Présidentielle: Pécresse en favorite pour l'investiture LR

La candidate à l’investiture LR, Valérie Pécresse (Photo, AFP).
La candidate à l’investiture LR, Valérie Pécresse (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 03 décembre 2021

Présidentielle: Pécresse en favorite pour l'investiture LR

  • Valérie Pécresse aborde vendredi le deuxième tour du congrès LR forte de nombreux ralliements qui la placent en favorite
  • Elle a reçu le soutien des trois candidats éliminés au premier tour, Xavier Bertrand, Michel Barnier et Philippe Juvin

PARIS: Qui pour porter la droite à la présidentielle? Face à Eric Ciotti qui séduit l'aile droitière, Valérie Pécresse aborde vendredi le deuxième tour du congrès LR forte de nombreux ralliements qui la placent en favorite.

"Je suis une femme qui gagne et qui fait", a assuré jeudi après le premier tour la présidente de la région Ile-de-France, en se targuant d'une "capacité à rassembler toutes les sensibilités de la droite": selon elle, "du côté de l'Elysée, ils vont devoir réécrire leur scénario" d'un deuxième tour face à l'extrême droite en avril 2022.

"Osez la droite car on en a besoin", a lui affirmé Eric Ciotti en vantant un projet fidèle à François Fillon "qui correspond le mieux à ce qu'attendent les électeurs de droite dans ce pays".

Depuis jeudi soir minuit, les deux candidats sont astreints à un devoir de réserve qui prendra fin à l'annonce des résultats, samedi à 14H30.

Mais alors que le deuxième tour est lancé depuis vendredi matin, Valérie Pécresse apparaît à beaucoup comme la favorite, d'autant qu'elle a reçu le soutien des trois candidats éliminés au premier tour, Xavier Bertrand, Michel Barnier et Philippe Juvin.

On refuse certes dans son camp de se réjouir prématurément, en rappelant qu'aucune élection n'est jouée à l'avance.

Mais "je ne vois pas comment elle ne gagnerait pas, les gens vont vouloir voter utile", assure un de ses soutiens.

"C'est une nouvelle élection qui commence", avait assuré dès jeudi Eric Ciotti, en assurant: "j'aime les missions difficiles".

Au premier tour, le député des Alpes-Maritimes a rassemblé 25,6% des suffrages contre 25% à Valérie Pécresse, soit moins de 700 voix de différence.

Ce qui, pour le politologue Pascal Perrineau, signifie aussi que "74% des électeurs n'ont pas choisi Eric Ciotti mais un candidat au profil chiraquien", en cumulant les scores de Pécresse, Bertrand, Barnier et Juvin.

«Sincérité»

Au total, l'équipe de Valérie Pécresse revendiquait le ralliement de 170 parlementaires jeudi soir, dont le président LR du Sénat Gérard Larcher, le patron des députés LR Damien Abad, ainsi que plusieurs élus de la garde rapprochée des équipes Barnier et Bertrand.

Les prises de position publiques de certains responsables LR ont été peu appréciées par Eric Ciotti: c'est "une attitude contraire à l'esprit de notre groupe et de notre famille politique", a-t-il déploré sur Twitter.

Dans son camp, on veut croire que le match sera plus serré qu'annoncé. Eric Ciotti "s'adresse avant tout aux militants, il a le ressort de la sincérité. Nul n'est propriétaire des voix des adhérents", assure Stéphane Le Durulier, son porte-parole de campagne.

L'argument de la fidélité pourrait ainsi reporter une partie des électeurs de Michel Barnier sur Eric Ciotti, et celui de la fermeté en convaincre certains chez Xavier Bertrand.

Pour Pascal Perrineau, le député des Alpes-Maritimes va vraisemblablement grappiller quelques points, et pourrait passer "de 25 à 39%".

Mais "l'issue la plus probable est la victoire de Valérie Pécresse" car "le principe de plaisir est épuisé, c'est le principe de réalité qui s'impose".

"Les adhérents commencent à se dire qu'ils ont une petite chance de s'inviter au deuxième tour et il se demandent qui peut gagner", ce qui, selon le politologue, favoriserait Valérie Pécresse car "pour LR, il faudra récupérer les électeurs partis chez Emmanuel Macron".

Dans sa profession de foi pour le deuxième tour, la présidente de l'Ile-de-France prône "unité" et "rassemblement" pour porter "un projet de franche rupture et de droite assumée".

De son côté Eric Ciotti promet de gagner "en rassemblant le peuple de droite", loin d'un "positionnement centriste trop proche du macronisme".

La participation elle, devrait rester forte au deuxième tour, puisqu’elle atteignait déjà 39,2% vendredi midi, contre 25,2% seulement au même moment du premier tour.

Près de 140 000 adhérents sont appelés à voter.


