Le lycéen américain qui a semé la mort dans son école décrit comme «sans pitié»

Six élèves blessés restaient hospitalisés mercredi alors que l'enseignant, légèrement touché à l'épaule, est sorti de l'hôpital dès mardi. (Photo, AFP)
Six élèves blessés restaient hospitalisés mercredi alors que l'enseignant, légèrement touché à l'épaule, est sorti de l'hôpital dès mardi. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 02 décembre 2021

Le lycéen américain qui a semé la mort dans son école décrit comme «sans pitié»

Six élèves blessés restaient hospitalisés mercredi alors que l'enseignant, légèrement touché à l'épaule, est sorti de l'hôpital dès mardi. (Photo, AFP)
  • Le jeune meurtrier, arrêté sur place et identifié sous le nom d'Ethan Crumbley, pourrait passer le reste de ses jours en prison
  • «Il est clairement venu pour tuer des gens», a résumé sur CNN le shérif Bouchard, en ajoutant qu'il avait refusé d'expliquer les motifs de son équipée meurtrière

WASHINGTON: L'adolescent de 15 ans qui a semé la mort mardi dans son lycée au nord des Etats-Unis était « sans pitié », faisant preuve d'une détermination « à glacer le sang », a décrit mercredi le shérif chargé d'enquêter sur cette énième tragédie liée aux armes à feu aux Etats-Unis. 

« Il tirait sur les gens à bout portant, souvent en visant la tête ou la poitrine », a précisé Michael Bouchard. Le bilan des victimes, qui s'est aggravé mercredi, se monte à quatre morts et sept blessés par balle, presque tous âgés de 14 à 17 ans. 

Le jeune meurtrier, arrêté sur place et identifié sous le nom d'Ethan Crumbley, pourrait passer le reste de ses jours en prison, car il sera poursuivi comme s'il était majeur, a annoncé la procureure locale Karen McDonald. 

Ville traumatisée 

Les policiers sont convaincus que son attaque était « totalement préméditée », a ajouté cette responsable, qui a détaillé les chefs d'accusation dont devra répondre Ethan Crumbley, parmi lesquels « assassinats » et « acte de terrorisme ». La fusillade, perpétrée dans un établissement scolaire d'Oxford, a profondément choqué cette petite ville de l'Etat du Michigan, au nord de la métropole de Detroit. 

Le tireur, porteur d'un pistolet semi-automatique Sig Sauer calibre 9 mm, acheté quatre jours plus tôt par son père, a ouvert le feu peu avant 13H00 locales, progressant méthodiquement dans le lycée et tirant notamment sur les portes des classes où s'étaient barricadés les élèves. Il a tiré au moins 30 balles. 

« Il est clairement venu pour tuer des gens », a résumé sur CNN le shérif Bouchard, en ajoutant qu'il avait refusé d'expliquer les motifs de son équipée meurtrière. 

Les identités des adolescents décédés ont été rendues publiques: il s'agit de deux filles âgées de 14 et 17 ans et de deux garçons âgés de 16 et 17 ans. D'autres jeunes victimes restaient hospitalisées mercredi, un enseignant de 47 ans légèrement touché à l'épaule ayant lui pu rentrer chez lui. 

Les autorités envisagent des poursuites à l'encontre des parents du tireur, a fait savoir la procureure Karen McDonald. En plus du pistolet utilisé dans l'attaque, acheté vendredi à l'occasion des grandes promotions du Black Friday, des fusils ont été saisis au domicile familial. 

Ethan Crumbley s'est préalablement entraîné avec le pistolet, publiant sur les réseaux sociaux des photos de l'arme et des cibles qu'il avait visées. Mardi, il aurait apporté l'arme dans son sac à dos, sans être inquiété. Le lycée d'Oxford ne dispose pas de portique détecteur de métaux, comme on en voit souvent aux Etats-Unis. 

Il a ouvert le feu en sortant des toilettes avant d'arpenter les couloirs, alors que les élèves terrorisés se cachaient dans les salles de classe.  

« Nous savons qu'il a tenté d'entrer dans les salles, qu'il a fait feu sur les portes de plusieurs d'entre elles », a expliqué le shérif Bouchard. 

« Droit au silence »  

Sept balles étaient encore dans le chargeur quand il s'est rendu aux policiers à l'intérieur du lycée, quelques minutes seulement après le premier appel au numéro d'urgence 911. 

Placé en détention dans un centre pour délinquants mineurs, le tireur a « invoqué son droit au silence » après avoir reçu la visite de ses parents qui lui ont demandé de ne pas parler aux enquêteurs et ont pris un avocat, a expliqué la police.  

