Les anti «Black Friday» rêvent d'une journée plus verte et moins consumériste

Les acheteurs du Black Friday font la queue pour l'ouverture de Best Buy le 26 novembre 2021 à Westminster, Colorado. (Photo, AFP)
Les acheteurs du Black Friday font la queue pour l'ouverture de Best Buy le 26 novembre 2021 à Westminster, Colorado. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 26 novembre 2021

Les anti «Black Friday» rêvent d'une journée plus verte et moins consumériste

  • En Amérique du Nord et en Europe, de nombreux sites de ventes en ligne et magasins proposent des offres promotionnelles vendredi, traditionnel coup d'envoi de la saison des achats de Noël
  • Les analystes du site Adobe s'attendent à des dépenses mondiales de 910 milliards de dollars sur internet entre début novembre et fin décembre, une hausse de 11% par rapport à 2020

PARIS : Remplacer "Black Friday" par "Green Friday", dénoncer les arnaques de produits faussement soldés, boycotter Amazon: voici certaines des doléances de groupes qui dénoncent le consumérisme débridé des fêtes de fin d'année.

En Amérique du Nord et en Europe, de nombreux sites de ventes en ligne et magasins proposent des offres promotionnelles vendredi, traditionnel coup d'envoi de la saison des achats de Noël.

Les analystes du site Adobe s'attendent à des dépenses mondiales de 910 milliards de dollars sur internet entre début novembre et fin décembre, une hausse de 11% par rapport à 2020, et ce malgré l'inflation et les perturbations de la chaîne d'approvisionnement.

Vent debout contre Amazon

Face à cette frénésie, des associations et des groupes d'internautes s'élèvent contre les excès et absurdités du "Black Friday".

"Il est ridicule qu'une journée soit si rentable pour les patrons alors que les travailleurs sont payés comme d'ordinaire", peut-on lire sur un populaire forum "anti-travail" (r/antiwork) de la plateforme Reddit, qui compte plus d'un million de membres.

Le groupe a vu son nombre d'abonnés, qui se font ironiquement appeler les "fainéants", grimper en flèche cet automne. Cette croissance coïncide avec le nombre record de 4,4 millions d'Américains ayant quitté leur emploi en septembre, un mouvement parfois qualifié de "Grande Démission".

Plusieurs messages y relaient la campagne "Black Friday Blackout" (Boycotter Black Friday), qui incite les consommateurs à ne pas travailler et à ne surtout rien acheter vendredi.

Amazon, qui a lancé sa campagne promotionnelle jeudi et génère de juteux bénéfices à cette période de l'année, concentre l'essentiel des attaques.

"Make Amazon Pay" (Faire payer Amazon), une coalition internationale d'une quarantaine d'organisations, dont Greenpeace et Oxfam, accuse le groupe de placer les profits avant le bien-être de ses employés et soutient les salariés souhaitant manifester contre leurs conditions de travail ou se mettre en grève vendredi.

L'ONG écologiste Extinction Rebellion a organisé des blocages de plusieurs centres de livraisons et entrepôts d'Amazon au Royaume-Uni, en Allemagne et aux Pays-Bas pour dénoncer les pratiques sociales et fiscales de l'entreprise.

Un porte-parole du groupe a assuré qu'Amazon fournissait "un environnement de travail sûr et moderne" et soutenait "des dizaines de milliers de petites entreprises qui vendent" sur sa plateforme.

Au Royaume-Uni, la fédération des détaillants indépendants (Bira) estime que 85% des petits commerçants vont boycotter le "Black Friday", entre autres pour protester contre des abus de position dominante du géant du commerce en ligne qui se sont accentués pendant la pandémie.

Tromperie sur la marchandise

Le groupe fondé par Jeff Bezos et des chaînes de grands magasins sont également critiqués pour des pratiques commerciales jugées malhonnêtes.

Sur internet, des consommateurs citent de nombreux exemples de produits dont le prix est gonflé quelques jours avant "Black Friday", puis abaissé le jour même pour faire croire à un rabais.