Avant le G7, Macron organise une visioconférence jeudi incluant la Chine sur la "coopération" économique

Un passant marche devant un bâtiment dont les fenêtres ont été recouvertes de panneaux en bois installés pour protéger la façade avant les manifestations contre le sommet du G7 d’Évian, à Genève, le 4 juin 2026. (AFP)
Un passant marche devant un bâtiment dont les fenêtres ont été recouvertes de panneaux en bois installés pour protéger la façade avant les manifestations contre le sommet du G7 d’Évian, à Genève, le 4 juin 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron organise une visioconférence réunissant le G7, la Chine et plusieurs pays émergents pour promouvoir une coopération économique mondiale et réduire les déséquilibres commerciaux
  • Cette initiative vise à préparer le sommet du G7 à Évian et à apaiser les tensions économiques entre l’Europe, la Chine et les États-Unis

PARIS: Emmanuel Macron va organiser jeudi, quatre jours avant le sommet du G7, une visioconférence entre les membres de ce forum de puissances industrialisées, la Chine et plusieurs autres pays émergents, afin de renforcer la "coopération" entre les grandes économies mondiales, a annoncé mardi l'Elysée.

Cette conférence, baptisée "sommet de convergence mondiale pour la croissance", "signale une disponibilité nouvelle de la Chine, des Etats-Unis et de l'Europe de s'engager dans une démarche économique coordonnée", a déclaré la présidence française dans un communiqué.

Elle réunira des représentants du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) mais aussi de la Chine et du Fonds monétaire international (FMI). Les pays déjà invités au sommet du G7, programmé du 15 au 17 juin à Evian, dans le centre-est de la France, participeront également à la visioconférence de jeudi (Brésil, Corée du Sud, Inde, Kenya et Egypte).

"Ce sommet vise à initier une coopération entre les économies systémiques et émergentes pour apaiser les tensions et créer les conditions d’une croissance équilibrée, durable et partagée", a expliqué l'Elysée, rappelant que "la résorption des déséquilibres macroéconomiques mondiaux est une priorité" du président français, Emmanuel Macron, pour le G7.

La France veut notamment "restaurer une industrie forte en Europe" et "équilibrer le commerce avec la Chine ainsi que les Etats-Unis".

- "Double problème" -

La lutte contre les déséquilibres est "dans l'intérêt aussi des pays les plus fragiles", estime la présidence française, qui voit dans ce rendez-vous "une contribution au G20" prévu en décembre aux Etats-Unis.

La Chine est membre du G20 mais pas du G7, à l'inverse des Etats-Unis et des plus grandes économies européennes qui appartiennent aux deux clubs.

Le chef de l'Etat français a proposé dès décembre une approche "coopérative" pour ce chantier, tout en laissant planer la menace de "droits de douane" européens "sur les produits chinois" si Pékin ne joue pas le jeu.

En janvier, il avait estimé que l'Europe avait, sur le commerce, "un double problème, l'agressivité chinoise et les tarifs américains", et "c'est un gros problème d'avoir les deux en même temps".

Mercredi, en autre préambule au sommet d'Evian, Emmanuel Macron va recevoir à l'Elysée "des représentants de la société civile, des partenaires sociaux, du monde économique, des fondations, des think tanks et de la jeunesse".

Leurs échanges "porteront sur les enjeux de développement et de partenariats internationaux, la sécurisation des chaînes de valeur pour les approvisionnements critiques, le numérique et l'intelligence artificielle, ainsi que sur la protection de l'État de droit, des libertés fondamentales, de l'espace civique et la place de la jeunesse dans nos démocraties", selon un autre communiqué.

Emmanuel Macron doit ensuite rencontrer le Premier ministre canadien, Mark Carney, vendredi soir à Paris, puis le chef du gouvernement indien, Narendra Modi, dimanche à Nice pour un événement autour de la tech.

Il accueillera ses homologues du G7 lundi soir à Evian, ville thermale des Alpes françaises sur les rives du lac Léman, pour un sommet de trois jours.


France: un défilé du 14-Juillet "massif", l'Ukraine à l'honneur

Des membres du 35e Régiment d’Infanterie (35e RI) "l’As de Trèfle" (à gauche) et du 1er Régiment de Tirailleurs (1er RTir) défilent lors du traditionnel défilé militaire de la Fête nationale du 14 Juillet sur l’avenue des Champs-Élysées, avec l’Arc de Triomphe en arrière-plan, à Paris, le 14 juillet 2025. (AFP)
Des membres du 35e Régiment d’Infanterie (35e RI) "l’As de Trèfle" (à gauche) et du 1er Régiment de Tirailleurs (1er RTir) défilent lors du traditionnel défilé militaire de la Fête nationale du 14 Juillet sur l’avenue des Champs-Élysées, avec l’Arc de Triomphe en arrière-plan, à Paris, le 14 juillet 2025. (AFP)
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  • Le défilé du 14 Juillet mettra en avant le renforcement de la défense française et européenne, avec un format plus important et moderne
  • L’Ukraine sera à l’honneur, tandis que les alliés européens et de l’OTAN afficheront leur soutien et leur unité

PARIS: Des pilotes ukrainiens et français, un défilé "plus massif": la parade militaire du 14 Juillet sur les Champs Elysées aura cette année pour thème "le réveil stratégique de l'Europe" et s'attachera à montrer que la France est "déterminée" et "n'est pas seule", a annoncé lundi le gouverneur militaire de Paris.

