L'Europe est redevenu l'épicentre mondial de la pandémie

Le coronavirus a fait plus de 5,16 millions de morts dans le monde depuis fin 2019. (Photo, AFP)
Le coronavirus a fait plus de 5,16 millions de morts dans le monde depuis fin 2019. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 26 novembre 2021

L'Europe est redevenu l'épicentre mondial de la pandémie

  • La France a annoncé jeudi un durcissement des contraintes, sans reconfinement ni couvre-feu
  • L'Allemagne, frappée par sa plus violente vague de contaminations, a franchi le seuil des 100000 morts

PARIS : Face à la flambée de la pandémie de Covid-19 en Europe, la France a annoncé jeudi un durcissement des contraintes, sans reconfinement ni couvre-feu, tandis que l'Allemagne, frappée par sa plus violente vague de contaminations, a franchi le seuil des 100000 morts.

L'Europe est redevenu cet automne l'épicentre mondial de la pandémie, alors que le variant Delta, très contagieux, a réduit à 40% l'efficacité des vaccins contre la transmission de la maladie, selon l'OMS.

La Covid-19 a causé la mort de plus d'1,5 million de personnes sur le continent, selon un comptage de l'AFP réalisé à partir de bilans officiels. 

Au total, le coronavirus a fait plus de 5,16 millions de morts dans le monde depuis fin 2019. L'OMS estime que le bilan de la pandémie pourrait être deux à trois fois plus élevé.

Mais un rapport rendu public par l'organisation montre aussi que les vaccins ont sauvé au moins un demi-million de vies en Europe.

"Dans certains pays, le nombre de décès aurait été le double de ce qu'il est aujourd'hui sans les vaccins", a affirmé à Copenhague le directeur régional de l'OMS pour l'Europe, Hans Kluge, pressant les pays à poursuivre leurs campagnes d'immunisation.

En France, où la Covid a tué plus de 118 000 personnes, il n'est à ce stade envisagé "ni confinement, ni couvre-feu", a annoncé jeudi le ministre de la Santé Olivier Véran.

«Passer cette vague»

"Nous pouvons passer cette vague sans recourir aux outils les plus contraignants", a estimé le ministre français, lui-même médecin.

Il a cependant annoncé le retour de l'obligation du port du masque partout en intérieur dans les lieux recevant du public, à compter de vendredi, y compris dans les lieux où le pass sanitaire est réclamé (restaurants, centres commerciaux, lieux de spectacle, musées...).

Le Premier ministre Jean Castex était lui-même absent du conseil des ministres mercredi, car testé positif à la Covid.

En République tchèque, le président Milos Zeman a de nouveau été admis jeudi à l'hôpital quelques heures après en être sorti, après avoir lui aussi été testé positif. 

En Autriche, les autorités avaient pris il y a quelques jours la décision de confiner, une mesure d'une sévérité sans précédent en Europe depuis le début des campagnes de vaccination.

D'autres "confinements", en réalité moins stricts, avaient déjà été décrétés dans d'autres pays comme la Lettonie et les Pays-Bas. Des restrictions supplémentaires ont été mises en place en Italie, en Slovaquie, où un confinement quasi-total est entré en vigueur jeudi, en République tchèque où le gouvernement a décrété une période d'état d'urgence de trente jours, avec fermeture notamment des marchés de Noël et des boîtes de nuit.

Le Portugal a annoncé qu'au retour des fêtes de fin d'année, du 2 au 9 janvier, le télétravail deviendra obligatoire, les vacances des écoliers seront prolongées, tandis que les bars et discothèques fermeront leurs portes.

En France, le rappel vaccinal contre la Covid-19, le plus souvent sous forme d'une troisième dose, sera "ouvert à tous les adultes dès 5 mois après leur dernière injection", à partir de ce samedi.

En Martinique et en Guadeloupe, dans les Antilles françaises, la contestation du vaccin anti-Covid, mêlée de revendications sociales liées au coût de la vie, a provoqué des violences allant jusqu'à des tirs d'arme à feu contre des pompiers et des policiers. Des barrages routiers entravent l'activité de ces deux îles.

Un renforcement des mesures est également à l'étude aux Pays-Bas, où les restrictions sanitaires ont déjà provoqué des nuits d'émeute.

Pfizer pour les enfants

Pour le Premier ministre belge Alexander De Croo, qui va organiser en urgence vendredi une réunion pour décider de nouvelles mesures, l'augmentation des contaminations et hospitalisations liées à la Covid est "supérieure aux courbes les plus pessimistes" esquissées la semaine dernière par les experts scientifiques. 

Ancien élève modèle, l'Allemagne fait face à sa plus forte vague au moment où un nouveau gouvernement s'apprête à entrer en fonctions.

Plus de 100 000 personnes y sont mortes de la Covid-19 depuis le début de la pandémie. 75 961 nouvelles contaminations ont été dénombrées mercredi.

