Antilles: la contestation continue en attendant des consultations

Des manifestants passent devant des gendarmes lors d'une marche de protestation contre les mesures visant à limiter la propagation de la Covid-19 aux Abymes, à l'extérieur de Pointe-à-Pitre, sur l'île antillaise de Guadeloupe, le 24 novembre 2021. (Photo, AFP)
Des manifestants passent devant des gendarmes lors d'une marche de protestation contre les mesures visant à limiter la propagation de la Covid-19 aux Abymes, à l'extérieur de Pointe-à-Pitre, sur l'île antillaise de Guadeloupe, le 24 novembre 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 26 novembre 2021

Antilles: la contestation continue en attendant des consultations

  • La préfecture de Guadeloupe a annoncé que le GIGN avait contribué à mettre en échec une attaque contre la brigade de gendarmerie de Morne-A-l'Eau
  • En Martinique, des membres des forces de l'ordre ont été blessés à Fort-de-France

FORT-DE-FRANCE : Après de nouvelles violences dans la nuit, le mouvement de contestation se poursuivait jeudi dans les Antilles, en attendant l'issue d'une rencontre des syndicats martiniquais avec les autorités, et une visioconférence du ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu avec des élus de Guadeloupe.

La préfecture de Guadeloupe a annoncé que le GIGN avait contribué à mettre en échec une attaque contre la brigade de gendarmerie de Morne-A-l'Eau, au centre de la Grande Terre. "Dix interpellations ont eu lieu sur l’ensemble du département", a-t-elle indiqué. 

En Martinique, des membres des forces de l'ordre ont été blessés à Fort-de-France, a indiqué la Sécurité publique, sans donner plus de détails, tandis qu'un gendarme a été légèrement blessé. Sept personnes ont été interpellées.

Le blocage de certains axes perdurait sur les deux îles, secouées depuis plusieurs jours par une contestation du vaccin anti-Covid obligatoire pour les soignants et les pompiers, mêlée de revendications sociales, liées au coût de la vie et à la hausse du prix des carburants.

En Guadeloupe, les denrées alimentaires commencent à manquer dans les magasins, surtout les petits qui ne peuvent se faire ravitailler par la mer.

"On le vit difficilement, j'ai arrêté de travailler car je n'ai plus d'essence pour aller pêcher", a raconté à l'AFP Joël, pêcheur de 56 ans habitant à Sainte-Rose, un village de Basse-Terre aux accès totalement coupés. Il assure cependant soutenir le mouvement.

Les tensions à l'hôpital de Pointe-à-Pitre depuis le début de la grève générale le 15 novembre commencent à faire sentir leurs effets: une association d'internes a invoqué mercredi le droit de retrait de ses adhérents pour "péril imminent" et des médecins hospitaliers démissionnent.

"Je ne comprends pas que l'action syndicale soit tournée vers des entraves à l'outil de travail (...) vers des intimidations, des insultes, des agressions envers les personnels et particulièrement les médecins", a déclaré sur la radio RCI Guadeloupe le directeur du CHU, Gérard Cotellon. "Je commence à payer les conséquences de tout ça: ce sont des démissions en chaîne".

"Si l'objectif était de faire partir les médecins, on y arrive. Et cela va poser des problèmes pour la prise en charge des patients guadeloupéens", a-t-il déploré.

La direction du CHU de Martinique a pour sa part annoncé que "dans le contexte actuel", elle était contrainte "d'activer le service minimum sur l'ensemble des sites du CHUM afin de sécuriser les professionnels et les patients", en raison de "grandes difficultés à assurer les soins dans l'institution".

Tentatives de conciliation

Les autorités locales comme nationales tentent d'ouvrir la porte au dialogue avec les syndicats et les élus sur les deux îles. 

Les leaders des 17 organisations syndicales, le préfet et le président du conseil exécutif de la Collectivité territoriale de Martinique, Serge Letchimy, participaient jeudi à une réunion de conciliation à la préfecture.

