Covid: l'Ordre des médecins adresse un «blâme» au professeur Raoult, une «victoire» selon sa défense

Le professeur Didier Raoult a été sanctionné vendredi à Bordeaux d'un «blâme» par la chambre disciplinaire de l'Ordre des médecins pour avoir enfreint le code de déontologie médicale en promouvant l'hydroxychloroquine contre le Covid-19, malgré l'absence d'effet prouvé. (Photo, AFP)
Le professeur Didier Raoult a été sanctionné vendredi à Bordeaux d'un «blâme» par la chambre disciplinaire de l'Ordre des médecins pour avoir enfreint le code de déontologie médicale en promouvant l'hydroxychloroquine contre le Covid-19, malgré l'absence d'effet prouvé. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 04 décembre 2021

Covid: l'Ordre des médecins adresse un «blâme» au professeur Raoult, une «victoire» selon sa défense

  • La chambre disciplinaire de l'Ordre des médecins de Nouvelle-Aquitaine, où l'audience avait été dépaysée loin de Marseille, n'a pas publié ses motivations
  • En plus de cette procédure, Didier Raoult est visé, avec l'IHU qu'il a créé en 2011, par plusieurs autres enquête

BORDEAUX : Le professeur Didier Raoult a été sanctionné vendredi à Bordeaux d'un "blâme" par la chambre disciplinaire de l'Ordre des médecins pour avoir enfreint le code de déontologie médicale en promouvant l'hydroxychloroquine contre le Covid-19, malgré l'absence d'effet prouvé.

Pour Me Fabrice Di Vizio, l'avocat de Didier Raoult, il s'agit en fait d'"une belle victoire pour la défense" et "pour la paix sociale", a-t-il tweeté.

"Aujourd'hui Didier Raoult a reçu une tape sur les doigts, on est loin du Didier Raoult dangereux, assassin et toutes ces autres conneries racontées depuis un an" a-t-il ajouté.

"On s'attendait" à cette décision car "il était difficile de prononcer une interdiction étant donné que le professeur Raoult n'exerce plus", a pour sa part expliqué à l'AFP Me Philippe Carlini, avocat de l'Ordre des médecins des Bouches-du-Rhône, qui n'aura les motivations de la chambre qu'en "début de semaine prochaine". Le conseil de l'ordre départemental doit se réunir lundi pour analyser cette sanction.

De son côté, le conseil national de l'Ordre des médecins, deuxième plaignant, a annoncé sur Twitter, qu'il "statuera la semaine prochaine" sur "un éventuel appel" de la décision devant la chambre disciplinaire nationale d'appel.

La chambre disciplinaire de l'Ordre des médecins de Nouvelle-Aquitaine, où l'audience avait été dépaysée loin de Marseille, n'a pas publié ses motivations, qu'elle communiquera les prochains jours, pour avoir prononcé cette sanction, la deuxième en importance après le simple avertissement alors que sa décision pouvait aller jusqu'à l'interdiction d'exercer.

Contactés par l'AFP, Didier Raoult n'avait pas réagi peu après l'annonce de la décision, et le porte-parole de l'Institut hospitalo-universitaire Méditerranée Infection (IHU), qu'il dirige, n'a pas fait de commentaire.

Depuis fin 2020, l'infectiologue marseillais de 69 ans était visé par deux plaintes déposées par l'Ordre des médecins des Bouches-du-Rhône et le conseil national de l'Ordre des médecins (Cnom).

Il lui était reproché d'avoir fait la promotion de l'hydroxychloroquine pour traiter le Covid-19, "sans données scientifiques établies", ce qui s'apparente à du "charlatanisme", avait affirmé la rapporteure de la chambre disciplinaire lors de l'audience le 5 novembre à Bordeaux.

Le chercheur était aussi accusé d'avoir pris des "risques inconsidérés" en soignant des patients avec ce traitement "non éprouvé par la science", avait-elle ajouté.