La nouvelle coalition mise sur la généralisation du pass sanitaire dans les transports et de restrictions d'accès pour les non-vaccinés, par exemple pour des lieux culturels, et la vaccination.

Un milliard d'euros va par ailleurs être débloqué en faveur du personnel soignant et aide-soignant.

Et le vaccin de Pfizer contre la Covid-19 a été approuvé pour les enfants de 5 à 11 ans par le régulateur européen du médicament, ouvrant la voie à une vaccination au sein de ce groupe d'âge dans l'UE.


Les Etats-Unis frappent l'Iran pour la troisième nuit de suite et vont rétablir le blocus des ports

Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
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  • Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna
  • Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom

TEHERAN: Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible".

Pendant une mission de cinq heures, "les forces américaines ont frappé des cibles militaires" dans plusieurs villes portuaires du sud de l'Iran, comme Bouchehr et Bandar Abbas, a détaillé le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dans la matinée.

Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna.

Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom.

"Nous allons les frapper fort ce soir, et nous allons les frapper fort demain", avait déclaré lundi Donald Trump dans une interview radio. Pour le président américain, les dirigeants iraniens "ne peuvent absolument rien faire contre" ces frappes.

Comme la veille, les Gardiens de la Révolution iraniens ont, eux, revendiqué une opération à Bahreïn - entre autres contre un bâtiment hébergeant les troupes américaines sur la base de Juffair.

L'armée idéologique iranienne a aussi annoncé avoir ciblé en Jordanie "des installations clé et les forces américaines sur une base aérienne jordanienne", dans un communiqué cité par l'agence Tasnim. L'armée jordanienne a annoncé pour sa part l'interception de quatre missiles iraniens.

Deux tankers attaqués 

Dans le détroit d'Ormuz, les Emirats arabes unis ont déploré des attaques de missiles iraniens contre deux de leurs tankers, tuant un membre d'équipage indien.

Malgré ces échanges de frappes, Donald Trump a tout de même estimé, devant la presse à la Maison Blanche, qu'un accord avec l'Iran était encore "possible".

Avant cela, il avait annoncé sur Truth Social que les Etats-Unis prendraient le contrôle du détroit d'Ormuz et que le blocus des ports iraniens serait rétabli.

Il entrera en vigueur mardi à 20H00 GMT, selon l'armée américaine.

Tout comme Téhéran souhaite instaurer un péage pour traverser Ormuz, le président américain a dit vouloir percevoir en échange de la protection du détroit "une rémunération correspondant à 20% de la valeur des cargaisons", contraire au droit international censé garantir la liberté de navigation.

Le pétrole remonte 

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, dont le pays a pris le contrôle du détroit au début de la guerre, a rétorqué sur X: "l'Iran a toujours été le gardien du détroit et le restera pour toujours".

Donald Trump "a tout à fait raison. Quiconque assure le passage sûr et sécurisé des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz devrait être rémunéré", a-t-il ironisé, ajoutant: "20%, c'est évidemment trop. Nous serons équitables".

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont accusé les Etats-Unis de mettre en péril l'approvisionnement mondial en pétrole.

Au lendemain d'une envolée spectaculaire de plus de 9%, les cours du pétrole continuaient leur ascension dans ce contexte. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, gagnait 1,19% à 84,29 dollars vers 02H00 GMT.

Après quasiment 40 jours de bombardements dans le conflit déclenché par des frappes israélo-américaines le 28 février, un cessez-le-feu était entré en vigueur début avril, avant d'être entériné le 17 juin par un protocole d'accord.

Mais depuis des attaques survenues mardi contre des navires tentant de franchir Ormuz, les affrontements ont repris avec une intensité inédite depuis des semaines, faisant dire à Donald Trump que le cessez-le-feu était "terminé".

La semaine dernière, le président américain a d'ailleurs envoyé une notice officielle au Congrès indiquant que le conflit avec l'Iran avait repris, a confirmé la Maison Blanche à l'AFP.

Et au total, 25 personnes ont été tuées depuis mercredi, selon un décompte de l'AFP à partir des médias iraniens et sources officielles.

 Protocole d'accord "en crise" 

Pour le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, "il ne fait aucun doute" que le protocole d'accord "est en crise".

"Mais l'Iran n'a jamais été le premier à violer ses engagements", a-t-il tancé lors d'une conférence de presse lundi à Téhéran à laquelle assistait l'AFP.

Les consultations avec les médiateurs que sont le Qatar, le Pakistan et Oman se poursuivent afin de "prévenir une escalade", a-t-il toutefois assuré.

Le protocole d'accord prévoyait la réouverture du détroit, Téhéran n'autorisant toutefois qu'un seul couloir de navigation, le long de ses côtes.

"Ce passage stratégique est plus important que des dizaines de bombes atomiques, et la République islamique d'Iran le protégera", avait averti dimanche le conseiller militaire du guide suprême, Mohsen Rezaï.


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.