Nucléaire iranien: les Etats-Unis affichent leur pessimisme

Le secrétaire d'Etat Antony Blinken a adressé un avertissement ferme à Téhéran. "Ce que l'Iran ne peut pas faire, c'est entretenir le statu quo qui revient à développer son programme nucléaire tout en traînant des pieds" à la table des négociations, a-t-il martelé. (Photo, AFP)
Le secrétaire d'Etat Antony Blinken a adressé un avertissement ferme à Téhéran. "Ce que l'Iran ne peut pas faire, c'est entretenir le statu quo qui revient à développer son programme nucléaire tout en traînant des pieds" à la table des négociations, a-t-il martelé. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 03 décembre 2021

Nucléaire iranien: les Etats-Unis affichent leur pessimisme

  • «Nous saurons très très rapidement, d'ici un jour ou deux, si l'Iran est sérieux ou pas», affirme Blinken
  • Bennett réclame la fin des négociations alors que Téhéran poursuit l'enrichissement de l'uranium

Les Etats-Unis ont affiché jeudi leur pessimisme sur la possibilité de sauver l'accord sur le nucléaire iranien malgré la reprise des négociations à Vienne et des propositions présentées par Téhéran.

Pressé par Israël de mettre fin immédiatement aux pourparlers qui ont redémarré lundi, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a semblé réserver sa réponse.

"Nous saurons très très rapidement, d'ici un jour ou deux, si l'Iran est sérieux ou pas" et s'il "entend désormais dialoguer de bonne foi", a-t-il dit à la presse en marge d'une réunion internationale à Stockholm.

Le secrétaire d'Etat a adressé un avertissement ferme à Téhéran.

"Ce que l'Iran ne peut pas faire, c'est entretenir le statu quo qui revient à développer son programme nucléaire tout en traînant des pieds" à la table des négociations, a-t-il martelé.

"Cela ne va pas être possible", a-t-il prévenu, assurant que les Européens étaient sur la même longueur d'ondes.

"Je dois vous dire que les récentes mesures, les récentes déclarations, ne sont pas de nature à nous rendre optimistes", a poursuivi Antony Blinken, sans toutefois fermer encore définitivement la porte à la diplomatie: "Même si l'heure tourne, il n'est pas trop tard pour que l'Iran change d'attitude et dialogue de manière significative".

L'enjeu est de taille: il s'agit de sauver l'accord international de 2015 censé empêcher la République islamique de se doter de la bombe atomique. Et éviter donc un recours par Washington, ou l'Etat hébreu, à "d'autres options" qui pourraient aller jusqu'à l'usage de la force militaire.

Conclu entre l'Iran et des grandes puissances (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Allemagne, Royaume-Uni), le pacte est moribond depuis le retrait unilatéral en 2018 des Etats-Unis, sous la présidence de Donald Trump. Ce dernier a rétabli les sanctions américaines, poussant en riposte Téhéran à s'affranchir de la plupart de ses engagements.

Arrivé à la Maison Blanche en janvier, son successeur Joe Biden dit vouloir revenir dans l'accord si l'Iran renoue aussi avec ses restrictions nucléaires.

Des négociations indirectes entre les deux pays ennemis ont débuté en avril avant de s'interrompre en juin avec l'arrivée au pouvoir en Iran du président ultraconservateur Ebrahim Raïssi.

Après cinq mois d'interruption, elles viennent de reprendre, mais l'optimisme du printemps n'est plus de mise côté américain.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amirabdollahian, a pourtant estimé qu'un accord était "à portée de main", mais dépendait de la "bonne volonté" des Occidentaux.

Dans un entretien publié jeudi par le média en ligne Middle East Eye, il affirme aussi que "la balle est dans le camp des Américains" qui "doivent retirer leurs sanctions".

Le négociateur en chef iranien Ali Bagheri a déclaré jeudi avoir fait deux propositions sur une levée des sanctions et sur le programme nucléaire de Téhéran.

"Le premier document résume les points de vue de la République islamique d'Iran sur la levée des sanctions et le deuxième concerne les activités nucléaires de l'Iran", a-t-il dit lors d'un entretien avec la télévision publique iranienne IRIB depuis Vienne.

"Désormais, l'autre partie doit examiner ces documents et se préparer pour négocier avec l'Iran sur la base des textes que nous leur avons soumis", a expliqué Ali Bagheri, qui est également vice-ministre des Affaires étrangères.

Il a précisé qu'un "calendrier" des pourparlers devait être "fixé" vendredi.

