Irak: le courant du leader chiite Moqtada Sadr vainqueur des législatives

Moqtada Al-Sadr, chef de milice irakien et religieux chiite, donne une conférence de presse dans la ville sanctuaire centrale de Najaf. (Dossier/AFP)
Moqtada Al-Sadr, chef de milice irakien et religieux chiite, donne une conférence de presse dans la ville sanctuaire centrale de Najaf. (Dossier/AFP)
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Publié le Mercredi 01 décembre 2021

Irak: le courant du leader chiite Moqtada Sadr vainqueur des législatives

  • L'Alliance de la conquête remporte elle 17 sièges contre 48 dans l'assemblée sortante
  • Près de deux mois après la tenue du scrutin, la commission électorale a confirmé la victoire du courant sadriste aux dépens de l'Alliance de la conquête

BAGDAD: Le courant du leader chiite Moqtada Sadr a remporté les élections législatives du 10 octobre en Irak, devenant le premier bloc au Parlement avec 73 sièges, selon les résultats définitifs publiés mardi.


Près de deux mois après la tenue du scrutin, la commission électorale a confirmé la victoire du courant sadriste aux dépens de l'Alliance de la conquête, vitrine politique des anciens paramilitaires pro-Iran du Hachd al-Chaabi, qui n'a eu de cesse de crier à la fraude.


Les résultats définitifs étaient attendus depuis plusieurs semaines dans un contexte de tensions larvées qui ont culminé début novembre avec une attaque de drones piégés contre la résidence à Bagdad du Premier ministre Moustafa al-Kazimi qui en est sorti indemne. L'attaque n'a pas été revendiquée. 


Lors d'une conférence de presse à Bagdad, les membres de la commission électorale ont lu tour à tour les noms des 329 députés du nouveau Parlement et le nombre de voix obtenus par chacun. Le taux de participation s'est élevé à 44%.


Selon les résultats envoyés à la presse par la commission, le parti de l'influent leader chiite Moqtada Sadr a obtenu 73 sièges, ce qui en fait le premier bloc au Parlement.


L'Alliance de la conquête remporte elle 17 sièges contre 48 dans l'assemblée sortante.


Pour protester contre les résultats préliminaires des élections, des partisans du Hachd al-Chaabi organisent  depuis plusieurs semaines un sit-in à l'une des entrées de la zone verte, tentant parfois de pénétrer par la force dans ce secteur ultrasécurisé accueillant instances gouvernementales et ambassades.


Malgré un échec symbolique, le Hachd al-Chaabi reste un acteur incontournable sur la scène politique, fort du soutien de l'Iran et de ses 160.000 combattants intégrés aux forces régulières. Le grand voisin iranien chhite exerce une forte influence en Irak.


Le Hachd a fait son entrée pour la première fois au Parlement en 2018, surfant sur les victoires contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI).


Il peut aussi compter sur le jeu des alliances.: l'un de ses partenaires incontournables, l'ancien Premier ministre Nouri al-Maliki a effectué une percée notable, sa "coalition de l'Etat de droit" remportant 33 sièges.

«Risque d'escalade»
Les résultats définitifs doivent maintenant être envoyés au Tribunal fédéral pour être entérinés. Le Parlement pourra ensuite tenir sa session inaugurale et élire ensuite le président de la République.


En parallèle, les négociations doivent se poursuivre sur la formation du gouvernement.


Dans un Irak multiconfessionnel et multiethnique, ce processus s'accompagne d'interminables tractations et les grands partis dominant la communauté chiite, majoritaire en Irak, doivent traditionnellement arriver à un compromis, indépendamment du nombre de députés.


Les positions de M. Sadr sont diamétralement opposées à celles des formations pro-Iran, qui veulent perpétuer la tradition du compromis.


Répétant inlassablement que le futur Premier ministre sera désigné par son courant, Moqtada Sadr réclame un gouvernement "de majorité", composé des formations politiques ayant obtenu les scores les plus élevés.


Fait inédit, il pourrait chercher à construire sa propre majorité parlementaire en s'alliant à d'autres formations, hors de la communauté chiite. Des analystes évoquent une possible coalition avec l'influent chef sunnite du Parlement Mohamed al-Halboussi (37 députés pour son courant Taqadom), et le Parti démocratique du Kurdistan (31 députés).


"Il s'agit de voir qui cèdera face à la pression de l'autre camp", estime l'analyste Hamdi Malik, du Washington Institute, en parlant du courant sadriste et du Hachd. "Jusqu'à présent, aucun des deux camp n'a cédé. C'est pourquoi le risque d'escalade et d'affrontements est élevé à ce stade."


Attaque de drones sur le principal port de Koweït, des dégâts

Le principal port commercial de Koweït a été visé vendredi à l'aube par une attaque de drones "ennemis", ont annoncé les autorités portuaires. (AFP)
Le principal port commercial de Koweït a été visé vendredi à l'aube par une attaque de drones "ennemis", ont annoncé les autorités portuaires. (AFP)
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  • L'attaque sur le port de Shuwaikh a fait des dégâts matériels mais pas de victimes, ont-elles précisé dans un communiqué publié sur X
  • Une deuxième port, en construction et situé dans le nord de l'émirat a également été visé, a ensuite annoncé le ministère des travaux publics

KOWEIT: Le principal port commercial de Koweït a été visé vendredi à l'aube par une attaque de drones "ennemis", ont annoncé les autorités portuaires.

L'attaque sur le port de Shuwaikh a fait des dégâts matériels mais pas de victimes, ont-elles précisé dans un communiqué publié sur X.

Une deuxième port, en construction et situé dans le nord de l'émirat a également été visé, a ensuite annoncé le ministère des travaux publics.

