Des milliers de manifestants à travers le monde contre les violences faites aux femmes

"Vous nous empêchez de penser et vous cachez vos crimes contre les femmes", peut-on lire en substance sur la pancarte affichée par cette manifestante à Beyrouth. (Photo, AFP)
"Vous nous empêchez de penser et vous cachez vos crimes contre les femmes", peut-on lire en substance sur la pancarte affichée par cette manifestante à Beyrouth. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 26 novembre 2021

Des milliers de manifestants à travers le monde contre les violences faites aux femmes

  • De Madrid à Barcelone, de Paris à Londres, du Guatemala au Honduras, les défilés marquaient la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes
  • «Nous ne sommes pas toutes là, il manque celles qui ont été assassinées», chantaient les manifestants réunis à Madrid

MADRID : Des milliers de manifestants sont descendus jeudi dans les rues d'Europe et d'Amérique latine pour exiger la fin des violences faites aux femmes, la police dispersant certains rassemblements notamment à Istanbul et Mexico.

De Madrid à Barcelone, de Paris à Londres, du Guatemala au Honduras, les défilés marquaient la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes.

"Nous ne sommes pas toutes là, il manque celles qui ont été assassinées", chantaient les manifestants réunis à Madrid, portant masques, bonnets et écharpes violettes.

"Ne soyez pas silencieux face à la violence masculine", disaient en écho les banderoles déployées par des centaines de manifestantes à Istanbul.

Elles dénonçaient aussi le retrait de la Turquie d'un traité international protégeant les femmes, la Convention d'Istanbul, accusé par les conservateurs au pouvoir d'encourager l'homosexualité et de menacer la structure familiale traditionnelle.

Elles ont été accueillies par des tirs de gaz lacrymogènes au moment où elles tentaient de franchir les barricades de police.

«Un fléau mondial»

L'Espagne, qui compte un puissant mouvement féministe, dispose d'un observatoire public des violences de genres qui a comptabilisé 1 118 meurtres de femmes par leur compagnon ou ex-compagnon depuis 2003 dont 37 en 2021.

En Turquie, ce sont 345 femmes qui ont été tuées depuis début 2021, selon la plateforme We Will Stop Feminicide, contre 410 en 2020.

"Au niveau mondial, c'est un fléau... Il est temps que la violence patriarcale cesse contre nos corps, nos vies et nos décisions", a témoigné auprès de l'AFP dans le cortège madrilène Leslie Holguin, une actrice de trente ans.

"Nous revendiquons la fin de la prostitution et demandons la fin des assassinats, des mauvais traitements et des viols", a ajouté Maria Moran, une fonctionnaire de 50 ans.

La lutte contre les violences sexistes est une priorité nationale en Espagne, qui a adopté en 2004 la première loi d'Europe faisant du genre de la victime une circonstance aggravante en cas d'agression.

"Nous ne serons une société juste que lorsque nous en aurons fini avec tout type de violences contre les femmes", a insisté sur Twitter le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez, dont le gouvernement compte plus de femmes que d'hommes.

A Mexico, ce sont des milliers de femmes qui sont elles aussi descendues dans la rue.

"Elles ne sont pas mortes, ils les ont tuées", disaient les pancartes brandies par les manifestantes de ce pays où chaque jour 10 femmes sont tuées, selon l'ONU.

Des heurts ont opposé de petits groupes de manifestants, munis de marteaux, aux forces de l'ordre, qui ont utilisé des gaz irritants pour les disperser.

Au Guatemala, des centaines de femmes sont aussi descendues dans la rue dans ce pays frappé par une hausse des féminicides (de 30% par rapport à la même période de 2020 selon les autorités) et les grossesses adolescentes.

Des manifestations ont aussi été organisées au Chili, Venezuela, en Bolivie ou en Uruguay. En Amérique latine et aux Caraïbes, quelque 4 091 femmes ont été victimes de fémicide en 2020, selon la commission régionale des Nations unies.

Une femme sur trois

Près d'une femme sur trois dans le monde a subi des violences physiques ou sexuelles, souvent de la part d'une personne qu'elles connaissaient, selon l'ONU.

"La violence contre les femmes est une crise mondiale. Dans tous nos propres quartiers, des femmes et des filles vivent en danger", s'est alarmée Sima Bahous, la directrice exécutive de ONU Femmes, l'organisation des Nations unies défendant les droits des femmes.

Le pape François s'est également exprimé sur Twitter: "Les différentes formes de maltraitance que subissent de nombreuses femmes représentent une dégradation pour les hommes et pour toute l'humanité. Nous ne pouvons pas détourner le regard".

En Afrique, plusieurs chefs d'Etat africains réunis jeudi à Kinshasa pour un sommet sur la "masculinité positive" se sont solennellement engagés à lutter contre les discriminations et les violences contre les femmes, des viols pendant les conflits aux mutilations génitales.

