L'Allemagne vers un nouveau tour de vis, avant l'obligation vaccinale

Si la situation sanitaire connaît ces derniers jours une timide amélioration, elle reste globalement alarmante, avec des dizaines de milliers de cas supplémentaires chaque jour, une incidence supérieure à 440 et de nombreux hôpitaux proches de la saturation. (Photo, AFP)
Si la situation sanitaire connaît ces derniers jours une timide amélioration, elle reste globalement alarmante, avec des dizaines de milliers de cas supplémentaires chaque jour, une incidence supérieure à 440 et de nombreux hôpitaux proches de la saturation. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 02 décembre 2021

L'Allemagne vers un nouveau tour de vis, avant l'obligation vaccinale

  • Le point le plus saillant de la contre-offensive anti-Covid est bien sûr l'obligation vaccinale
  • Un texte de loi devrait être soumis au parlement d'ici la fin de l'année, avec une liberté de vote totale accordée aux députés

BERLIN : Un nouveau tour de vis avant une obligation vaccinale qui fait désormais consensus: l'Allemagne va décider jeudi de restrictions supplémentaires contre la virulente quatrième vague d'infections, dont de possibles fermetures de bars et autres lieux publics.

Après un premier round de discussions mardi, Angela Merkel, son successeur annoncé, Olaf Scholz et les dirigeants des 16 régions du pays se réunissent de nouveau jeudi pour peaufiner leur arsenal de mesures.

Si la situation sanitaire connaît ces derniers jours une timide amélioration, elle reste globalement alarmante, avec des dizaines de milliers de cas supplémentaires chaque jour, une incidence supérieure à 440 et de nombreux hôpitaux proches de la saturation.

Le contexte est compliqué par l'actuelle période de transition en Allemagne, entre une Angela Merkel sur le départ - elle donnera un discours d'adieu jeudi soir lors d'une cérémonie militaire - et un Olaf Scholz qui ne devrait être élu chancelier que la semaine prochaine par le Bundestag.

Pas de «vide du pouvoir»

Cette réunion et les restrictions impulsées par la nouvelle coalition doivent ainsi montrer, espère le futur chancelier, qu'"il n'y a pas de vide du pouvoir, comme certains l'évoquent en ce moment".

Le point le plus saillant de la contre-offensive anti-Covid est bien sûr l'obligation vaccinale, qui pourrait être décrétée à partir de février ou mars.

Critiqué pour sa discrétion sur l'identité du futur ministre de la Santé, Olaf Scholz a créé la surprise en plaidant pour cette mesure radicale, déjà engagée par le voisin autrichien.

Un texte de loi devrait être soumis au parlement d'ici la fin de l'année, avec une liberté de vote totale accordée aux députés.

"Presque tout le monde en Allemagne a une opinion à ce sujet, et je pense que ce sont exactement les cas qui doivent être tranchés" par un vote, a confié sur la chaîne publique ARD le futur chancelier.

L'opinion publique allemande a elle-même largement évolué sur la question.

Si deux tiers environ des sondés étaient contre une obligation vaccinale l'été dernier, la proportion s'est totalement inversée, avec 64% d'Allemands désormais favorables, selon un sondage pour RTL et ntv.

Dans les rues de Berlin, l'obligation à venir est plutôt bien accueillie.

"En principe, je trouve toujours qu'une obligation est délicate. Mais je pense que nous sommes déjà si profondément dans la pandémie qu'il n'y a pas moyen" de faire autrement, explique ainsi à l'AFPTV Clara.

"Dès le début, ça aurait été une bonne idée. Parce qu'apparemment, ça ne marche pas" quand seuls certains font la démarche de se faire vacciner, abonde Alicia Münch.

Huis clos

La mesure est également soutenue par les Verts et les Libéraux, pourtant traditionnellement rétifs à toute contrainte, ainsi que les conservateurs d'Angela Merkel, désormais dans l'opposition.

Seul le parti d'extrême droite Afd s'y oppose, avec une campagne d'affichage "Le vaccin obligatoire? Non merci!" reprenant un slogan des opposants au nucléaire.

En attendant que la mesure entre en vigueur dans les prochains mois, l'Allemagne va devoir prendre d'autres dispositions pour enrayer la flambée épidémique.

Les régions ont déjà considérablement renforcé les restrictions d'accès pour les non vaccinés. Un pas supplémentaire devrait être franchi jeudi en leur interdisant l'entrée dans les commerces non essentiels.

Des fermetures de bars et clubs, pour l'ensemble de la population, sont aussi évoquées.

La Bundesliga, pourrait, elle, renouer avec les matches à huis clos, quelques jours après un derby rhénan entre le FC Cologne et Mönchengladbach, disputé devant 50 000 supporters, une image qui a choqué l'Allemagne.

