À Kaboul, les bus bibliothèques sont de retour, pour la joie des enfants

Des enfants lisent dans une bibliothèque mobile qui a ouvert ses portes pour la première fois depuis le retour au pouvoir des talibans, à Kaboul le 5 décembre 2021. (Photo, AFP)
Des enfants lisent dans une bibliothèque mobile qui a ouvert ses portes pour la première fois depuis le retour au pouvoir des talibans, à Kaboul le 5 décembre 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 06 décembre 2021

À Kaboul, les bus bibliothèques sont de retour, pour la joie des enfants

  • Cinq de ces bus circulent ainsi à Kaboul, loués et équipés par une ONG locale, Charmaghz, dirigée par Freshta Karim
  • L'ONG Charmaghz a juste assez d'argent pour faire circuler les bus pendant un mois environ

KABOUL : Devant un orphelinat de Kaboul, les sourires des enfants sont de retour : dimanche, le bus bibliothèque est à nouveau là, pour la première fois depuis que les talibans ont repris le pouvoir mi-août.

"Je me sens vraiment heureux. Je peux à nouveau étudier sur les livres que j'aime", dit Arezo Azizi, une fille de 11 ans, montrant son ouvrage favori : un livre de calcul où plus un chat sait compter, plus il gagne de morceaux de fromage.   

Elle est assise dans ce véhicule où les rangées de sièges ont été enlevées et remplacées par des tables, des chaises et des étagères remplies de livres pour enfants et de coloriages.

"La bibliothèque n'était pas venue depuis trois mois", explique-t-elle au milieu du brouhaha créé par les enfants.

Cinq de ces bus circulent ainsi à Kaboul, loués et équipés par une ONG locale, Charmaghz, dirigée par Freshta Karim, une Afghane diplômée de l'université d'Oxford (Royaume-Uni).

Des centaines de petits Afghans ont profité ces dernières années de bibliothèques mobiles qui sillonnent la capitale, rendant visite aux écoles et aux orphelinats parfois très démunis.

Mais après la prise du pouvoir par les talibans à la mi-août, "nous avons perdu presque tous nos parraineurs", rappelle Ahmad Fahim Barakati, le directeur adjoint de l'ONG.

Le ministère de l’Éducation taliban a donné l'autorisation de circuler aux bibliothèques mobiles il y a quelques semaines. Mais il a fallu ensuite obtenir, ces derniers jours, un accord du ministère des Transports, propriétaire de ces véhicules, explique M. Barakati.

La libraire, Ramzia Abdi Khail, 22 ans, portant une tunique et un voile noirs, est toute aussi ravie que les enfants d'être de retour. "C'est un sentiment délicieux. D'autant qu'en ce moment, les écoles n'ont pas toutes rouvert", souligne-t-elle. 

L'éducation des filles a particulièrement souffert du retour au pouvoir des talibans, les collèges et les lycées n'ayant notamment toujours pas été autorisés à reprendre leurs activités.

"Nous accueillons aussi des enfants de la rue et j'adore m'occuper d'eux car, d'ordinaire, ils ne vont pas à l'école. Comme ça, je peux leur rendre service", souligne la libraire, qui a avec elle "des livres islamiques", "des livres d'histoire en anglais et en dari" (le persan afghan), "des livres de coloriage", "des jeux".

L'ONG Charmaghz a juste assez d'argent pour faire circuler les bus pendant un mois environ, souligne M. Barakati. "Nous collectons de l'argent sur internet à travers le monde et j'espère qu'on va avoir assez de sponsors et de donateurs" pour continuer, dit-il.


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
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  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
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  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.