Par ailleurs, le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu organisait une visioconférence avec les maires de Guadeloupe en présence du préfet, et des membres des cabinets du ministre de l'Intérieur et du ministre des Solidarités et de la Santé, afin de "faire un point sur la situation en Guadeloupe sur les plans sanitaire, sécuritaire et social", selon le ministère.

Une réunion similaire sera organisée, vendredi à 15h00 avec le président du Conseil Régional, le président du Conseil Départemental et les parlementaires du territoire.

"Lors de ces échanges libres et ouverts, une attention particulière sera portée aux priorités de la jeunesse guadeloupéenne", assure le ministère dans un communiqué.

Pour apaiser la situation, le Premier ministre Jean Castex avait notamment annoncé lundi la création d'une "instance de dialogue" afin de "convaincre et d'accompagner individuellement, humainement", les professionnels concernés par l'obligation vaccinale.

Le ministre de la Santé Olivier Véran a également "décidé de mettre en place une structure qui va permettre de trouver une solution à chacune des 1 400 personnes suspendues parce qu'elles ne sont pas en conformité avec cette obligation vaccinale", a expliqué Sébastien Lecornu.


Le porte-avions français passe le canal de Suez, en route vers la région du Golfe

Le canal de Suez, photo d'illustration. (AFP)
Le canal de Suez, photo d'illustration. (AFP)
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  • Cette potentielle mission de sécurisation, qui ne pourrait être déclenchée qu'une fois que les hostilités auront cessé, se veut "neutre" et "bien distincte des belligérants" avait affirmé mi-avril le président français
  • Les "plus de 40 pays" qui y participent ont entamé une planification militaire à Londres, selon le ministère des Armées

PARIS: Le porte-avions français Charles-De-Gaulle et son escorte franchissent, mercredi, le canal de Suez pour se prépositionner dans la région du Golfe en cas de déclenchement d'une mission, promue par Londres et Paris, pour rétablir la navigation dans le détroit d'Ormuz, a annoncé le ministère des Armées.

"Le porte-avions Charles-De-Gaulle et ses escorteurs franchissent le canal de Suez mercredi 6 mai 2026, en route vers le sud de la mer Rouge", affirme le ministère dans un communiqué.

Cette décision vise "à réduire les délais de mise en œuvre de cette initiative dès que les circonstances le permettront", ajoute-il.

Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer sont à l'origine d'une initiative pour sécuriser la navigation dans le détroit, bloqué depuis le début du conflit opposant l'Iran aux Etats-Unis et à Israël le 28 février.

Cette potentielle mission de sécurisation, qui ne pourrait être déclenchée qu'une fois que les hostilités auront cessé, se veut "neutre" et "bien distincte des belligérants" avait affirmé mi-avril le président français.

Les "plus de 40 pays" qui y participent ont entamé une planification militaire à Londres, selon le ministère des Armées.

"Le mouvement du groupe aéronaval est distinct des opérations militaires initiées dans la région et complète le dispositif sécuritaire", a réaffirmé mercredi le ministère.

Sa présence à proximité du Golfe va permettre "d'évaluer l'environnement opérationnel régional par anticipation du déclenchement de l’initiative" et "d'offrir des options supplémentaires de sortie de crise pour renforcer la sécurité de la région", selon lui.

Le groupe aéronaval français doit également permettre d'"intégrer les moyens des pays qui veulent inscrire leur action dans un dispositif défensif et adapté, respectueux de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer", ajoute-t-il.

Le porte-avions, qui embarque une vingtaine d'avions de combat Rafale et est escorté de plusieurs frégates, a appareillé fin janvier de Toulon pour un déploiement dans l'Atlantique Nord.

Il a été redirigé le 3 mars vers la Méditerranée orientale, où il se trouvait depuis, pour défendre les intérêts français et les pays alliés frappés par la riposte iranienne aux attaques israélo-américaines.

Le blocage du détroit d'Ormuz a continué malgré un cessez-le-feu entré en vigueur le 8 avril. Washington a en retour imposé un blocus des ports iraniens puis lancé lundi l'opération Project Freedom ("Projet Liberté") pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit. Cette opération a été suspendue mercredi.