Déposées sur la base de plusieurs signalements initialement effectués par la société de pathologie infectieuse de langue française (Spilf), les plaintes accusaient également le Pr Raoult d'avoir enfreint, par sa communication, l'article 56 du code de déontologie, en "manquant à son devoir de confraternité" envers d'autres médecins.

Présent début novembre devant la chambre par "respect pour cette institution", Didier Raoult, à la retraite depuis le 31 août comme professeur d'université praticien hospitalier, s'était dit "pas concerné" par d'éventuelles "sanctions".

Plusieurs autres enquêtes

Il avait défendu "la réussite" de son traitement conjuguant hydroxychloroquine et azythromicine pour traiter les malades du Covid-19, malgré l'absence d'effet prouvé aujourd'hui encore.

Petite victoire pour le professeur Raoult: le Dr Guillaume Gorincour, vice-président de l'Orde des médecins des Bouches-du-Rhône, que l'infectiologue poursuivait pour "non-confraternité" après des tweets le dénigrant, a été de son côté sanctionné d'un "avertissement" par la chambre disciplinaire de Nouvelle-Aquitaine, composée de 8 médecins et présidée par un magistrat administratif.

"On s'expose à cela quand on est sur Twitter", a commenté son avocat Me Carlini, estimant que cette plainte était surtout "un contre-feu allumé par le professeur Raoult".

En plus de cette procédure, Didier Raoult est visé, avec l'IHU qu'il a créé en 2011, par plusieurs autres enquêtes sur les conditions dans lesquelles l'institut a conduit ses études autour du Covid-19.

Ces investigations ont été ouvertes cette année par l'université Aix-Marseille, par les hôpitaux de Marseille (AP-HM) et par l'agence nationale du médicament (ANSM), après un article de L'Express sur de "possibles manquements à la réglementation des essais cliniques".

L'IHU et son directeur sont également accusés, dans un article de Mediapart, d'avoir mené "une expérimentation sauvage contre la tuberculose", entraînant notamment l'ouverture d'une enquête par l'AP-HM.

Enfin, le 4 novembre, le gouvernement a demandé à l'Inspection générale des affaires sociales et l'Inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche de mener "une mission de contrôle" à l'IHU.

Le Pr Raoult ne devrait rester que quelques mois à la tête de cet institut, qui a enclenché depuis une semaine le processus de sélection d'un nouveau directeur.


France: un défilé du 14-Juillet "massif", l'Ukraine à l'honneur

Des membres du 35e Régiment d’Infanterie (35e RI) "l’As de Trèfle" (à gauche) et du 1er Régiment de Tirailleurs (1er RTir) défilent lors du traditionnel défilé militaire de la Fête nationale du 14 Juillet sur l’avenue des Champs-Élysées, avec l’Arc de Triomphe en arrière-plan, à Paris, le 14 juillet 2025. (AFP)
Des membres du 35e Régiment d’Infanterie (35e RI) "l’As de Trèfle" (à gauche) et du 1er Régiment de Tirailleurs (1er RTir) défilent lors du traditionnel défilé militaire de la Fête nationale du 14 Juillet sur l’avenue des Champs-Élysées, avec l’Arc de Triomphe en arrière-plan, à Paris, le 14 juillet 2025. (AFP)
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  • Le défilé du 14 Juillet mettra en avant le renforcement de la défense française et européenne, avec un format plus important et moderne
  • L’Ukraine sera à l’honneur, tandis que les alliés européens et de l’OTAN afficheront leur soutien et leur unité

PARIS: Des pilotes ukrainiens et français, un défilé "plus massif": la parade militaire du 14 Juillet sur les Champs Elysées aura cette année pour thème "le réveil stratégique de l'Europe" et s'attachera à montrer que la France est "déterminée" et "n'est pas seule", a annoncé lundi le gouverneur militaire de Paris.

"Nous allons avoir un défilé plus massif, plus puissant, plus moderne", a déclaré le général Loïc Mizon lors d'une conférence de presse.

La parade mobilisera près de 8.500 participants, dont 6.500 défileront à pied. Près de 300 véhicules, dont une centaine de motos, 95 avions, 35 hélicoptères, ainsi que 193 chevaux de la Garde Républicaine participeront également.

