Au cœur de la Méditerranée, le pape poursuit son appel à la fraternité

Le pape François est accueilli par l'archevêque Chrysostomos II (C) de Chypre à l'archevêché de l'Église orthodoxe grecque de Nicosie, la dernière capitale divisée de l'Europe, le 3 décembre 2021. Iakovos HATZISTAVROU / AFP
Le pape François est accueilli par l'archevêque Chrysostomos II (C) de Chypre à l'archevêché de l'Église orthodoxe grecque de Nicosie, la dernière capitale divisée de l'Europe, le 3 décembre 2021. Iakovos HATZISTAVROU / AFP
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Publié le Lundi 07 février 2022

Au cœur de la Méditerranée, le pape poursuit son appel à la fraternité

  • Au coeur de la Méditerranée orientale, le pape François devrait renouveler vendredi ses appels à la «fraternité» et au «dialogue», au deuxième jour de sa visite à Chypre
  • Ce voyage est aussi marqué par le dialogue avec les orthodoxes, séparés de l'église catholique depuis le schisme de 1054 entre Rome et Constantinople

NICOSIE: Au coeur de la Méditerranée orientale, le pape François devrait renouveler vendredi ses appels à la "fraternité" et au "dialogue", au deuxième jour de sa visite à Chypre où il célèbrera une grande messe à laquelle sont attendues des milliers de personnes.

Vendredi matin, le pape est arrivé au stade municipal de Nicosie, où il doit célébrer une messe devant quelque 7.000 personnes, selon les organisateurs, en présence du président chypriote Nicos Anastasiades et d'un important dispositif de sécurité.

Dans les gradins du stade, les fidèles agitent de nombreux drapeaux libanais, argentins et philippins tandis que la chorale, formée de 130 personnes de plusieurs nationalités, répète des chants en arabe, anglais et grec face à l'autel entouré de deux écrans géants.

Parmi elles, des membres de la communauté catholique latine de Chypre, composée d'environ 25.000 membres, aujourd'hui majoritairement des travailleurs immigrés asiatiques et des réfugiés africains. 

Ce voyage est aussi marqué par le dialogue avec les orthodoxes, séparés de l'église catholique depuis le schisme de 1054 entre Rome et Constantinople.

Vendredi matin, le Saint-Père a été reçu par l'archevêque Chrysostome II, primat de l'église locale, avant de rencontrer le Saint-Synode, qui rassemble les plus hautes autorités orthodoxes locales à la cathédrale de Nicosie.

"J'espère sincèrement que nous aurons davantage d'occasions de nous rencontrer, de mieux nous connaître, de briser de nombreux préjugés et d'écouter avec docilité les expériences de foi des uns et des autres", a-t-il déclaré, assurant ses "frères" de sa "proximité que de celle de l'Eglise catholique".

Elena Chentsova, 42 ans, originaire d'Ukraine, s'est levée tôt pour apercevoir le pape. "C'est une figure historique et ce sera peut-être la seule fois de ma vie que je le verrai", a-t-elle confié à l'AFP. Cette orthodoxe espère "qu'il diffusera un message de dialogue entre les religions, pour "nous rapprocher les uns des autres".

Point de rencontre

Jeudi, le pontife argentin de 84 ans a lancé un vibrant appel à l'"unité", déplorant la "terrible lacération" de l'île divisée depuis l'invasion turque de 1974.

"Le chemin de la paix, qui guérit les conflits (...), est balisé par un mot: dialogue", a déclaré le pape, alors que les pourparlers avec l'autoproclamée République turque de Chypre Nord (RTCN, reconnue uniquement par Ankara) pour la réunification de l'île sont au point mort depuis 2017.

Aux portes d'une région minée par les conflits et la crise migratoire, le pape a de nouveau mis en garde le continent européen contre "les murs de la peur" et les "intérêts nationalistes".

Après la venue de Benoît XVI en 2010, il s'agit de la deuxième visite d'un pape sur l'île méditerranéenne, dans laquelle François voit "un véritable point de rencontre entre différentes ethnies et cultures".

A travers ce voyage --son 35e à l'étranger depuis son élection en 2013-- le souverain pontife entend aussi braquer à nouveau les regards sur la question migratoire, enjeu majeur à Chypre et dans la région, sur fond de tensions au sein de l'Union européenne.

Lui-même issu d'une famille de migrants italiens installés en Argentine, il n'a de cesse de prôner l'accueil des milliers de "frères et soeurs", sans distinguer la religion, ou le statut de réfugié ou d'exilé économique.

Vendredi après-midi, il présidera une prière oecuménique avec des migrants dans une église située près de la zone tampon administrée par l'ONU.

Le pape compte faire transférer de Chypre en Italie 50 migrants, a annoncé le président chypriote qui a rencontré François jeudi à Nicosie. Les modalités de ce transfert n'ont pas été précisées par le Vatican, qui n'a pas confirmé dans l'immédiat cette annonce.

La République de Chypre dit enregistrer le plus grand nombre de primo-demandeurs d'asile en Europe et affirme que quelque 10.000 migrants en situation irrégulière sont arrivés au cours des dix premiers mois de l'année, la plupart depuis le nord de l'île.


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
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  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
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  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.