A Lesbos, les réfugiés espèrent que le pape «portera leur voix dans le monde entier»

Un réfugié montre une photo du pape François à l'église franciscaine de l'Assomption de Marie sur l'île de Lesbos le 4 décembre 2021. (Photo, AFP)
Un réfugié montre une photo du pape François à l'église franciscaine de l'Assomption de Marie sur l'île de Lesbos le 4 décembre 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 04 décembre 2021

A Lesbos, les réfugiés espèrent que le pape «portera leur voix dans le monde entier»

  • Pour la visite du pape, la seconde en cinq ans à Lesbos, près de 850 policiers ont été déployés dans l'île, l'accès au camp a été strictement restreint même aux journalistes, et 93 tentes ont été remplacées par des conteneurs bénéficiant de l'électricité
  • Sur l'île grecque, emblématique de la crise migratoire où des milliers de migrants ont débarqué en 2015, la foule de demandeurs d'asile catholiques est euphorique

MYTILENE, GRECE :Derrière le porche de la seule église catholique de Lesbos, une vingtaine de demandeurs d'asile ont été samedi exceptionnellement autorisés à sortir du camp de Mavrovouni, situé à 6 km de là, pour assister à la messe et préparer dans l'euphorie l'arrivée du pape dimanche sur l'île grecque.

Christian Tango, un Congolais de 31 ans, "espère que le pape portera la voix" des réfugiés "dans le monde entier", dit-il à l'AFP avant d'entrer dans la chapelle de Notre-Dame-de-l'Assomption, construite en 1843 par des Franciscains français.

Comme tous les autres exilés, Christian Tango n'est autorisé à quitter le camp qu'une fois par semaine. Mais dimanche, il aura la chance de parler au pape François.

"Le pape connaît très bien la réalité des réfugiés, bien mieux que les hommes politiques et les dirigeants européens", estime le réfugié, qui a perdu sa femme et sa fille de 8 ans, lors de son périlleux voyage vers la Grèce. 

Pour la visite du pape, la seconde en cinq ans à Lesbos, près de 850 policiers ont été déployés dans l'île, l'accès au camp a été strictement restreint même aux journalistes, et 93 tentes ont été remplacées par des conteneurs bénéficiant de l'électricité. 

Sur l'île grecque, emblématique de la crise migratoire où des milliers de migrants ont débarqué en 2015, la foule de demandeurs d'asile catholiques est euphorique.

"Demain, c'est le plus beau jour de ma vie, je ne pensais pas qu'un jour, j'aurais l'occasion de voir le pape de mes propres yeux", se réjouit Berthe N'Goyo, qui fait partie des dix heureux élus qui vont chanter pour le pape.

La Camerounaise, arrivée il y a seulement trois mois sur l'île, fredonne : "nous sommes rassemblés dans ton amour".

"La foi me permet d'avancer, et de dépasser toutes les épreuves de ma vie, l'exil, le voyage durant lequel mon canot s'est renversé en pleine mer, l'incertitude de l'avenir", dit-elle. 

« Plus d'humanité »

A Athènes samedi, le souverain pontife a décrié "la communauté européenne, déchirée par les égoïsmes nationalistes, (qui) apparaît parfois bloquée et non coordonnée, au lieu d'être un moteur de solidarité". 

"J'espère que le pape portera notre voix dans le monde entier et en particulier auprès des pays européens qui doivent accueillir avec plus d'humanité les réfugiés", commente Christian.

Ses deux filles de 6 et 7 ans s'entraînent, avec d'autres enfants, à entonner, en lingala, une chanson dont le refrain signifie: "n'aies pas peur de nous, mon ami, parce que nous sommes des réfugiés".

Enice Kiaku, qui a déjà passé deux ans à Lesbos, espère que le pape pourra l'emmener avec lui. "Les conditions sont très difficiles dans le camp, je suis seule avec deux enfants", soupire la Congolaise, qui a "perdu espoir de voir" sa situation s'améliorer.

Lors de sa précédente visite en avril 2016, François était rentré au Vatican avec douze réfugiés syriens.

« Crise systémique »

Les arrivées sur les îles grecques se sont taries au fil des années, passant de 173.450 personnes en 2016 à 3.653 en 2021, selon le Haut-commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR).

Le camp surpeuplé et insalubre de Moria, le plus grand d'Europe, a été ravagé par les flammes en septembre 2020 et remplacé par une structure construite à la hâte sur un ancien site de tir de l'armée grecque. 

En visitant ce camp, "le pape va trouver une situation différente de 2016", explique Clotilde Scolamiero, chef de mission pour l'ONG Intersos.  

"Nous ne sommes plus dans le même état d'urgence mais face à une crise systémique qui dure dans le temps et les réfugiés ont encore besoin d'aide, (...) enfermés dans des camps très surveillés", dit-elle. 

Son association ainsi que 35 autres ont envoyé une lettre au pape pour dénoncer la mise en place de camps "fermés et à accès contrôlé" comme sur les îles de Samos, Leros et Kos. Elles ont aussi exhorté le pape à intervenir pour que cessent les refoulements présumés d'exilés aux frontières gréco-turques.  