L'Ukraine, entrée dans sa cinquième année de guerre déclenchée par la Russie en 2022, sera mise à l'honneur. La Patrouille de France ouvrira le défilé aérien, accompagnée de deux Mirage 2000 pilotés par des équipages franco-ukrainiens.

Les 35 pays de la Coalition des volontaires, prêts à fournir des garanties de sécurité à l'Ukraine une fois conclu un cessez-le-feu, ont été invités à participer par le président Emmanuel Macron, qui assistera à son 10e et dernier défilé en tant que chef d'Etat.

La présidente de la Commission européenne Ursula Von Der Leyen et le général Grynkewich, commandant suprême de l'OTAN, ont aussi été conviés.

Les soldats français des bataillons multinationaux de l'Otan déployés sur le flanc Est de l'Europe (Roumanie, Estonie) descendront la célèbre avenue parisienne.

La présence des alliés et des partenaires doit ainsi témoigner que "l'Europe n'est pas seule", a dit le général Mizon.

Le but de ce défilé est aussi de concrétiser aux yeux des Français les "efforts budgétaires consacrés depuis 10 ans aux forces armées", a fait-t-il valoir.

Le commissariat numérique de Défense défilera pour la première fois, pour "souligner la transformation numérique du ministère des Armées".

Deux blocs de réservistes défileront également: l'un composé de réservistes de la SNCF et un un autre de réservistes d'Airbus France.

La Marine nationale, qui fête cette année ses 400 ans d'existence clôturera le défilé au son du bagad de Lann-Bihoué, basé près de Lorient (Morbihan).

La parade militaire durera 2 heures et se terminera par l'hymne européen, "l'Ode à la joie".


Merz et Macron se sont entendus pour arrêter le projet d'avion de combat commun SCAF, selon Berlin

Une maquette grandeur nature du « New Generation Fighter » (NGF), qui fait partie du Future Combat Air System (FCAS) en cours de développement par Dassault Aviation, Airbus et Indra Sistemas, est présentée à l’aéroport de Paris-Le Bourget le 20 juin 2023. (AFP)
Une maquette grandeur nature du « New Generation Fighter » (NGF), qui fait partie du Future Combat Air System (FCAS) en cours de développement par Dassault Aviation, Airbus et Indra Sistemas, est présentée à l’aéroport de Paris-Le Bourget le 20 juin 2023. (AFP)
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  • Friedrich Merz et Emmanuel Macron ont constaté l’échec du projet SCAF en raison des désaccords persistants entre Airbus et Dassault Aviation sur le développement de l’avion de combat commun
  • Le programme d’avion de combat est abandonné, mais les deux pays souhaitent maintenir la coopération sur les technologies clés du FCAS, notamment le réseau numérique reliant avions, drones et autres systèmes de défense européens

BERLIN: Friedrich Merz et Emmanuel Macron se sont entendus pour "ne plus poursuivre la construction d'un avion de combat commun", le SCAF, a appris l'AFP lundi auprès du gouvernement allemand.

Depuis des mois, le projet d'avion de combat franco-germano-espagnol, le SCAF, était en panne sur fond de tensions germano-françaises et entre Airbus et Dassault. En février, le chancelier allemand Friedrich Merz avait déjà ouvertement douté de son avenir.

Cette fois, il semble enterré définitivement.

"Le président français et le chancelier allemand sont arrivés au constat partagé que les entreprises (Airbus et Dassault Aviation, ndlr) ne parviennent pas à s'entendre sur la construction d'un avion de combat commun", indique le gouvernement allemand.

"Ils reconnaissent cette réalité. Le chancelier fédéral Merz a donc suggéré au président Macron de ne plus poursuivre la construction d’un avion de combat commun", ajoute-t-il.

Lancé en 2017 par M. Macron et la chancelière Angela Merkel, rejoint par l'Espagne deux ans plus tard, le SCAF est un système qui comprend non seulement un avion mais aussi des drones reliés entre eux par un système de communication numérique innovant, "un cloud de combat".