Ethan Crumbley fait l'objet d'une surveillance particulièrement stricte, les autorités craignant qu'il attente à ses jours. 

Les six élèves blessés l'ont été à des degrés divers à la tête, au cou, à la jambe, à la hanche ou au torse. 

L'une des victimes, une jeune fille âgée de 14 ans, est dans un état critique. Elle a été placée sous respirateur artificiel après avoir été opérée pour des blessures à la poitrine et au cou, avait indiqué mardi soir le shérif. 

La tuerie a provoqué un choc dans la population et toutes les écoles du district resteront fermées pour la semaine. De nombreux lycéens ont participé mardi soir à une veillée de recueillement.  

Le shérif Bouchard a démenti mardi soir que ses services aient été au courant de menaces visant le lycée. Il a aussi balayé des rumeurs selon lesquelles le tireur avait été victime de harcèlement ou qu'il ait eu des problèmes de discipline. 

Les enquêteurs s'intéressaient mercredi à des « écrits » retrouvés à son domicile, dans lesquels il exprimait « ses pensées ». 


Russes, Ukrainiens et Américains vont se réunir vendredi à Abou-Dhabi

Selon Kiev, l'Ukraine sera représentée par le secrétaire du Conseil de sécurité Roustem Oumerov, son chef de cabinet Kyrylo Boudanov et son chef-adjoint Serguiï Kyslytsia, par le chef du parti présidentiel David Arakhamia et par le chef d'état-major des forces armées, le général Andriï Gnatov. (AFP)
Selon Kiev, l'Ukraine sera représentée par le secrétaire du Conseil de sécurité Roustem Oumerov, son chef de cabinet Kyrylo Boudanov et son chef-adjoint Serguiï Kyslytsia, par le chef du parti présidentiel David Arakhamia et par le chef d'état-major des forces armées, le général Andriï Gnatov. (AFP)
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  • "Il a été convenu que dès aujourd'hui, la première réunion d'un groupe de travail trilatéral chargé des questions de sécurité aura lieu à Abou-Dhabi"
  • L'équipe russe, menée par le général Igor Kostioukov, haut responsable de l'état-major, "se rendra dans les prochaines heures à Abou-Dhabi"

MOSCOU: La Russie, l'Ukraine et les Etats-Unis vont tenir une réunion trilatérale vendredi à Abou-Dhabi, a annoncé dans la nuit le Kremlin après un entretien à Moscou entre le président Vladimir Poutine et l'émissaire américain Steve Witkoff.

"Il a été convenu que dès aujourd'hui, la première réunion d'un groupe de travail trilatéral chargé des questions de sécurité aura lieu à Abou-Dhabi", a déclaré tôt vendredi à la presse le conseiller diplomatique du Kremlin, Iouri Ouchakov.

L'équipe russe, menée par le général Igor Kostioukov, haut responsable de l'état-major, "se rendra dans les prochaines heures à Abou-Dhabi", a-t-il dit.

Selon Kiev, l'Ukraine sera représentée par le secrétaire du Conseil de sécurité Roustem Oumerov, son chef de cabinet Kyrylo Boudanov et son chef-adjoint Serguiï Kyslytsia, par le chef du parti présidentiel David Arakhamia et par le chef d'état-major des forces armées, le général Andriï Gnatov.

M. Ouchakov a souligné que l'entretien jeudi entre MM. Poutine et Witkoff à Moscou, avait été "utile à tous points de vue", notamment pour permettre cette trilatérale.

"Les Américains ont beaucoup fait pour préparer cette réunion et ils espèrent qu'elle sera un succès et ouvrira des perspectives pour avancer sur l'ensemble de questions liées à la fin du conflit" en Ukraine, a souligné M. Ouchakov, évoquant des pourparlers de "très substantiels" avec M. Witkoff.

Une autre rencontre, consacrée aux questions économiques, aura lieu également vendredi à Abou-Dhabi entre M. Witkoff et l'émissaire du Kremlin aux questions économiques internationales, Kirill Dmitriev, a-t-il précisé.

"Nous sommes sincèrement intéressés par un réglement (du conflit) par les moyens politico-diplomatiques", a assuré M. Ouchakov. Mais "tant que ce n'est pas encore le cas, la Russie va continuer d'atteindre ses objectifs (...) sur le champ de bataille", a-t-il ajouté.

Garanties de sécurité 

Steve Witkoff, qui était accompagné par le gendre du président américain, Jared Kushner, s'est entretenu avec Vladimir Poutine pendant plus de trois heures et demie. L'émissaire a déjà rencontré le président russe à plusieurs reprises depuis un an, dans le cadre des efforts américains pour mettre fin à quatre ans de combats en Ukraine.

