Le rebond du pétrole s'essouffle, le variant reste dans toutes les têtes

La semaine dernière, le président américain Joe Biden avait décidé d'utiliser 50 millions de barils tirés des réserves du pays pour soulager les cours du pétrole (Photo, AFP).
La semaine dernière, le président américain Joe Biden avait décidé d'utiliser 50 millions de barils tirés des réserves du pays pour soulager les cours du pétrole (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 30 novembre 2021

Le rebond du pétrole s'essouffle, le variant reste dans toutes les têtes

  • A Londres, le baril de Brent pour livraison en janvier n'a enregistré qu'un gain de 0,99% pour finir à 73,44 dollars, après avoir pris jusqu'à 5,91% en séance
  • «C'est simplement le risque de destruction de la demande (d'or noir lié au nouveau variant) qui a le plus d'impact sur le marché», a expliqué Robert Yawger

NEW YORK: Le rebond des cours du pétrole a finalement été limité lundi après le plongeon de vendredi, les conséquences potentielles du variant Omicron sur l'économie mondiale privant le marché d'un élan.

A Londres, le baril de Brent pour livraison en janvier n'a enregistré qu'un gain de 0,99% pour finir à 73,44 dollars, après avoir pris jusqu'à 5,91% en séance.

C'est bien peu de chose après la chute de 11,55% qu'a connu le Brent vendredi, pire séance depuis avril 2020.

Quant au baril de West Texas Intermediate (WTI) pour janvier également, il a repris 2,64% par rapport à la clôture de vendredi et terminé à 69,95 dollars. La référence du brut américain avait perdu 13,06% vendredi.

"C'est simplement le risque de destruction de la demande (d'or noir lié au nouveau variant) qui a le plus d'impact sur le marché", a expliqué Robert Yawger, responsable des contrats à terme sur l'énergie chez Mizuho Securities.

Sur le plan scientifique, manquent encore les informations sur la gravité des cas ou l'éventuelle résistance d'Omicron aux vaccins existants contre le Covid-19.

Mais plusieurs pays ont déjà suspendu les vols en provenance d'Afrique australe, tandis que Japon et Israël ont eux fermé leurs frontières aux ressortissants étrangers, pour tenter d'éviter la propagation d'Omicron, nouveau variant du coronavirus.

Le début de séance avait été alimenté par des achats à bon compte provenant d'"une nuée d'opérateurs à la tête froide", après le coup de chaud de vendredi, selon Louise Dickson, du cabinet Rystad Energy.

En outre, le report à mercredi d'une réunion technique de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et leurs alliés de l'accord Opep+ avait donné le signal que l'alliance réfléchissait encore à sa stratégie face à ce nouveau développement.

"On s'attend à ce qu'ils ne relèvent pas leur production", a avancé Robert Yawger au sujet de l'Opep+, qui s'est jusqu'ici tenu au calendrier annoncé en juillet.

Il prévoit théoriquement une hausse mensuelle de 400.000 barils par jour, afin de retrouver graduellement le niveau de production préalable à la pandémie, d'ici septembre 2022.

Un maintien de la production plutôt qu'une hausse serait, a priori, favorable aux cours.

"Mais je ne sais pas si cela susciterait une réponse forte des prix", a prévenu l'analyste.

Ce d'autant que, lundi, le conseiller à la sécurité énergétique du département d'Etat américain, Amos Hochstein, a indiqué sur la chaîne CNBC que le gouvernement américain n'écartait pas de puiser de nouveau dans ses réserves stratégiques.

La semaine dernière, le président américain Joe Biden avait décidé d'utiliser 50 millions de barils tirés de ces réserves pour soulager les cours, avec un succès très relatif sur les prix de l'or noir.

Le spectre d'une nouvelle initiative américaine est venu s'ajouter aux craintes que fait peser le variant Omicron sur la croissance, au point de saper le rebond des cours.