Nous "lançons la campagne de l'Union africaine pour mettre fin aux violences faites aux femmes et aux filles et mettons en oeuvre une politique de tolérance zéro dans les situations de conflit et de post-conflit", ont dit les chefs d'Etat, dont le président de RDC Félix Tshisekedi et le Rwandais Paul Kagame, dans une déclaration commune.


Avec l'ouverture de consulats, France et Canada marquent leur soutien au Groenland

Des passagers se préparent à embarquer à bord d’un avion d’Air Inuit alors qu’ils voyagent de Montréal à Nuuk, au Groenland, le 5 février 2026. (Christinne Muschi / The Canadian Press via AP)
Des passagers se préparent à embarquer à bord d’un avion d’Air Inuit alors qu’ils voyagent de Montréal à Nuuk, au Groenland, le 5 février 2026. (Christinne Muschi / The Canadian Press via AP)
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  • La France et le Canada ouvrent des consulats généraux à Nuuk, marquant leur soutien au Groenland face aux velléités américaines et renforçant la reconnaissance internationale de l’autonomie groenlandaise
  • Cette démarche s’inscrit dans une stratégie européenne et alliée visant à internationaliser la question du Groenland, tout en accompagnant le territoire dans sa montée en puissance diplomatique et politique

COPENHAGUE: La France et le Canada, qui s'opposent au projet de l'administration américaine de prendre le contrôle du Groenland, ouvrent chacun vendredi un consulat général à Nuuk, la capitale de ce territoire autonome danois, une reconnaissance pour le gouvernement local.

"C'est une victoire pour les Groenlandais de voir deux pays alliés ouvrir des représentations diplomatiques à Nuuk", estime Jeppe Strandsbjerg, politologue rattaché à l'Université du Groenland. "Les Groenlandais apprécient énormément le soutien face aux remarques de Trump".

La récente crise a débouché sur la conclusion entre le président américain et le secrétaire général de l'Otan d'un "cadre" en vue d'un accord sur l'avenir de l'île arctique, aux contours encore flous tandis qu'Américains, Groenlandais et Danois se retrouvent au sein d'un groupe de travail.

Le contenu de l'accord et la teneur des discussions n'ont pas été rendus publics.

Danemark et Groenland, qui partagent les préoccupations de Donald Trump sur la sécurité arctique, refusent tout transfert de souveraineté.

La décision française d'ouvrir un consulat est antérieure aux récentes tensions. Elle avait été annoncée en juin lors d'une visite du président Emmanuel Macron à Nuuk où il était venu exprimer la "solidarité européenne" pour l'île, critiquant déjà les velléités de Donald Trump de l'annexer.

Jean-Noël Poirier, ancien ambassadeur de France au Vietnam, a été nommé consul général.

Le Canada avait lui indiqué fin 2024 qu'il allait ouvrir un consulat général sur l'immense territoire arctique pour affermir la coopération avec les Groenlandais.

L'ouverture de ces représentations diplomatiques permet de dire "à Donald Trump que son agressivité envers le Groenland et le Danemark n'est pas seulement une question pour le Groenland et le Danemark, c'est aussi une affaire pour les alliés européens, mais également pour le Canada", souligne à l'AFP Ulrik Pram Gad, spécialiste de l'Arctique à l'Institut danois des études internationales.

"C'est un petit pas, cela fait partie de la stratégie de rendre le problème européen", insiste Christine Nissen, analyste du think-tank Europa, experte en questions de sécurité et de défense. "Ses conséquences ne sont évidemment pas seulement danoises, c'est un problème européen et global".

- Reconnaissance -

Pour la diplomatie groenlandaise, l'ouverture de consulats - qui dépendent formellement des ambassades de France et du Canada à Copenhague - c'est aussi "l'occasion de s'entraîner à l'indépendance en ayant des relations directes", note M. Strandsbjerg.

C'est une forme de reconnaissance pour leur autonomie grandissante, définie dans la loi-cadre de 2009.

"Les Groenlandais penseront, dans le cadre de leur propre quête de souveraineté, à avoir des contacts plus directs avec d'autres pays européens", dit Mme Nissen.

Cela permet de "réduire l'importance du rôle du Danemark en diversifiant la dépendance du Groenland vis-à-vis du monde extérieur, pour que tout ne vienne plus uniquement du Danemark, mais qu'il y ait davantage de relations sur les plans économique, commercial, des investissements, politique, etc.", abonde M. Pram Gad.

Le Groenland a des représentations diplomatiques auprès de l'Union européenne depuis 1992, à Washington depuis 2014 et à Reykjavik depuis 2017.

A Nuuk, l'Islande a ouvert son consulat général en 2013 et les Etats-Unis en 2020. Entre 1940 et 1953, les Américains avaient eu un premier consulat dans la paisible capitale groenlandaise.

La Commission européenne a elle ouvert un bureau en 2024.


