L'Irak attend les résultats définitifs des législatives, mais après?

Des employés de la Haute Commission électorale indépendante d'Irak procèdent à un recomptage manuel partiel des voix pour les élections législatives du 10 octobre, dans la capitale Bagdad, le 23 novembre 2021. (Photo, AFP)
Des employés de la Haute Commission électorale indépendante d'Irak procèdent à un recomptage manuel partiel des voix pour les élections législatives du 10 octobre, dans la capitale Bagdad, le 23 novembre 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 30 novembre 2021

L'Irak attend les résultats définitifs des législatives, mais après?

  • La commission électorale a annoncé samedi avoir terminé le recomptage manuel de centaines d'urnes. Désormais, ce recomptage doit être validé par un comité judiciaire qui a jusqu'à dix jours pour le faire, selon un communiqué
  • Le grand vainqueur de ce scrutin est le courant du religieux chiite Moqtada Sadr, avec ses 70 députés

BAGDAD : L'Irak attend les résultats définitifs des législatives anticipées du 10 octobre dans un contexte de tensions larvées, les partisans de formations pro-Iran maintenant la pression en manifestant et en dénonçant des fraudes après leurs piètres résultats.

En coulisse, les négociations se poursuivent, mais deux camps s'opposent sur la formation du prochain gouvernement.

Pourquoi un tel retard? 

La commission électorale a annoncé samedi avoir terminé le recomptage manuel de centaines d'urnes. Désormais, ce recomptage doit être validé par un comité judiciaire qui a jusqu'à dix jours pour le faire, selon un communiqué.

La commission pourra ensuite, dans un délai de deux jours, annoncer le nom des vainqueurs et, dernière étape, les envoyer au Tribunal fédéral pour les entériner.

"La commission veut prouver que les élections n'étaient pas truquées", indique à l'AFP le politologue irakien Ihsan al-Shamari: "Elle veut faire passer le message disant qu'elle s'assure qu'il n'y a eu aucune violation et que les procédures étaient minutieuses."

Car depuis plusieurs semaines, les partisans du Hachd al-Chaabi, anciens paramilitaires pro-Iran intégrés aux forces régulières, dénoncent des fraudes. 

Ils ont installé un sit-in à une entrée de l'ultra-sécurisée Zone verte, où se trouvent instances gouvernementales et ambassades. Ils ont tenté d'y pénétrer par la force.

L'alliance de la Conquête, qui représente ce camp politique, a perdu quasiment les deux-tiers de son bloc parlementaire, passant de 48 sièges à une grosse quinzaine au sein du Parlement de 329 députés, selon les estimations préliminaires, qui ne devraient que légèrement changer estiment des experts.

Le grand vainqueur de ce scrutin est le courant du religieux chiite Moqtada Sadr, avec ses 70 députés.

Pour Hamdi Malik, du Washington Institute, la commission électorale et le pouvoir judiciaire sont sous forte "pression".

"C'est devenu un sujet très sensible, qui pourrait mener à une sérieuse escalade militaire", explique le chercheur, ajoutant que des discussions ont lieu actuellement sur "la manière de gérer les plaintes des milices et autres partis".

Quel gouvernement?

Dans un Irak multiconfessionnel et multiethnique, la formation du gouvernement est précédée d'interminables tractations et les grands partis dominant la communauté chiite doivent traditionnellement arriver à un compromis, indépendamment du nombre de sièges au Parlement.

Les positions de M. Sadr sont diamétralement opposées à celles des formations pro-Iran, qui veulent perpétuer la tradition du compromis.

Répétant inlassablement que le futur Premier ministre sera désigné par son courant, Moqtada Sadr réclame un gouvernement "de majorité", composé des formations politiques ayant obtenu les scores les plus élevés.

Fait inédit, il pourrait chercher à construire sa propre majorité parlementaire en s'alliant à d'autres formations, hors de la communauté chiite: des analystes évoquent une possible coalition avec l'influent chef du Parlement, le sunnite Mohamed al-Halboussi et le Parti démocratique du Kurdistan (PDK, du leader kurde Massoud Barzani).

