Covid-19: Nouvelles mesures en France, record d'infections en Allemagne

En une journée, l'Allemagne a compté 75.961 nouvelles contaminations, un nouveau plus haut au moment où la première économie européenne craint une saturation des hôpitaux. (AFP).
En une journée, l'Allemagne a compté 75.961 nouvelles contaminations, un nouveau plus haut au moment où la première économie européenne craint une saturation des hôpitaux. (AFP).
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Publié le Jeudi 25 novembre 2021

Covid-19: Nouvelles mesures en France, record d'infections en Allemagne

  • Malgré les mouvements anti-restrictions, l'Europe doit prendre "urgemment" des mesures face à la nouvelle vague de Covid-19, a estimé une agence de l'UE mercredi
  • Ce constat intervient au lendemain d'un avertissement de l'OMS sur le risque d'une nouvelle hécatombe cet hiver

ATHENES: La France et l'Allemagne doivent une nouvelle fois faire face à une réalité sanitaire difficile. Malgré les mouvements anti-restrictions, l'Europe doit prendre "urgemment" des mesures face à la nouvelle vague de Covid-19, a estimé une agence de l'UE mercredi, au lendemain d'un avertissement de l'OMS sur le risque d'une nouvelle hécatombe cet hiver.

En France, le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé des mesures à la mi-journée. 

"A compter du 15 décembre, le pass sanitaire pour les plus de 65 ans ne sera plus actif si le rappel n'a pas été fait dans un délai de sept mois après l'infection ou après la dernière injection. Et à compter du 15 janvier ce pass sanitaire de tous les autres publics, c'est-à-dire les Français âgés de 18 à 64 ans, ne sera plus actif si le rappel n'a pas été fait dans ce délai qui reste inchangé de sept mois après la dernière injection", a déclaré M. Véran devant la presse.

De plus, la France étudie la possibilité de vacciner les enfants de 5 à 11 ans contre le Covid-19, mais dans tous les cas, cela n'aura pas lieu avant "début 2022", a indiqué jeudi le ministre franàais de la Santé, Olivier Véran.

"Cette vaccination, si elle était décidée en France, ne commencerait pas avant le début de l'année 2022", a déclaré M. Véran, qui a saisi les autorités sanitaires nationales après l'approbation du vaccin de Pfizer pour les 5-11 ans par l'Agence européenne du médicament (EMA).

Concernant les gestes barrières, M. Véran a indiqué qu'à compter de vendredi, "un décret rendra à nouveau obligatoire le port du masque partout en intérieur" dans les lieux recevant du public, y compris les lieux où le pass sanitaire est réclamé, a annoncé jeudi le ministre de la Santé Olivier Véran.

"Les préfets seront aussi habilités à rendre obligatoire le port du masque pour des événements en extérieur, tels que par exemple les marchés de Noël", qui seront soumis au pass sanitaire, "ou des brocantes", a-t-il précisé.

De son côté, le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer a annoncé jeudi qu'à partir de la semaine prochaine, il n'y aura plus de fermeture de classe dans les écoles primaires dès le premier cas de Covid détecté chez un élève.

"Notre boussole reste la priorité d'une école ouverte", a rappelé Jean-Michel Blanquer. "Dès la semaine prochaine, lorsqu'un élève est testé positif, tous les élèves de la classe sont testés à leur tour et seuls les camarades testés positifs restent à la maison", a indiqué le ministre, soulignant que "8.500 écoles (étaient) fermées hier (mercredi), contre 4.100 le 19 novembre".

covid france

Record de cas en France et en Allemagne

Le nombre de cas augmente très rapidement en France depuis plusieurs jours, atteignant 32.591 nouvelles contaminations mercredi selon Santé publique France, au plus haut depuis le 24 avril.

C'est aussi le cas en Allemagne qui a enregistré un record d'infections ces dernières 24h. 

 

covid allemagne

 

Plus de 100.000 personnes, 100.119 exactement, sont mortes du Covid-19 en Allemagne depuis le début de la pandémie, a annoncé jeudi l'autorité sanitaire fédérale (RKI), comptabilisant 351 décès sur les dernières 24h.

En une journée, le RKI a également compté 75.961 nouvelles contaminations, un nouveau plus haut au moment où la première économie européenne craint une saturation des hôpitaux. L'incidence sur sept jours a aussi atteint un record, à 419,7.

 

Actuellement, les plus de 65 ans peuvent la recevoir, ainsi que les personnes à risque et les soignants. Les plus de 50 ans y auront accès à partir du 1er décembre et la Haute autorité de santé a recommandé vendredi dernier de l'élargir aussi aux plus de 40 ans.

A partir du 15 décembre, la validité du pass sanitaire chez les plus de 65 ans sera conditionnée en France à une dose de rappel six mois après la dernière injection.

