calme de Macron, Castex annonce une «instance de dialogue»

  • Les troubles se sont cependant poursuivis durant le week-end, conduisant le rectorat à suspendre lundi l'accueil des élèves "dans les écoles, collèges et lycées"
  • Castex «condamne avec la plus extrême fermeté» les violences et «appelle au calme»

POINTE-A-PITRE: L'exécutif a vivement condamné lundi les violences urbaines et pillages et appelé au calme face à la "crise très explosive" en Guadeloupe, en proie à une contestation sociale liée à l'obligation vaccinale contre le Covid, en reconnaissant "un dialogue nécessaire" avec les élus.


Après avoir "condamné avec la plus extrême fermeté" les violences, le Premier ministre Jean Castex a annoncé la création d'une "instance de dialogue" afin de "convaincre et d'accompagner individuellement, humainement" les professionnels concernés par l'obligation vaccinale. Finalement testé positif au Covid-19, il s'exprimait à l'issue d'une réunion qui s'est tenue en visioconférence avec les élus de l'île antillaise.


"Une mission du ministère de l'Intérieur sera à pied d'œuvre sur place dès demain pour examiner avec eux les voies et moyens pour permettre les conditions de déploiement de l'obligation vaccinale et discuter aussi des sujets propres au fonctionnement du service départemental d'incendie et de secours de Guadeloupe", a poursuivi le chef du gouvernement, alors que les pompiers font partie des forces vives de la contestation. 

«La seule solution pour être entendu!»

Des carcasses et pneus de voitures brûlées, des débris variés et des palissades dressées pour faire barrage: pour Pascal, le blocage des routes de Guadeloupe, en proie à une crise sociale depuis une semaine, constitue "la seule solution pour être entendu" jusqu'à Paris.


Avec d'autres habitants de Mare-Gaillard, cet homme de 55 ans, qui préfère conserver l'anonymat, participe depuis une semaine au barrage qui entrave ce bourg situé sur la nationale 4.


Sur cette route qui longe la côte sud de Grande-Terre, les stigmates d'une semaine de mobilisation et de violences sont visibles: à proximité du Gosier, une voiture retournée au milieu de la chaussée. D'autres sur les bas-côtés, également calcinées.

Pascal se désolidarise des violences et pillages, dénoncés par les habitants de l'île interrogés par l'AFP à proximité des barrages, qui cependant soutiennent la contestation.


"Il n'y a pas de réaction (des autorités NDLR) tant qu'on n'emploie pas la manière forte", déplore Pascal. "Vous seriez venus de Paris, vous, sinon?", ajoute-il à l'adresse des journalistes de l'AFP.


En ce lundi matin, Pascal et les autres laissent passer les voitures, enlevant les débris déblayés la veille au soir par les forces de l'ordre pendant le couvre-feu instauré entre 18H00 et 05H00 jusqu'au 23 novembre.


"Les policiers n'avaient pas fait 10 kilomètres qu'on les avait déjà remis! Ils le savaient d'ailleurs: ils nous ont dit à plus tard!" lance Pascal.


Si le barrage de Mare-Gaillard est filtrant, en d'autres endroits de l'île c'est interdiction d'avancer. 


Comme au "rond-point Perrin", important point de passage à proximité des Abymes.


Samuel Louis, 31 ans et intérimaire dans le BTP, y tient à peu près le même discours: "On n'est pas là pour commettre des violences, juste qu'on nous respecte. On ne fout pas le bordel, on empêche juste les gens de passer."


Les raisons avancées de la contestation sont également similaires.


L'opposition à l'obligation vaccinale des soignants, déclencheur de la crise, en est une, alors que 85% des soignants et près de 50% de la population de plus de 18 ans ont reçu au moins une dose de vaccin en Guadeloupe, frappée de plein fouet cet été par l'épidémie de Covid-19.


"Qui dit que le vaccin ne va pas être exigé pour tout le monde pour travailler?" avance Samuel Louis, évoquant aussi des rumeurs infondées selon lesquelles "le RSA serait supprimé aux allocataires refusant de se vacciner." 

«La goutte d'eau»
Mais l'obligation vaccinale "n'est que la goutte d'eau qui fait déborder le vase" guadeloupéen, selon Pascal.


