L'Allemagne impose de sévères restrictions aux non-vaccinés

Un panneau indique la règle dite 2G (vaccinés ou guéris du Covid-19) au marché de Noël de la ville d'Essen, dans l'ouest de l'Allemagne, le 29 novembre 2021.(AFP)
Un panneau indique la règle dite 2G (vaccinés ou guéris du Covid-19) au marché de Noël de la ville d'Essen, dans l'ouest de l'Allemagne, le 29 novembre 2021.(AFP)
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Publié le Jeudi 02 décembre 2021

L'Allemagne impose de sévères restrictions aux non-vaccinés

  • Si les chiffres se stabilisent ces derniers jours, ils restent globalement alarmants, avec des dizaines de milliers de cas supplémentaires chaque jour
  • Les personnes non vaccinées sont déjà soumises à des restrictions d'accès à la vie publique mais les règles étaient à géométrie variable et ne couvraient pas l'ensemble des régions

BERLIN: Un nouveau tour de vis avant une obligation vaccinale qui fait désormais consensus: l'Allemagne a décidé jeudi d'imposer de sévères restrictions aux non-vaccinés pour tenter d'endiguer la virulente quatrième vague d'infections.

"La situation est très, très difficile", a souligné le futur chancelier, Olaf Scholz, à l'issue d'une réunion avec Angela Merkel et les 16 régions du pays.

Si les chiffres se stabilisent ces derniers jours, ils restent globalement alarmants, avec des dizaines de milliers de cas supplémentaires chaque jour, une incidence proche de 440 et de nombreux hôpitaux proches de la saturation.

Pour y faire face, les autorités ont décidé de cibler les personnes non-vaccinées, qui représentent à peu près un tiers de la population.

- Pas de feux d'artifice -

"Nous allons organiser les activités culturelles et de loisirs dans toute l'Allemagne uniquement pour les personnes vaccinées et guéries" du Covid-19, a détaillé Mme Merkel, qui quittera le 8 décembre le pouvoir après 16 années aux commandes de l'Allemagne. 

Cette règle dite "2G", vacciné ou guéri, "sera également étendue au commerce de détail, à l'exception des magasins de consommation courante", a précisé la chancelière.

Cette limitation drastique de l'accès à la vie sociale pour les personnes non vaccinées est qualifiée par plusieurs responsables politiques de "confinement" pour ceux qui n'ont pas reçu d'injection.

Les personnes non vaccinées sont déjà soumises à des restrictions d'accès à la vie publique mais les règles étaient à géométrie variable et ne couvraient pas l'ensemble des régions.

Pour éviter les rassemblements durant les Fêtes de fin d'années, gouvernement et Länder ont aussi interdit les pétards et feux d'artifice, très prisés des Allemands.

Clubs et boîtes de nuit devront fermer à partir d'une incidence de 350, un indice actuellement dépassé dans une majorité de régions.

Le port du masque redevient obligatoire dans les établissements scolaires du pays. 

Ces mesures doivent permettre une amélioration dans les prochaines semaines, avant le vote et l'entrée en vigueur de l'obligation vaccinale.

Cette mesure drastique, déjà choisie par le voisin autrichien, pourrait entrer en vigueur en février, après un avis du Conseil de l'Ethique et un vote du parlement.

L'opinion publique allemande a elle-même largement évolué sur la question.

Si deux tiers environ des sondés étaient contre une obligation vaccinale l'été dernier, la proportion s'est totalement inversée, avec 64% d'Allemands désormais favorables, selon un sondage pour RTL et ntv.

Dans les rues de Berlin, l'obligation à venir est plutôt bien accueillie. 

"En principe, je trouve toujours qu'une obligation est délicate. Mais je pense que nous sommes déjà si profondément dans la pandémie qu'il n'y a pas moyen" de faire autrement, explique ainsi à l'AFPTV Clara.

