Macron à Djeddah : La préoccupation de l'Arabie saoudite envers l'Iran est «légitime»

Une photo fournie par le Palais royal saoudien montre le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane (à gauche) recevant le président français Emmanuel Macron (à droite) à Djeddah, en Arabie saoudite, le 4 décembre 2021. BANDAR AL-JALOUD / SAUDI ROYAL PALACE / AFP
Une photo fournie par le Palais royal saoudien montre le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane (à gauche) recevant le président français Emmanuel Macron (à droite) à Djeddah, en Arabie saoudite, le 4 décembre 2021. BANDAR AL-JALOUD / SAUDI ROYAL PALACE / AFP
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Publié le Samedi 04 décembre 2021

Macron à Djeddah : La préoccupation de l'Arabie saoudite envers l'Iran est «légitime»

  • Le président français a d’abord évoqué l’importance des accords signés dans le domaine culturel, notamment ceux de 2018 concernant AlUla
  • L’entretien entre le président français et le prince héritier saoudien a également porté sur les dossiers régionaux, de l’Iran à la Turquie, en passant par le Liban

PARIS : Emmanuel Macron a achevé sa tournée dans le Golfe, « un déplacement utile » selon le président français qui répondait à la question d’un journaliste, à l’issue de son entretien avec Mohamed Ben Salmane, avec lequel il a abordé « la stratégie saoudienne en détail » afin de voir « comment la France pouvait contribuer à celle-ci ».

Le président français a d’abord évoqué l’importance des accords signés dans le domaine culturel, notamment ceux de 2018 concernant AlUla, et affiché sa volonté d’en faire de même sur le plan de l’éducation, « des aspects essentiels et nouveaux de cette coopération bilatérale ». « Aider ce pays (ndlr : l’Arabie saoudite) à s’ouvrir, aider ce pays à faire venir des artistes du monde entier, à participer à la révolution des industries culturelles et créatives, a poursuivi Emmanuel Macron dans le point presse. Aider ce pays à être un lieu aussi de tourisme et de culture, ce que nous faisons à AlUla avec les accords signés en 2018 à Paris et qui se développent même au-delà de nos espérances. Aider ce pays à former ses élites, à former sa jeunesse par des projets éducatifs que nous avons déjà développés, que nous accélérons, je pense, est essentiel pour l'avenir de l'Arabie Saoudite, essentiel pour la région et tout à fait positif pour la France, son rayonnement et sa participation, si je puis dire encore une fois, à la stabilité du Proche et Moyen-Orient. »

L’entretien entre le président français et le prince héritier saoudien a également porté sur les dossiers régionaux, de l’Iran à la Turquie, en passant par le Liban, et la stabilité des pays du Golfe en général. « Le Prince héritier a été explicite, comme il l'a toujours été à mon endroit sur ces inquiétudes, mais aussi sa volonté de préserver la paix, explique ainsi Emmanuel Macron aux journalistes avant de s’envoler pour Paris. Il ne fait pas partie de celles et ceux qui sont inconséquents sur ce sujet, et donc nous avons ensemble échangé différents scénarios possibles. » Emmanuel Macron affirme ainsi aux journalistes que « l'Arabie saoudite a une préoccupation légitime quant à la possibilité pour l'Iran de se doter d'armes nucléaires. Je dis qu'elle est légitime et nous la partageons. Je le dis depuis 2017, je fais partie de celles et ceux qui pensent que nous ne pouvons pas traiter la question nucléaire sans traiter la question de la stabilité régionale. Et nous ne pouvons pas avancer sans associer à la discussion nos amis de la région. » Le président français ne croit pas à une « solution simple et rapide » mais pense qu'il y a « un chemin pour justement, tenir les paramètres ensemble : pas d'armes nucléaires en Iran, pas d'escalade dans la région sur le court terme ».

Sur le Liban, Emmanuel Macron explique avoir eu avec Mohamed Ben Salmane « une très longue discussion » pour tenter de trouver une solution à la crise diplomatique entre le Royaume et le pays du Cèdre à la suite des propos du ministre libanais de l’Information. M. Kordahi a d’ailleurs annoncé sa démission vendredi, pour faciliter le dialogue et aider son pays à sortir de l'impasse politique. « Nous avons ensemble travaillé, et nous avons ensuite ensemble appelé le Premier ministre Mikati, il y a quelques instants, pour passer un message clair, précise le président français. Nous voulons nous engager pour être en soutien du peuple libanais et donc tout faire pour que les réouvertures commerciales, économiques puissent se faire pour aussi œuvrer au service de la population sur des sujets d'urgence, des questions d'urgence, qu'elles soient énergétiques, alimentaires ou humanitaires ». « Notre volonté est aussi que le gouvernement (libanais) puisse travailler de manière normale, et se réunir au plus vite, et mener les réformes utiles », a-t-il ajouté, précisant qu'il appellerait dimanche le président libanais Michel Aoun.

Pour le président français, très investi dans le dossier libanais, le prince héritier saoudien a « très clairement indiqué que les deux points qui avaient été soulevés par l'Arabie saoudite avaient été pris en compte : les propos du ministre de la Communication et sa place et le sujet de la drogue. » Riyad avait rappelé fin octobre son ambassadeur à Beyrouth et expulsé l'ambassadeur libanais à la suite de propos de Kordahi critiquant l'intervention militaire menée par le royaume saoudien à la tête d'une coalition au Yémen et défendant la milice Houthie dans ce pays.  Riyad a également interdit les importations du Liban.