Il évoque principalement le coût croissant de la vie, avec une "bouteille de gaz coûtant 28 euros et un litre d'essence autour d'1,60 euros", "des gens qui n'arrivent plus à payer leurs assurances ni à manger".


"On se bat aussi pour de meilleurs salaires. On travaille beaucoup pour peu" abonde Samuel Louis, pointant le "manque de travail" dans un département au taux de chômage bien supérieur à la métropole, notamment chez les jeunes (35% en 2020 contre une moyenne nationale de 20%).


Les contestataires "demandent la parole mais se sentent délaissés, pas écoutés. Alors ils font comme ils peuvent", explique Patrice Angel.


Il rejette les pillages et violences - "les grévistes sont les grévistes, les casseurs, les casseurs" - mais dit comprendre les revendications des manifestants.


De même que Philippe Manioc, 60 ans, qui travaille dans le BTP à son compte: "Cela me dérange car je ne peux pas aller bosser mais en même temps je les comprends."


Dans ses revendications, Patrice pointe aussi du doigt une "différence de traitement par rapport à la métropole", notamment selon lui pour les hôpitaux: "Ils (l'Etat) ne peuvent pas nous ouvrir 50 lits supplémentaires ni envoyer de l'oxygène mais peuvent envoyer 2.000 flics supplémentaires?", s'indigne-t-il?


Face à la situation tendue, 200 policiers et gendarmes, ainsi que 50 membres des unités du GIGN et du Raid, ont été dépêchés de Paris, portant à 2.250 les forces mobilisées sur place.


"S'ils commencent à tabasser les gens, ça va mal aller" pense Pascal. Et pour Samuel Louis, "s'il n'y a pas de réponse de l'Etat à la crise, la situation va empirer".

«Nuit plus calme»

Plus tôt dans la journée, Emmanuel Macron a assuré la Guadeloupe de la "solidarité" de la nation et demandé de "ne rien céder au mensonge et à la manipulation par certains de cette situation" en marge d'un déplacement à Amiens.


"On ne peut pas utiliser la santé des Françaises et des Français pour mener des combats politiques" et "il faut que "l'ordre public soit maintenu", a-t-il souligné sur un ton apaisant, insistant sur "une adhésion croissante à la vaccination" sur l'île, malgré l'opposition d'une "toute petite minorité".


La Guadeloupe, qui connaît un fort taux de chômage qui atteint 35% chez les jeunes, et frappée de plein fouet par l'épidémie du Covid-19 cet été, est secouée depuis une semaine par un mouvement, ayant pour origine la contestation de l'obligation vaccinale des soignants, qui a dégénéré en crise sociale émaillée de nombreuses violences dans la nuit de jeudi à vendredi, quand ont débuté des violences et des pillages.


Menace avec un "fusil à pompe", médecin "tenu en joue", l'Agence régionale de santé de Guadeloupe a fustigé "les agressions physiques que les professionnels de santé ont subies ces derniers jours alors qu'ils allaient soigner les pères, les mères et les enfants de Guadeloupe".


Face à une situation se détériorant rapidement, le gouvernement a envoyé 200 policiers et gendarmes, ainsi que 50 membres des unités du GIGN et du Raid - déployés dès leur descente d'avion -, portant à 2.250 les forces mobilisées sur place, tandis que le préfet a instauré un couvre-feu entre 18H00 et 05H00, jusqu'au 23 novembre.

«Nuit plus calme»
Les troubles se sont cependant poursuivis durant le week-end, conduisant le rectorat à suspendre lundi l'accueil des élèves "dans les écoles, collèges et lycées". Les cours n'ont déjà pas eu lieu vendredi.


La nuit de dimanche à lundi a cependant été plus calme que la précédente selon la préfecture, pour qui la mobilisation des forces de l'ordre "a permis d'empêcher dans les centres villes et en zone rurale, la majorité des tentatives de regroupement et d'atteinte aux biens".


"Il y a eu beaucoup de barrages mais peu de pillages", confirme une source policière qui ne note pas de "faits marquants".


Le procureur de la République Patrick Desjardins a confirmé à l'AFP des informations de presse sur le vol d'armes et de munitions à la station des gardes-côtes de la Douane de Pointe-à-Pitre, dans la nuit du 19 au 20 novembre, sans donner plus de détail.