"Dès le début, ça aurait été une bonne idée. Parce qu'apparemment, ça ne marche pas" quand seuls certains font la démarche de se faire vacciner, abonde Alicia Münch.

- SOS des hôpitaux -

La mesure est également soutenue par les Verts et les Libéraux, pourtant traditionnellement rétifs à toute contrainte, ainsi que les conservateurs d'Angela Merkel, désormais dans l'opposition.

Seul le parti d'extrême droite AfD s'y oppose, avec une campagne d'affichage "Le vaccin obligatoire? Non merci!" reprenant un slogan des opposants au nucléaire.

Le contexte est compliqué par la transition politique en Allemagne, entre une Angela Merkel sur le départ - elle donnera un discours d'adieu jeudi soir lors d'une cérémonie militaire - et un Olaf Scholz qui ne sera élu chancelier que la semaine prochaine par le Bundestag.

Les restrictions impulsées par la nouvelle coalition doivent ainsi montrer, espère le futur chancelier, qu'"il n'y a pas de vide du pouvoir, comme certains l'évoquent en ce moment".

La Bundesliga se verra imposer une limitation du nombre de spectateurs dans les stades, évitant, après d'ultimes discussions, le retour au huis clos total.

"Du point de vue de la médecine intensive et d'urgence, la situation de la pandémie n'a jamais été aussi menaçante et grave qu'aujourd'hui", s'alarme l'Association allemande de médecine intensive (DIVI) qui réclame un confinement partiel de l'ensemble de la population.

Les autorités allemandes essuient également des critiques sur l'embouteillage constaté pour accéder à la vaccination, avec des difficultés à obtenir un rendez-vous médical. Les pharmacies seront mises à contribution pour élargir la distribution.

 


L'UE lance un pont aérien pour acheminer une aide en Somalie

Des Somaliens achètent des légumes sur un marché de Mogadiscio où des produits cultivés en serre sont vendus, le 12 juin 2022. (Photo, AFP)
Des Somaliens achètent des légumes sur un marché de Mogadiscio où des produits cultivés en serre sont vendus, le 12 juin 2022. (Photo, AFP)
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  • L'UE a alloué 800 000 euros pour cette «opération logistique majeure»
  • Il acheminera 6,5 tonnes d'aliments thérapeutiques et de fournitures médicales destinés à l'organisation humanitaire Action contre la faim, partenaire de l'UE, a précisé l'exécutif européen

BRUXELLES: L'Union européenne a annoncé mercredi l'organisation d'un pont aérien humanitaire pour acheminer une aide d'urgence aux populations de la Somalie menacées par la famine. 

« Nous organisons une série de vols en vue d'apporter des fournitures essentielles, principalement des denrées alimentaires et des médicaments, à nos partenaires humanitaires dans des régions reculées de Somalie, dans lesquelles cette aide ne peut être acheminée que par voie aérienne », a expliqué le commissaire européen Janez Lenarcic dans un communiqué. 

L'UE a alloué 800 000 euros pour cette « opération logistique majeure ». Elle devrait nécessiter entre 50 et 70 vols et le premier avion devait décoller ce mercredi en direction du district d'El Barde, dans le sud-ouest de la Somalie. 

Il acheminera 6,5 tonnes d'aliments thérapeutiques et de fournitures médicales destinés à l'organisation humanitaire Action contre la faim, partenaire de l'UE, a précisé l'exécutif européen. 

Plusieurs autres vols sont prévus entre mercredi et le 11 juillet vers les régions de Baidoa, Luuq et Wajid, indique le communiqué. 

« La sécheresse historique qui touche la Corne de l'Afrique, aggravée par les répercussions de la guerre d'agression menée par la Russie contre l'Ukraine, entraîne des souffrances considérables et des déplacements massifs », a souligné le commissaire Lenarcic. 

Les vols et les fournitures sont financés sur le budget de l'UE consacré à l'aide humanitaire, a précisé la Commission européenne. 