Collaboration Aramco-Yokogawa pour la fabrication de semi-conducteurs en Arabie saoudite

Aramco collabore avec l’entreprise japonaise Yokogawa pour localiser la fabrication de puces à semi-conducteur en Arabie saoudite. (Photo fournie)
Aramco collabore avec l’entreprise japonaise Yokogawa pour localiser la fabrication de puces à semi-conducteur en Arabie saoudite. (Photo fournie)
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  • En vertu de cet accord, Aramco doit étudier la possibilité d’utiliser les technologies Minimal Fab pour la fabrication de semi-conducteurs
  • L’entreprise japonaise offrira son expertise en déployant ces technologies dans les installations d’Aramco, et fournira des services de formation, de maintenance et d’assistance

RIYAD: L’entreprise Yokogawa Electric, basée à Tokyo, a conclu un premier accord avec Aramco afin de lancer et de localiser la fabrication de puces à semi-conducteur en Arabie saoudite et stimuler ainsi le développement du domaine des entreprises numériques industrielles.

En vertu de cet accord, Aramco doit étudier la possibilité d’utiliser les technologies Minimal Fab pour la fabrication de semi-conducteurs, selon un communiqué.

Minimal Fab est un système de production qui permet de fabriquer des semi-conducteurs et des systèmes microélectromécaniques en grande quantité et à faible volume sans avoir recours à une salle blanche.

L’entreprise japonaise offrira son expertise en déployant ces technologies dans les installations d’Aramco, et fournira des services connexes de formation, de maintenance et d’assistance pour garantir une réussite complète.

Cette annonce intervient alors que le monde est confronté à une pénurie de puces et, selon un récent rapport publié par le gouvernement américain, le problème pourrait perdurer pendant plus de six mois.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


USA: la consommation ralentit en décembre, les revenus des ménages augmentent peu

Un employé de Delta assiste un client à l'aéroport intercontinental George Bush le 13 janvier 2022 à Houston, au Texas.(AFP)
Un employé de Delta assiste un client à l'aéroport intercontinental George Bush le 13 janvier 2022 à Houston, au Texas.(AFP)
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  • Les revenus des ménages ont eux progressé de 0,3%, un peu moins que ce qui était anticipé par les analystes, et en ralentissement par rapport aux deux mois précédents
  • Par rapport à décembre 2021, la hausse des prix est au plus haut depuis 1982, à 5,8%. La hausse est de 4,9% pour l'inflation sous-jacente

WASHINGTON : La consommation a marqué le pas en décembre aux États-Unis, l'activité économique ayant été perturbée par le variant Omicron, tandis que les revenus des ménages ont progressé, mais moins qu'attendu, selon les données du département du Commerce publiées vendredi.

Les dépenses des ménages ont, comme prévu, reculé de 0,6% en décembre par rapport à novembre. La hausse des dépenses dans les services (+0,5%), et notamment en services de santé, n'a pas été suffisante pour compenser la baisse des achats de biens (-2,6%), plombée par le recul des ventes de voitures.

Par ailleurs, la consommation avait été forte les deux mois précédents, les Américains ayant réalisé leurs achats de fin d'année avec de l'avance par peur des pénuries.

Les revenus des ménages ont eux progressé de 0,3%, un peu moins que ce qui était anticipé par les analystes, et en ralentissement par rapport aux deux mois précédents.

"En décembre, les cas de Covid-19 ont entraîné des restrictions et des perturbations continues dans l'activité des entreprises dans certaines régions du pays", souligne le département du Commerce dans son communiqué.

Côté revenus, "les prestations sociales gouvernementales ont diminué, reflétant principalement la fin des programmes d'aide liés à la pandémie" et la hausse des revenus "reflète surtout une augmentation de la rémunération qui a été en partie contrebalancée par une diminution du revenu des propriétaires", est-il précisé.

L'inflation a par ailleurs ralenti sur un mois, selon l'indice PCE, celui que privilégie la banque centrale américaine (Fed), et les prix ont augmenté de 0,4% par rapport à novembre. En excluant les prix volatils de l'alimentation et de l'énergie, la hausse des prix sur un mois est stable par rapport à novembre, à 0,5%.

