Le designer américain Virgil Abloh, star engagée de Vuitton et d'Off-White, emporté par un cancer

Virgil Abloh, styliste et directeur artistique des collections homme de la maison Louis Vuitton, est décédé dimanche d'un cancer à l'âge de 41 ans. (Photo, AFP)
Virgil Abloh, styliste et directeur artistique des collections homme de la maison Louis Vuitton, est décédé dimanche d'un cancer à l'âge de 41 ans. (Photo, AFP)
Cette photo d'archive prise le 17 janvier 2018 montre Virgil Abloh, styliste et directeur artistique des collections homme de la maison Louis Vuitton, après la présentation de la collection homme automne/hiver 2018/2019, à Paris. (Photo, AFP)
Cette photo d'archive prise le 17 janvier 2018 montre Virgil Abloh, styliste et directeur artistique des collections homme de la maison Louis Vuitton, après la présentation de la collection homme automne/hiver 2018/2019, à Paris. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 29 novembre 2021

Le designer américain Virgil Abloh, star engagée de Vuitton et d'Off-White, emporté par un cancer

Virgil Abloh, styliste et directeur artistique des collections homme de la maison Louis Vuitton, est décédé dimanche d'un cancer à l'âge de 41 ans. (Photo, AFP)
Cette photo d'archive prise le 17 janvier 2018 montre Virgil Abloh, styliste et directeur artistique des collections homme de la maison Louis Vuitton, après la présentation de la collection homme automne/hiver 2018/2019, à Paris. (Photo, AFP)
  • L'annonce de son décès a suscité nombre de réactions émues à travers le monde
  • La maladie qu'il combattait depuis deux ans n'avait pas été rendue publique

PARIS: Star des millenials et roi du streetwear du luxe, le designer américain Virgil Abloh, créateur des collections homme de la maison Louis Vuitton, est décédé dimanche d'un cancer à l'âge de 41 ans, a annoncé le groupe LVMH, maison mère de Vuitton.

Premier grand créateur noir reconnu sur la scène de la mode, engagé pour l'affirmation des cultures afro-américaines, le styliste fan de hip-hop avait décroché en 2018 l'un des postes les plus enviés du secteur de la mode et du luxe, au sein de la griffe fleuron de LVMH, numéro un mondial du luxe.

"Le groupe LVMH, la Maison Louis Vuitton et Off-White ont l'immense douleur d'annoncer la disparition de Virgil Abloh, terrassé ce dimanche 28 novembre par un cancer qu'il combattait depuis plusieurs années", a déclaré LVMH sur son compte Twitter.

Fils d'immigrés ghanéens, il était marié et père de deux enfants, Lowe et Grey Abloh.

La maladie qu'il combattait depuis deux ans n'avait pas été rendue publique.

"Il a choisi d'endurer son combat en privé depuis son diagnostic en 2019" d'un angiosarcome cardiaque, une tumeur maligne rare située au niveau du cœur, a expliqué sa famille dans une publication sur le compte Instagram du designer, mentionnant de "nombreux traitements difficiles".

Artiste d'une "infinie curiosité", il a créé des "voies pour plus d'égalité dans l'art et le design", a salué sa famille qui appelle au respect de son intimité pour faire son deuil et "célébrer la vie de Virgil".

«Visionnaire»

Bernard Arnault, le président de LVMH, s'est dit "sous le choc", saluant "un designer de génie, un visionnaire" et "une belle âme".

L'annonce de son décès a suscité nombre de réactions émues à travers le monde.

Kim Jones, chez Dior Homme et Fendy (et prédécesseur de Virgil Abloh chez Vuitton), a rendu hommage sur Instagram à "l'une des personnes les plus gentilles que vous pouviez rencontrer".

"Il nous manquera profondément bien que sa vision perdurera à travers les sentiers qu'il a tracés tout au long de sa carrière", a réagi la maison Gucci (groupe Kering).

"Virgil Abloh était l'essence de la créativité moderne", a estimé Alexandre Arnault, vice-président de Tiffany, sur Instagram.

Ami et collaborateur de Virgil Abloh, le rappeur et designer américain Kanye West lui a rendu hommage sur son site Sunday Service par un écran noir barré d'un message en "souvenir affectueux de Virgil Abloh". Sur Instagram, le rappeur canadien Drake lui a témoigné de son "amour pour l'éternité, mon frère".