Depuis Davos, M. Witkoff avait auparavant vanté les progrès "significatifs" accomplis lors de sa rencontre, le week-end dernier à Miami, avec les négociateurs ukrainiens.

"Je pense que nous avons réduit le problème à un seul point", a-t-il déclaré.

A Davos, le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'est brièvement entretenu jeudi avec M. Trump, et a évoqué devant la presse une rencontre "positive" mais un dialogue "pas simple".

Il a toutefois assuré être parvenu à un accord sur les garanties de sécurité qui doivent être offertes par les Etats-Unis à l'Ukraine pour dissuader la Russie d'attaquer à nouveau après une éventuelle fin du conflit.

"Les garanties de sécurité, c'est prêt", a-t-il déclaré, indiquant que "le document doit être signé par les parties, par les présidents, et ensuite il ira aux parlements nationaux".

M. Zelensky a en revanche dit que l'épineuse question des territoires de l'est de l'Ukraine revendiqués par Moscou n'est "pas encore résolue".

"Sans règlement de la question territoriale (…) il ne faut pas compter obtenir un règlement à long terme", a répété vendredi le conseiller diplomatique du Kremlin après la réunion entre MM. Poutine et Witkoff.

"Kaléidoscope" 

Des négociations directes entre la Russie et l'Ukraine avaient déjà eu lieu lors de la première année de la guerre, en 2022, et à plusieurs reprises en 2025, à Istanbul. Ces pourparlers n'avaient abouti qu'à des échanges de prisonniers et de dépouilles de soldats, sans régler le conflit.

La Russie exige un retrait des troupes ukrainiennes du Donbass, dans l'est industriel de l'Ukraine, et un engagement de Kiev à ne pas adhérer à l'Otan. Elle a multiplié ces derniers mois les frappes sur le réseau énergétique ukrainien, provoquant des coupures d'électricité et de chauffage massives notamment dans la capitale, par des températures glaciales.

De plus en plus critique envers les Européens ces dernières semaines, M. Zelensky a prononcé un discours particulièrement dur à Davos jeudi envers ses principaux soutiens, disant voir une Europe "fragmentée" et "perdue" lorsqu'il s'agit d'influer sur les positions de Donald Trump, et manquant de "volonté politique" face à Vladimir Poutine.

Il a également jugé, malgré les promesses européennes de déploiement de troupes en Ukraine après la guerre, "qu'aucune garantie de sécurité ne peut fonctionner sans les Etats-Unis".


«Promoteur dans l'âme», Trump révèle son projet immobilier de «Nouveau Gaza»

Donald Trump a révélé jeudi son plan pour un "Nouveau Gaza", qui transformerait le territoire palestinien dévasté en un complexe luxueux de gratte-ciels en bord de mer, un projet qui pourrait voir le jour dans trois ans. (AFP)
Donald Trump a révélé jeudi son plan pour un "Nouveau Gaza", qui transformerait le territoire palestinien dévasté en un complexe luxueux de gratte-ciels en bord de mer, un projet qui pourrait voir le jour dans trois ans. (AFP)
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  • "Je vais avoir beaucoup de succès à Gaza, ça va être beau à voir", a déclaré le président américain alors qu'il présentait à Davos son "Conseil de paix" controversé
  • "Je suis un promoteur immobilier dans l'âme (...) et j'ai dit, regardez ce site en bord de mer, regardez ce superbe lot foncier, ce que ce pourrait être pour tant de gens"

DAVOS: Donald Trump a révélé jeudi son plan pour un "Nouveau Gaza", qui transformerait le territoire palestinien dévasté en un complexe luxueux de gratte-ciels en bord de mer, un projet qui pourrait voir le jour dans trois ans.

La guerre à Gaza, déclenchée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël en octobre 2023, a ravagé le territoire et poussé la majorité des habitants à fuir. Un cessez-le-feu négocié par les Etats-Unis est entré en vigueur en octobre, mais la crise humanitaire perdure pour la plupart des Gazaouis.

"Je vais avoir beaucoup de succès à Gaza, ça va être beau à voir", a déclaré le président américain alors qu'il présentait à Davos son "Conseil de paix" controversé, initialement conçu pour superviser la reconstruction du territoire palestinien.

"Je suis un promoteur immobilier dans l'âme (...) et j'ai dit, regardez ce site en bord de mer, regardez ce superbe lot foncier, ce que ce pourrait être pour tant de gens", a-t-il dit au Forum économique mondial qui se tient dans la station de sports d'hiver suisse.