Par rapport à décembre 2021, la hausse des prix est au plus haut depuis 1982, à 5,8%. La hausse est de 4,9% pour l'inflation sous-jacente. 

Le département du Commerce avait communiqué jeudi, une autre mesure de l'inflation PCE, et qui comparait l'ensemble de l'année 2021 à l'ensemble de l'année 2020, et avait fait état d'une hausse des prix de 3,9%.

Il existe aux États-Unis deux indices mesurant l'inflation, l'indice PCE et l'indice CPI. Selon ce dernier, les prix ont grimpé de 7% en 2021.

Le PIB américain a enregistré une croissance de 5,7% en 2021, sa plus forte hausse depuis 1984, a annoncé jeudi le département du Commerce, après une contraction historique de 3,5% en 2020 à cause de la crise sanitaire. Sur le dernier trimestre, la croissance a été très forte, à 6,9% en rythme annualisé.

Les dépenses de consommation des ménages, qui représentent près des trois quarts de l'économie américaine, ont bondi de 7,9% sur l'année. Elles avaient chuté de 3,9% en 2020.

 


Salaire minimum dans l'UE : un écart de 1 à 7 entre Bulgarie et Luxembourg

Le commissaire européen à l'économie Paolo Gentiloni s'exprime lors d'une conférence de presse sur le rapport 2020 d'Eurostat sur les progrès vers les objectifs de développement durable dans l'UE, à Bruxelles, le 22 juin 2020.(AFP)
Le commissaire européen à l'économie Paolo Gentiloni s'exprime lors d'une conférence de presse sur le rapport 2020 d'Eurostat sur les progrès vers les objectifs de développement durable dans l'UE, à Bruxelles, le 22 juin 2020.(AFP)
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  • La question des bas salaires préoccupe Bruxelles qui a proposé en octobre 2020 un projet de directive visant à améliorer le sort des travailleurs les plus mal lotis
  • Seuls six pays disposent d'un salaire minium mensuel supérieur à 1.500 euros

BRUXELLES : Le salaire minimum au Luxembourg est près de sept fois plus élevé qu'en Bulgarie, et l'Union européenne reste marquée par des disparités très fortes, révèlent les derniers chiffres d'Eurostat publiés vendredi.

La question des bas salaires préoccupe Bruxelles qui a proposé en octobre 2020 un projet de directive visant à améliorer le sort des travailleurs les plus mal lotis. Le texte, actuellement examiné par le Parlement européen et les Etats membres, est l'une des priorités de la présidence française du conseil de l'UE qui espère le faire adopter avant l'été.

Au 1er janvier 2022, parmi les 21 pays de l'UE qui disposent d'un salaire minimum, treize sont sous le seuil des 1.000 euros mensuels (avant impôt et contributions sociales). Les plus faibles sont enregistrés en Bulgarie (332 euros par mois), en Lettonie (500) et en Roumanie (515), a indiqué l'office européen des statistiques dans un communiqué.

Seuls six pays disposent d'un salaire minium mensuel supérieur à 1.500 euros, les plus élevés étant au Luxembourg (2.257), en Irlande (1.775) et aux Pays-Bas (1.725). L'Allemagne (1.621) et la France (1.603) arrivent juste derrière la Belgique (1.658).

Les écarts se réduisent nettement, une fois prises en compte les différences de coût de la vie entre pays. En parité de pouvoir d'achat, le salaire minimum est évalué à 604 euros en Bulgarie, contre 1.707 au Luxembourg, soit tout de même un écart de 1 à 3.

Le projet de directive de Bruxelles prévoit des règles visant à favoriser l'augmentation des salaires minimums là où ils existent, mais ne fixe pas de seuil européen uniforme. Il n'obligera pas non plus à introduire un salaire minimum dans les six pays de l'UE qui n'en disposent pas (Autriche, Chypre, Danemark, Finlande, Italie, Suède).