"Ton travail en tant qu'humain et ton travail en tant qu'être spirituel vivront éternellement", a ajouté l'artiste américain Pharrell Williams.

Côté français, le footballeur Kylian Mbappé a écrit sur Twitter que "personne n’oubliera l'empreinte que tu as laissée". "Rest in Power" ("Repose dans la force), a twitté l'acteur Omar Sy.

Virgil Abloh était né le 30 septembre 1980 aux Etats-Unis, à Rockford (Illinois). 

Ce fan de hip-hop avait commencé ses activités de DJ au lycée avant de sortir diplômé en génie civil de l'Université du Wisconsin et en architecture de l'Illinois Institute of Technology.

Au début des années 2000, il était devenu consultant artistique pour Kanye West, conseillant le rappeur notamment sur ses pochettes de disques et les scénographies de ses concerts.

Inclusivité et anti-racisme

Roi du streetwear de luxe, il s'était imposé en quelques années comme l'un des créateurs les plus "cools" auprès d'un public de millennials connectés.

Récompensé à de nombreuses reprises pour son travail, le prestigieux British Fashion Awards “Urban Luxe” award lui avait entre autres été décerné en 2017 et 2018.

Sa collection de janvier 2021 pour Louis Vuitton, dévoilée dans le cadre de la Fashion week virtuelle à Paris, l'avait été sous forme d'une performance anti-raciste et anti-homophobe menée par des rappeurs américains.

Virgil Abloh s’était interrogé sur comment les stéréotypes et les uniformes liés aux professions et aux modes de vie façonnent la personnalité, s'efforçant de changer ces idées préconçues.

"La mode est un outil de la mise en forme de ces identités (...) De façon inconsciente, nous faisons confiance à une silhouette en costume et nous nous méfions en voyant le contour d'un sweatshirt à capuche", pouvait-on lire dans les notes qui accompagnent la collection.

Il avait créé en 2012 un premier label, Pyrex Vision. Un an plus tard naissait Off-White, marque de streetwear de luxe qui s'imposa par la force de son graphisme avant d'évoluer vers des créations plus "couture".

LVMH avait conclu un accord en juillet avec Virgil Abloh afin de devenir actionnaire majoritaire de sa marque Off-White. Le designer s'était félicité de "la puissance et la dimension nécessaires" qu'apportait LVMH "pour accélérer notre élan et faire de Off-White une véritable marque de luxe".

LVMH comptait aussi étendre sa collaboration avec l'Américain pour lancer de nouvelles marques et voulait "imaginer de nouveaux partenariats" avec lui, "au-delà de la mode".

Abloh espérait se servir de son partenariat avec LVMH pour "favoriser une plus grande équité et inclusion dans les industries" qu'il servait.


Liban: 39 sites culturels placés sous protection renforcée de l'Unesco en raison de la guerre

Un homme inspecte les destructions sur le site d'une frappe aérienne israélienne ayant visé Baalbek, dans la vallée de la Bekaa à l'est du Liban, avec le temple romain de la cité antique en arrière-plan, le 7 novembre 2024, dans le cadre de la guerre en cours entre Israël et le Hezbollah. (AFP)
Un homme inspecte les destructions sur le site d'une frappe aérienne israélienne ayant visé Baalbek, dans la vallée de la Bekaa à l'est du Liban, avec le temple romain de la cité antique en arrière-plan, le 7 novembre 2024, dans le cadre de la guerre en cours entre Israël et le Hezbollah. (AFP)
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  • L’UNESCO place 39 sites culturels au Liban sous protection renforcée face aux risques liés au conflit
  • Des sites majeurs comme Baalbeck, Tyr et Byblos bénéficieront d’un soutien technique et financier

PARIS: L'Unesco a placé mercredi sous protection renforcée 39 sites culturels au Liban par crainte de dégâts causés par les bombardements auxquels fait face le pays après un mois de guerre.

"Ces 39 biens culturels bénéficient désormais du niveau de protection juridique le plus élevé contre les attaques et les usages à des fins militaires", écrit l'Unesco dans un communiqué.

Parmi ces biens figurent les sites archéologiques de Baalbeck et de Tyr, le musée national de Beyrouth ou encore le site de Byblos.