De source gouvernementale, l'exécutif est décidé à aller encore plus loin en l'ouvrant rapidement à tous les adultes, comme l'envisageaient le Conseil scientifique et le Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale, deux instances consultatives, ces derniers jours.

Selon deux sources parlementaires, le délai d'écart entre le dernier vaccin et la dose de rappel serait ramené de six à cinq mois.

La validité du test anti-Covid pour les non-vaccinés voulant profiter du pass sanitaire devrait, lui, passer de 72 heures à 24 heures.

Il faut faire "peser la contrainte" sur les Français qui ont fait "le choix de ne pas se faire vacciner", indiquait M. Attal.

"Les vaccins pour les enfants de 5 à 11 ans ont été évoqués mais on nous a dit que ce ne serait pas avant 2022 et sous réserve de l'avis de l'agence européenne des médicaments", a indiqué à l'AFP le député Bertrand Pancher (libertés et territoires).

Castex testé positif

Quant au port du masque, il pourrait être rendu obligatoire dans tous les lieux intérieurs où le pass sanitaire est demandé (restaurants, centres commerciaux, lieux de spectacle, musées, etc). Voire dans quelques lieux extérieurs à forte concentration de personnes comme les marchés de Noël, à la discrétion des préfets.

Un renforcement des contrôles du pass sanitaire dans les restaurants, les cinémas et les transports ainsi qu'un renforcement des campagnes de tests de dépistage dans les écoles sont également envisagés.

"Le constat est sans appel: notre situation épidémique se dégrade", résumait mercredi le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, à la sortie d'un conseil des ministres et d'un conseil de défense sanitaire.

Pour l'exécutif, il s'agit de "sauver les fêtes de fin d'année", a-t-il souligné.

Ces deux réunions, tenues en l'absence physique du Premier ministre Jean Castex lui-même testé positif au Covid, ont déjà permis au gouvernement de largement baliser le terrain, en écartant un couvre-feu ou un reconfinement sur le modèle de l'Autriche, qui a pris voici quelques jours cette mesure d'une sévérité sans précédent en Europe depuis le début des campagnes de vaccination.

 

Une situation alarmante dans toute l'Europe de l'Ouest

 

covid

Avec plus de 2,5 millions de cas et près de 30.000 morts enregistrés depuis une semaine, le Vieux Continent est de loin la région du monde la plus touchée par la pandémie, selon les données officielles collectées par l'AFP. Et la tendance reste à la hausse, notamment dans les pays où le taux de vaccination est le moins élevé.

Mardi, l'OMS Europe s'était alarmée de l'"emprise" de la Covid-19 en Europe, qui pourrait faire 700.000 morts supplémentaires sur le continent d'ici au printemps, en plus des 1,5 million de décès déjà dénombrés.

Le variant Delta, très contagieux, a réduit à 40% l'efficacité des vaccins contre la transmission de la maladie, a souligné le patron de l'OMS. 

"Les vaccins sauvent des vies, mais ils n'empêchent pas totalement la transmission de la Covid-19", a expliqué Tedros Adhanom Ghebreyesus. "Des donnée suggèrent qu'avant l'arrivée du variant Delta les vaccins réduisaient la transmission d'environ 60%, avec Delta cela a chuté à 40%", a-t-il souligné.

Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), l'agence sanitaire de l'UE chargée des épidémies, a appelé à combler les trous en matière de vaccination, mais aussi à prendre des "mesures non pharmaceutiques", terme générique désignant les restrictions anti-Covid.

Ecarts vaccinaux

Dans l'Union européenne, 67,7% de la population a reçu deux doses de vaccin mais les écarts sont énormes entre les pays. Selon les chiffres de mardi, seuls 24,2% des Bulgares sont vaccinés contre 86,7% des Portugais.

"Nous devons urgemment nous concentrer pour combler ce retard d'immunité, proposer des doses 'booster' à tous les adultes et réintroduire des mesures non pharmaceutiques", a déclaré la directrice de l'ECDC, Andrea Ammon.

covid europe

En Allemagne, la situation sanitaire met en difficulté la nouvelle coalition gouvernementale qui va prendre la tête du pays en décembre, alors que l'Allemagne avait traversé mieux que d'autres pays européens les premières vagues de la pandémie

"Chaque jour compte", a mis en garde jeudi la chancelière sortante Angela Merkel, qui souhaite un tour de vis supplémentaire et l'a fait savoir à son successeur Olaf Scholz, qui a promis de "tout faire" face à la pandémie.

En Italie, le gouvernement a décidé que les personnes non vaccinées ne pourraient plus avoir accès aux restaurants, bars, cinémas, théâtres, discothèques et salles de sport.