Quid du premier ministre? Plusieurs noms ont circulé parmi lesquels l'ex-chef du gouvernement, Haidar al-Abadi, ou encore l'actuel, Moustapha al-Kazimi.

Ce dernier a de bons rapports avec nombre d'acteurs de la scène politique irakienne, mais aussi avec l'Iran et les Occidentaux. Il est toutefois honni par les factions pro-Iran.

L'analyste irakien Abbas al-Jibbouri n'exclut pas "un premier ministre surprise" – à l'instar du coup de théâtre que représentait l'arrivée de M. Kazimi après cinq mois de vacance de son poste.

Risque d'escalade?

Pour M. Shamari, l'objectif principal des factions pro-Iran reste d'être "représentés au gouvernement" et de pouvoir "garder leurs armes" -- au moment où M. Sadr n'a de cesse de réclamer la dissolution des "milices".

Dans un pays où toutes les tendances politiques ou presque peuvent compter sur une faction armée, le risque d'escalade est toujours là.

Les tensions ont culminé avec une tentative d'assassinat du Premier ministre Kazimi, sorti indemne début novembre d'une attaque non revendiquée au drone contre sa résidence à Bagdad.

"Si les milices n'ont pas la garantie d'avoir une forte présence au Parlement et à l'exécutif pour protéger leurs intérêts, elles auront recours à des moyens militaires pour faire pression sur leurs rivaux", résume M. Malik.


L'Arabie saoudite intercepte des drones visant le quartier diplomatique de Riyad et le champ pétrolier de Shaybah

L'Arabie saoudite a déclaré que des attaques de drones avaient visé le quartier diplomatique de Riyad et le champ pétrolifère de Shaybah. (Capture d'écran du ministère saoudien de la Défense)
L'Arabie saoudite a déclaré que des attaques de drones avaient visé le quartier diplomatique de Riyad et le champ pétrolifère de Shaybah. (Capture d'écran du ministère saoudien de la Défense)
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  • Une série d'attaques de drones déjouées par les défenses aériennes du royaume
  • Le ministère de la Défense a fait état d'un certain nombre d'attaques dans une série de messages sur X au cours de la journée

RIYAD: L'Arabie saoudite a abattu jeudi des drones qui visaient le quartier diplomatique de Riyad et le champ pétrolier de Shaybah, dans le sud-est du pays.

Le ministère de la Défense a fait état d'un certain nombre d'attaques dans une série de messages sur X au cours de la journée.

"Un drone ennemi a été abattu alors qu'il tentait de s'approcher" du quartier diplomatique de la capitale, a déclaré tôt jeudi un porte-parole du ministère.

Au moins six drones ont été "interceptés et détruits" plus tard dans la journée dans le quartier vide "en direction du champ pétrolier de Shaybah", selon les déclarations.
Auparavant, le ministère avait déclaré qu'au moins 20 drones avaient été abattus dans la région de l'Est.

L'Arabie saoudite et d'autres pays du Golfe sont confrontés à des vagues d'attaques de missiles et de drones iraniens depuis qu'Israël et les États-Unis ont lancé une guerre contre l'Iran le 28 février.

Ces attaques ont visé la base aérienne Prince Sultan, l'ambassade des États-Unis à Riyad, des champs pétroliers et des infrastructures énergétiques.

Le ministre saoudien de la défense, le prince Khalid bin Salman, a condamné les attaques lors d'un appel avec son homologue turc.

Le ministère saoudien des affaires étrangères a salué l'adoption par le Conseil de sécurité des Nations unies d'une résolution exigeant la fin des attaques de l'Iran contre les États du Golfe et la Jordanie.