La convention de la Haye de 1954 oblige à préserver les biens culturels en cas de conflit armé.

Les 39 sites "recevront une assistance technique et financière de l'Unesco pour renforcer leur protection juridique, améliorer les mesures d'anticipation et de gestion des risques ainsi que fournir une formation supplémentaire aux professionnels de la culture et au personnel militaire de la zone", détaille l'Unesco.

"La protection renforcée permet également d'envoyer un signal à l'ensemble de la communauté internationale quant à l'urgence de protéger ces sites", ajoute l'organisation qui explique avoir convoqué mercredi une "réunion extraordinaire (...) à la suite d'une demande" du Liban.

Ces sites bénéficieront également d'une "aide financière internationale de plus de 100.000 dollars américains pour les opérations d'urgence sur le terrain", ajoute l'Unesco.

Située à une vingtaine de kilomètres de la frontière avec Israël, Tyr, ville inscrite sur la liste du patrimoine mondial en 1984, a été la cible de plusieurs frappes israéliennes depuis le début de la guerre avec le Hezbollah pro-iranien le 2 mars.

Encore en construction, un musée sur le site a subi quelques dommages. Mais ni la nécropole des IIe et IIIe siècles ni l'arc de triomphe monumental, les aqueducs ou encore l'hippodrome qui s'élèvent sur le site, n'ont été atteints.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient déclenchée le 28 février par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran, "d'autres biens dans des pays voisins" ont subi des dégâts, écrit l'Unesco, sans détails.


Découverte : Blossom Space à Djeddah

(Photo: Arab News)
(Photo: Arab News)
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  • Blossom Space excelle dans les articles de papeterie, proposant carnets, encres et autres objets soigneusement sélectionnés

DJEDDAH : À Djeddah, Blossom Space combine charme, convivialité et créativité dans un seul et magnifique lieu. Dès que vous franchissez la porte, on a l’impression d’entrer dans les pages d’un livre d’histoires — un monde doux et rêveur, à mi-chemin entre une bibliothèque confortable et une boutique-cadeaux fantaisiste.

Le personnel est exceptionnellement gentil et accueillant, ajoutant une touche personnelle qui élève toute l’expérience.

L’extérieur est déjà séduisant, avec une façade en verre élégante et une enseigne lumineuse qui suggèrent un espace moderne et légèrement haut de gamme — discret mais intrigant, plutôt « trésor caché » qu’une boutique clinquante.

Une fois à l’intérieur, l’atmosphère se transforme en chaleur et charme. Des étagères en bois et un éclairage doux créent une ambiance apaisante, rappelant un coin lecture tranquille.

Les détails décoratifs — mini-carrousels, accents vintage, papeterie délicate — évoquent un sentiment nostalgique, presque de livre d’histoires. Les plantes suspendues apportent vie et fraîcheur, tandis que les présentoirs pastel offrent un rendu visuel plaisant, féminin et digne d’un tableau Pinterest.

Blossom Space brille dans la papeterie, proposant carnets, encres et autres objets soigneusement sélectionnés. Pour ceux qui cherchent une expérience plus interactive, l’espace coloriage à l’étage est parfait pour se détendre et se ressourcer, offrant une échappée thérapeutique pour adultes et enfants.

Les activités de coloriage coûtent SR35 (9 $), et les expériences de décoration à la main SR65.

J’y suis allé deux fois. La première visite était agréable, même si certaines peintures étaient sèches et le café gratuit pouvait être meilleur. La deuxième fois, je suis venu avec un ami mais je ne voulais pas peindre, et on m’a demandé de payer l’entrée. Je comprends la politique, mais cela a été un peu décevant, surtout que l’endroit était vide.

Que vous soyez amateur de livres, passionné de papeterie ou simplement en quête d’une sortie différente et mémorable, Blossom Space ne déçoit pas.

