Commerce: des Assises attendues pour trouver un nouveau modèle au secteur

"Si on ne fait pas ça, ce sont ceux qui ont les moyens d'investir aujourd'hui, les grandes plateformes internationales, qui risquent de prendre le marché", indique Jacques Creyssel, en citant  le géant américain Amazon ou le chinois Alibaba. (Photo, AFP)
"Si on ne fait pas ça, ce sont ceux qui ont les moyens d'investir aujourd'hui, les grandes plateformes internationales, qui risquent de prendre le marché", indique Jacques Creyssel, en citant  le géant américain Amazon ou le chinois Alibaba. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 29 novembre 2021

Commerce: des Assises attendues pour trouver un nouveau modèle au secteur

  • Le secteur a en effet été bouleversé par la pandémie de Covid-19, qui a fait baisser la fréquentation des commerces physiques tandis que le e-commerce explosait
  • Sur l'année 2020, les ventes en ligne ont atteint 112 milliards d'euros en France, soit une progression de 8,5% sur un an, selon la Fédération de l'e-commerce et de la vente à distance

PARIS : Demandées par le secteur depuis un an, les Assises du Commerce débutent mercredi et dureront trois semaines, avec l'objectif de trouver un modèle pour les commerces de demain face notamment à l'essor des ventes en ligne.


Les Assises du Commerce sont organisées par le ministère de l’Économie, avec la contribution des ministères de la Transition écologique, du Travail et de la Cohésion des territoires.


"Je travaille depuis mon arrivée au gouvernement sur le principe d'organiser des assises", a déclaré à l'AFP Alain Griset, le ministre délégué chargé des petites et moyennes entreprises (PME).


Le gouvernement avait donné en octobre 2020 un accord de principe à la Fédération du Commerce et de la Distribution (FCD), qui réclamait un événement de ce type pour faire un bilan de la situation du commerce en France.


Le secteur a en effet été bouleversé par la pandémie de Covid-19, qui a fait baisser la fréquentation des commerces physiques tandis que le e-commerce explosait. 


Sur l'année 2020, les ventes en ligne ont atteint 112 milliards d'euros en France, soit une progression de 8,5% sur un an, selon la Fédération de l'e-commerce et de la vente à distance (Fevad). Au troisième trimestre 2021, elles ont encore progressé de 15% par rapport au même trimestre de 2020.


"On est soumis aujourd'hui à des mutations gigantesques des habitudes de consommation, des modes de distribution, tout l'enjeu de la digitalisation, de la décarbonation du secteur... Tout cela vient en même temps et on est vraiment dans une redéfinition du commerce", soutient auprès de l'AFP Jacques Creyssel, délégué général de la FCD.


Des organisations professionnelles et syndicales, des associations de consommateurs, des chefs d'entreprise ou encore des universitaires sont donc attendus à Bercy pour échanger et trouver des solutions communes.

Vers une politique nationale du commerce?
Les Assises s'organiseront en quatre ateliers: un sur l'adaptation des commerces aux nouveaux modes de consommation, un deuxième sur leur développement dans les territoires, un autre sur l'équité entre les différents types d'acteurs et un quatrième sur l'emploi dans le commerce.


"Cela pourrait aboutir à élaborer au niveau national une politique du commerce, qui n'a jamais existé en France", assure M.Griset.


En pratique, le ministre délégué aux PME indique que des mesures réglementaires pourraient être prises "dans les semaines et les mois" suivants les Assises du commerce "s'il y a un consensus et de vraies demandes" sur certains sujets.


"Ensuite, s'il y a des mesures beaucoup plus lourdes en termes d'investissement, ce sont des choix qui seront faits après l'élection présidentielle", précise-t-il.


La FCD attend notamment de l'État qu'il "prenne sa part" dans les investissements dont a besoin le commerce pour rebondir. Elle estime que le secteur va avoir besoin d'investir au total 10 milliards d'euros de plus par an.


"Si on ne fait pas ça, ce sont ceux qui ont les moyens d'investir aujourd'hui, les grandes plateformes internationales, qui risquent de prendre le marché", indique Jacques Creyssel, en citant  le géant américain Amazon ou le chinois Alibaba.