La Somalie souffre de conditions météorologiques extrêmes, notamment de sécheresses et d'inondations récurrentes. 

Le pays affronte une quatrième saison des pluies consécutive ratée, et cette situation est aggravée par un conflit prolongé avec les jihadistes shebab, l'instabilité politique et une invasion de criquets pèlerins, souligne le communiqué. 

Plus de 7,7 millions de personnes, dont des milliers sont menacées de famine, ont besoin d'une aide humanitaire. 

En 2022, l'UE a alloué 61 millions d'euros à des projets humanitaires en Somalie, visant principalement à faire face à la sécheresse en cours. 

L'UE a déjà organisé un pont aérien humanitaire en Somalie en 2020. 


Nigeria: 300 détenus s'évadent d'une prison après une attaque présumée de Boko Haram

Des détenus recapturés sont vus à l'intérieur de la prison moyenne de Kuje à Abuja, au Nigeria, le 6 juillet 2022. (Photo, AFP)
Des détenus recapturés sont vus à l'intérieur de la prison moyenne de Kuje à Abuja, au Nigeria, le 6 juillet 2022. (Photo, AFP)
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  • Cette attaque est survenue quelques heures après une embuscade tendue contre un convoi de sécurité présidentiel dans le nord-ouest
  • «Pour l'instant, nous avons récupéré environ 300 (détenus) sur les quelque 600 qui sont sortis des cellules de la prison», a déclaré à la presse un responsable du ministère de l'Intérieur, Shuaibu Belgore

ABUJA: Plus de 300 détenus se sont échappés mardi soir d'une prison située en banlieue d'Abuja, capitale du Nigeria, après une attaque présumée de combattants du groupe jihadiste Boko Haram, a affirmé mercredi le gouvernement. 

Cette attaque est survenue quelques heures après une embuscade tendue contre un convoi de sécurité présidentiel dans le nord-ouest, illustrant une nouvelle fois l'insécurité quasi-généralisée dans le pays le plus peuplé d'Afrique (215 millions d'habitants). 

Des habitants de la région ont rapporté avoir entendu mardi soir d'énormes explosions et des coups de feu près du Centre pénitentiaire de moyenne sécurité de Kuje, dans la banlieue d'Abuja. 

« Nous comprenons qu'il s'agit de Boko Haram, ils sont venus spécifiquement pour leurs co-conspirateurs », a déclaré à la presse un responsable du ministère de l'Intérieur, Shuaibu Belgore. 

« Pour l'instant, nous avons récupéré environ 300 (détenus) sur les quelque 600 qui sont sortis des cellules de la prison », a-t-il ajouté. 

Certains détenus se sont rendus tandis que d'autres ont été recapturés, a-t-il précisé. 

Un agent de sécurité a été tué dans l'attaque, a déclaré le porte-parole des services pénitentiaires, Abubakar Umar. 

Les responsables de la prison tentent toujours de déterminer le nombre exact de détenus manquant à l'appel, selon M. Umar. 

Dans la matinée, les forces de sécurité ramenaient à la prison, dans une camionnette noire, environ 19 détenus recapturés, a constaté sur place un correspondant de l'AFP. 

L'ancien haut responsable de la police, Abba Kyari, détenu au Centre pénitentiaire de Kuje dans l'attente de son procès pour trafic de drogue, est toujours en détention, a-t-il ajouté. 

« On a entendu des coups de feu dans ma rue. On pensait que c'était des voleurs armés », a affirmé un résident local. « La première explosion est survenue après les coups de feu. Puis il y en a eu une deuxième et une troisième ». 

Embuscade 

Les forces de sécurité du Nigeria combattent les jihadistes de Boko Haram et ceux du groupe Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap) dans le nord-est du pays, où un conflit vieux de 13 ans a fait 40.000 morts et 2,2 millions de déplacés. 