Selon cette source, le port de Mubarak al-Kabeer a été touché tôt vendredi matin par des drones et des missiles qui ont causé, là aussi, des dégâts matériels mais n'ont pas fait de victimes.

Les pays du Golfe font l'objet d'une campagne de représailles iraniennes depuis le début de l'offensive américano-israélienne sur l'Iran il y a un mois et les tirs - pour la plupart interceptés - sont quasiment quotidiens.


L'armée israélienne dit avoir mené des frappes d'ampleur sur Téhéran

L'armée israélienne a dit tôt vendredi avoir mené des frappes d'ampleur dans la capitale iranienne Téhéran, presqu'un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'armée israélienne a dit tôt vendredi avoir mené des frappes d'ampleur dans la capitale iranienne Téhéran, presqu'un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Il y a peu, l'armée a terminé une série de frappes à grande échelle visant des infrastructures du régime terroriste iranien au coeur de Téhéran", a-t-elle indiqué dans un bref communiqué, sans plus de détails
  • Quelques heures plus tard, elle a précisé avoir "pris pour cible des sites et des infrastructures" utilisés par l'Iran "pour produire des armes, principalement des missiles balistiques"

JERUSALEM: L'armée israélienne a dit tôt vendredi avoir mené des frappes d'ampleur dans la capitale iranienne Téhéran, presqu'un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient.

"Il y a peu, l'armée a terminé une série de frappes à grande échelle visant des infrastructures du régime terroriste iranien au coeur de Téhéran", a-t-elle indiqué dans un bref communiqué, sans plus de détails.

Quelques heures plus tard, elle a précisé avoir "pris pour cible des sites et des infrastructures" utilisés par l'Iran "pour produire des armes, principalement des missiles balistiques".

Elle a aussi annoncé avoir "frappé diverses cibles liées aux dispositifs de puissance de feu du régime" dans l'ouest de l'Iran, dont "des lanceurs de missiles et des sites de stockage de missiles, qui constituaient une menace" pour Israël.

Le Moyen-Orient est plongé depuis le 28 février dans une guerre déclenchée par des frappes conjointes des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran, auxquelles Téhéran a riposté par des tirs de missiles et de drones visant Israël et plusieurs pays de la région.

 


Des explosions retentissent dans le sud de Beyrouth

Une banderole à l'effigie de Hassan Nasrallah, le chef assassiné du mouvement chiite libanais Hezbollah, est accrochée devant un magasin dans une rue jonchée de débris de bâtiments, sur le site d'une frappe aérienne israélienne menée dans la nuit et qui a visé un quartier de la banlieue sud de Beyrouth, le 25 mars 2026. (AFP)
Une banderole à l'effigie de Hassan Nasrallah, le chef assassiné du mouvement chiite libanais Hezbollah, est accrochée devant un magasin dans une rue jonchée de débris de bâtiments, sur le site d'une frappe aérienne israélienne menée dans la nuit et qui a visé un quartier de la banlieue sud de Beyrouth, le 25 mars 2026. (AFP)
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  • Des images de l'AFPTV ont montré de la fumée s'élever de la banlieue sud de la capitale libanaise, considérée par Israël comme un fief du mouvement pro-iranien Hezbollah
  • Habituellement densément peuplée, cette zone s'est largement vidée de ses habitants depuis le début des hostilités

BEYROUTH: Des explosions ont retenti dans le sud de Beyrouth aux premières heures de vendredi, selon des journalistes de l'AFP, des médias locaux et l'agence de presse officielle libanaise faisant état de frappes israéliennes.

Des images de l'AFPTV ont montré de la fumée s'élever de la banlieue sud de la capitale libanaise, considérée par Israël comme un fief du mouvement pro-iranien Hezbollah. On ignore à ce stade si la frappe a fait des victimes dans cette zone visée régulièrement par l'armée israélienne.

Habituellement densément peuplée, cette zone s'est largement vidée de ses habitants depuis le début des hostilités.

Quelques heures plus tard, l'armée israélienne a lancé un appel à évacuer aux habitants d'un village du sud du pays et à se déplacer vers le nord de la rivière Zahrani, car "les activités du Hezbollah poussent l'armée israélienne à prendre des mesures fermes contre eux dans le village".

Le Liban a été entraîné dans la guerre début mars lorsque le Hezbollah, soutenu par Téhéran, a commencé à tirer des roquettes sur Israël pour venger l'assassinat du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué au premier jour de l'offensive américano-israélienne en Iran le 28 février.

Alors qu'Israël manifeste sa détermination à intensifier sa campagne militaire contre le mouvement islamiste, ce dernier a revendiqué une série d'attaques contre les troupes israéliennes qui mènent une incursion terrestre dans le sud du Liban.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé mercredi soir qu'Israël était en train d'élargir une "zone tampon" au Liban pour "éloigner la menace des missiles" du Hezbollah.

Le mouvement a déclaré que ses combattants poursuivaient leurs attaques contre les troupes israéliennes dans le sud du Liban tôt vendredi matin.

Jeudi, les médias officiels ont fait état de frappes israéliennes meurtrières sur plusieurs zones du sud du pays. Le Hezbollah a revendiqué plus de 90 attaques contre des cibles israéliennes à l'intérieur du Liban et de l'autre côté de la frontière.

De son côté, l'armée israélienne a déclaré jeudi que deux soldats avaient été tués dans le sud du Liban, tandis que les services d'urgence israéliens ont indiqué qu'une roquette tirée depuis le Liban avait tué un homme dans la région de Nahariya, au nord d'Israël.

Selon les autorités libanaises, les frappes israéliennes menées depuis le 2 mars ont fait au moins 1.116 morts, dont 121 enfants, et plus d'un million de personnes ont été déplacées.