L'émissaire a par ailleurs mis en garde ses interlocuteurs contre "d'autres acteurs qui sont en dehors des pourparlers, mais tentent de perturber la voie qui mène à un accord et à un dialogue constructif" -- dans une allusion à Israël, qui s'oppose à toute entente.

Le Premier ministre israélien Naftali Bennett a haussé le ton jeudi en demandant clairement à Antony Blinken, lors d'une conversation téléphonique, la "fin immédiate" des négociations de Vienne.

Il a évoqué "des violations à des fins de provocation de l'Iran dans le secteur du nucléaire".

Le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Rafael Grossi a en effet indiqué mercredi que les Iraniens avaient commencé à enrichir de l'uranium dans l'usine souterraine de Fordo.

L'AIEA fait état de la mise en cascade de 166 centrifugeuses IR-6 plus performantes, qui s'ajoutent aux 1.044 IR-1 fonctionnant déjà pour produire de l'uranium enrichi à 20%, bien au-delà du seuil prévu dans l'accord de 2015.


Le Liban lance les travaux de réhabilitation de son second aéroport

Des membres du personnel au sol marchent près d’un avion à l’aéroport René Mouawad, dans la ville de Qlaïat, dans le gouvernorat d’Akkar, à l’extrême nord du Liban, le 6 juin 2026. (AFP)
Des membres du personnel au sol marchent près d’un avion à l’aéroport René Mouawad, dans la ville de Qlaïat, dans le gouvernorat d’Akkar, à l’extrême nord du Liban, le 6 juin 2026. (AFP)
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  • Le Liban a lancé les travaux de réhabilitation de son deuxième aéroport international à Qlaïat, dans le gouvernorat d’Akkar
  • Le projet prévoit une mise en service autour de novembre 2026, avec des vols vers Istanbul et Dubaï, puis vers d’autres destinations régionales, tout en visant la création d’emplois dans le nord du Liban

BEYROUTH: Le Liban a lancé samedi les travaux de réhabilitation de son second aéroport international, situé dans le nord du pays, près de la frontière syrienne, après des années de report.

Le pays ne dispose actuellement que d'un seul aéroport, celui de Beyrouth. Le nouvel aéroport, situé à Qlaïat, dans le gouvernorat d'Akkar, à l'extrême nord du Liban et à proximité de la frontière syrienne, se trouve également près de Tripoli, grande ville à majorité sunnite du nord du pays. 

La mise en service de l'aéroport vise à créer des emplois dans le gouvernorat d'Akkar, l'un des plus pauvres du Liban.

Jusqu'ici, l'aéroport était utilisé à des fins militaires par l'armée libanaise.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam et le ministre des Transports, Fayez Rasamny, ont assisté samedi à l’ouverture de l’aéroport à des fins commerciales. 

"Aujourd'hui on passe de la promesse à la réalisation", a affirmé le ministre libanais, précisant que l'aéroport devrait commencer à être opérationnel "dans quelques semaines" pour desservir Mersin et Istanbul en Turquie mais aussi Dubaï.

Il a également évoqué, à terme, une extension du réseau vers l'Arabie saoudite, Le Caire et Athènes ainsi que des discussions en cours avec les compagnies à bas coût EasyJet, Ryanair et Pegasus, afin qu'elles le desservent.

Les travaux d'aménagement devraient durer au moins trois mois et l'aéroport pourrait être officiellement mis en service en novembre 2026, selon des médias locaux.

La société libanaise Sky Lounge, chargée du projet, a publié samedi une vidéo montrant un vol d'essai entre les aéroports de Beyrouth et de Qlaïat.

Son président-directeur général, Ziad Mnoula, a indiqué que le terminal passagers pourrait être achevé dans les "90 jours" suivant l'obtention des autorisations nécessaires. Selon lui, l'aéroport sera capable d'accueillir 114.000 passagers la première année. 

L’aéroport René Moawad, construit par l’armée française dans les années 1930 et utilisé à des fins civiles dans les années 1960, a été bombardé lors de la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah.

L’aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth a continué d’assurer ses opérations sans interruption, malgré les conflits successifs entre Israël et le Hezbollah, notamment en 2023, 2024 et depuis le 2 mars, confirmant son rôle central dans la continuité des liaisons aériennes du pays.


L’Arabie saoudite mène la condamnation arabe des attaques de l’Iran contre Bahreïn et le Koweït

Le ministère a déclaré que l’Arabie saoudite soutient Bahreïn et le Koweït dans les mesures qu’ils prennent pour protéger leur sécurité. (KSAMOFA)
Le ministère a déclaré que l’Arabie saoudite soutient Bahreïn et le Koweït dans les mesures qu’ils prennent pour protéger leur sécurité. (KSAMOFA)
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  • Les deux pays du Golfe ont intercepté sept missiles tirés par l’Iran samedi

RIYAD : Le ministère des Affaires étrangères de l’Saudi Arabia a condamné samedi les attaques de l’Iran contre l’Bahrain et le Kuwait.