Les entreprises "peuvent rendre une promotion plus attractive en disant +SEULEMENT 499 DOLLARS AUJOURD'HUI AU LIEU DE 1.299 DOLLARS, QUELLE AFFAIRE+ alors que 3 semaines avant le même produit valait littéralement 499 dollars", résume un membre du forum anti-travail de Reddit.

L'association britannique de défense des consommateurs Which? a calculé que 99,5% des produits soldés lors du dernier "Black Friday" chez 6 grands revendeurs (Amazon, AO, Argos, Currys, John Lewis et Richer Sounds) étaient, à d'autres périodes de l'année, affichés au même prix ou moins cher.

Impact environnemental

L'opération est également vilipendée pour son impact sur l'environnement, notamment la hausse des gaz à effet de serre causée par la surconsommation.

Depuis 2018, le collectif d'associations "Green Friday", organise des opérations de sensibilisation à ces thématiques (ateliers, conférences, débats) en France et en Belgique avec le soutien de la mairie de Paris. 

Certaines marques mènent des actions individuelles comme le fabricant français de vêtements Aigle, qui fermera plusieurs de ses enseignes vendredi et désactivera sa boutique en ligne pendant 24 heures pour la remplacer par un site de seconde main.

Le groupe américain d'articles de sports REI organise depuis 2015 l'opération #optoutside (allez vous promener), fermant ses magasins et incitant ses salariés à passer du temps en famille ou avec leurs amis.  

Autre exemple, courant novembre et dans une trentaine d'enseignes aux Etats-Unis, la chaîne suédoise IKEA propose aux membres de son programme familial d'échanger des meubles usagés contre des crédits à dépenser en magasin et à l'ensemble de ses clients d'acheter des produits d'occasion.  

 


L'économie du premier État saoudien a jeté les bases de la stabilité moderne

Au-delà de son importance politique et intellectuelle, Diriyah est devenue un centre économique dynamique. (SPA)
Au-delà de son importance politique et intellectuelle, Diriyah est devenue un centre économique dynamique. (SPA)
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  • Le commerce a repris dans la péninsule arabique, selon un historien
  • La ville de Diriyah est considérée comme un centre politique et commercial de premier plan

RIYAD: L'économie du premier État saoudien a servi de pilier fondamental à la construction de la nation, à la consolidation de son influence et à la garantie de sa stabilité, a récemment rapporté l'Agence de presse saoudienne.

Les principales caractéristiques de cette économie sont décrites dans le livre "Diriyah : Origins and Development during the First Saudi State", du Dr Abdullah Al-Saleh Al-Othaimeen, a rapporté la SPA.

Les mesures prises à l'époque ont permis d'assurer la sécurité, d'unifier les régions et d'organiser la société. Cela a permis de stimuler le commerce, de stabiliser les marchés et d'améliorer la vie à Diriyah et dans les régions avoisinantes.

arabie saoudite

Au-delà de son importance politique et intellectuelle, Diriyah est devenu un centre économique dynamique. (SPA)


L'ouvrage, publié par la Fondation du roi Abdulaziz pour la recherche et les archives, explique comment ces actions ont facilité l'arrivée des caravanes, sécurisé de vastes routes commerciales et relancé le commerce dans toute la péninsule arabique.

Au-delà de son importance politique et intellectuelle, Diriyah est devenue un centre économique dynamique. Ses marchés attiraient des marchands et des étudiants de toute la région.

La communauté locale s'appuyait sur diverses activités, notamment le commerce, l'agriculture et l'élevage, les chevaux et les chameaux jouant un rôle crucial dans le transport, le commerce et la sécurisation des routes.