Liban: nouvelle frappe en plein jour sur Beyrouth, Israël menace de «prendre des territoires»

Plusieurs frappes israéliennes ont visé jeudi après-midi un immeuble en plein cœur de Beyrouth, ont constaté des journalistes de l'AFP, Israël menaçant de "prendre des territoires" au Liban. (AFP)
Plusieurs frappes israéliennes ont visé jeudi après-midi un immeuble en plein cœur de Beyrouth, ont constaté des journalistes de l'AFP, Israël menaçant de "prendre des territoires" au Liban. (AFP)
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  • L'armée israélienne a confirmé dans un communiqué avoir "lancé une série de frappes contre les infrastructures terroristes du Hezbollah à Beyrouth"
  • Il s'agit de la quatrième frappe sur le centre de Beyrouth - et la première en plein jour - depuis que le Hezbollah a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël

BEYROUTH: Plusieurs frappes israéliennes ont visé jeudi après-midi un immeuble en plein cœur de Beyrouth, ont constaté des journalistes de l'AFP, Israël menaçant de "prendre des territoires" au Liban.

La guerre a fait depuis le 2 mars plus de 687 morts, dont 98 enfants, et déplacé plus de 800.000 personnes, selon le dernier bilan libanais officiel.

Les explosions ont généré la panique et une épaisse colonne de fumée noire se dégage d'un immeuble du quartier de Bachoura, situé à proximité d'un des principaux centres d'affaires de la capitale, accueillant aussi des institutions.

L'armée israélienne a confirmé dans un communiqué avoir "lancé une série de frappes contre les infrastructures terroristes du Hezbollah à Beyrouth", peu après un avertissement inédit à évacuer dans le centre de la capitale libanaise. Selon elle, le groupe avait "caché des millions de dollars pour financer ses activités" sous le bâtiment visé.

Il s'agit de la quatrième frappe sur le centre de Beyrouth - et la première en plein jour - depuis que le Hezbollah a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël.

Une cinquième frappe sur un quartier central a par ailleurs visé un bureau de la société financière Al-Qard al-Hassan, liée au Hezbollah, a constaté l'AFP.

"C'est une guerre que nous n'avons pas voulue, au contraire, nous travaillons jour et nuit pour l'arrêter", a déclaré jeudi à la télévision le Premier ministre Nawaf Salam.

Un peu plus tôt, le ministre israélien de la Défense Israël Katz avait déclaré avoir ordonné à l'armée de se préparer à "étendre" ses opérations au Liban.

"J'ai averti le président libanais que si son gouvernement ne parvient pas à contrôler le territoire et à empêcher le Hezbollah de menacer les communautés du nord et de tirer sur Israël, nous prendrons des territoires et le ferons nous-mêmes", a-t-il dit.

Selon Israël, le groupe chiite a mené mercredi soir une attaque coordonnée avec l'Iran, lançant quelque "200 roquettes et environ 20 drones", combinés à des missiles balistiques tirés par Téhéran.

Désolation 

Le Hezbollah a également revendiqué jeudi des tirs de missiles sur les systèmes de défense antiaérienne dans la région de Césarée (centre d'Israël), où le Premier ministre Benjamin Netanyahu a une résidence.

A Beyrouth, une frappe israélienne a fait 12 morts et 28 blessés à l'aube sur le front de mer de Ramlet al-Bayda où ont afflué les déplacés venus des bastions du Hezbollah, selon un dernier bilan officiel.

"Nous avons soudain entendu le fracas d'une explosion", a raconté Aseel Habbaj, une femme portant son bébé, qui dormait dans une tente avec sa famille. Elle dit avoir "vu des gens tués étendus par terre".

"Nous avons choisi cet endroit parce qu'on aurait jamais imaginé qu'Israël frappe" en plein Beyrouth, a dit Dalal al-Sayed, 40 ans.

Après la première frappe, "une deuxième a suivi", entrainant "un carnage", a-t-elle dit.

Un correspondant de l'AFP sur place a vu des taches de sang sur le trottoir et des éclats d'obus ont atteint quelques tentes.