Les deux pays du Golfe ont intercepté sept missiles tirés par l’Iran samedi.

Dans une déclaration publiée sur X, le ministère saoudien des Affaires étrangères a affirmé que les agressions iraniennes représentent une menace pour la sécurité régionale et internationale.

« Les attaques continues de l’Iran compromettent les efforts internationaux visant à rétablir la sécurité », indique le communiqué.

Le ministère a également déclaré que l’Arabie saoudite soutient Bahreïn et le Koweït dans les mesures qu’ils prennent pour garantir leur sécurité.

« Les attaques continues de l’Iran signifient une nouvelle escalade », a ajouté le ministère.

L’échange de frappes intervient alors que l’administration Trump accentue la pression sur l’Iran afin de parvenir à un accord pour mettre fin au conflit.

La Jordan a également condamné samedi ces attaques, les qualifiant de violation de la souveraineté des deux pays et de menace pour la sécurité et la stabilité régionales.

Le ministère des Affaires étrangères a réaffirmé la pleine solidarité de la Jordanie avec Bahreïn et le Koweït, ainsi que son soutien aux mesures prises pour protéger leur sécurité et leur intégrité territoriale. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée libanaise annonce la mort de plusieurs militaires dans une frappe israélienne

Des habitants inspectent les dégâts sur le site d’une frappe israélienne survenue la veille dans la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 5 juin 2026. Des frappes israéliennes menées durant la nuit sur la ville de Tyr ont fait sept morts, a indiqué à l’AFP une source de la défense civile libanaise, malgré le cessez-le-feu en vigueur dans la guerre entre Israël et Hezbollah. (Photo : Kawnat HAJU / AFP)
Des habitants inspectent les dégâts sur le site d’une frappe israélienne survenue la veille dans la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 5 juin 2026. Des frappes israéliennes menées durant la nuit sur la ville de Tyr ont fait sept morts, a indiqué à l’AFP une source de la défense civile libanaise, malgré le cessez-le-feu en vigueur dans la guerre entre Israël et Hezbollah. (Photo : Kawnat HAJU / AFP)
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  • L’armée libanaise annonce la mort de plusieurs soldats, dont un officier, dans une frappe israélienne visant un véhicule militaire dans le sud du Liban malgré le cessez-le-feu annoncé cette semaine
  • Les combats se poursuivent entre Israël et le Hezbollah, tandis que l’armée israélienne a appelé à l’évacuation de plusieurs villages du sud et de l’est du Liban avant de nouvelles frappes

BEYROUTH: L'armée libanaise a annoncé samedi la mort de plusieurs de ses membres dans une frappe israélienne dans le sud du pays, malgré le cessez-le-feu théoriquement en vigueur.

"Plusieurs militaires, dont un officier", ont été tués "dans une attaque israélienne brutale" ayant ciblé un véhicule militaire sur la route entre Khardali et Nabatiyé, a indiqué l'armée dans un communiqué.

Sollicitée par l'AFP, l'armée israélienne a indiqué vérifier ces informations.

Mercredi, à l'issue d'une quatrième session de négociations entre le Liban et Israël à Washington, un nouvel accord de cessez-le-feu avait été annoncé, la trêve en vigueur à partir du 17 avril n'ayant jamais été respectée.

L'accord prévoit un cessez-le-feu conditionné à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah et un maintien à ce stade des tirs et opérations de l'armée israélienne dans le sud du Liban.

Mais le Hezbollah a rejeté cet accord, comme le précédent.

Sur le terrain, les affrontements se poursuivent.

L'armée israélienne a de nouveau appelé samedi à l'évacuation de cinq villages dans le sud et l'est du Liban en prévision de frappes contre le Hezbollah.

"Vous devez évacuer immédiatement vos domiciles et vous déplacer au nord du fleuve Zahrani", a affirmé Avichay Adraee, un porte-parole militaire arabophone, sur son compte Telegram.

Le Hezbollah a relancé les hostilités avec Israël début mars, en visant le sol israélien pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei dans l'offensive israélo-américaine sur Téhéran.

Les frappes israéliennes sur le Liban ont fait plus de 3.560 morts depuis le début de la guerre, selon le dernier bilan des autorités. Côté israélien, 27 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban, d'après l'armée.