"Du point de vue de la médecine intensive et d'urgence, la situation de la pandémie n'a jamais été aussi menaçante et grave qu'aujourd'hui", s'alarme ainsi l'Association allemande de médecine intensive (DIVI) qui réclame un confinement partiel de la population.

En Bavière, un des foyers de l'épidémie, un hôpital de Rosenheim a attiré l'attention sur la situation catastrophique de son service d'urgences, totalement saturé, en éclairant en rouge l'intérieur de l'établissement.

Les autorités allemandes essuient également des critiques sur l'embouteillage constaté pour accéder à la vaccination, avec des difficultés à obtenir un rendez-vous médical. Les pharmacies pourraient être mises à contribution pour élargir la distribution.


L'OMS salue les résultats de sa campagne de «grand rattrapage» de vaccination des enfants

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19. (AFP)
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19. (AFP)
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  • La pandémie de Covid-19 avait fortement fragilisé les systèmes de santé et perturbé les campagnes de vaccination, avec pour conséquence un regain des maladies contagieuses comme la rougeole et la poliomyélite
  • Aussi en 2023, l'OMS, avec l'Unicef et Gavi, organisme international qui aide les pays pauvres à introduire des vaccins, avait lancé une campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants

GENEVE: L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19.

La pandémie de Covid-19 avait fortement fragilisé les systèmes de santé et perturbé les campagnes de vaccination, avec pour conséquence un regain des maladies contagieuses comme la rougeole et la poliomyélite.

Aussi en 2023, l'OMS, avec l'Unicef et Gavi, organisme international qui aide les pays pauvres à introduire des vaccins, avait lancé une campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants.

Cette initiative a pris fin le 31 mars.

Les données finales sont encore en cours de compilation, mais "l'initiative mondiale semble être en bonne voie pour atteindre son objectif qui est de toucher au moins 21 millions d'enfants non vaccinés ou insuffisamment vaccinés", ont indiqué les trois organisations dans un communiqué.

De 2023 à 2025, ce programme a permis de vacciner environ 18,3 millions d’enfants âgés de 1 à 5 ans dans 36 pays, grâce à plus de 100 millions de doses de vaccins essentiels.

Parmi ces enfants, environ 12,3 millions n'avaient jamais été vaccinés et 15 millions n'étaient pas vaccinés contre la rougeole.

Le programme a permis d'administrer 23 millions de doses de vaccin antipoliomyélitique inactivé (VPI) à des enfants insuffisamment ou non vaccinés.

"En protégeant les enfants qui n'ont pas pu se faire vacciner en raison des perturbations des services de santé causées par le Covid-19, le programme Grand Rattrapage a contribué à inverser l'une des principales conséquences négatives de la pandémie", a déclaré le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, cité dans le communiqué.

Ce "plus vaste effort international jamais entrepris pour vacciner les enfants non vaccinés avec des vaccins essentiels, montre ce qu'il est possible d'accomplir lorsque les gouvernements, les partenaires et les communautés unissent leurs efforts pour protéger les plus vulnérables", a indiqué pour sa part la directrice générale de Gavi, Sania Nishtar, également citée dans le communiqué.

Lors d'un point de presse, le directeur du département Vaccination à l'Unicef, Ephrem Lemango, a appelé à poursuivre les efforts de vaccination de routine, au-delà de l'initiative.

"Le principal enjeu est de mettre en place des systèmes de vaccination capables d'atteindre et de protéger chaque enfant à temps, avant qu'il n'atteigne l'âge limite pour la vaccination. Actuellement, chaque année, 14,3 millions d'enfants ne reçoivent aucun vaccin dans le cadre des programmes de vaccination de routine", a-t-il relevé.

Kate O'Brien, directrice du département vaccins de l'OMS, a elle appelé à lutter contre le scepticisme vis-à-vis de la vaccination, indiquant être très préoccupée par "la politisation croissante des vaccins et de la santé".


Trump dit ne pas vouloir utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran

Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale. (AFP)
Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale. (AFP)
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  • "Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire"
  • "Nous n'en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide?"

WASHINGTON: Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale.

"Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire", a dit le président américain, à qui une journaliste a demandé s'il envisageait de recourir à la bombe atomique.

"Nous n'en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide? Pourquoi utiliserais-je l'arme nucléaire alors que nous les avons complètement anéantis, de manière très conventionnelle?" a-t-il déclaré.