Le roi Salmane effectue des examens médicaux à Riyad

Aucune autre information n'a été fournie concernant son état de santé ou tout autre détail médical. (AFP)
Aucune autre information n'a été fournie concernant son état de santé ou tout autre détail médical. (AFP)
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RIYAD : Le roi Salmane d’Arabie saoudite est actuellement en train de passer des examens médicaux à l’hôpital spécialisé King Faisal de Riyad, a rapporté vendredi l’Agence de presse saoudienne.

Aucune information supplémentaire n’a été communiquée concernant la nature de la visite du souverain ni les détails de son état de santé. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'Arabie saoudite annonce un nouveau soutien financier au gouvernement yéménite

Cette photo montre une vue du fort de l'île de Sirah en direction de l'ancien port maritime d'Aden, dans le sud du Yémen. (AFP/File)
Cette photo montre une vue du fort de l'île de Sirah en direction de l'ancien port maritime d'Aden, dans le sud du Yémen. (AFP/File)
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  • Dans un post sur X, Al-Jaber a déclaré que ce soutien complète un ensemble de projets et d'initiatives de développement, d'un montant de 1,9 milliard de SR, annoncés mercredi
  • Ce message est probablement lié à plusieurs informations médiatiques qui ont suggéré que l'ancien chef du Conseil de transition du Sud (STC), Aidaroos Al Zubaidi, qui a fui le Yémen, profitait du personnel militaire et retenait les salaires

RIYAD: L'ambassadeur saoudien au Yémen et superviseur du programme saoudien pour le développement et la reconstruction du Yémen, Mohammed Al-Jaber, a annoncé que le Royaume, sous les directives de ses dirigeants, a fourni un nouveau soutien au budget du gouvernement yéménite, visant à payer les salaires des employés de l'État dans tous les secteurs.

Dans un post sur X, Al-Jaber a déclaré que ce soutien complète un ensemble de projets et d'initiatives de développement, d'un montant de 1,9 milliard de SR, annoncés mercredi. Ce paquet comprend la fourniture des dérivés du pétrole nécessaires au fonctionnement des centrales électriques, ce qui contribuera à améliorer le niveau de vie des habitants du Yémen et à alléger leur fardeau quotidien.

Le poste d'Al-Jaber a souligné, en particulier, que tous les salaires des forces militaires et de sécurité liées au comité militaire supérieur lié à la coalition dirigée par l'Arabie saoudite seront payés à partir de dimanche.

Ce message est probablement lié à plusieurs informations médiatiques qui ont suggéré que l'ancien chef du Conseil de transition du Sud (STC), Aidaroos Al Zubaidi, qui a fui le Yémen, profitait du personnel militaire et retenait les salaires en guise de moyen de pression. M. Al-Zubaidi est recherché par le gouvernement yéménite pour haute trahison et corruption.

L'ambassadeur a souligné que ces mesures s'inscrivaient dans le cadre du soutien aux efforts déployés par le gouvernement yéménite pour mettre en œuvre le programme de réforme économique, qui vise à assurer la stabilité financière et économique et à renforcer la capacité de l'État à s'acquitter de ses obligations fondamentales.


Liban: de nouvelles frappes israéliennes ciblent l'est du pays

L'agence de presse libanaise Ani a confirmé des frappes sur "deux maisons" à Machgara, et fait état de deux autres attaques israéliennes toujours dans l'est du pays, ces dernières non précédées d'appels à évacuer. (AFP)
L'agence de presse libanaise Ani a confirmé des frappes sur "deux maisons" à Machgara, et fait état de deux autres attaques israéliennes toujours dans l'est du pays, ces dernières non précédées d'appels à évacuer. (AFP)
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  • L'armée israélienne a annoncé avoir mené des frappes jeudi contre des cibles du Hezbollah dans plusieurs parties du Liban
  • "En réponse aux violations répétées des accords de cessez-le-feu par le Hezbollah, l'armée israélienne frappe des cibles" du mouvement "dans plusieurs régions du Liban"

BEYROUTH: L'armée israélienne a annoncé avoir mené des frappes jeudi contre des cibles du Hezbollah dans plusieurs parties du Liban, après avoir appelé les habitants de deux zones dans l'est du pays à l'évacuer.

"En réponse aux violations répétées des accords de cessez-le-feu par le Hezbollah, l'armée israélienne frappe des cibles" du mouvement "dans plusieurs régions du Liban", a indiqué un communiqué militaire.

Plus tôt, elle avait appelé les habitants des localités de Sohmor et de Machgara, situées l'une à proximité et l'autre dans la plaine de la Bekaa, un fief du Hezbollah, à évacuer la zone avant des frappes ciblant des infrastructures du mouvement chiite libanais.

L'agence de presse libanaise Ani a confirmé des frappes sur "deux maisons" à Machgara, et fait état de deux autres attaques israéliennes toujours dans l'est du pays, ces dernières non précédées d'appels à évacuer.

Malgré un cessez-le-feu qui a mis fin en novembre 2024 à plus d'un an d'hostilités, l'armée israélienne continue de mener régulièrement des frappes sur le territoire libanais, disant viser le Hezbollah pro-iranien et, de façon moins fréquente, le Hamas.

Le 8 janvier, l'armée libanaise a annoncé avoir mené à bien le désarmement du Hezbollah au sud du fleuve Litani, à quelque 30 kilomètres de la frontière avec Israël, conformément à l'accord de cessez-le-feu.

Israël avait jugé que ces efforts constituaient "un début encourageant" mais étaient "loin d'être suffisants".

Après les annonces de l'armée libanaise, l'armée israélienne a mené plusieurs frappes dans le sud du Liban, la plupart au nord du Litani, qui ont fait un mort selon les autorités libanaises.

Elle avait alors affirmé cibler un membre du Hezbollah et les infrastructures de la formation libanaise.