Les organisations professionnelles comme la FCD ou la Confédération des commerçants de France, qui représente les indépendants, attendent notamment des mesures fiscales pour rétablir une "équité" entre les entrepôts de e-commerce et les magasins physiques.


Le pétrole bondit après les déclarations Trump sur la fin du cessez-le-feu avec l'Iran

Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
  • Les prix du pétrole ont bondi de plus de 6 % après les déclarations de Donald Trump annonçant la fin du cessez-le-feu avec l’Iran
  • La reprise des tensions au détroit d’Ormuz ravive les craintes sur l’approvisionnement mondial en pétrole, malgré la poursuite possible des négociations

LONDRES: Les cours du pétrole bondissent mercredi après les déclarations de Donald Trump affirmant mettre fin au cessez-le-feu avec l'Iran, dans la foulée d'une reprise des hostilités à la suite d'attaques de bateaux dans le détroit d'Ormuz.

Vers 09H15 GMT (11H15 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, s'envolait de 6,45% à 78,94 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en août, grimpait de 6,49% à 75,01 dollars.

Les deux références du brut évoluaient à leurs plus hauts niveaux depuis deux semaines.

Le président américain a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", qualifiant les Iraniens de "menteurs".

"En ce qui me concerne, c'est terminé (...) c'est juste une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il affirmé, interrogé sur le cessez-le-feu avec l'Iran, qu'il a qualifié de pays "malade".

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions.

Si "le prix du baril a fortement progressé" ce matin, il n'est pas revenu à ses plus hauts atteints durant la guerre, tempère John Plassard, analyste chez Cité Gestion, interrogé par l'AFP.

L'analyste voit davantage une "pause" du cessez-le-feu que sa fin, car si le président américain dit qu'il "est terminé, c'est aussi un moyen de mettre de la pression".

Donald Trump n'a, selon lui, "aucun intérêt à ce que les discussions s'arrêtent totalement", pour des raisons électorales, après avoir mis en avant les prix bas à la pompe dans sa campagne.

Trois navires ont été frappés en 24 heures dans le détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO mardi. Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé deux de ces attaques à l'Iran.

Dénonçant des "attaques iraniennes" et une "violation flagrante du cessez-le-feu", l'armée américaine a lancé une série de "frappes puissantes" contre l'Iran, touchant plus de 80 cibles, dont des systèmes iraniens de défense antiaérienne.

Ces tirs américains ont déclenché mercredi des représailles de Téhéran, qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien.

Le protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique, prévoit la réouverture du passage stratégique d'Ormuz ainsi que la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.


Le patron de TotalEnergies voit la Syrie comme une «route alternative» pour le pétrole

  • "Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas"
  • "C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient"

DAMAS: La Syrie peut devenir un "pays de transit important pour le pétrole qui vient d'Irak vers la Méditerranée", et offrir des "routes alternatives" au détroit d'Ormuz, a déclaré mardi à Damas le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné, en marge de la visite d'Emmanuel Macron.

"Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas", a-t-il dit à des journalistes juste avant l'annonce de l'explosion de deux bombes à proximité de l'hôtel où le président français avait passé la nuit.

"C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient", a-t-il ajouté.

Selon lui, "ce qui vient de passer avec le détroit d'Ormuz" dans le Golfe, bloqué durant la guerre américano-israélienne contre l'Iran, "lui donne également plus d'importance", "puisqu'on voit bien que maintenant, si on veut investir au Moyen-Orient, il va falloir qu'on trouve des routes alternatives".

Début avril, l'Irak avait annoncé avoir commencé à transporter du pétrole par camion à travers la Syrie en vue de sa réexportation, en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz. L'Irak et la Syrie ont récemment évoqué un projet de restauration de l'oléoduc reliant les deux pays, fermé depuis des décennies.

TotalEnergies a conclu un mémorandum d'entente avec la Syrie pour un bloc d'exploration offshore en Méditerranée, mais n'a pas encore d'autre projet spécifique dans le pays, a souligné Patrick Pouyanné.

Sa visite à Damas, la première depuis la fin de la guerre civile en 2024, vise à "rencontrer les autorités" pour "des prises de contact", a-t-il précisé.

"Laissons au gouvernement le temps de prendre le contrôle de ce pays. Il ne faut pas trop demander" après plus de 13 ans de guerre civile, "il faut être un peu patient", a-t-il ajouté.


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com