Son gendre Jared Kushner, qui n'a aucune fonction officielle mais fait office d'émissaire parmi d'autres pour le conflit à Gaza, a estimé que ce "maître projet" était voué à un "succès effrayant".

Exhibant une esquisse aux dizaines de tours d'appartements avec terrasse surplombant une allée ombragée, il a promis que ce paysage remplacerait les ruines laissées par la guerre.

"Au Moyen-Orient ils construisent des villes comme ça, pour deux ou trois millions de personnes, ils le font en trois ans", a-t-il dit. "C'est faisable en trois ans si nous voulons que ce le soit".

Il a estimé à 25 milliards de dollars les investissements nécessaires pour reconstruire les infrastructures et les services publics du territoire palestinien.

En 10 ans, le PIB de Gaza serait de 10 milliards de dollars, et le revenu moyen par foyer atteindrait 13.000 dollars, grâce "au plein emploi à 100% et aux possibilités offertes à tous".

Il a affirmé que le "Comité national pour l'administration de Gaza", censé travailler sous l'autorité du "Conseil de paix" de Donald Trump, avait reçu une proposition du promoteur immobilier israélien Yakir Gabay.

"Il s'est porté volontaire pas pour le profit, mais vraiment en écoutant son coeur", a assuré Jared Kushner. "Donc dans les 100 jours à venir nous allons continuer sans relâche à nous assurer que cela se réalise", a-t-il ajouté.

Il a estimé qu'un désarmement complet du Hamas, prévu par l'accord de cessez-le-feu conclu en octobre, convaincrait les investisseurs et les donateurs.

"Il va y avoir de fantastiques opportunités d'investissement", a conclu M. Kushner.

Sa présentation ne mentionnait pas le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, dont le pays avait porté en 2025 un plan de reconstruction de Gaza soutenu par des pays arabes et accueilli favorablement par l'Union européenne.

Selon un communiqué de ses services, M. Sissi est rentré à l'aube jeudi, quelques heures après un tête-à-tête avec M. Trump au cours duquel les deux hommes ont échangé des compliments, le président américain le qualifiant de "grand leader" et de "type génial".


Rejoindre le Conseil de la paix reflète l’engagement saoudien à mettre fin au conflit à Gaza, affirme le prince Faisal

Le ministre des Affaires étrangères de l'Arabie saoudite, le prince Faisal ben Farhane, tient jeudi une charte fondatrice signée du Conseil de la paix lors du Forum économique mondial à Davos. (AFP)
Le ministre des Affaires étrangères de l'Arabie saoudite, le prince Faisal ben Farhane, tient jeudi une charte fondatrice signée du Conseil de la paix lors du Forum économique mondial à Davos. (AFP)
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  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères signe la charte fondatrice de l’initiative menée par les États-Unis lors d’une cérémonie au Forum économique mondial de Davos
  • L’Arabie saoudite fait partie des huit pays arabes et islamiques ayant annoncé mercredi leur adhésion à l’initiative, qui vise à stabiliser et reconstruire Gaza

​​​​​​DAVOS : Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a signé jeudi la charte fondatrice du « Conseil de la paix » du président américain Donald Trump.

Cette décision de participation reflète le soutien du Royaume aux efforts visant à instaurer une paix durable à Gaza, a-t-il déclaré.

L’Arabie saoudite figure parmi les huit pays arabes et islamiques qui ont annoncé mercredi leur adhésion à cette initiative, dont l’objectif est de stabiliser et de reconstruire le territoire palestinien ravagé par la guerre.

Le prince Faisal a signé le document lors d’une cérémonie organisée en marge du Forum économique mondial de Davos, où le président Donald Trump a lancé la charte à l’occasion d’un événement réunissant plusieurs autres pays fondateurs, dont la Turquie et le Qatar.

Dans un communiqué, le ministère saoudien des Affaires étrangères a indiqué que la signature du document témoignait de « l’engagement du Royaume à soutenir le conseil de la paix en tant qu’organe transitoire visant à mettre fin au conflit à Gaza, conformément à la résolution 2803 du Conseil de sécurité des Nations unies ».

Cette initiative reflète également le soutien de l’Arabie saoudite à la reconstruction de Gaza et sa volonté de promouvoir une paix durable, tout en saluant les efforts de paix du président Trump, a ajouté le ministère.

Le président américain a contribué à la médiation d’un accord de paix en septembre, qui a largement mis fin à la guerre de deux ans menée par Israël contre Gaza, un conflit qui a dévasté le territoire et coûté la vie à plus de 70 000 Palestiniens.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com