Organisé, propre et débordant de charme, j’y retournerai sans hésiter. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Ahmad Kaabour : la voix de Beyrouth s’éteint à 71 ans

Le chanteur libanais Ahmad Kaabour en concert au festival « Angham min al-Sharq » (Les Sons de l’Arabie) à Abou Dhabi, le 7 mai 2010. Organisé par l’Autorité pour la Culture et le Patrimoine d’Abou Dhabi (ADACH), l’événement célèbre la richesse musicale du monde arabe. (AFP)
Le chanteur libanais Ahmad Kaabour en concert au festival « Angham min al-Sharq » (Les Sons de l’Arabie) à Abou Dhabi, le 7 mai 2010. Organisé par l’Autorité pour la Culture et le Patrimoine d’Abou Dhabi (ADACH), l’événement célèbre la richesse musicale du monde arabe. (AFP)
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  • Ahmad Kaabour est décédé à 71 ans à Beyrouth, après une longue lutte contre le cancer, laissant un héritage musical engagé et profondément lié à la mémoire de la ville
  • Son répertoire transforme Beyrouth en protagoniste, célébrant sa résilience, sa culture et ses traditions à travers plus de quatre décennies de carrière

​​​​​DUBAÏ: La disparition d’Ahmad Kaabour marque un chapitre essentiel de la mémoire musicale de Beyrouth. Figure emblématique de la chanson engagée et du patrimoine musical libanais, Kaabour aura traversé les décennies comme un témoin sonore des douleurs et des renaissances de sa ville natale. 

L’artiste s’est éteint à Beyrouth à l’âge de 71 ans, après une longue lutte contre le cancer. Né dans la capitale libanaise en 1955, il laisse derrière lui un héritage musical profondément ancré dans l’histoire et l’identité de la ville. Sa disparition marque la fin d’une voix qui a su chanter à la fois la douleur, l’espoir et la résilience de Beyrouth et du Liban.

Né dans une famille d’artistes, Kaabour commence à composer dès l’adolescence. En 1975, alors que le Liban s’enfonce dans la guerre civile, il compose la musique de « Ounadikom », sur des paroles du poète palestinien Tawfiq Ziad. La chanson devient un hymne de protestation et de solidarité, traversant générations et frontières.

Au fil des années, Kaabour travaille aux côtés de figures majeures de la scène libanaise, devenant partenaire artistique de Ziad Rahbani et Marcel Khalifé, tout en naviguant entre engagement politique et sensibilité populaire. 

Cette ouverture à des influences internationales se manifeste également dans son adaptation de « Baddi Ghanni Lannas », version arabe de « Chanter pour ceux qui sont loin de chez eux » de Michel Berger, parue en 1985 sur l’album Différences. Dans cette relecture, Ahmad Kaabour conserve la mélodie poignante et épurée de l’original, tout en y insufflant des paroles arabes ancrées dans les réalités libanaises et, plus largement, arabes.

Là où Berger chantait l’exil et la marginalité, Kaabour en élargit la portée pour en faire un hymne à la dignité et à la présence des peuples, fidèle à son engagement artistique. Cette collaboration indirecte — où Berger est crédité pour la musique et Kaabour pour l’adaptation — illustre sa capacité à faire dialoguer les cultures tout en restant profondément enraciné dans son identité.

Le lien avec Beyrouth reste central dans son œuvre. « La3younak » (1993) est une véritable déclaration d’amour à la ville, diffusée largement dans les années 1990, notamment sur Future TV, et incarnant l’esprit d’une capitale en reconstruction  derrière sa mélodie douce et nostalgique, c’est une ville-personne qui se dessine : aimée, fragilisée, mais toujours debout. 

Cette fibre beyrouthine traverse aussi d’autres titres. Dans ses reprises, comme « Shu Beddak » après l’explosion du port de 2020, Kaabour transforme une chanson populaire en élégie contemporaine, appelant à la mémoire et à la responsabilité collective. Dans des registres plus festifs, comme « Allou Al Bayarek », associé aux traditions du Ramadan à Beyrouth, il célèbre les rituels et la vie quotidienne de la ville, inscrivant son œuvre au cœur de la culture et des traditions locales.

Au-delà de ses succès pour adultes, Kaabour n’a jamais négligé le jeune public. Ses spectacles pour enfants, souvent avec la troupe Firkat al-Sanabel et le Théâtre libanais de marionnettes, évitaient la simplification, mêlant rythme, histoire et réflexion sur le monde. Pour lui, la musique était un pont entre générations et un moyen de transmettre mémoire et émotion.

Avec plus de quatre décennies de carrière, Ahmad Kaabour laisse un héritage unique : Beyrouth, avec toutes ses blessures et ses espoirs, comme protagoniste de sa musique. Sa voix restera à jamais l'écho de la ville qu’il a tant aimée.