En Martinique voisine, l'appel à la grève générale lancé par 17 organisations syndicales aux revendications variées dont la fin de l'obligation vaccinale pour les soignants, a conduit à des blocages qui ont paralysé une bonne partie de l'activité économique.


Des manifestants à Fort-de-France ont envahi lundi le village d’arrivée de la transat Jacques Vabre.


"Je condamne les violences, mais il y a une situation extrêmement éruptive dans nos pays en ce moment", a déclaré lundi la sénatrice PS de Martinique Catherine Conconne, pour qui "la vie chère constitue l'élément le plus compliqué à gérer et l'élément de récrimination le plus fort de nos populations".


Depuis l'été, le taux de vaccination a progressé en Guadeloupe, avec désormais un taux de près de 90% des soignants vaccinés, et approchant 50% dans la population générale - loin toutefois des plus de 75% de vaccinés en métropole.


Macron appelle à se "méfier" des sondages prédisant la victoire de Marine Le Pen en 2027

Le président français Emmanuel Macron (à gauche) s'exprime lors d'une conférence de presse conjointe avec le chancelier allemand Friedrich Merz (à droite), au château d'Augustusburg, à Brühl, dans l'ouest de l'Allemagne, à l'occasion du 26e Conseil des ministres franco-allemand, le 17 juillet 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron (à gauche) s'exprime lors d'une conférence de presse conjointe avec le chancelier allemand Friedrich Merz (à droite), au château d'Augustusburg, à Brühl, dans l'ouest de l'Allemagne, à l'occasion du 26e Conseil des ministres franco-allemand, le 17 juillet 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron appelle à ne pas accorder trop de crédit aux sondages annonçant une victoire de Marine Le Pen en 2027, rappelant que les électeurs peuvent déjouer les prévisions
  • Avec Friedrich Merz, le président français réaffirme la volonté de renforcer la coopération franco-allemande, notamment en matière de défense, malgré les incertitudes politiques à venir

BRUHL: Emmanuel Macron a appelé vendredi à se "méfier" des sondages qui prédisent la victoire de la candidate du Rassemblement national Marine Le Pen à la présidentielle de 2027 et à "faire confiance au peuple français".

"Méfiez-vous tout de même des sondages. Si je puis me permettre, je connais beaucoup de gens qui étaient élus en juillet 2016. Ce n'était pas les mêmes forcément qu'on a retrouvés en mai 2017", a-t-il ironisé lors d'une conférence de presse commune avec le chancelier allemand Friedrich Merz à Brühl, près de Cologne (ouest de l'Allemagne), en référence à sa propre élection.

"Faites confiance au peuple français. Ne lui prédisez pas toujours le pire. Laissez-lui vouloir le meilleur", a ajouté le président français.

De son côté, le chancelier allemand a promis de "tendre la main" à tout dirigeant qui sera élu en France.

"L'Allemagne tendra toujours la main à une coopération approfondie et fondée sur la confiance avec la France, quelle que soit la décision des électeurs de nos deux pays", a-t-il déclaré, interrogé sur une éventuelle coopération avec Mme Le Pen.

Les deux dirigeants ont montré une position commune pour avancer sur la défense européenne, avec plusieurs projets en cours vers une dissuasion nucléaire "associée", pour faire oublier l'échec du projet du Système de combat aérien du futur (Scaf).

A moins d'un an de son départ de l'Elysée, il est urgent pour Emmanuel Macron de faire progresser les dossiers de défense avec le meilleur allié de Paris.

Car la perspective d'une victoire de l'extrême droite française est un facteur d'incertitude supplémentaire pour des Etats européens, déjà sous forte pression avec la menace russe et le désengagement voulu par Donald Trump, qui leur demande d'en faire plus sur les dépenses militaires.


Fontainebleau: des travaux à l'origine de l'incendie principal, Macron remercie les pompiers

Le président français Emmanuel Macron (C) s'adresse à des policiers, gendarmes, agents de la police forestière et pompiers lors d'une visite au poste de commandement des secours, à la suite de l'incendie de la forêt de Fontainebleau, à Noisy-sur-École, en Île-de-France, le 16 juillet 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron (C) s'adresse à des policiers, gendarmes, agents de la police forestière et pompiers lors d'une visite au poste de commandement des secours, à la suite de l'incendie de la forêt de Fontainebleau, à Noisy-sur-École, en Île-de-France, le 16 juillet 2026. (AFP)
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  • Deux ouvriers sont mis en examen après l'incendie de Fontainebleau, qui a détruit près de 2.000 hectares
  • Emmanuel Macron annonce un fonds de soutien et promet une fermeté totale face aux incendiaires

PARIS: Deux ouvriers d'une société de travaux ont été mis en examen jeudi et placés sous contrôle judiciaire pour le déclenchement involontaire du premier incendie en forêt de Fontainebleau, dont près d'un dixième a brûlé depuis dimanche.