Le président Trump déclare qu'il «travaille dur pour mettre fin» à la guerre au Soudan

Le président américain Donald Trump s'exprime lors du National Prayer Breakfast à Washington DC, jeudi. (Capture d'écran)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors du National Prayer Breakfast à Washington DC, jeudi. (Capture d'écran)
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  • M. Trump a déclaré pour la première fois qu'il commencerait à "travailler" sur la guerre au Soudan en novembre dernier, après que le prince héritier saoudien lui a demandé d'aider à mettre fin au conflit lors d'une visite aux États-Unis
  • "Sa majesté aimerait que je fasse quelque chose de très puissant en rapport avec le Soudan", a déclaré M. Trump lors du Forum d'investissement américano-saoudien

LONDRES : Le président américain Donald Trump a déclaré jeudi qu'il "travaillait dur" pour mettre fin à la guerre au Soudan.

"Je travaille dur pour mettre fin à cette guerre. Nous sommes très proches d'y parvenir. Ce sera le neuvième, si nous ne réglons pas d'abord la question de la Russie et de l'Ukraine. Mais nous travaillons dur pour mettre fin à toute cette guerre. Nous sommes très près d'y parvenir. Nous l'avons presque fait", a déclaré le président lors du National Prayer Breakfast à Washington DC.

M. Trump a déclaré pour la première fois qu'il commencerait à "travailler" sur la guerre au Soudan en novembre dernier, après que le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed bin Salman lui a demandé d'aider à mettre fin au conflit lors d'une visite aux États-Unis.

"Sa majesté aimerait que je fasse quelque chose de très puissant en rapport avec le Soudan", a déclaré M. Trump lors du Forum d'investissement américano-saoudien.

"Ce n'était pas dans mon programme, je pensais que c'était quelque chose de fou et d'incontrôlable", a-t-il ajouté.

"Mais je vois à quel point c'est important pour vous, et pour beaucoup de vos amis dans cette salle, le Soudan. Et nous allons commencer à travailler sur le Soudan".

Depuis son déclenchement en avril 2023, la guerre entre l'armée soudanaise et les forces paramilitaires de soutien rapide a tué des dizaines de milliers de personnes et en a déplacé près de 12 millions.


Pologne: l'ambassadeur américain rompt avec le président du Parlement à cause d'«insultes» envers Trump

Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix. (AFP)
Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix. (AFP)
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  • Le Premier ministre, Donald Tusk, a réagi aussitôt aux déclarations de l'ambassadeur, insistant sur le fait que "les alliés devraient se respecter et non pas se faire la morale"
  • Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix

VARSOVIE: L'ambassadeur des Etats-Unis à Varsovie a annoncé jeudi la rupture de "tout échange" avec le président de la chambre basse du Parlement polonais, qualifiant d'"insultes" ses propos sur son refus de soutenir Donald Trump pour le Prix Nobel de la Paix.

"Nous ne permettrons à personne de nuire aux relations américano-polonaises ni de manquer de respect à (Donald Trump) qui a tant fait pour la Pologne et le peuple polonais", a écrit l'ambassadeur Tom Rose sur X.

Le Premier ministre, Donald Tusk, a réagi aussitôt aux déclarations de l'ambassadeur, insistant sur le fait que "les alliés devraient se respecter et non pas se faire la morale".

Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix.

"Je ne soutiendrai pas la motion en faveur d'un prix Nobel de la paix pour le président Trump, parce qu'il ne le mérite pas", a alors déclaré M. Czarzasty.

Il a estimé que plutôt que se rapprocher davantage de la Maison-Blanche, la Pologne devrait "renforcer les alliances existantes" telles que l'OTAN, l'ONU et l'OMS.

Il a critiqué M. Trump, notamment pour l'imposition de tarifs douaniers aux pays européens, ses menaces d'annexer le Groenland ou ses affirmations selon lesquelles les alliés des Etats-Unis au sein de l'OTAN, dont la Pologne, seraient "restés un peu loin des lignes de front" pendant la guerre en Afghanistan.

"C'est une violation de la politique des principes et des valeurs, souvent une violation du droit international", a déclaré M. Czarzasty.

Fin janvier, avec plusieurs autres hauts responsables polonais, M. Czarzasty a dénoncé des propos du président Trump selon lesquels les États-Unis "n’avaient jamais besoin" des alliés de l'OTAN.

Il a qualifié ces affirmations de "scandaleuses".

Quarante-trois soldats polonais sont morts au sein de la coalition de l’OTAN dirigée par les Etats-Unis en Afghanistan.

Jeudi, le président de la Diète a soutenu ses propos.

"Conformément à mes valeurs, j'ai défendu les soldats polonais engagés dans des missions et je n'ai pas soutenu la candidature du président @realDonaldTrump au prix Nobel de la paix", a-t-il déclaré sur X, accueillant "avec regret" la déclaration de l'ambassadeur.

M. Czarzasty dirige le parti La Nouvelle Gauche, membre de la coalition gouvernementale pro-européenne du Premier ministre Donald Tusk, avec laquelle M. Rose a déclaré entretenir "d'excellentes relations".

Cette coalition est confrontée à une cohabitation difficile avec le président conservateur-nationaliste Karol Nawrocki, fervent soutien de M. Trump.