Des frappes ont également visé jeudi Aramoun, un quartier résidentiel au sud de Beyrouth, hors des bastions du Hezbollah, faisant cinq morts et cinq blessé, selon un nouveau bilan des autorités.

Et deux enseignants ont été tués sur un campus de l'Université publique libanaise en lisière de la banlieue sud, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

L'armée israélienne continue de frapper quasi quotidiennement la banlieue sud de Beyrouth, fief du groupe chiite dont une grande partie de la population a fui.

Un photographe de l'AFP a été témoin d'un spectacle de désolation dans la banlieue déserte: immeubles en ruines, certains encore en feu, gravats jonchant les rues.

Alors que toutes les issues diplomatiques semblent bloquées, Israël a massé des troupes à sa frontière avec le Liban et son armée s'est avancée dans plusieurs villages frontaliers.

L'armée israélienne a étendu jeudi son appel à évacuer côté libanais, demandant aux habitants de se déplacer au-delà d'un fleuve à environ 40 kilomètres de la frontière.

"Le déplacement massif de population que nous constatons ici (au Liban, ndlr) est sans précédent", a déclaré à l'AFP Carl Skau, le directeur exécutif adjoint du Programme alimentaire mondial (PAM).

"On a enregistré quelque 800.000 personnes en une semaine, c'est énorme", a-t-il dit depuis Beyrouth.

 


L'armée israélienne annonce avoir frappé un site en Iran utilisé selon elle pour produire des armes nucléaires

L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé un site en Iran utilisé selon elle pour produire des armes nucléaires, au 13e jour de la guerre déclenchée par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé un site en Iran utilisé selon elle pour produire des armes nucléaires, au 13e jour de la guerre déclenchée par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique. (AFP)
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  • "Dans le cadre des vagues de frappes menées ces derniers jours", l'armée de l'air israélienne a bombardé "le complexe +Taleghan+ (...) utilisé par le régime pour développer des capacités essentielles à la fabrication d'armes nucléaires"
  • "L'armée israélienne a récemment découvert que le régime avait pris des mesures pour réhabiliter le complexe après qu'il a été frappé en octobre 2024", poursuit le texte

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé un site en Iran utilisé selon elle pour produire des armes nucléaires, au 13e jour de la guerre déclenchée par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique.

"Dans le cadre des vagues de frappes menées ces derniers jours", l'armée de l'air israélienne a bombardé "le complexe +Taleghan+ (...) utilisé par le régime pour développer des capacités essentielles à la fabrication d'armes nucléaires", a déclaré l'armée dans un communiqué.

L'armée fait probablement référence à une installation située à Parchin, au sud-est de Téhéran, où, selon l'Institut pour la science et la sécurité internationale, un organisme basé aux Etats-Unis spécialisé dans la surveillance de la prolifération nucléaire, l'Iran mène des activités militaires secrètes.

"L'armée israélienne a récemment découvert que le régime avait pris des mesures pour réhabiliter le complexe après qu'il a été frappé en octobre 2024", poursuit le texte.

Début mars, l'armée israélienne avait annoncé avoir frappé un centre militaire souterrain secret du programme nucléaire de l'Iran dans la région de Téhéran, où d'après elle des scientifiques travaillaient sur "un élément clé de la capacité du régime iranien à développer des armes atomiques".

Israël et les Occidentaux affirment que l'Iran cherche à se doter de l'arme atomique, ce que la République islamique dément tout en défendant son droit à développer un programme nucléaire civil.

Israël a lancé le 28 février, conjointement avec les Etats-Unis, une offensive massive pour faire disparaître la "menace existentielle" que représentent selon lui les programmes nucléaire et balistique iraniens.

Les responsables israéliens affirment que Téhéran avait intensifié ses efforts pour se doter de l'arme atomique depuis la fin de la guerre de 12 jours déclenchée en juin 2025 par Israël, au cours de laquelle les Etats-Unis avaient bombardé trois installations nucléaires, dont une usine d'enrichissement.