CMA CGM confirme qu'un de ses porte-conteneurs a été touché dans le détroit d'Ormuz

 Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM. (AFP)
Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM. (AFP)
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  • L'agence de sécurité maritime britannique UKTMO avait rapporté qu'un cargo avait été touché mardi vers 18H30 GMT par un "projectile d'origine inconnue" dans le détroit d'Ormuz, sans l'identifier
  • L'armateur précise qu'il suit la situation de près et qu'il reste pleinement mobilisé aux côtés de l'équipage

PARIS: Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM.

L'attaque a fait des "blessés parmi les membres d'équipage" qui ont été "évacués et soignés", et a occasionné des "dommages" au navire, a ajouté CMA CGM dans un bref communiqué à l'AFP.

L'agence de sécurité maritime britannique UKTMO avait rapporté qu'un cargo avait été touché mardi vers 18H30 GMT par un "projectile d'origine inconnue" dans le détroit d'Ormuz, sans l'identifier.

L'armateur précise qu'il suit la situation de près et qu'il reste pleinement mobilisé aux côtés de l'équipage.

L'attaque a eu lieu au lendemain du "projet Liberté" lancé par Donald Trump pour escorter les navires bloqués dans le Golfe afin de les aider à quitter le détroit d'Ormuz.

Mais l'opération d'escorte a été arrêtée dès mardi au bout d'un jour seulement par le même Donald Trump, dans le but de parvenir à un accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Le président américain a déclaré sur sa plateforme Truth Social que "de grands progrès" avaient été réalisés dans les négociations, et que le "Projet liberté" serait suspendu "pendant une courte période" pour voir si un accord pouvait "être finalisé et signé".


Pour Glucksmann, «il est bien trop tôt pour se déclarer candidat»

Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat". (AFP)
Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat". (AFP)
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  • Dans ce rassemblement, "on se met d'accord sur le fond (du projet), ensuite on crée une équipe et on désigne le candidat ou la candidate la mieux placée (...) Et on sera suffisamment adulte pour qu'il y en ait qu'un ou une", a-t-il affirmé
  • Il a répété son hostilité à une primaire à gauche, qui a été une nouvelle fois défendue mardi soir dans un meeting à Paris par ses partisans comme Clémentine Autain, François Ruffin, Marine Tondelier ou Olivier Faure

PARIS: Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat".

"Il est bien trop tôt pour se déclarer candidat. Ce qui m'obsède, c'est que la ligne politique que je porte soit capable de gagner l'élection présidentielle", a déclaré mercredi sur France 2 l'eurodéputé Place publique, le mieux placé selon les sondages pour porter une candidature de centre-gauche.

Il a défendu la démarche de "rassemblement" initiée par une quarantaine d'élus de la gauche et des écologistes, dont le patron des députés PS Boris Vallaud et l'écologiste Yannick Jadot.

Dans ce rassemblement, "on se met d'accord sur le fond (du projet), ensuite on crée une équipe et on désigne le candidat ou la candidate la mieux placée (...) Et on sera suffisamment adulte pour qu'il y en ait qu'un ou une", a-t-il affirmé.

Il a répété son hostilité à une primaire à gauche, qui a été une nouvelle fois défendue mardi soir dans un meeting à Paris par ses partisans comme Clémentine Autain, François Ruffin, Marine Tondelier ou Olivier Faure.

"La malédiction de la gauche, c'est de ne parler qu'à la gauche", a-t-il expliqué. Pendant que la gauche fait une primaire, "Jean-Luc Mélenchon parlera aux Français, Jordan Bardella parlera aux Français".

Il a jugé "parfaitement normale" la candidature du leader insoumis "parce qu'en fait, nous incarnons des lignes totalement différentes".

"Donc il n'y aura pas de cris d'orfraie de ma part. C'est tout à fait logique qu'il y ait deux offres politiques qui s'affrontent quand il y a deux visions du monde qui s'affrontent", a-t-il estimé.