"Nous allons avoir un défilé plus massif, plus puissant, plus moderne", a déclaré le général Loïc Mizon lors d'une conférence de presse.

La parade mobilisera près de 8.500 participants, dont 6.500 défileront à pied. Près de 300 véhicules, dont une centaine de motos, 95 avions, 35 hélicoptères, ainsi que 193 chevaux de la Garde Républicaine participeront également.

L'Ukraine, entrée dans sa cinquième année de guerre déclenchée par la Russie en 2022, sera mise à l'honneur. La Patrouille de France ouvrira le défilé aérien, accompagnée de deux Mirage 2000 pilotés par des équipages franco-ukrainiens.

Les 35 pays de la Coalition des volontaires, prêts à fournir des garanties de sécurité à l'Ukraine une fois conclu un cessez-le-feu, ont été invités à participer par le président Emmanuel Macron, qui assistera à son 10e et dernier défilé en tant que chef d'Etat.

La présidente de la Commission européenne Ursula Von Der Leyen et le général Grynkewich, commandant suprême de l'OTAN, ont aussi été conviés.

Les soldats français des bataillons multinationaux de l'Otan déployés sur le flanc Est de l'Europe (Roumanie, Estonie) descendront la célèbre avenue parisienne.

La présence des alliés et des partenaires doit ainsi témoigner que "l'Europe n'est pas seule", a dit le général Mizon.

Le but de ce défilé est aussi de concrétiser aux yeux des Français les "efforts budgétaires consacrés depuis 10 ans aux forces armées", a fait-t-il valoir.

Le commissariat numérique de Défense défilera pour la première fois, pour "souligner la transformation numérique du ministère des Armées".

Deux blocs de réservistes défileront également: l'un composé de réservistes de la SNCF et un un autre de réservistes d'Airbus France.

La Marine nationale, qui fête cette année ses 400 ans d'existence clôturera le défilé au son du bagad de Lann-Bihoué, basé près de Lorient (Morbihan).

La parade militaire durera 2 heures et se terminera par l'hymne européen, "l'Ode à la joie".


Merz et Macron se sont entendus pour arrêter le projet d'avion de combat commun SCAF, selon Berlin

Une maquette grandeur nature du « New Generation Fighter » (NGF), qui fait partie du Future Combat Air System (FCAS) en cours de développement par Dassault Aviation, Airbus et Indra Sistemas, est présentée à l’aéroport de Paris-Le Bourget le 20 juin 2023. (AFP)
Une maquette grandeur nature du « New Generation Fighter » (NGF), qui fait partie du Future Combat Air System (FCAS) en cours de développement par Dassault Aviation, Airbus et Indra Sistemas, est présentée à l’aéroport de Paris-Le Bourget le 20 juin 2023. (AFP)
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  • Friedrich Merz et Emmanuel Macron ont constaté l’échec du projet SCAF en raison des désaccords persistants entre Airbus et Dassault Aviation sur le développement de l’avion de combat commun
  • Le programme d’avion de combat est abandonné, mais les deux pays souhaitent maintenir la coopération sur les technologies clés du FCAS, notamment le réseau numérique reliant avions, drones et autres systèmes de défense européens

BERLIN: Friedrich Merz et Emmanuel Macron se sont entendus pour "ne plus poursuivre la construction d'un avion de combat commun", le SCAF, a appris l'AFP lundi auprès du gouvernement allemand.

Depuis des mois, le projet d'avion de combat franco-germano-espagnol, le SCAF, était en panne sur fond de tensions germano-françaises et entre Airbus et Dassault. En février, le chancelier allemand Friedrich Merz avait déjà ouvertement douté de son avenir.

Cette fois, il semble enterré définitivement.

"Le président français et le chancelier allemand sont arrivés au constat partagé que les entreprises (Airbus et Dassault Aviation, ndlr) ne parviennent pas à s'entendre sur la construction d'un avion de combat commun", indique le gouvernement allemand.

"Ils reconnaissent cette réalité. Le chancelier fédéral Merz a donc suggéré au président Macron de ne plus poursuivre la construction d’un avion de combat commun", ajoute-t-il.

Lancé en 2017 par M. Macron et la chancelière Angela Merkel, rejoint par l'Espagne deux ans plus tard, le SCAF est un système qui comprend non seulement un avion mais aussi des drones reliés entre eux par un système de communication numérique innovant, "un cloud de combat".

Selon le gouvernement allemand, "le véritable noyau du FCAS doit être poursuivi en tant que système de systèmes européen".

"Il s’agit en quelque sorte du système nerveux qui relie les avions, les drones et d’autres composants pour former un ensemble intégré", ajoute-t-il.

Il précise que les ministères français et allemand de la Défense "doivent formuler un plan de travail commun et contemporain pour la coopération dans l’industrie de défense, concentré sur quelques projets réalistes et pertinents", lors du conseil des ministres franco-allemand en Allemagne en juin.