La croissance économique au cours de cette phase de fondation "a consolidé la position de Diriyah en tant que centre politique et commercial de premier plan dans la péninsule arabique", a rapporté l'APS


EDF dévoile ses résultats à l'orée d'une année 2026 décisive

Un logo du géant français de l’énergie EDF au siège à Marseille, dans le sud de la France, le 10 octobre 2025. (AFP)
Un logo du géant français de l’énergie EDF au siège à Marseille, dans le sud de la France, le 10 octobre 2025. (AFP)
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  • EDF affiche des performances robustes grâce au rebond du nucléaire et à un bénéfice record en 2024, mais reste confronté à une dette élevée, à des besoins d’investissements massifs et à une consommation d’électricité en berne
  • Sous l’impulsion de Bernard Fontana, le groupe mise sur la relance des réacteurs (programme EPR2), la maîtrise des coûts et des investissements « sélectifs », tout en maintenant la stabilité des tarifs pour les ménages en 2026

PARIS: Consommation d'électricité en berne, relance du nucléaire, priorité à l'efficacité: le géant électricien EDF dévoile vendredi ses résultats annuels 2025, à l'orée d'une année 2026 pleine de défis financiers et industriels pour l'entreprise publique.

A quelques semaines du 80e anniversaire de la naissance d'EDF, créée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Bernard Fontana, qui a pris les rênes du groupe il y a dix mois, s'apprête à présenter des résultats solides, fort de la "remontada" de la production nucléaire depuis 2023 et malgré la décrue des prix de l'électricité sur les marchés après la crise énergétique.

En 2024, le groupe avait engrangé un bénéfice record de 11,4 milliards d'euros, peu avant l'éviction de son PDG Luc Rémont, en désaccord avec l'Etat, et la nomination en mai 2025 par l'Elysée du discret patron de l'équipementier Framatome, filiale d'EDF.

Face à une pile de dossiers brûlants, Bernard Fontana s'est fixé comme priorités de pacifier les relations avec les industriels sur le prix de l'électricité, enjeu majeur pour leur compétitivité, et de poursuivre la hausse de la production nucléaire.

Au passage, il aura aussi évité l'écueil de la sortie début 2026 du mécanisme de tarification très avantageuse du nucléaire, grâce au recul des cours sur les marchés de gros: les factures des ménages resteront stables en 2026.

En parallèle, EDF et l'Etat se sont entendus sur le partage du financement du nouveau programme de construction de réacteurs nucléaires EPR2. Sous réserve du feu vert de Bruxelles, EDF pourrait annoncer en fin d'année sa décision officielle d'investir pour six nouveaux réacteurs, conformément à la nouvelle feuille de route énergétique de la France.

Sa publication, la semaine dernière, a mis fin au moins pour un temps aux atermoiements politiques sur la place du nucléaire et des renouvelables: à rebours de la précédente qui prévoyait de fermer 14 réacteurs, cette nouvelle mouture confirme la priorité donnée à l'atome, tout en préservant l'éolien et solaire, plus faciles et rapides à déployer.

Du côté de l'hydraulique, l'horizon se dégage avec l'adoption par les députés d'une proposition de loi visant à relancer les investissements bloqués depuis des années en raison de différends juridiques avec Bruxelles.

- "Sélectifs" -

Mais de nombreux défis financiers, industriels et humains demeurent.

Le groupe est encore lesté d'une dette abyssale (54,3 milliards d'euros à fin 2024), à l'heure où il doit engager 25 milliards d'euros d'investissements par an, et jusqu'à 460 milliards d'ici 2040, selon la Cour des comptes.

Si bien que Bernard Fontana a fait des économies et de l'efficacité ses lignes directrices. Pour ce faire, le dirigeant à la réputation de "cost-killer" prévoit un plan d'un milliard d'euros par an d'économies sur les frais généraux d'ici 2030, en simplifiant l'organisation, ce qui inquiète les salariés.

"Il s'attaque en premier lieu aux fonctions support, pourtant essentielles afin de décharger le travail du personnel dit +opérationnel+... On sent plus une logique guidée par des économies rapides et à tout va plutôt que par un réel retour à plus de sens au travail et de reconnaissance des agents", a déploré Thomas Plancot, de la CGT.

Une formule que le PDG répète à l'envi résume sa priorité: "le lead time", soit une réduction du temps de réalisation des opérations ou des processus. Place "à l'opérationnel et au terrain" et à la simplification, et moins de "réunions préparatoires pour préparer des réunions", résume une source proche de la direction.