Clotilde Scolamiero a constaté "une dégradation de l'état de santé mentale des résidents du camp". Car "la majorité se voient refuser l'asile, et sont en dépression car ils sont littéralement bloqués sur l'île sans savoir ce que l'avenir leur réserve". 


Trump assure que sa relation avec Netanyahu est "très bonne" en dépit des désaccords sur Gaza

Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que sa relation avec Benjamin Netanyahu reste « très bonne », malgré les désaccords sur la feuille de route américaine pour Gaza
  • Netanyahu refuse tout retrait israélien tant que le Hamas ne sera pas désarmé, tout en affirmant qu’Israël continuera à défendre ses propres positions face à Washington

WASHINGTON: Donald Trump a assuré lundi que sa relation avec Benjamin Netanyahu restait "très bonne", après que ce dernier a rejeté la dernière feuille de route américaine pour Gaza.

Le Premier ministre israélien avait déjà exprimé des réticences sur ce texte censé lancer la deuxième étape du plan de paix.

L'armée israélienne "n'effectuera aucun retrait tant que le Hamas ne sera pas véritablement désarmé", a déclaré Benjamin Netanyahu, qui tente de donner des gages à ses alliés d'extrême droite avant de délicates élections législatives en septembre.

Il a qualifié le président américain de "plus grand ami (d'Israël) à la Maison Blanche", tout en faisant comprendre qu'il était prêt à lui tenir tête: "Ils ont des idées, certaines nous conviennent et d'autres non, et nous savons défendre nos positions sur ces questions."

Les relations entre les deux dirigeants ont connu des difficultés au printemps.

Donald Trump, en des termes très virulents, a reproché en avril à Benjamin Netanyahu de saper des négociations en vue d'un cessez-le-feu avec l'Iran.


Trump va réclamer lui aussi des "compensations" à l'Iran

Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que Washington réclamera à l’Iran des compensations pour les victimes et dégâts liés à ses attaques et conflits passés
  • Ces nouvelles exigences pourraient compliquer davantage les négociations sur le détroit d’Ormuz, alors que Téhéran réclame lui aussi des réparations et la levée des sanctions américaines

WASHINGTON: Donald Trump a déclaré lundi sur son réseau Truth Social que les Etats-Unis allaient réclamer des "compensations" pour des attaques menées par l'Iran depuis des décennies contre des adversaires à l'étranger ou contre des manifestants sur son sol.

Le président américain a assuré que cette demande serait faite "fermement" dans toute négociation, en réponse à une exigence de longue date des autorités iraniennes, qui conditionnent tout accord sur le détroit d'Ormuz au versement de réparations américaines.

L'Iran "demande des compensations pour les dommages qu'ils ont subis pendant les cinq mois de conflit militaire", a écrit Donald Trump, "bien que cela n'ait jamais été évoqué dans aucune de nos négociations ou réunions."

"Mais c'est une idée intéressante parce que, de la même manière, je demande moi aussi des compensations à l'Iran, pour tous les gens qu'ils ont tués et blessés" dans des attaques et "conflits", dont "les familles de ceux tués sur l'USS Cole", un navire de guerre américain frappé par un attentat meurtrier en 2000 au Yémen, a ajouté le milliardaire républicain.

Donald Trump a ajouté que "des compensations devraient être versées pour les familles des centaines de milliers de manifestants innocents que l'Iran a tués ces dernières cinquante années, sans même parler des 52.000 tués ces cinq derniers mois".

Un peu plus tard, dans une autre publication, le président octogénaire a jugé que l'Iran devait être tenu "responsable des dégâts et morts causés au Liban, en Syrie, au Yémen et à Gaza".

Ces nouvelles exigences de l'imprévisible dirigeant américain risquent de mettre hors de portée un accord rapide sur le détroit d'Ormuz, qui paraissait déjà bien improbable alors que l'Iran exige de son côté l'acceptation par Washington de "toutes" ses conditions.

Téhéran juge que les Etats-Unis doivent "mettre fin définitivement à la guerre et à l'agression" contre l'Iran et ses alliés, y compris au Yémen et en Irak, lever leur blocus des ports iraniens, "indemniser intégralement l'Iran pour les dommages causés" par les hostilités, lever les sanctions contre l'économie et débloquer "sans condition" les avoirs iraniens gelés.

Dimanche, Donald Trump a laissé entendre qu'il n'avait besoin d'engager ni une offensive militaire majeure ni un effort diplomatique particulier, en assurant qu'il lui suffisait d'"observer" les difficultés économiques de l'Iran.


L'Iran exige pour rouvrir Ormuz que les Etats-Unis acceptent "toutes" ses conditions

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi. (Photo d’archives/AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi. (Photo d’archives/AFP)
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  • L’Iran maintient le détroit d’Ormuz fermé et exige la fin de la guerre, la levée du blocus et des sanctions, ainsi que des compensations avant toute réouverture
  • Malgré des échanges indirects avec Washington, les négociations restent bloquées, tandis que les tensions régionales s’intensifient avec la reprise des attaques des Houthis au Yémen

TEHERAN: Le détroit d'Ormuz, enjeu majeur de la guerre au Moyen-Orient, restera verrouillé tant que Washington n'acceptera pas "toutes" les conditions posées par Téhéran, ont insisté dimanche les Gardiens de la Révolution, éloignant l'espoir d'un règlement rapide du conflit.

