En Afghanistan la faim se propage et conduit des bébés aux portes de la mort

Selon l'Unicef, 3,2 millions d'enfants afghans de moins de 5 ans vont souffrir de malnutrition sévère cet hiver, et un million d'entre eux pourraient en mourir faute de traitements. (Photo/AFP)
Selon l'Unicef, 3,2 millions d'enfants afghans de moins de 5 ans vont souffrir de malnutrition sévère cet hiver, et un million d'entre eux pourraient en mourir faute de traitements. (Photo/AFP)
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Publié le Mercredi 01 décembre 2021

En Afghanistan la faim se propage et conduit des bébés aux portes de la mort

  • Selon l'Unicef, 3,2 millions d'enfants afghans de moins de 5 ans vont souffrir de malnutrition sévère cet hiver
  • Le chômage s'est envolé, le prix des aliments a doublé, et la souffrance est visible aux quatre coins du pays

HERAT : Zubair survivra-t-il? A un mois et demi, il pèse à peine deux kilos et lutte dans sa couverture de survie sous le regard de sa mère qui hésite entre angoisse et espoir. Il est ce jour-là le cinquième petit Afghan affamé à arriver dans la clinique de MSF à Hérat.

Il y a les pleurs des enfants, la plupart des petits de moins de 2 ans, la chaleur des salles de soins intensifs, les dizaines de soignants affairés, les mères épuisées à force d'être inquiètes.

Savent-elles que plus d'un enfant sur cinq qui arrive dans la clinique de l'ONG Médecins sans frontières (MSF) d'Hérat, la plus grande ville de l'ouest de l'Afghanistan, ne survivra pas? Tous victimes du cycle infernal de la misère: les mères ne mangent pas à leur faim et n'ont pas assez de lait à donner à leurs bébés, qui dépérissent dangereusement.

La clinique, installée juste à côté de l'hôpital public, est passée ces derniers mois de 45 à 75 lits, pour aider les autorités locales face à l'effondrement du système de santé qui a suivi le retour des talibans au pouvoir mi-août. L'ONG y reçoit une soixantaine de nouveaux patients chaque semaine.

"Les mères viennent souvent de très loin" à l'hôpital public d'à côté. Mais celui-ci n'est "plus approvisionné" en matériel et médicaments, et "les médecins et les infirmières ne sont plus payés", explique l'infirmière en chef de la clinique, Gaïa Giletta.

La mère de Zubair, Shabaneh Karimi a ainsi fait 150 kilomètres, et passé deux nuits dans l'établissement. Mais après sa sortie, son bébé est resté faible et malade. Quand elle est retournée à l'hôpital, on l'a envoyée chez MSF.

A la clinique, Zubair est rapidement ausculté et placé en soins intensifs, où il rejoint une dizaine d'enfants. Perfusé, le visage enfoui sous un masque à oxygène presque aussi grand que son petit crâne, il a réussi à passer la nuit, et a même trouvé la force de crier.

Au départ, les médecins ne lui donnaient que quelques heures à vivre.

« Passera-t-il l'hiver? »

"Il est toujours en vie, mais ça reste compliqué pour lui", explique Gaïa Giletta. Car il n'a pas échappé au cercle vicieux de la malnutrition: très affaibli, il a attrapé une infection pulmonaire.

"Financièrement, nous ne sommes pas dans une bonne situation", glisse pudiquement la mère de Zubair. Son mari est parti il y a quelques jours en Iran pour travailler comme ouvrier journalier.

Selon l'Unicef, 3,2 millions d'enfants afghans de moins de 5 ans vont souffrir de malnutrition sévère cet hiver, et un million d'entre eux pourraient en mourir faute de traitements.

Dans la pièce d'à côté, Halima* veille sur ses jumeaux de 9 mois. Chez eux, la malnutrition sévère a causé des œdèmes qui pourraient être fatals. "Je me suis inquiétée quand j'ai vu leur visage gonfler", dit leur mère.

Au départ, "j'ai essayé de les allaiter, mais je n'avais pas assez de lait", dit-elle. Elle n'a vite plus eu de quoi leur acheter du lait en poudre. Son mari, un drogué dit-elle, ne fait rien pour sa famille.