Selon le gouvernement allemand, "le véritable noyau du FCAS doit être poursuivi en tant que système de systèmes européen".

"Il s’agit en quelque sorte du système nerveux qui relie les avions, les drones et d’autres composants pour former un ensemble intégré", ajoute-t-il.

Il précise que les ministères français et allemand de la Défense "doivent formuler un plan de travail commun et contemporain pour la coopération dans l’industrie de défense, concentré sur quelques projets réalistes et pertinents", lors du conseil des ministres franco-allemand en Allemagne en juin.


G7: les ministres de l'Agriculture réunis à Paris sur la «sécurité des approvisionnements en engrais»

La ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard, s'adresse au 59e congrès du syndicat des Jeunes Agriculteurs (JA) au parc des expositions Ainterexpo de Bourg-en-Bresse, dans le centre de la France, le 4 juin 2026. (Photo : OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP)
La ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard, s'adresse au 59e congrès du syndicat des Jeunes Agriculteurs (JA) au parc des expositions Ainterexpo de Bourg-en-Bresse, dans le centre de la France, le 4 juin 2026. (Photo : OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP)
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  • La France, qui importe plus de 60% de ses engrais, planche depuis des mois sur un "plan engrais", annoncé par la ministre qui n'en a toutefois pas dévoilé les contours
  • Pour Paris comme l'Europe, l'enjeu est de réduire sa dépendance en diversifiant ses approvisionnements, en réduisant sa consommation et consommant davantage d'engrais organiques (lisiers, purins d'orties...)

PARIS: La France réunit lundi les ministres de l'Agriculture du G7 pour une réunion consacrée aux engrais et à la question de la "sécurité des approvisionnements" en fertilisants dans le contexte du conflit au Moyen-Orient.

Cette réunion est destinée à dresser un bilan des difficultés actuelles des agriculteurs et à identifier "des actions communes" dans un contexte de flambée des cours des fertilisants  depuis le début de la guerre en Iran fin février et la quasi-fermeture du détroit d'Ormuz, par lequel transitent environ 30% des engrais mondiaux.

Cette rencontre, qui se tient dans le cadre de la présidence française du groupe des sept puissances économiques, vise à définir comment "sécuriser les approvisionnements", "améliorer le partage d'informations et la transparence des marchés" et "renforcer la résilience des filières agricoles face aux chocs économiques et géopolitiques", selon un communiqué du ministère français.

La ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard, réunit à midi ses homologues des États-Unis, du Royaume-Uni, de l'Allemagne, de l'Italie, du Canada et du Japon, ainsi que des représentants de l'Union européenne, de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et du Système d'information sur les marchés agricoles (AMIS).

Il n'est pas prévu pour l'heure de point presse à l'issue de cette rencontre.

La France, qui importe plus de 60% de ses engrais, planche depuis des mois sur un "plan engrais", annoncé par la ministre qui n'en a toutefois pas dévoilé les contours.

Pour Paris comme l'Europe, l'enjeu est de réduire sa dépendance en diversifiant ses approvisionnements, en réduisant sa consommation et consommant davantage d'engrais organiques (lisiers, purins d'orties...).

Autre piste envisagée, à court terme, la constitution de stocks stratégiques d'engrais, ce qui pourrait toutefois renforcer la hausse des prix et poserait des questions de sécurité (les engrais sont potentiellement explosifs).

L'Europe et ses partenaires occidentaux sont moins exposés que l'Asie ou l'Afrique aux difficultés d'approvisionnement liées à la guerre en Iran. Mais l'impact sur les prix est global et le coût des fertilisants a augmenté d'environ 50% - et jusqu'à 70% pour l'urée, engrais azoté très consommé produit au Moyen-Orient.

Cela aura des conséquences pour la récolte 2027: si les agriculteurs s'étaient déjà approvisionnés pour leurs semis de 2026, la question se posera dès la fin de l'été pour les semis de céréales d'hiver comme le blé ou l'orge. Avec in fine un risque sur le rendement des récoltes mondiales.