 


Le cessez-le-feu entre le Liban et Israël prolongé de trois semaines

L'ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee, l'ambassadeur israélien aux États-Unis Yechiel Leiter, le vice-président américain JD Vance, le secrétaire d'État américain Marco Rubio, l'ambassadeur du Liban aux États-Unis Nada Hamadeh Moawad et l'ambassadeur américain au Liban Michel Issa écoutent le président américain Donald Trump s'exprimer lors d'une réunion avec l'ambassadeur du Liban aux États-Unis et l'ambassadeur d'Israël aux États-Unis, à la Maison Blanche, à Washington, DC, le 23 avril 2026. (AFP)
L'ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee, l'ambassadeur israélien aux États-Unis Yechiel Leiter, le vice-président américain JD Vance, le secrétaire d'État américain Marco Rubio, l'ambassadeur du Liban aux États-Unis Nada Hamadeh Moawad et l'ambassadeur américain au Liban Michel Issa écoutent le président américain Donald Trump s'exprimer lors d'une réunion avec l'ambassadeur du Liban aux États-Unis et l'ambassadeur d'Israël aux États-Unis, à la Maison Blanche, à Washington, DC, le 23 avril 2026. (AFP)
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  • La prolongation du cessez-le-feu fait suite à des frappes israéliennes meurtrières et à la poursuite des affrontements dans le sud du Liban
  • M. Trump a ajouté qu'il se réjouissait d'accueillir prochainement le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun

WASHINGTON/BEIRUT/JERUSALEM : Le Liban et Israël ont prolongé leur cessez-le-feu de trois semaines après une réunion de haut niveau à la Maison Blanche, a déclaré jeudi le président américain Donald Trump. M. Trump a accueilli l'ambassadeur d'Israël à Washington, Yechiel Leiter, et l'ambassadrice du Liban aux Etats-Unis, Nada Moawad, dans le bureau ovale pour une deuxième série de discussions facilitées par les Etats-Unis, un jour après que des frappes israéliennes aient tué au moins cinq personnes, dont un journaliste.

"La réunion s'est très bien passée ! Les États-Unis vont travailler avec le Liban pour l'aider à se protéger du Hezbollah", a écrit M. Trump sur Truth Social. Le Hezbollah, le groupe armé allié à l'Iran qui combat Israël, n'était pas présent aux pourparlers. Il affirme avoir "le droit de résister" aux forces d'occupation.

M. Trump a ajouté qu'il se réjouissait d'accueillir prochainement le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun.

M. Trump s'est également adressé aux journalistes dans le bureau ovale, aux côtés des participants à la réunion, et a déclaré qu'il espérait que les dirigeants se rencontreraient pendant les trois semaines de cessation des hostilités. Il a ajouté qu'il y avait "une grande chance" que les deux pays parviennent à un accord de paix cette année.

Le vice-président JD Vance, le secrétaire d'État Marco Rubio, l'ambassadeur des États-Unis en Israël Mike Huckabee et l'ambassadeur des États-Unis au Liban Michel Issa ont également participé à la réunion.

Le cessez-le-feu, conclu à l'issue de discussions entre les ambassadeurs des deux pays à Washington la semaine dernière, devait expirer dimanche. Il a permis une réduction significative de la violence, mais les attaques se sont poursuivies dans le sud du Liban, où les troupes israéliennes se sont emparées d'une zone tampon autoproclamée.

Rendre au Liban sa grandeur

L'ambassadeur Moawad, qui avait demandé une prolongation du cessez-le-feu lors de la réunion, a remercié M. Trump d'avoir accueilli les pourparlers. "Je pense qu'avec votre aide et votre soutien, nous pouvons rendre au Liban sa grandeur", a-t-elle déclaré.

Un responsable libanais avait auparavant déclaré que Beyrouth ferait pression pour un retrait israélien, le retour des Libanais détenus en Israël et la délimitation de la frontière terrestre lors d'une prochaine phase de négociations.

Israël a cherché à faire cause commune avec le gouvernement libanais au sujet du Hezbollah, que Beyrouth s'efforce de désarmer pacifiquement depuis un an.

Interrogé sur la manière dont les États-Unis aideraient le Liban à lutter contre le Hezbollah, M. Trump n'a pas donné de détails, mais a déclaré que les États-Unis entretenaient "une excellente relation avec le Liban". M. Trump a déclaré qu'Israël devait être en mesure de se défendre contre les attaques du Hezbollah.

M. Trump a également appelé le Liban à abolir les lois interdisant tout engagement avec Israël. "C'est un crime de parler avec Israël ?", a-t-il répondu lorsqu'on l'a interrogé sur les lois connues sous le nom de lois anti-normalisation, qu'il ne semblait pas connaître. "Je suis certain qu'il y sera mis fin très rapidement. J'y veillerai", a déclaré M. Trump.