Une terrible nouvelle vient encore plus assombrir le tableau: les jumeaux sont les dernières victimes de l'épidémie de rougeole. Ils sont placés à l'isolement.

Après deux mois dans la clinique, Ali Omar, 5 mois, va mieux: il pèse désormais 3,1kg. Mais la sortie s'approche, et sa mère, Sonita, s'inquiète: "Passera-t-il l'hiver s'il n'y a pas de lait et si la maison n'est pas chauffée?"

Avant de quitter le centre, MSF donne aux mères des sachets contenant un mélange de beurre de cacahuète et de vitamines, l'équivalent d'un repas pour un bébé de plus de 6 mois. "Le problème, c'est que parfois les mères, une fois à la maison, partagent le sachet entre leurs enfants", explique Gaïa Giletta. Au risque de refaire basculer le bébé dans la malnutrition.

Vendre un rein

"Le taux de réadmission (des bébés déjà venus) est très élevé", déplore Christophe Garnier, le coordinateur du projet MSF à Hérat. La malnutrition, déjà bien ancrée dans un pays miné par 40 ans de guerres, s'est aggravée ces dernières années après de sévères sécheresses, souligne-t-il.

Et l'été dernier, les Occidentaux sont partis, les talibans ont repris le pouvoir, et tout s'est enchaîné, précipitant le pays dans une grave crise humanitaire.

Avec MSF, les talibans se montrent "très collaboratifs" et "sincèrement inquiets de la situation", note M. Garnier. Pour lui, "le changement majeur, c'est probablement les sanctions internationales".

En réaction à la prise du pouvoir par les talibans, leurs ennemis depuis 20 ans, les Etats-Unis ont gelé les réserves de la Banque centrale afghane, asséchant le système bancaire, déplore M. Garnier qui plaide pour un dégel de ces avoirs. Et l'aide internationale qui finançait 75% des dépenses publiques s'est interrompue.

Le chômage s'est envolé, le prix des aliments a doublé, et la souffrance est visible aux quatre coins du pays, notamment dans les camps de déplacés.

Il y en a trois près d’Hérat, où 9.000 familles ont fui les guerres et les sécheresses.

"Quand vous avez faim, vous ne pouvez pas penser à autre chose", souligne Muhammad Amin, une "barbe grise" du camp, ou un peu de pain et du thé constituent souvent le menu quotidien.

Faute de travail, Muhammad Amin pense à aller dans une clinique tenter de vendre l'un de ses reins. "Bien sûr, j'ai pensé aux conséquences mais je me dis que ça pourrait aider les enfants". Un de ses voisins évoque le sort d'un proche devenu handicapé après avoir vendu un rein pour quelque 150.000 Afghanis (1.413 euros).

Dans ces camps, MSF fait de la prévention auprès des mères parfois totalement démunies.

Ce jour-là, une assistante médicale de l'ONG passe un bracelet tricolore gradué au bras de chaque bébé pour détecter la malnutrition. Un bébé est dans le rouge: à six mois, il paraît en avoir deux. "J'ai eu du lait pendant 40 jours seulement", explique sa mère.

Elle est invitée à se rendre à la clinique d’Hérat, où elle et son enfant pourront bénéficier un temps d'un luxe désormais inaccessible pour de nombreux Afghans: avoir trois repas par jour.


Trump part à la rencontre de son «bon ami» Xi, l'Iran en toile de fond

Donald Trump s'est envolé mardi pour rencontrer son "bon ami" Xi Jinping à Pékin, en assurant que sa visite serait fructueuse en dépit de leurs désaccords sur la guerre au Moyen-Orient, le commerce et Taïwan. (AFP)
Donald Trump s'est envolé mardi pour rencontrer son "bon ami" Xi Jinping à Pékin, en assurant que sa visite serait fructueuse en dépit de leurs désaccords sur la guerre au Moyen-Orient, le commerce et Taïwan. (AFP)
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  • "Nous aurons une longue conversation à propos de l'Iran", a dit mardi Donald Trump aux journalistes venus assister à son départ de la Maison Blanche
  • Avant de déclarer tout le contraire quelques minutes plus tard: "Nous avons beaucoup de choses à discuter. Et je ne dirais pas que l'Iran en fait partie."