De plus, tous les Italiens de plus de 40 ans peuvent désormais recevoir la dose de rappel cinq mois après la seconde dose, et non six mois comme prévu.

En Slovaquie, de nouvelles restrictions ont également été décrétées, avec la fermeture des restaurants et des magasins non essentiels à partir de jeudi. 

covid slovaquie

 

En Grèce et après un discours ferme du Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis la semaine dernière et l'annonce de nouvelles restrictions visant principalement les personnes non-vaccinées, le nombre d'infections par jour recommence à stagner aux alentours de 7000 cas par jour, après avoir un temps dépassé les 8000. Déjè sous pression, les hôpitaux du pays en sont à ajourner les interventions chirurgicales non-nécessaires pour faire de la place aux hospitalisations Covid. 

D'autres "confinements", en réalité moins stricts, avaient déjà été décrétés dans d'autres pays comme la Lettonie et les Pays-Bas, alors que l'Europe est redevenue cet automne l'épicentre mondial de la pandémie.

En France, ce type de mesure n'est actuellement envisagé "ni de près ni de loin", selon une source gouvernementale.


Londres accueille des discussion sur la mission à Ormuz

Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière
  • "L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable"

LONDRES: Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière, a précisé le ministère britannique de la Défense.

"L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable", a déclaré le ministre britannique de la Défense John Healey, cité dans un communiqué.

Il s'est dit confiant que "des progrès concrets puissent être accomplis".

Ces discussions intervient dans la foulée de pourparlers sur ce détroit stratégique, ayant réuni vendredi à Paris plus de 40 pays sous la houlette du Premier ministre britannique Keir Starmer et du président français Emmanuel Macron.

M. Starmer a indiqué que la France et le Royaume-Uni dirigeraient une mission multinationale pour assurer la liberté de navigation dans le détroit "dès que les conditions le permettront".

La Grande-Bretagne et la France ont insisté sur le fait que cette force serait exclusivement défensive et ne serait déployée qu'une fois la paix durable dans la région instaurée.

Les Etats-Unis et l'Iran, parties belligérantes, n'ont pas participé aux pourparlers.

Avant la réunion de Paris, Downing Street avait annoncé la tenue d'un sommet de planification militaire cette semaine, sans donner plus de précisions.

 


Iran: le médiateur pakistanais salue la prolongation du cessez-le-feu annoncée par Trump

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
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  • "Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre"
  • Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die

ISLAMABAD: Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump.

"Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre", a indiqué sur X M. Sharif, précisant s'exprimer également au nom du chef d'état-major, le maréchal Asim Munir.

"Fort de la confiance qui lui est accordée, le Pakistan poursuivra ses efforts en vue d'un règlement négocié du conflit", a ajouté le dirigeant.

Donald Trump a annoncé mardi une extension sine die du cessez-le-feu dont il avait précédemment fixé l'expiration à mercredi soir, disant vouloir donner davantage de temps à la diplomatie.

Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die.

"J'espère sincèrement que les deux parties continueront à respecter le cessez-le-feu et parviendront à conclure un +accord de paix+ global lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad, afin de mettre définitivement fin au conflit", a souligné M. Sharif mercredi.


Trump dit prolonger le cessez-le-feu avec l'Iran jusqu'à nouvel ordre

Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
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  • Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur
  • Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens.

S'exprimant sur sa plateforme Truth Social, le président américain a annoncé avoir décidé de "prolonger le cessez-le-feu jusqu'à ce que l'Iran présente une proposition et que les discussions soient conclues, d'une manière ou d'une autre".

Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur.

Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz.

L'annonce du président américain intervient alors que Washington et Téhéran ont affiché leur désaccord sur l'expiration de la trêve, les premiers parlant de mercredi soir, heure de Washington, tandis que les seconds ont évoqué ce mardi, à minuit GMT.

Par ailleurs, la Maison Blanche a confirmé en fin de journée que le vice-président JD Vance, chargé de mener d'éventuelles nouvelles discussions avec l'Iran au Pakistan, ne quitterait pas Washington mardi, comme initialement prévu.

"A la lumière du message du président Trump sur Truth Social, confirmant que les Etats-Unis attendent une proposition unifiée des Iraniens, le voyage au Pakistan n'aura pas lieu aujourd'hui", a indiqué un haut responsable de l'exécutif américain, dans une déclaration transmise à la presse.

La Maison Blanche n'avait jamais confirmé le déplacement du vice-président, mais a entretenu le flou sur le fait de savoir s'il quittait ou pas la capitale dans la journée de mardi.

Bientôt deux mois après le début des hostilités déclenchées par Israël et les Etats-Unis, Téhéran a menacé de son côté de reprendre les frappes en direction des pays du Golfe, mettant en péril l'approvisionnement pétrolier mondial.