Pour remercier le millier de pompiers engagés, avec l'appui inédit en Île-de-France d'avions bombardiers Dash et Canadair, Emmanuel Macron s'est rendu jeudi matin au poste de commandement, situé au cœur de la forêt, dans le massif des Trois-Pignons. Au total, le feu a ravagé près de 2.000 hectares de cette forêt renommée.

La France fait face "aux pires incendies" qu'elle ait connus depuis 1945, a dit le président de la République.

Avec près de 11.000 feux et 35.000 hectares touchés par les flammes, la surface brûlée en France à mi-juillet a "d'ores et déjà dépassé" le total de la saison passée, a souligné à ses côtés le directeur général de la Sécurité civile Julien Marion.

- Lourd tribut -

Prisée des randonneurs et des grimpeurs, classée "réserve de biosphère" par l'Unesco, la forêt de Fontainebleau, située à 60 km de Paris, paiera un lourd tribut.

Ce sont des travaux de réparation d'une glissière de l'autoroute et l'étincelle d'une disqueuse qui auraient mis le feu à la végétation puis à la forêt jouxtant l'A6, a expliqué jeudi la procureure de Fontainebleau, Diane Ngomsik. L'incendie s'était rapidement propagé du bord de l'A6 à la forêt.

Deux ouvriers ont été mis en examen pour "destruction involontaire par incendie (...) par manquement à une obligation de sécurité ou de prudence", a indiqué la procureure de Fontainebleau à l'AFP. Ils ont été laissés libres sous contrôle judiciaire. Le gérant de la société a, lui, été placé sous le statut de témoin assisté, a ajouté la même source.

Mercredi, deux jeunes hommes de 18 ans dont un pompier volontaire, soupçonnés d'avoir mis le feu délibérément cette fois-ci, en deux autres endroits, Arbonne-la-Forêt et Fontainebleau, ont été mis en examen et écroués.

A cet égard, le chef de l'Etat a assuré qu'il n'y aurait "aucune tolérance" pour les incendiaires "parce que c'est notre territoire national qui est attaqué chaque fois qu'un feu se déclenche".

Quelque 950 pompiers ont été encore à pied d'œuvre jeudi pour éteindre le feu, qui avait conduit à l'évacuation de près d'un millier d'habitants dans la nuit de dimanche à lundi alors qu'il se rapprochait des habitations.

"Comme les autres jours, on a toujours de la réactivation du vent et la température qui se lève, ce qui nous occasionne des réactivations de feu ici ou là", a indiqué jeudi à la mi-journée Sébastien Avenel, directeur adjoint des pompiers de Seine-et-Marne, qui commande les opérations de secours depuis Noisy-sur-Ecole.

- Réouverture de l'A6 -

Mais si le gros du feu est maîtrisé, le combat fastidieux des pompiers va durer, en raison de la tourbe et du sable très présents dans cette forêt.

"Nous avons beaucoup de tourbe à retourner, il y a énormément de chantiers à traiter", a expliqué le colonel Avenel. Cent vingt militaires du génie en provenance de l'est de la France, habitués à préparer terrain et infrastructures, sont arrivés en renfort jeudi.

Le massif est encore "interdit" d'accès et "dangereux", a rappelé de son côté Sophie David, une responsable de l'Office nationale des forêts (ONF). "Les arbres sont brûlés au niveau des racines et peuvent tomber à tout moment."

L'incendie avait provoqué la fermeture dimanche de l'A6 sur une vingtaine de kilomètres, mais l'autoroute a pu rouvrir "progressivement" à partir de jeudi 20H00, avec une voie réservée aux véhicules de secours dans les deux sens et à une vitesse limitée à 90 km/h, a indiqué la préfecture à la veille d'un week-end de grands départs en vacances.