PEKIN: Donald Trump s'est envolé mardi pour rencontrer son "bon ami" Xi Jinping à Pékin, en assurant que sa visite serait fructueuse en dépit de leurs désaccords sur la guerre au Moyen-Orient, le commerce et Taïwan.

Le président américain ne veut pas que la guerre contre l'Iran, pays allié à la Chine, gâche l'accueil fastueux que lui réservera son homologue chinois jeudi et vendredi.

"Nous aurons une longue conversation à propos de l'Iran", a dit mardi Donald Trump aux journalistes venus assister à son départ de la Maison Blanche.

Avant de déclarer tout le contraire quelques minutes plus tard: "Nous avons beaucoup de choses à discuter. Et je ne dirais pas que l'Iran en fait partie."

Le dirigeant républicain, empêtré dans un conflit beaucoup plus long et complexe qu'il ne le prévoyait, a assuré qu'il n'avait de toute façon "pas besoin d'aide avec l'Iran."

"De bonnes choses" 

Jugeant que la Chine, première acheteuse de pétrole iranien, n'avait pas causé de "problèmes" face au blocus imposé par les Etats-Unis sur les ports iraniens, Donald Trump a déclaré à propos de son homologue chinois: "C'est quelqu'un avec qui nous nous entendons bien. Et je pense que vous allez voir de bonnes choses se produire."

Il s'agit de la première visite en Chine d'un président américain depuis celle qu'il avait lui-même effectuée en 2017.

Derrière l'optimisme de Donald Trump, les deux premières puissances mondiales continuent à se livrer une compétition acharnée, qu'elle soit militaire, diplomatique, technologique ou économique.

"Le sommet aura l'air poli en apparence, mais sur le plan tactique, ce sera un match de rugby lors duquel chaque partie voudra prendre l'avantage", prédit Melanie Hart, spécialiste de la Chine au Atlantic Council.

Les ventes d'armes des Etats-Unis à Taïwan, le contrôle des exportations de terres rares par la Chine et les droits de douane sont autant de sujets de friction.

"Des progrès seront certainement réalisés", veut croire Wen Wen, une femme de 24 ans originaire de Nankin, dans l'est de la Chine, interrogée par l'AFP. ELle espère que les deux superpuissances puissent garantir une "paix durable" malgré "l'instabilité actuelle dans le monde".

Tesla et Boeing 

Les relations économiques entre Pékin et Washington restent tendues, malgré la trêve commerciale d'un an conclue au cours de la dernière réunion des deux présidents en Corée du Sud en octobre.

Auprès de la Chine, qui affiche un important excédent commercial avec les Etats-Unis, le président américain espère décrocher de gros contrats et des promesses d'investissement ronflantes.

Il sera accompagné par une importante délégation de dirigeants d'entreprises américaines, dont Elon Musk (Tesla), Tim Cook (Apple) et Kelly Ortberg (Boeing).

Le sommet survient à un moment difficile pour Donald Trump, qui fait face à des sondages catastrophiques et à une poussée d'inflation aux Etats-Unis, nourrie par la guerre contre l'Iran.

La rencontre est aussi organisée à un moment incertain pour l'économie chinoise, confrontée à une faible consommation intérieure et à une crise de la dette persistante dans l'immobilier.

Pour Li Jiahao, gérant d'un bar karaoké à Pékin, la visite de M. Trump ne résoudra pas tout: "Venir ici et résoudre les problèmes sont deux choses différentes", a affirmé le trentenaire à l'AFP, avant de lancer: "seule l'amitié peut nous permettre de parvenir à un développement mutuel".

Les ventes d'armes à Taïwan

La guerre contre l'Iran, déclenchée par les Etats-Unis et Israël le 28 février, avait conduit Donald Trump à reporter une fois son voyage.

Ce conflit, et le blocage par l'Iran du détroit d'Ormuz, compliquent encore davantage la relation entre Washington et Pékin.

Le président américain a cherché à mettre fin aux achats de pétrole iranien par la Chine en prenant diverses sanctions, condamnées par Pékin, mais sans que cela ne dégénère jusqu'ici en crise diplomatique ouverte.