Minimisant ces exigences, le président Donald Trump a déclaré dans une interview au média Axios que les Etats-Unis restaient "discrets" et se contentaient "d'observer l'Iran avec son inflation galopante", une économie en "très mauvais état" et le risque selon lui de ne plus pouvoir payer ses troupes.

Les Etats-Unis imposent depuis juillet un blocus des ports iraniens qui, selon lui, aggrave la crise économique en Iran.

"Ça va s'arranger. Ça finit toujours par s'arranger", a estimé le président, qui a multiplié les déclarations contradictoires sur le conflit. "C'est comme une partie d'échecs", a-t-il estimé.

Au coeur des hostilités: le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran, que le puissant corps des Gardiens de la Révolution ont affirmé considéré comme "un théâtre de guerre et plus seulement (comme) une voie maritime".

"Notre stratégie actuelle est de maintenir ce détroit fermé jusqu'à ce que l'ennemi accepte toutes nos conditions", ont-ils dit.

Loin devant le nucléaire et les missiles iraniens avancés fin février pour justifier l'offensive américano-israélienne, la réouverture de ce passage vital pour le commerce mondial d'hydrocarbures est désormais la priorité n°1 de Donald Trump. Ces derniers jours encore, il n'a cessé de promettre que les discussions allaient bon train et que son déblocage était imminent.

Mais les conditions listées samedi par Téhéran pourraient mener au bras de fer: les Etats-Unis doivent "mettre fin définitivement à la guerre et à l'agression" contre l'Iran et ses alliés, y compris au Yémen et en Irak, lever leur blocus des ports iraniens, "indemniser intégralement l'Iran pour les dommages causés" par les hostilités, lever les sanctions contre l'économie et débloquer "sans condition" les avoirs iraniens gelés.

Nombre de ces dispositions figuraient déjà dans le protocole d'accord irano-américain signé en juin, qui devait ouvrir la voie à des négociations plus larges et avait permis une brève réouverture d'Ormuz couplée d'un reflux des prix du pétrole - avant que le processus ne déraille.

Alors que des divergences avec les Etats-Unis ont émergé au fil du conflit, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a lui insisté dimanche sur le volet nucléaire, redisant qu'"avec ou sans accord", l'ennemi iranien "n'aurait pas d'armes nucléaires".

- "Semi-négociations" -

Tout en réfutant la tenue de négociations avec Washington - dont le président américain s'est plusieurs fois prévalu - le chef de la diplomatie iranienne a fait état dimanche d'"un échange de messages à travers des intermédiaires".

"Ca ne s'appelle pas une négociation. Ca s'appelle échanger des messages", a argué Abbas Araghchi. Il a exclu de renouer le dialogue "tant que les violations américaines" du protocole d'accord ne cessaient pas.

L'Iran affirme ne dialoguer qu'avec Oman, l'autre pays riverain du détroit d'Omuz, pour tracer un futur itinéraire de passage. Ces discussions en sont toujours à leur "phase finale", a redit M. Araghchi.

"Nous ne faisons que des semi-négociations avec eux", a lancé Donald Trump, auprès d'Axios.

Téhéran refuse de revenir à la situation d'avant-guerre et entend imposer des frais de service à Ormuz, contre l'avis de Washington.

- Pause dans les bombardements -

Les bombardements américains ont cessé depuis plus d'une semaine, mais Donald Trump avait conditionné cette suspension à la conclusion d'un accord rapide.

Sur le front de guerre le plus récent, les Houthis du Yémen ont revendiqué dimanche une frappe de drone sur la raffinerie du géant pétrolier saoudien Aramco, sur la mer Rouge.

Ryad, qui soutient le gouvernement yéménite face aux rebelles, a annoncé qu'un incendie, dont il n'a pas précisé la cause, avait été maîtrisé sur le site.

Les Houthis ont aussi tiré des missiles balistiques et des drones sur des "troupes de l'ennemi saoudien et des dépôts d'armes dans la zone de Mokha", ville portuaire yéménite plus au sud, faisant selon une source médicale au moins 11 morts, civils et militaires.

Après quatre ans d'accalmie, les hostilités ont repris en juillet, marquant une nouvelle étape de l'embrasement régional consécutif à la guerre irano-américaine.

Les Houthis avaient alors annoncé un blocus des navires saoudiens en mer Rouge, devenue un passage essentiel pour le transport d'hydrocarbures depuis qu'Ormuz est paralysé. Ils ont aussi frappé à plusieurs reprises le royaume, pour la première fois depuis une trêve négociée en 2022.

L'Arabie saoudite, alliée des Etats-Unis et déjà ciblée par l'Iran pendant la guerre, a signé vendredi avec le Pakistan et la Turquie un pacte de défense mutuelle.