L'armée, débordée, est également déployée contre des bandes criminelles lourdement armées, appelées localement « les bandits », qui terrorisent le nord-ouest et le centre, attaquant les villages et procédant à des kidnapping de masse. 

Le gouvernement nigérian évoque souvent « Boko Haram » pour désigner plus globalement les jihadistes et gangs criminels en tous genres. 

Quelques heures avant l'attaque du la prison de Kuje, des hommes armés ont également tendu une embuscade à un détachement d'agents de sécurité du président Muhammadu Buhari - qui n'était pas présent dans le convoi -, près de sa ville natale où il doit se rendre ce weekend dans l'Etat de Katsina (nord-ouest). 

Deux agents ont été légèrement blessés dans l'attaque et l'identité des auteurs reste pour l'heure inconnue. 

« Les assaillants ont ouvert le feu sur le convoi (...) mais ont été repoussés par des militaires, la police et les agents du DSS », a déclaré la présidence. 

Au Nigeria, les prisons, souvent surpeuplées et gardées par des membres des forces de sécurité débordés, sont la cible de fréquentes attaques. 

L'année dernière, plus de 1 800 détenus s'étaient ainsi échappés après que des hommes lourdement armés eurent attaqué à l'explosif une prison du sud-est du pays, en proie à des agitations séparatistes. 

 


Variole du singe: réunion du Comité d'urgence de l'OMS durant la semaine du 18 juillet au plus tard

Une recrudescence inhabituelle de cas de cette maladie virale a été détectée depuis mai en dehors des pays d'Afrique centrale et de l'Ouest où le virus est endémique. (Photo, AFP)
Une recrudescence inhabituelle de cas de cette maladie virale a été détectée depuis mai en dehors des pays d'Afrique centrale et de l'Ouest où le virus est endémique. (Photo, AFP)
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  • «Concernant la variole du singe, je continue à être inquiet de l'échelle et de la diffusion du virus» qui compte désormais plus de 6 000 cas dans 58 pays, a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus
  • Le 25 juin, il avait estimé que la flambée ne justifiait pas de déclencher le plus haut niveau d'alerte de l'organisation

GENÈVE : Le patron de l'OMS a redit son inquiétude face à la flambée de variole du singe et annoncé qu'il convoquera le Comité d'urgence, qui doit l'aider à juger de la gravité de la crise au plus tard la semaine du 18 juillet.

"Concernant la variole du singe, je continue à être inquiet de l'échelle et de la diffusion du virus" qui compte désormais plus de 6 000 cas dans 58 pays, a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d'un point de presse à Genève.

Le 25 juin, il avait estimé que la flambée ne justifiait pas de déclencher le plus haut niveau d'alerte de l'organisation.

"Le dépistage demeure un défi, et il est fort probable qu'il y ait un nombre important de cas qui ne soient pas recensés", a souligné le Dr. Tedros, indiquant que l'Europe est l'épicentre de l'épidémie, avec plus de 80% des cas recensés dans le monde.

"En Afrique, des cas apparaissent dans des pays qui n'étaient auparavant pas affectés, et des nombres records sont recensés dans des endroits qui ont déjà eu affaire à la variole du singe", a-t-il ajouté.

Lors de sa réunion du 23 juin, le Comité avait jugé que la flambée de cas, bien que très inquiétante, ne constituait pas "une urgence de santé publique de portée internationale", le plus haut degré d'alerte de l'organisation.

Une recrudescence inhabituelle de cas de cette maladie virale a été détectée depuis mai en dehors des pays d'Afrique centrale et de l'Ouest où le virus est endémique.

La majorité des cas recensés en-dehors des zones endémiques concerne des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, même si des cas de personnes immunodéprimées et quelques enfants ont été recensés.

La variole du singe se manifeste par des symptômes grippaux et des éruptions cutanées, guérit généralement d'elle-même après deux ou trois semaines.