Un autre sujet de discorde majeur pour les responsables chinois est l'assistance militaire fournie à Taïwan par les Etats-Unis.

Donald Trump s'est montré prêt à aborder ce sujet épineux avec Xi Jinping.

La Chine considère Taïwan comme l'une de ses provinces. Elle plaide pour une solution pacifique mais se réserve le droit de recourir à la force en vue de la "réunification".


Le Pentagone réévalue le coût de la guerre en Iran à près de 29 milliards de dollars

 Le Pentagone a réévalué le coût jusqu'à présent de la guerre en Iran à près de 29 milliards de dollars, a annoncé mardi son responsable financier au cours d'une nouvelle audition parlementaire, aux côtés du ministre américain de la Défense, Pete Hegseth. (AFP)
Le Pentagone a réévalué le coût jusqu'à présent de la guerre en Iran à près de 29 milliards de dollars, a annoncé mardi son responsable financier au cours d'une nouvelle audition parlementaire, aux côtés du ministre américain de la Défense, Pete Hegseth. (AFP)
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  • Les Etats-Unis et Israël ont lancé une vaste offensive contre Téhéran le 28 février
  • "A ce moment-là, c'était 25 milliards de dollars. Mais l'état-major et le contrôleur (financier) examinent en permanence les estimations et nous pensons maintenant que c'est plus proche de 29" milliards, a expliqué le responsable financier Jules Hurst

WASHINGTON: Le Pentagone a réévalué le coût jusqu'à présent de la guerre en Iran à près de 29 milliards de dollars, a annoncé mardi son responsable financier au cours d'une nouvelle audition parlementaire, aux côtés du ministre américain de la Défense, Pete Hegseth.

Ce montant est en hausse de près de quatre milliards par rapport à l'estimation avancée deux semaines plus tôt au cours d'un précédent face-à-face avec des parlementaires américains, alors la première audition du chef du Pentagone depuis le début de la guerre fin février.

"A ce moment-là, c'était 25 milliards de dollars. Mais l'état-major et le contrôleur (financier) examinent en permanence les estimations et nous pensons maintenant que c'est plus proche de 29" milliards, a expliqué le responsable financier Jules Hurst, présent aux côtés de Pete Hegseth et du chef d'état-major de l'armée américaine, le général Dan Caine.

Les Etats-Unis et Israël ont lancé une vaste offensive contre Téhéran le 28 février.

Un cessez-le-feu est en vigueur depuis plus d'un mois mais Donald Trump l'a décrit "sous assistance respiratoire" lundi, et les négociations entre Washington et Téhéran visant à mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient piétinent.


Le cessez-le-feu ne tient qu'à un fil pour Trump, l'Iran se dit prêt à riposter

Le président Donald Trump s’exprime lors d’un événement lundi dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche, à Washington. (AP)
Le président Donald Trump s’exprime lors d’un événement lundi dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche, à Washington. (AP)
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  • Donald Trump estime que le cessez-le-feu entre Washington et Téhéran est au bord de l’échec, rejetant la réponse iranienne aux propositions américaines et évoquant une possible reprise des opérations dans le détroit d’Ormuz
  • L’Iran affirme être prêt à riposter en cas d’attaque, tout en exigeant la levée du blocus américain et la reconnaissance de ses “droits légitimes”, alors que les tensions régionales et les prix du pétrole continuent de grimper

WASHINGTON: Donald Trump a estimé lundi que le cessez-le-feu était "sous assistance respiratoire" après avoir fustigé la réponse de l'Iran au plan américain visant à mettre fin durablement à la guerre, Téhéran se disant prêt à riposter en cas d'agression.

Après plus d'un mois de trêve, la voie diplomatique piétine entre Washington et Téhéran, qui s'envoient via le médiateur pakistanais des propositions pour consolider le cessez-le-feu, sans résultat concluant.

La réponse iranienne à la dernière offre américaine est "à mettre à la poubelle", a jugé Donald Trump depuis la Maison Blanche.

"Le cessez-le-feu est sous assistance respiratoire massive, comme quand le docteur entre et dit: +Monsieur, votre être cher a exactement 1% de chances de vivre", a-t-il déclaré.