Face à une polémique sur les moyens, lancée par le RN et LFI, sur une commande de deux Canadair annulée, Emmanuel Macron a affirmé jeudi avoir au contraire relancé la production de ces appareils grâce à une action européenne.

"En 2017, on ne produisait plus de Canadair. Il n'y avait pas de polémique à l'époque pour savoir si c'était deux, quatre ou six. On en produisait zéro", a-t-il relevé.

L'Airbus A400M, un avion de transport militaire, pourra être expérimenté dans quelques jours pour larguer l'équivalent de trois Canadair.

Emmanuel Macron a aussi annoncé la mise en place dans les prochaines heures d'"un guichet unique" afin de collecter des fonds pour la forêt de Fontainebleau.

"Je compte sur chacune et chacun pour pouvoir dès maintenant donner" et permettre "de replanter, de rebâtir et de continuer de nous améliorer aussi pour que cette forêt soit encore, demain, mieux protégée", a-t-il ajouté.

La Fondation du patrimoine a annoncé lancer cette "collecte d'urgence" notamment avec l'ONF, la ville et le château de Fontainebleau, le département et la région.

Alors que les feux sont fixés, les commerçants commencent à s'inquiéter de leur impact local.

A Fontainebleau, Arthur Maillodat, vendeur au magasin d'équipement sportif S'Cape, qui vend et loue notamment du matériel d'escalade, s'inquiète des "conséquences écologiques" et "économiques" pour les restaurateurs, les gîtes, les hôtels de cette zone très fréquentée, non loin du célèbre village des peintres de Barbizon.


Canicules: entreprises et collectivités cherchent à développer les réseaux de froid

Une pharmacie affiche une température extérieure de 39 °C dans l’est de Paris, le 13 juillet 2026. (AFP)
Une pharmacie affiche une température extérieure de 39 °C dans l’est de Paris, le 13 juillet 2026. (AFP)
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  • La France accélère le déploiement des réseaux de froid urbain pour mieux faire face aux canicules
  • Engie et Veolia développent ces infrastructures, malgré des limites observées lors des épisodes de chaleur extrême

PARIS: Face aux canicules de plus en plus intenses des entreprises et de nombreuses villes cherchent à développer les réseaux de froid urbain, des systèmes centralisés permettant de produire et distribuer de l'eau glacée via des canalisations pour rafraîchir les bâtiments.

Alors que le gouvernement souhaite doubler la capacité de ces réseaux de froid d'ici 2030 et les tripler d'ici 2040, l'énergéticien français Engie annonce lancer 100 études "de potentiel" pour "accélérer" leur développement, en partenariat avec Villes de France, l'association des villes moyennes (10.000-100.000 habitants), affirmant que "5 millions d'habitants" pourraient être concernés par cette initiative.

De son côté, le groupe français de gestion de l'eau et des déchets Veolia affirme avoir "identifié" 100 sites "pour aider l’accélération de déploiement de ces réseaux urbains, capables de produire simultanément du chaud et du froid à partir d’énergies locales, renouvelables ou de récupération, permettant de desservir jusqu’à 3 millions de personnes".

Les réseaux de froid urbain sont jusqu'ici plutôt développés dans les très grandes villes, et raccordés quasi uniquement à des bâtiments tertiaires (commerces, entreprises, musées).

Pour ses promoteurs, ils permettent de rafraîchir les bâtiments sans contribuer aux "îlots de chaleur", contrairement à la climatisation individuelle, par exemple.

"Les réseaux combinés de chaleur et de froid répondent à la fois aux enjeux climatiques, énergétiques et économiques des territoires, tout en s'adaptant aux nouveaux usages de la ville", affirme à l'AFP Jean-François Nogrette, directeur général de Veolia France.

"Ces infrastructures permettent de nous adapter au changement climatique sans créer les conditions du réchauffement", abonde Frank Lacroix, directeur général adjoint d'Engie.

Les réseaux de froid font partie des réponses aux canicules prônées par le Haut Conseil pour le climat, mais leur capacité à rester efficace face aux vagues de chaleur les plus sévères pose question: au plus fort de la canicule fin juin, plusieurs réseaux de fraicheur de la capitale ont atteint leur limite, et certaines infrastructures, à l'instar du cinéma UGC des Halles, ont déploré des défaillances dans le rafraichissement de l'air.