«Quick commerce» : un appétit de vitesse toujours grandissant

Le phénomène du «quick commerce» qui séduit les grandes métropoles françaises depuis la crise du Covid-19 interroge au moment où la crise écologique, de plus en plus visible, pousse la société à ralentir les échanges. (Photo, AFP)
Le phénomène du «quick commerce» qui séduit les grandes métropoles françaises depuis la crise du Covid-19 interroge au moment où la crise écologique, de plus en plus visible, pousse la société à ralentir les échanges. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 04 décembre 2021

«Quick commerce» : un appétit de vitesse toujours grandissant

  • Une flopée d'applications (Cajoo, Flink ou encore Gorillas) sont apparues ces derniers mois sur les smartphones français
  • Au moins autant que sur une plateforme de e-commerce ou lors d'une commande en drive, qui ont tout deux aussi contribué «à la diminution du taux d'effort du consommateur»

PARIS: Apogée du "business de la flemme" ou révolution commerciale ? Le phénomène du "quick commerce" qui séduit les grandes métropoles françaises depuis la crise du Covid-19 interroge au moment où la crise écologique, de plus en plus visible, pousse la société à ralentir les échanges.

Une flopée d'applications (Cajoo, Flink ou encore Gorillas) sont apparues ces derniers mois sur les smartphones français, promettant de livrer café, chocolat ou encore couches en 15 minutes top chrono.

Grâce à une organisation ficelée et une armée de coursiers, elles proposent "une formule aboutie" du concept marketing "+Atawad+", acronyme d'"+Any Time Any Where Any Device+ (n'importe quel produit, n'importe où et n'importe quand, NDLR), analyse Régine Vanheems, cofondatrice de l'Observatoire du commerce connecté.

"Affranchis de l'espace et du temps" par les réseaux sociaux et les plateformes commerciales telles qu'Amazon, les consommateurs exigent de pouvoir s'approvisionner en produits "quand ils le veulent", complète Marion Trommenschlager, chercheuse et consultante en évolution des usages numériques.

Et pour ce faire, la prise de commande doit être fluide et rapide. Au moins autant que sur une plateforme de e-commerce ou lors d'une commande en drive, qui ont tout deux aussi contribué "à la diminution du taux d'effort du consommateur" et des délais, et les y ont habitués, rappelle Régine Vanheems.

Car les courses constituent bien une "charge en temps, en énergie et en anticipation", pointe l'universitaire. Si certaines personnes y trouvent du plaisir, d'autres n'y voient qu'une corvée, et ces évolutions du marché visent justement à les en délester, comme ce fut le cas "dans les années 50 avec la machine à laver".

Paradoxes

Mais la promesse ne s'adresse en l'état qu'à une petite part de la population : jeune, urbaine et plutôt aisée, pointe Vincent Chabault, sociologue de la consommation.

La même catégorie de consommateurs qui a pu, à l'occasion du Covid-19, se tourner vers une consommation plus "locale".

Peut-on donc voir dans le succès du quick commerce une contradiction ? Oui et non, estime l'auteur de l'"Éloge du magasin: Contre l'amazonisation" (Gallimard).

"Les consommateurs sont pleins de paradoxes", comme le prouvent les "écarts importants" observés entre les pratiques décrites dans les enquêtes d'opinion et les usages, explique-t-il, concluant : "Les désirs marchands sont plus forts que les convictions".

Mais les "contraintes du quotidien" jouent également sur cet écart, complète Dominique Desjeux, anthropologue et sociologue de la consommation. Il fait remonter "l'accélération du temps" à la révolution industrielle et évoque, plus récemment, "la densification du lien entre la vie de travail, la vie dans le logement et la vie de famille".

En contribuant à l'avènement du télétravail, le Covid-19 a bousculé cette équation, occasionnant deux phénomènes opposés. D'un côté, une revalorisation de "l'effort" nécessaire à la cuisine, au bricolage, etc., mais aussi, une tendance à déléguer les taches sans grand "intérêt".

"À force de passer des heures sur un écran froid (...) ça ne nous intéresse pas de sortir retrouver un supermarché froid et aseptisé", note Régine Vanheems.

Nouvelles domesticités

Des consommateurs ont pu recommencer à l'occasion de la crise à fréquenter les commerces locaux et faire leur propre pain, et en même temps recourir au "quick" pour acheter "des couches ou de la lessive".

"Ce sont les mêmes clients", assure  Marion Trommenschlager, qui voit dans le succès de ces nouvelles plateformes un écho du concept de la "ville du quart d'heure" de Carlos Moreno qui théorise la possibilité d'accéder à tous les services et produits dans un rayon de quinze minutes à pied.

Mais ce succès révèle également une autre tendance, estime la chercheuse, celle de la "servicialisation du quotidien" : le service devient un produit, qui s'achète car il permet d'assister le consommateur dans sa routine.

Et cette "servicialisation" s'accompagne d'un retour de la servitude, complète Vincent Chabault qui observe l'émergence de "nouvelles domesticités" : celles de "se faire servir à domicile et rapidement sans penser à la dimension sociale du service".

"On veut de l'immédiateté", être "dans une consommation spontanée, compulsive", même si cela revient "à faire pédaler un sans-papier sous la pluie et dans le froid", analyse-t-il.


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
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  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

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Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
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  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.