De son côté, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf a rétorqué sur X que l'Iran était prêt "à riposter et à donner une leçon" en cas d'agression.

Au cours d'un appel téléphonique avec un journaliste de Fox News, Donald Trump a aussi dit lundi qu'il envisageait de relancer son opération de protection des navires pour traverser le détroit d'Ormuz, bloqué par l'Iran depuis l'offensive israélo-américaine du 28 février.

Il l'avait mise sur pause dès le 5 mai, au lendemain de son lancement, compte tenu des "grands progrès accomplis" par l'Iran vers un accord, qui n'a toutefois pas vu le jour.

Le Wall Street Journal a par ailleurs rapporté lundi que les Emirats arabes unis avaient mené eux-mêmes des opérations militaires contre l'Iran en avril, visant des installations pétrolières de l'île de Lavan, territoire iranien dans le Golfe.

Cette implication directe, non confirmée par Abu Dhabi, pourrait marquer un tournant dans l'escalade régionale: jusqu'à présent, aucun pays arabe du Golfe ne s'était ouvertement érigé en belligérant. Seuls les Etats-Unis et Israël revendiquent officiellement leur participation aux attaques contre Téhéran.

- "Droits légitimes de l'Iran" -

"La seule chose que nous avons exigée, ce sont les droits légitimes de l'Iran", a déclaré le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï.

Avant d'énumérer les revendications de la République islamique: "la fin de la guerre dans la région" y compris au Liban, la levée du blocus américain des ports iraniens et "la libération des avoirs appartenant au peuple iranien, injustement bloqués depuis des années".

D'après le Wall Street Journal, qui cite des sources proches du dossier, la proposition de Téhéran prévoit une réouverture graduelle du détroit d'Ormuz et une levée simultanée du blocus américain.

Selon le quotidien américain, l'Iran mentionne des négociations sur le dossier nucléaire dans un délai de 30 jours. Il offrirait de "diluer" une partie de son uranium hautement enrichi et de transférer le reste dans un "pays tiers", mais refuserait un démantèlement de ses équipements et un moratoire sur 20 ans de son processus d'enrichissement d'uranium.

Washington et de nombreux pays soupçonnent Téhéran de vouloir se doter de l'arme atomique, ce qu'il dément, défendant son droit au nucléaire civil.

Le blocage persistant du détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, fait à nouveau grimper les cours de l'or noir mardi.

Vers 04H15 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, évoluait en hausse de 0,90% à 105,15 dollars. Le West Texas Intermediate (WTI), référence du marché américain, grimpait pour sa part de 1,03% à 99,08 dollars le baril.

- Risque de "crise humanitaire" -

Pour le patron du géant pétrolier saoudien Aramco, la guerre, qui a fait des milliers de morts principalement en Iran et au Liban, a déclenché le "plus grand choc énergétique" jamais connu dans le monde.

"Même si le détroit d'Ormuz rouvrait aujourd'hui, il faudrait encore des mois pour que le marché se rééquilibre", a affirmé Amin Nasser, estimant que les marchés pourraient ne retrouver un fonctionnement normal qu'en 2027.

Outre les hydrocarbures, Ormuz est essentiel au transport d'engrais mondiaux: un tiers y transite habituellement.

Son blocage risque de provoquer d'ici "quelques semaines" une "crise humanitaire majeure", a averti auprès de l'AFP Jorge Moreira da Silva, le chef d'un groupe de travail de l'ONU chargé de libérer le passage de ces matières cruciales.

"Téhéran ne montre aucun signe de capitulation" et "calcule que la hausse des prix mondiaux du pétrole et les pénuries de produits obligeront Trump à mettre fin au conflit sans obtenir les concessions majeures, notamment nucléaires, qu'il recherche", analyse le Centre de réflexion américain Soufan Center.

Au Liban, autre front de la guerre où une trêve est théoriquement en vigueur depuis le 17 avril, le Hezbollah pro-iranien et Israël poursuivent leurs frappes.

De nouvelles discussions censées ouvrir la voie à des négociations de paix doivent se tenir jeudi et vendredi à Washington entre le Liban et Israël.