Parallèlement, la cession d'actifs dans les énergies renouvelables aux Etats-Unis, conformément à son objectif d'investissements "sélectifs" à l'international, et l'ouverture du capital d'Edison en Italie, pourraient lui redonner quelques marges de manœuvre.

Car pour investir, EDF va devoir composer, non seulement avec des prix en baisse, mais avec une consommation d'électricité qui patine, en attendant un grand plan d'électrification du gouvernement pour accélérer le transfert des consommations d'énergies fossiles importées et coûteuses vers l'électricité.

Fort de sa production décarbonée, EDF s'efforce de conquérir de nouveaux clients, parmi les particuliers (voitures électriques, pompes à chaleur), dans les entreprises et parmi les grands industriels qui recherchent de la visibilité à long terme et bientôt dans les centres de données, très gourmands en électricité.


E. Leclerc: hausse de 2,4% des ventes en 2025

Le distributeur E.Leclerc, numéro un du secteur en France, a fait état dimanche de ventes toujours en croissance l'an dernier, à 51,1 milliards d'euros hors carburant, soit une progression de 2,4% sur un an. (AFP)
Le distributeur E.Leclerc, numéro un du secteur en France, a fait état dimanche de ventes toujours en croissance l'an dernier, à 51,1 milliards d'euros hors carburant, soit une progression de 2,4% sur un an. (AFP)
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  • Selon un classement Kantar (réalisé du 6 octobre au 2 novembre 2025), E. Leclerc représentait 24,4% de parts de marché, contre 21,2% pour Carrefour, 17,6% pour le groupement Mousquetaires et 12,9% pour La Coopérative U
  • E. Leclerc a notamment vu ses marques distributeur grimper de 1,9% l'an dernier pour atteindre 12,1 milliards d'euros, essentiellement dans l'alimentaire

PARIS: Le distributeur E.Leclerc, numéro un du secteur en France, a fait état dimanche de ventes toujours en croissance l'an dernier, à 51,1 milliards d'euros hors carburant, soit une progression de 2,4% sur un an.

Depuis 2020, son chiffre d'affaires a bondi de près d'un quart, indique Leclerc, soit un gain de près de 12 milliards d'euros et 5 points de parts de marché en 5 ans, se targue-t-il, selon des chiffres reçus dimanche par l'AFP.

En 2024, le chiffre d'affaires avait augmenté de 2,6% pour atteindre 49,9 milliards d'euros.

"L'écart avec nos concurrents se resserre, mais ils ne sont pas près de nous rattraper", a estimé dans le quotidien économique Les Echos le président du comité stratégique des centres E.Leclerc, Michel-Edouard Leclerc.

Selon un classement Kantar (réalisé du 6 octobre au 2 novembre 2025), E. Leclerc représentait 24,4% de parts de marché, contre 21,2% pour Carrefour, 17,6% pour le groupement Mousquetaires et 12,9% pour La Coopérative U.

E. Leclerc a notamment vu ses marques distributeur grimper de 1,9% l'an dernier pour atteindre 12,1 milliards d'euros, essentiellement dans l'alimentaire.

Par ailleurs, "nous avons identifié un potentiel de 600 magasins de proximité que l'on ouvrira d'ici à 2030", a relaté aux Echos Michel-Edouard Leclerc, évoquant l'existence actuelle d'une centaine de E. Leclerc Express, avec "différents formats, qui vont de 300 à 1.000 m2".

Sur leurs objectifs pour 2030, "cela inclut des grandes métropoles - Paris n'est pas forcément notre priorité, car les espaces sont rares et très disputés".

"Il faut ajouter les centres-villes délaissés, les petites villes, mais aussi les villages. Pour ces derniers, les drives piétons et les camions E. Leclerc se révèlent une très bonne option", a-t-il ajouté.

E. Leclerc, comme Intermarché ou Système U en France, est un groupement de magasins indépendants, où les patrons de magasins ont plus de marge de manoeuvre que dans les groupes dits intégrés, comme Carrefour ou Auchan par exemple.

C'est la raison pour laquelle ces groupements ne communiquent que sur leurs ventes, pas sur leurs résultats nets qui dépendent des orientations et de la situation financière de chacun des membres.